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Pas de sondage, non mais !
je suis d'accord, tout est déjà décidé
45%
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je suis d'accord, les sondés pourraient mal répondre
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harvest
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MessagePosté le: 25 Mai 2005 14:52    Sujet du message: Votre opinion au sujet du candidat Nikonoff ? Répondre en citant

Et si Jacques N. était candidat en 2007 ?
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harvest
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MessagePosté le: 25 Mai 2005 14:53    Sujet du message: Répondre en citant

La fin programmée de l'Union européenne, par Jacques Nikonoff
LE MONDE | 23.05.05 | 16h19 • Mis à jour le 23.05.05 | 16h19

Peut-on prendre de la hauteur et tenter d'entrevoir ce que sera l'Union européenne dans cinq, dix ou quinze ans ? A l'instar des mouvements des plaques tectoniques, il existe aussi une tectonique européenne. Nous l'avons déjà sous les yeux : chômage bloqué à 10 % depuis vingt ans ; démantèlement systématique des services publics ; augmentation des inégalités ; montée de l'abstention et de partis populistes ou d'extrême droite.


La mise en oeuvre de la Constitution européenne va accélérer cette tendance morbide. Comment en serait-il autrement ? Cette Constitution ne fait que reprendre les traités antérieurs sur lesquels se sont appuyées les politiques européennes qui ont conduit à ce désastre. Privée de la volonté et des attributs de la puissance, l'Union ainsi conçue va jeter plus encore les peuples les uns contre les autres. Il n'y a pas aujourd'hui d'Europe politique et il n'y en aura pas davantage demain avec la Constitution proposée.

Alors que la politique est un dessein collectif qui donne un sens à l'histoire, la Constitution organise la soumission aux forces impersonnelles du marché. Nul élan du coeur, nul engagement n'est sollicité des peuples européens. Dans 15 pays sur 25, les citoyens auront même été privés de référendum pour s'exprimer sur la loi suprême qu'est une Constitution. Ce dessein politique, l'UE ne peut l'assumer dans la configuration actuelle. Mieux vaudrait le reconnaître, au lieu de susciter de graves désillusions qui, déjà, se retournent contre leurs auteurs et l'Union elle-même.

L'Europe à vingt-cinq repose sur quatre ensembles de pays aux intérêts politiques et stratégiques profondément divergents. La Grande-Bretagne en est le premier. Elle est, avant tout, atlantiste. Tournée vers le grand large, elle est américaine de langue, d'histoire, de culture, de coeur et d'esprit. Nous aimons tous la Grande-Bretagne. Mais elle est assise sur un strapontin dans l'UE, ne participe pas à l'euro et bloque toutes les tentatives ­ modestes ­ d'harmonisation fiscale et sociale.

La guerre des Etats-Unis contre l'Irak était le test qui aurait permis d'affirmer l'identité et la puissance de l'Union, lui donnant l'occasion de montrer la cohérence de son orientation politique, de rappeler son indépendance vis-à-vis des Etats-Unis, d'oeuvrer pour la paix, de jouer un rôle décisif sur la scène internationale. Ce fut, à l'initiative britannique, l'impuissance politique, la division, l'alignement sur George W. Bush, la guerre, le vide sur le plan international.

Les trois anciennes dictatures fascistes (Espagne, Portugal et Grèce) sont le deuxième ensemble. Elles doivent énormément à l'Union, ont beaucoup reçu, et l'UE a puissamment contribué à réencastrer ces pays dans la démocratie. Sous perfusion permanente de fonds européens, ils acceptent toutes les directives qui passent dans la crainte de perdre leurs financements. Ils sont désormais en concurrence avec les nouveaux pays entrants qui, eux aussi ­ à juste titre ­, veulent des fonds pour se développer. Leur ambition européenne, pour l'instant, est faible.

Lors de la crise irakienne, ils se sont placés sous la coupe des Etats-Unis (la Grèce n'a pas envoyé de troupes). Ils conçoivent l'UE comme un guichet utile à leurs propres besoins de développement et non comme une communauté de destin et l'aile marchante de l'Union vers la Méditerranée.

Troisième ensemble : les nouveaux adhérents, particulièrement ceux de l'ancien pacte de Varsovie. Leur rupture avec l'URSS, nécessaire, devait être nette : il fallait purger soixante ans de socialisme de caserne. Ils n'ont pourtant pas spontanément choisi l'Union européenne, mais se sont tournés vers l'Amérique.

Elle leur offrait son bouclier militaire : ils ont adhéré à l'OTAN avant d'adhérer à l'UE. Elle leur promettait le marché libre : ils ont appliqué une "thérapie de choc" ultralibérale. Avec la guerre contre l'Irak, ils disposaient d'une opportunité pour affirmer leur attachement à l'Europe : ils ont choisi le mauvais camp. Où est la perspective politique ?

Reste le couple franco-allemand et le Benelux. Là se trouve le moteur de l'Union, désormais noyé dans ce magma. Or il semble que la construction institutionnelle monstrueuse que nous promet la Constitution vise à étouffer la dynamique franco-allemande.

Ainsi convient-il d'interpréter le recul considérable de la Constitution, par rapport au traité de Nice, quant à la composition de la Commission après 2014. Celle-ci, dite "réduite", privera Paris et Berlin d'un commissaire à droit de vote pendant cinq années sur quinze !

Un dessein politique ambitionnant la puissance nécessite d'en avoir les attributs. Ceux de l'Union sont inexistants. Sur le plan monétaire, la Banque centrale européenne est livrée à elle-même, hors de portée de la moindre impulsion politique. Sur le plan budgétaire, les Etats sont entravés par le traité de Maastricht, alors que l'UE refuse d'emprunter et que son budget est ridiculement petit, lui interdisant toute intervention significative.

Sur les plans fiscal et social, la règle de l'unanimité au Conseil prive l'Union de tout moyen d'action. Quant à la politique étrangère et de défense, l'article I-41.7 règle le problème : "Les engagements et la coopération dans ce domaine demeurent conformes aux engagements souscrits au sein de l'OTAN." C'est pourquoi, selon l'ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'Union, M. Bush vote "oui" à la Constitution européenne au motif "qu'elle règle la question de la politique étrangère" .

Que reste-t-il ? Rien. L'Union est ligotée et bâillonnée. Si le oui l'emporte le 29 mai, l'UE s'enfoncera plus encore dans une crise dont on a peine à imaginer l'ampleur.

Le chômage restera bloqué à des niveaux élevés, et de manière illimitée. Les services publics continueront à être démantelés. L'allongement de la durée de cotisation pour les retraites se poursuivra, avec la mise en place de fonds de pension. L'assurance-maladie et l'éducation basculeront progressivement vers le privé. La directive sur le temps de travail s'appliquera. Les conflits commerciaux se multiplieront avec le reste du monde, comme aujourd'hui avec la Chine.

Les délocalisations s'accéléreront et ne concerneront plus seulement les pays les plus développés de l'UE, mais frapperont aussi des pays comme l'Espagne et le Portugal. Elles se feront au "bénéfice" des moins développés, principalement les pays de l'ancienne zone soviétique.

La directive Bolkestein sortira de son placard et s'appliquera sans tarder, démantelant un peu plus encore le droit du travail et aggravant la concurrence entre travailleurs des pays de l'Union. Ce que nous avons observé à propos des immigrés ­ "ils nous prennent notre travail" ­ s'appliquera sans commune mesure à propos des travailleurs roumains, polonais ou lettons. La xénophobie et le racisme feront tache d'huile. Le terreau sur lequel prospèrent le populisme et l'extrême droite sera renforcé de façon inimaginable. Est-ce de l'exagération ? Regardons autour de nous. Dans la plupart des pays de l'Union, des partis populistes et d'extrême droite prolifèrent : Autriche, Pays-Bas, Allemagne, Belgique, France...

Ceux qui soutiennent cette Constitution prennent une responsabilité dont beaucoup n'ont pas conscience. Les dirigeants de l'UE ont fait miroiter aux nouveaux pays entrants qu'ils pourront bénéficier de fonds comme en Espagne, en Grèce et au Portugal. C'est inexact, ils n'auront rien, ou très peu.

Certains l'ont compris. Privés de solidarité, connaissant une situation tragique, ils considèrent n'avoir d'autre recours que de faire valoir leurs "avantages compétitifs" : une main-d'oeuvre ouvrière de qualité, le dumping fiscal et social.

Cette fin programmée de l'Union européenne peut être enrayée. En stoppant cette machine infernale, l'UE pourra repartir sur des bases plus réalistes.



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MessagePosté le: 25 Mai 2005 14:55    Sujet du message: Répondre en citant

Salut Harvest-le-test :byebye: :amour27:

Je ne connais pas Jacques Nikonoff.

Pourrais-tu me donner par-exemple des ressources audio/vidéo/écrites de ses positions et son activité depuis au-moins une décennie?
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MessagePosté le: 25 Mai 2005 14:56    Sujet du message: Répondre en citant

MerciLilian a écrit:
Salut Harvest-le-test :byebye: :amour27:

Je ne connais pas Jacques Nikonoff.

Pourrais-tu me donner par-exemple des ressources audio/vidéo/écrites de ses positions et son activité depuis au-moins une décennie?


Là tu devrais trouver : http://www.france.attac.org/au809
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MessagePosté le: 25 Mai 2005 15:16    Sujet du message: Répondre en citant

MerciLilian a écrit:
Salut Harvest-le-test :byebye: :amour27:

Je ne connais pas Jacques Nikonoff.

Pourrais-tu me donner par-exemple des ressources audio/vidéo/écrites de ses positions et son activité depuis au-moins une décennie?


:abovelol:
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MessagePosté le: 25 Mai 2005 16:17    Sujet du message: Répondre en citant

MerciLilian a écrit:
Salut Harvest-le-test :byebye: :amour27:

Je ne connais pas Jacques Nikonoff.

Pourrais-tu me donner par-exemple des ressources audio/vidéo/écrites de ses positions et son activité depuis au-moins une décennie?


Une décennie ? Tu ne pensais pas si bien dire , son premier bouquin est paru en 96 : Existe-t-il des réservoirs d’emplois ? (Arléa-Corlet, 1996)

Sinon , après avoir été O.S. pendant 10 ans ( et délégué CGT ) il a repris ses études en passant par le CNAM et l'ENA. Courageux !
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MessagePosté le: 25 Mai 2005 16:56    Sujet du message: Répondre en citant

harvest a écrit:
MerciLilian a écrit:
Salut Harvest-le-test :byebye: :amour27:

Je ne connais pas Jacques Nikonoff.

Pourrais-tu me donner par-exemple des ressources audio/vidéo/écrites de ses positions et son activité depuis au-moins une décennie?


Une décennie ? Tu ne pensais pas si bien dire , son premier bouquin est paru en 96 : Existe-t-il des réservoirs d’emplois ? (Arléa-Corlet, 1996)

Sinon , après avoir été O.S. pendant 10 ans ( et délégué CGT ) il a repris ses études en passant par le CNAM et l'ENA. Courageux !


Et bien SI je pensais si bien dire. (C'est pour ca que je m'étonnais de ton rire Major et cherchais la vanne :confused5: :byebye: )

Je me suis simplement dit que si cet individu connaît une certaine notoriété médiatique, ce n'était pas la même notoriété fin-en-soi que celle des animateuses de télévision, des sélectionnés en EDF ou de Nicolas Sarkozy, mais simplement une suite logique d'une implication intégre dans le débat de société.

En effet, on ne va pas chez ATTAC comme on va à la...STARAC.
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MessagePosté le: 09 Juin 2005 5:59    Sujet du message: Répondre en citant

L'Humanité a écrit:
ATTAC célèbre la « fête de la démocratie »
Dans une déclaration, la direction de l’association altermondialiste invite à une « refondation démocratique de l’Europe ».

Réuni ce week-end, le conseil d’administration d’ATTAC France vient de tirer un premier bilan de la victoire du « non » en France. Dans une déclaration programmatique intitulée « Pour une refondation démocratique de l’Europe » (1), l’association altermondialiste, qui s’est toujours définie comme un « mouvement d’éducation populaire tourné vers l’action », considère que, rejetés tour à tour et « sans ambiguité » par les peuples en France et aux Pays-Bas, « les fondements mêmes de la construction européenne sont désormais en question ». « Par leur niveau de participation sans précédent à un scrutin européen, les citoyennes et les citoyens ont également signifié qu’ils n’acceptaient plus d’être dépossédés de la maîtrise de leur avenir par des mécanismes de décision européens sur lesquels ils n’ont aucune prise réelle, souligne l’instance dirigeante d’ATTAC.

Ils ont très bien compris que les politiques néolibérales conduites au niveau national par les gouvernements français depuis deux décennies et celles décidées au niveau de l’Union étaient une seule et même chose, et ils ont voulu leur donner un coup d’arrêt. Une bonne partie des classes populaires, celles qui, par le chômage, la pauvreté et la précarité de masse, sont les premières victimes de ces politiques, ont pris conscience du caractère historique du vote du 29 mai et, à cette occasion, dans l’espérance d’un changement, elles ont retrouvé le chemin des urnes.

Il en va de même pour les jeunes qui se sont majoritairement prononcés pour le "non". C’est là une grande victoire de la démocratie, mais elle témoigne en même temps de la très grave crise de la représentation politique en France et en Europe. Tout indique, en effet, que certaines ratifications parlementaires du traité, souvent acquises à la sauvette, sont en complet décalage avec l’opinion des citoyens. »

Revenant sur une campagne du « oui » « relayée par la propagande d’État, dotée de considérables moyens financiers venant du gouvernement français et de la Commission européenne, et agissant de concert avec la quasi-totalité des médias », ATTAC se réjouit de « l’échec cuisant » infligé au néolibéralisme. « Un grand espoir est né, qui dépasse largement le cas de la France, et le premier devoir de toutes celles et tous ceux qui ont contribué à la victoire du « non » démocratique, antilibéral et européen - majoritaire au sein du camp du « non » - est de ne pas le décevoir », font observer les altermondialistes.

Au plan européen, ATTAC a, dès la semaine dernière, proposé qu’à l’ouverture du conseil européen, le 16 juin, une délégation des forces progressistes et altermondialistes de toute l’Union soit reçue par les chefs d’État et de gouvernement (lire aussi page 4). Les Français envisagent également d’organiser, avec les autres ATTAC du continent, un tour d’Europe « pour expliquer dans les principales villes le sens du "non" français et empêcher qu’il soit caricaturé par les médias ». Au plan français, ATTAC confirme sa participation aux réunions du collectif national unitaire dit de « l’appel des 200 ».

À l’intention du président de la République et du gouvernement, avertit encore l’association, « à ne pas respecter le verdict populaire, ces autorités prendraient la très grave responsabilité d’alimenter le discrédit de la représentation politique ». Dans leur participation aux collectifs locaux « pour le "non" et ses suites », les militants d’ATTAC sont invités à « veiller à ce qu’ils soient unitaires sans aucune exclusive, et qu’ils rassemblent largement, au-delà des seuls partis politiques, les syndicats et les associations », à « refuser ce que ces collectifs se transforment en structures de recomposition partisanes ou en futurs comités de campagnes électorales » et à « s’efforcer de mobiliser à leurs côtés les citoyens qui ont voté "oui" en croyant rapprocher l’heure de l’Europe sociale et combattre le néolibéralisme ».

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MessagePosté le: 09 Juin 2005 8:57    Sujet du message: Répondre en citant

http://216.239.59.104/search?q=cache:vZYHRe_7wBQJ:www.geocities.com/demainlemonde/attac.htm+attac+scission&hl=fr&lr=lang_fr

L’idéologie et le fonctionnement d’ATTAC

Le Cercle social a entamé l’étude critique d’ATTAC et du néoréformisme par l’analyse du livre publié par cette association sur les paradis fiscaux. Ce premier article analysait la lutte contre les paradis fiscaux en termes de lutte des états pour le contrôle de la masse fiscale globale, et la position néoréformiste comme une idéologie liée au capitalisme d’économie mixte, au renforcement du rôle de l’état dans l’économie. Ce premier article insistait également sur le fait que la globalisation s’appuyait en même temps sur la multiplication du nombre d’états territoriaux et sur la mise en place d’un état mondial, sans qu’il y ait contradiction entre les deux. Du même coup, la position d’ATTAC apparaissait comme ambiguë, pouvant à la fois être interprétée comme souverainiste ou au contraire liée à la mise en place de cet état mondial. Mais la caractérisation restait floue, et l’article péchait par son schématisme. Il apparaissait nécessaire, pour approfondir cette question, de se pencher plus en détail sur l’idéologie et le fonctionnement de l’Association pour la taxation des transaction financières pour l’aide aux citoyens.

La nécessaire taxation des transactions financières

D'un programme d'abord limité à la propagande en faveur de la « taxe Tobin », ATTAC a évolué, puisque son champ d'investigation s'est considérablement diversifié, débordant largement en dehors des strictes questions économiques. On ne peut néanmoins entreprendre une critique d’ATTAC sans l’évoquer. La taxe Tobin a pour objectif de limiter les transactions de devises très rapides, à but purement spéculatif, facilitées par les réseaux informatiques qui permettent des échanges d'une place financière à l'autre en un temps record (1). La taxation rend l'opération moins lucrative, donc décourage potentiellement les spéculateurs. Après la crise asiatique, provoquée par la spéculation sur les monnaies asiatiques, et les appels à la stabilisation du système émanant de financiers réputés comme Georges Soros, une telle taxation constituerait vraisemblablement une bonne protection du système monétaire international et limiterait les effets désastreux des krachs boursiers. Il s'agit effectivement d'une réforme du système capitaliste, destinée à le stabiliser et à lui permettre de durer. Il n'y a rien de scandaleux pour la gauche mondiale de se poser en avant-garde de cette réforme. Le seul scandale, ce serait d'essayer d'y voir quoi que ce soit de révolutionnaire. La parabole du « grain de sable », selon laquelle la taxe Tobin serait un grain de sable dans le système bien huilé du capitalisme financier paraît bien naïve.

Cela ne veut pas dire que la taxe Tobin va de soit et qu'elle va s'imposer naturellement, sans heurt et sans remous. Elle trouve ses détracteurs naturels dans les spéculateurs, les fonds de pension, les banques et places boursières, les aventuriers de la finance, tous ceux qui espèrent faire des profits faciles et immédiats sur les échanges de devises. Or, ces adversaires ont la dent dure, car, précisément, ils sont très riches. Avec cet argent, ils peuvent acheter plein de choses utiles pour se défendre : des journaux, des politiciens, des idéologues, des gouvernements. D'un autre côté, il y a un certain nombre de partisans naturels ou potentiels, à commencer par tous ceux qui ont fondé leur fortune sur le long terme, les valeurs sûres, et surtout, ceux qui pourraient être amenés un jour ou l'autre à gérer la manne financière de la taxe, à y prélever la quote-part qui assurera leur train de vie somptuaire : les politiques et les technocrates de tous poils.

Pour l'instant, l'opposition est encore forte, mais le lobby Tobin est puissant et organisé au sein de la gauche mondiale, qui trouve là le moyen de retrouver sa position idéologique de jadis, lors de l'ère bénite du keynesianisme et de l'état providence. On ne peut pas encore dire aujourd'hui si la taxe Tobin va, sous une forme ou une autre, voir le jour, mais on peut lui accorder le bénéfice du probable. Probable, parce que le capitalisme, même lorsqu'il se veut libéral, ne s'est jamais laissé intimider longtemps par les rodomontades de quelques spéculateurs qui, au nom des principes du capital, mettaient en danger sa survie à long terme. Depuis que le capitalisme existe, il a toujours confié à l'état le rôle de stabilisateur du système. Il n'a aucune raison de ne pas reproduire aujourd'hui à l'échelle mondiale ce qu'il a fait jadis à l'échelle nationale. C'est d'ailleurs exactement ce qu'il a fait depuis 1945, en multipliant les institutions internationales destinées à stabiliser le système, processus accéléré depuis une dizaine d'années, c'est-à-dire depuis qu'il n'existe plus qu'un seul modèle dominant de capitalisme.

La composition d'ATTAC et ses liens avec la gauche gouvernementale

Quel rôle peut jouer une association comme ATTAC dans ce processus ? Pour l'expliquer, il faut d'abord mener la critique un peu plus loin, en expliquant qui est réellement ATTAC. L'association revendique 27 000 adhérents. S'il existe sans doute des analyses sociologiques pour mieux les cerner, je n'ai pas pu m'en procurer et ne rentrerai donc pas dans cet aspect des choses(2). Le nombre d'adhérents ne nous dit pas le nombre réel de militants, de personnes investies dans la vie de l'association. Au vu du nombre des comités locaux, on peut présager que ce nombre est relativement important. Les conférences et rencontres avec des auteurs amènent un certain monde, c'est indéniable. Mais, il faut relativiser ce nombre au regard de celui des adhérents des partis politiques de gauche. C'est trois fois moins que le PCF encore aujourd'hui, et sans comparaison possible avec ce qu'il a été jadis. Il faut remarquer la difficulté du décompte des adhérents, en raison de l'adhésion directe d'organisations, notamment syndicales. En toute bonne logique, on devrait par exemple compter les syndiqués du SUD - syndicat qui fait partie des fondateurs - comme membres d'ATTAC, ce qui gonflerait immédiatement le score final. Les chiffres ne donnent sans doute que le nombre d'adhérents directs à titre personnel. Cela ne préjuge pas des adhésions multiples, un même individu pouvant être militant d'un syndicat membre et adhérent direct. Il existe donc surtout une galaxie ATTAC, fédérée autour de noyaux d'organisation dans chaque localité. Quant au succès d'ATTAC, il n'existe que relativement à la rapidité de croissance, au sortir d'une longue période de morosité politique. A strictement parler, ATTAC est donc une petite organisation à l'échelle de la gauche, mais elle s'est remarquablement inscrite dans ses réseaux.

Sur le lien avec les partis politiques, il faut signaler une décision du Conseil d'administration intitulée « ATTAC et le politique » (3). Le texte précise : « Les adhésions des structures politiques locales des partis ou des structures politiques locales ne seront plus acceptées à compter du 10 juillet 2000. Celles d'entre elles qui ont déjà effectué cette démarche ne sont pas concernées et restent adhérentes de l'association ». Autrement dit, dans un certain nombre de localités, des sections de partis politiques font partie d'ATTAC. Quels partis ? Le texte ne le dit pas, mais on peut penser qu'il s'agit des même qui fournissent des membres aux coordinations d'élus locaux, c'est-à-dire le PS, le PCF et les Verts. Nombreux sont les élus locaux qui ne dédaignent pas les réunions d'ATTAC en cette période d'élections municipale. A Angoulême (Charente), par exemple, le député PS, candidat à la mairie, est également membre d'ATTAC et participe effectivement aux réunions. Cherche-t-il à se réconcilier avec la gauche associative locale, en froid avec le PS sur la question des sans-papiers ? On trouve aussi dans les textes d’ATTAC des illusions presque comiques sur le rôle de la classe politique. Un exemple parmi d’autres, issu d’un compte-rendu d’une réunion d’ATTAC - Paris XIIIe : « Pour ce qui concerne les négociations de l'OMC, nos députés sont comme nous : exclus du débat comme tous les citoyens, ils devraient se sentir interpellés voire alarmés par l'absence totale de démocratie dans le processus de négociation. » Pauvres députés victimes de l’exclusion !

A l'inverse, malgré son impact médiatique, ATTAC ne cherche pas à créer des listes électorales, et recommande à ses adhérents de ne pas se servir de leur appartenance à l'association comme argument électoral. ATTAC se considère en effet comme une association et non comme un parti politique, et surtout, comme une forme de contre-pouvoir « citoyen ». Mais cette position lui évite surtout de se poser en concurrente des partis politiques de la gauche gouvernementale, ou de risquer d'opposer publiquement deux candidats membres de l'association. Elle constitue à la fois une force vive en relais de partis dont la capacité militante est moribonde, et une forme de liant pour la gauche « plurielle ».

Effectivement, ATTAC est un conglomérat d'organisations, de collectivités territoriales et d'adhérents directs.L'adhésion des collectivités territoriales est sans doute l'un des aspects les plus révélateurs – et les plus choquant – d'ATTAC. Qu'une ville, un département ou même une région adhère à une association dont l'objet est essentiellement politique ne lasse pas de surprendre. La contribution d'ailleurs fort modique, puisque le montant de l'adhésion s'élève à 1000 F pour les collectivités. Mais de fait, elle rend chaque habitant de la collectivité adhérent d'ATTAC, le plus souvent sans le savoir. Ces collectivités sont le plus souvent socialistes (comme Villeneuve d'Ascq, dans le Nord) ou communistes (comme la région Limousin), ce qui en dit long sur le degré d'imbrication d'ATTAC avec les partis de la gauche gouvernementale. Il serait intéressant de vérifier en détail la politique de chacune des collectivités concernées. On peut citer par exemple le cas de Parthenay (Deux-Sèvres), où un conflit a opposé le maire socialiste et les « emplois-jeunes » de la ville, auxquels était refusée une couverture sociale complète. La politique municipale n'est pas toujours à la hauteur des beaux idéaux d'ATTAC. Cette question de l’accord entre la politique municipale et l’adhésion à ATTAC est un sujet d’interrogation pour certains membres de l’association, si l’on en croit les conclusions de l’université d’été 2000. Mais à l’heure actuelle, il ne semble pas qu’une ville ait été exclue pour sa politique antisociale.

Quel mal y a-t-il pour une organisation réformiste à être liée à la gauche gouvernementale ? Bien évidemment, l'objectif d'ATTAC est d'obtenir l'inscription dans la loi des mesures économiques qu'elle préconise. Dans ces conditions, des relais politiques et parlementaires lui sont indispensables. Mais il existe une contradiction entre ce dévolu jeté sur la gauche et les objectifs même d'ATTAC. Quel est le gouvernement qui participe à la mise en place des organes internationaux de la globalisation capitaliste ? Quel est le gouvernement qui ouvre au capital privé les « services publics » ? Quel est le gouvernement qui autorise les OGM ? C'est le gouvernement PS-PCF-PRG-MDC-Verts. Les mêmes partis qui fournissent des membres au comité ATTAC de l'assemblée nationale, qui fournissent des élus et des collectivités territoriales... Même si on accepte ATTAC telle qu'elle est, c'est-à-dire réformiste, on ne peut qu'être interloqué-e par la contradiction entre ses objectifs officiels et la politique des partis politiques auxquels elle est liée.

ATTAC est-elle chauvine ?

On vient de mentionner le MDC, puisque son n° 2, Georges Sarre, est effectivement membre de la coordination des élus ATTAC à l'assemblée nationale. Le Mouvement des Citoyens est un parti souverainiste, au discours patriotique prononcé, lié par la personne de son chef Jean-Pierre Chevènement au Baasisme syrien ou irakien, et qui oscille depuis sa scission avec le PS entre rester dans le giron de la gauche ou former un front souverainiste avec le RPF de Charles Pasqua. On peut sans hésitation le qualifier de chauvin. C'est une épithète qui a souvent été accolé à ATTAC, en raison de son anti-américanisme et de son protectionnisme. La réalité est plus complexe.

A la marge d'ATTAC, on ne peut oublier de mentionner l'appel signé par 476 parlementaires de différents pays européens, sur l'initiative du socialiste Yann Gallut, en faveur de la taxe Tobin. Hasard de l'ordre alphabétique, le deuxième nom dans la liste des signataires se trouve être William Abitbol, ancien activiste d'extrême-droite et aujourd'hui conseiller de Charles Pasqua. Signe des temps, il se trouve ainsi au côtés d'Alain Krivine, dont la Ligue Communiste fut jadis dissoute pour avoir empêché manu militari la tenue d'un meeting d'Ordre Nouveau, dont William Abitbol était membre... On ne saurait mieux illustrer le rapprochement entre « nationalistes » de droite et de gauche autour de "l'antimondialisation".

Pourtant, ATTAC se défend vigoureusement de l'accusation de chauvinisme. Son argument majeur est le caractère international de son action. En effet, l'association a essaimé dans de nombreux pays et entretient des liens étroits avec d'autres réseaux « anti-mondialisation ». Elle n'est pas à proprement parler anti-américaine, puisqu'elle collabore avec des organisations et des syndicats américains, et elle n'est pas non plus protectionniste au sens classique du terme. Ces arguments sont également ceux qui ont été employés par José Bové et la Confédération paysanne (syndicat qui fait partie des fondateurs d'ATTAC). Pourtant, le discours du syndicat agricole sur la souveraineté alimentaire, volontiers repris par ATTAC, n'est pas exempt de protectionnisme. Et malgré la mise au point de José Bové, l'anti-américanisme a joué une part non-négligeable dans le succès de l'opération de Millau.

Ces quelques exemples montrent, sans avoir besoin de les multiplier, que le positionnement d'ATTAC n'est pas facile à caractériser. Mais vouloir opposer souverainisme et internationalisme repose sur des conceptions fausses de l'un et de l'autre. Le souverainisme n'est pas un nationalisme agressif et raciste, mais une forme de "libération nationale" qui considère la France comme une nation opprimée par l'impérialisme US. Il s'appuie donc assez facilement sur un discours de gauche. L'internationalisme n'a été conçu, au XXe siècle, que comme une solidarité avec les peuples en lutte ou avec les luttes qui se déroulent dans d'autres pays, et non comme une union mondiale des luttes (ce que nous appelons mondialisme).

Ces différences de vision, masquées par une volonté unificatrice qui évite de trancher sur le fond, reflètent une convergence provisoire entre deux intérêts, face à un ennemi commun, le capitalisme libéral des transnationales. D'un côté, les petites et moyennes entreprises, les fonctionnaires et salariés des entreprises publiques privatisables peuvent se sentir menacés par la globalisation et la logique libérale. ATTAC peut constituer pour eux une forme de manifestation de leur crainte, même si elle s'exprime d'une manière confuse et qu'elle mélange les intérêts des petits patrons et ceux de leurs salariés. Pour ceux-là, le souverainisme et le protectionnisme peuvent apparaître comme des solutions. Mais il ne semble pas qu’ils soient majoritaires dans ATTAC.

De l'autre côté, il y a le phénomène évoqué plus haut : la taxation des transactions financières constitue l'un des éléments possibles dans la mise en place de la "gouvernance globale", c'est-à-dire de l'état mondial superposé aux états nationaux. Or, pour cette autre tendance, ATTAC et le mouvement antimondialisation constituent un levier puissant : ils doivent exercer une pression sur les capitalistes privés en leur montrant la fragilité du système. Surfer sur l'anticapitalisme est donc une stratégie parfaitement adaptée, tant que cet anticapitalisme se limite à mettre en avant l'inéluctabilité de la gouvernance globale. Le souverainisme leur est profondément étranger. Si le souverainisme et le nationalisme sont effectivement hostiles à la "mondialisation", la tendance à la gouvernance globale constitue au contraire l'aile la plus avancée de la globalisation.

Dans cette tendance, on peut par exemple ranger Jacques Capdevielle, directeur de recherche au Centre d'étude de la vie politique française, qui se fonde sur la pensée d’Habermas pour développer une véritable stratégie du dépassement de l’état-nation. Pour lui, celui-ci est passe par la « prise de conscience d’une solidarité cosmopolitique ». Les partis politiques sont trop sclérosés pour en prendre l’initiative.C’est donc aux mouvements sociaux de porter cette idée : « Il leur faut créer cet espace européen de façon programmatique, en poursuivant un double but : créer une Europe sociale, et faire en sorte qu’elle jette tout son poids dans la balance du cosmopolitisme » (4). De même, dans un texte émaillé de réminiscences marxistes-léninistes, Samin Amir propose d'œuvrer à « la construction d’un monde pluricentrique non néo-impérialiste ». Il trace clairement le programme politique :

« Mais il y a aussi le besoin de définir les éléments d’un internationalisme populaire capable de donner aux luttes sociales une portée mondialiste, et par là de contribuer positivement à l’élaboration d’une autre mondialisation que celle proposée par le libéralisme. A la fois défendre l’autonomie des nations, élargir l’espace de son déploiement, et éviter l’enfermement dans les impasses du nationalisme chauvin définit le cadre des alternatives à développer. Le niveau régional est sans doute ici celui qui permet le moins difficilement cette construction nécessaire, qu’il s’agisse du panafricanisme, de l’unité arabe, du front latino-américain ou de la construction européenne en lui donnant un contenu social progressiste et d’autres projets régionaux.

Le niveau mondial ne doit pas pour autant être négligé. Les batailles sont ici à mener sur différents plans. Sur celui de la politique l’objectif ne saurait être autre que le combat contre l’hégémonisme américain et son arrogance militaire. Dans cette perspective, une relance du rôle et des fonctions de l’ONU pourrait constituer l’un des objectifs communs des luttes des forces politiques démocratiques opérant à l’échelle mondiale »(5).

Respect des états-nations, constructions de blocs continentaux, lutte contre l’impérialisme américain, réforme des institutions mondiales :voilà qui caractérise assez bien l’orientation générale d’ATTAC et du néoréformisme de la gauche mondiale. Dans cette perspective, on ne peut parlerde mouvement anti-mondialisation, mais d’aile gauche de la globalisation. ATTAC est donc à la confluence de deux tendances, et son apparente indécision sur la question nationale est le produit de cette contradiction. Mais comme on le verra plus loin, le fonctionnement figé de l'association empêche cette contradiction d’apparaître de manière trop flagrante pour l’instant.

ATTAC et le christianisme

Parmi les membres fondateurs d'ATTAC, on trouve des revues catholiques de gauche : Témoignage Chrétien (dont le représentant, Bernard Ginisty, est membre du conseil d'administration), Golias, et des associations d'inspiration chrétienne comme Artisans du monde ou Droit au logement. Ils voisinent avec plusieurs associations laïques, et avec le courant laïque animé par Bruno Courcelle. En cela, ATTAC n 'est pas sans rappeler l'ancien Parti Socialiste Unifié, qui présentait cette même particularité de faire cohabiter chrétiens et anticléricaux. Il faut ajouter que certaines personnalités connues d'ATTAC ont une formation chrétienne, comme son vice-président François Dufour (issu de la Jeunesse Agricole Chrétienne) et même son symbole le plus médiatique, José Bové, qui ne cache pas son attachement à la pensée de l'anarchiste chrétien Jacques Ellul.

Témoignage Chrétien est un monument historique de la gauche chrétienne, puisqu'elle puise ses racines dans la Résistance. Pendant longtemps, elle fut la voix officielle des catholiques de gauche. Golias, pour sa part, est née plus récemment, autour du théologien Christian Terras. Apparemment progressiste, très engagée contre les sectes et l'extrême-droite, elle représente surtout une version réactualisée d'un gallicanisme violemment opposé au Pape et à la hiérarchie, prônant un renforcement du pouvoir des paroisses et le mariage des prêtres, et plutôt hostile à l'œcuménisme.

Mais au-delà, le message d'ATTAC porte ses fruits au sein de l'église catholique. Qu'on en juge par cet extrait issu du site Internet Catholink :

"Surprise au Grand Conseil genevois, début septembre : une proposition de motion était lancée par plusieurs députés "sur la taxation des transactions financières". [...] Une idée qui avance aussi au sein des Églises : la Commission Tiers Monde de l'Église catholique (COTMEC) à Genève a en effet proposé que les revendications à la base de la Taxe Tobin soient appuyées par les Églises dans le cadre de la Consultation œcuménique sur l'avenir social et économique de la Suisse" (6).

Ce n'est pas un cas isolé. Il faut rappeler le rapprochement entre la revendication d'ATTAC en faveur de l'annulation de la dette des pays du tiers-monde et la campagne « Jubilé 2000 » pour l'annulation de la dette des pays les plus pauvres, lancée directement par le Vatican et relayée par toutes les églises du monde. Dans les documents d’ATTAC, les références à la campagne Jubilé 2000 sont fréquentes, sans susciter de questions particulières. Il faut aussi remarquer que pas moins de vingt-quatre millions de signatures ont été recueillies sur la proposition d’annulation de la dette, sans susciter de réaction particulière de la part des institutions internationales. Sans doute l’église catholique, apostolique et romaine n’est-elle pas considérée comme une agitatrice trop dangereuse… L'un de succès les plus paradoxaux de cette campagne, c'est d'avoir réussi à faire inscrire cette revendication au programme de la marche mondiale des femmes et surtout d'avoir fait mentionner expressément l'intitulé Jubilé 2000 dans l'appel. L'église catholique au secours des droits des femmes...Ce pauvre Paul de Tarse ne doit pas jubiler !

La présence de chrétiens dans ATTAC ne peut pas être interprétée comme l'acte d'une poignée de croyants isolés et rejetés par leur hiérarchie – comme ce fut souvent le cas dans l'après-guerre – mais comme l'un des nombreux signes du rôle mondial aujourd'hui joué par l'Église catholique dans le monde, celui d'une nouvelle forme de social-démocratie, d'une puissante force réformiste. Cela ne signifie pas, loin de là, qu'il n'existe plus de tendance réactionnaire dans l’Église, mais il existe de manière généralisée un rapprochement entre social-démocratie et église Catholique. Le travail du Vatican en direction du tiers-monde, son spectaculaire rapprochement avec Cuba contre les USA, ses prises de position en faveur de la paix et son travail de diplomatie (notamment via la communauté San’Egidio) montrent à quel point cette convergence n'est pas fortuite. Le précédent président de l'Internationale socialiste, le français Pierre Mauroy, était discrètement catholique. Son successeur, le portugais António Guterres l'est ouvertement, et certains n'hésitent pas à lui prêter une proximité avec l'Opus Dei.

Le fonctionnement antidémocratique d'ATTAC

Le fonctionnement d'ATTAC repose sur un conseil de trente administrateurs, élus pour trois ans et rééligibles. Parmi ces 30 personnes, 12 seulement sont élues par l'assemblée générale des adhérents directs et 18 sont choisies parmi le Collège des fondateurs. Ce dernier est constitué de représentants des organisations syndicales et associations ayant participé à la création d'ATTAC, ainsi que de personnes cooptées (7).

A chaque réunion du conseil d'administration, une équipe dirigeante cooptée détient donc 60 % des voix. Autrement dit, même si une majorité d'adhérents souhaitait infléchir la ligne d'ATTAC dans un sens ou dans un autre, elle ne pourrait le faire statutairement sans se heurter à ce « sénat » chargé de veiller au maintien de l'association dans ses rails initiaux. Un tel fonctionnement est en totale contradiction avec le discours démocratique officiellement affiché. ATTAC se présente volontiers comme un mouvement d'éducation populaire, mais elle ne développe visiblement pas l'esprit critique de ses adhérents.

Pourquoi une telle disposition ? Officiellement, pour préserver la pluralité, c'est-à-dire éviter que l'une des composantes ne prenne le pas sur les autres : la confiance règne entre les fondateurs ! On peut également supposer d'autres intentions moins avouables. Se réserver le leadership intellectuel sur le mouvement, dans un système curieusement inspiré de la cooptation et des collèges universitaires ? C’est possible, car en dehors même de toute critique, le mouvement peut générer une dynamique interne, fondée sur le travail des militants les plus actifs, qui pourraient souhaiter prendre part dans les décisions concernant les associations. Décalque des bureaucraties politiques et syndicales ? Également possible. Les hommes et les femmes d'appareil ne sont pas nécessairement disposés, ni même simplement habitués à voir les militants intervenir dans la direction des affaires. Demander à des dirigeants syndicaux ou associatifs, et pire encore à des militants socialistes ou communistes d'avoir une culture de la démocratie serait une aimable naïveté. Éviter une infiltration, notamment par les gauchistes ? Probable. Des expériences répétées, notamment SOS racisme et Ras L'Front pour ne citer que les plus récentes, ont montré la redoutable capacité des trotskistes à prendre place dans les réseaux associatifs mis en place par la gauche social-démocrate.

A titre d'hypothèse, on peut réfléchir sur la campagne quasi-calomnieuse à l'encontre du député européen Alain Krivine, porte-parole de la LCR. Son abstention dans un vote sur un budget d'étude de faisabilité de la taxe Tobin au parlement européen a été montée en épingle par la presse de gauche. Elle constitue un grief courant et un axe de cristallisation de la méfiance à l'encontre des militants de la LCR. Or, le député, qui s'est expliqué de cette abstention, n'a pas ménagé ses efforts en faveur d'ATTAC, dont il a constitué le comité au parlement européen. Mais les dirigeants du mouvement, et plus encore leurs amis de la gauche gouvernementale, n'ont probablement pas l'intention de couver les œufs du coucou trotskiste. On peut certainement en dire autant de la méfiance éprouvée à l'égard du groupe activiste Socialisme par en bas, qui ne ménage pourtant pas ses efforts pour se grimer en loyales jeunesses d'ATTAC(8). Cette méfiance anti-gauchiste est-elle exclusive des autres explications ? Probablement non. Est-ce une excuse valable pour un fonctionnement antidémocratique ? Qu’on se rassure. C’est la même association qui écrit : « Cela concerne tous les citoyens. L’habitude prise de négocier entre chefs et experts nous paraît être une perversion de l’idée de démocratie. C’est devenu une tradition de transformer le citoyen de base en spectateur passif de décisions qui se prennent sans lui et hors de lui. Il est clair que cette tradition relève d’un autoritarisme qui contredit toutes les évolutions historiques de participation citoyenne à la vie politique. » (courriel d'information n° 168 - 15 septembre 2000). La participation citoyenne, est-ce transformer un adhérent de base en spectateur passif de décisions qui se prennent sans lui et hors de lui ?

Si on avait le moindre doute sur la réalité d’ATTAC, voici un morceau de bravoure extrait de La lettre d’ATTAC 45 (Numéro 2, 1er mars 2000) :

« Les orientations nationales d’ATTAC : le 19 février dernier, la réunion des comités locaux à Saint-Denis a été l'occasion de fêter les 20 000 adhérents d'Attac. Deux fois plus que l'année dernière. Beaucoup d'adhésions sont arrivées après Seattle. Aujourd'hui, Attac est consulté régulièrement par le Ministère des Finances et d'autres institutions gouvernementales. Devant un tel succès, le conseil d'administration d'Attac national a dû revoir son organisation. Le local trop étroit (un petit F2 parisien) ne sont plus adaptés, un déménagement est prévu dans les mois qui viennent. La gestion des adhésions a été confiée à une société privée basée en Picardie qui travaille déjà pour Greenpeace, la fondation Abbé Pierre, Témoignages Chrétien, Libération, etc... Elle garantit la confidentialité du fichier et surtout un envoi régulier aux comités locaux des listings remis à jour. Cette sous-traitance permettra au siège d’Attac de consacrer plus de temps à l'une de ses priorités pour l'année en cours : la communication. »

Autrement dit, ATTAC est un brain-trust qui travaille pour le ministère des Finances, et qui, tout en dénonçant la logique néolibérale du tout-privé et de l’externalisation, se décharge de sa propre gestion associative au profit d’une entreprise privée ! Adhérents d’ATTAC, pour qui vous prend-on ?

Conclusion

Certains points abordés dans l’article, comme le lien entre Église catholique et Social-démocratie, la mise en place d’un État mondial ou même simplement l’analyse mondialiste-révolutionnaire de l’État mériteraient d’être développés plus complètement, pour éviter une analyse trop schématique. Néanmoins, au terme de ce second volet de l’étude sur ATTAC, plusieurs contradictions apparaissent au sein de l’association :

·La participation de la gauche gouvernementale entre en conflit avec les positions prônéespar ATTAC.

·L’adhésion de collectivités territoriales dont la politique peut aller à l’encontre de ces mêmes positions du mouvement.

·Le souverainisme contre l’idée de « gouvernance mondiale ».

·L’idéal démocratique des adhérent-e-s contre le fonctionnement figé et contrôlé depuis l’extérieur de l’association.

·Confrontation entre les sociaux-démocrates et les différents courants trotskistes présents au sein d’ATTAC.
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MessagePosté le: 08 Juil 2005 15:01    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Qui veut la peau du président Nikonoff?

Attac : la guerre des alters

Désaccords stratégiques, divergences idéologiques et querelles de personnes: le mythe d’une organisation consensuelle est bien mort. Entre les amis de Bernard Cassen et ceux de José Bové, la grande explication a commencé

Le non a gagné, mais Attac est repartie en guerre. Contre elle-même, cette fois. L’association altermondialiste est entrée en guerre intestine: une lutte pour le pouvoir, violente, où les divergences de fond se juxtaposent aux détestations individuelles. D’un côté, Jacques Nikonoff, président sortant, et son soutien principal, Bernard Cassen, directeur général du «Monde diplomatique». En face, une coalition de syndicalistes et de militants associatifs, soutenus par José Bové, qui veulent renverser un «pouvoir autoritaire», lors de l’assemblée générale de l’automne prochain. Ces opposants voulaient profiter des statuts d’Attac (voir encadré) pour étouffer Nikonoff dans un cénacle restreint: le collège des fondateurs, où se retrouvent des altermondialistes plus égaux que d’autres, personnalités cooptées ou représentants d’organisations. Nikonoff veut en appeler aux 30 000 adhérents directs d’Attac, qui subissent, médusés, cette soudaine guerre des chefs. L’explication aura lieu à la rentrée, dans un déferlement de textes, de rumeurs et d’attaques personnelles.
Cette crise enterre un mythe fondateur d’Attac: celui du consensus affiché, de la recherche obligatoire de compromis. Ce conte de fées s’est brisé sous la présidence de Nikonoff depuis 2002. Cet ancien syndicaliste ouvrier, devenu énarque, n’a pas la fibre diplomatique. La question économique le passionne. Les convenances gauchistes l’exaspèrent. Il boit ostensiblement du Coca-Cola tout en réclamant le renversement des politiques menées depuis 1983. On reproche à Nikonoff d’avoir été imposé par Cassen, figure tutélaire d’Attac – personnalité étouffante, admirée et détestée à la fois. Nikonoff porte ses péchés et ceux de son ami. Ainsi, la tentative avortée de monter des listes «100% altermondialistes» aux européennes de 2004, soutenue chaudement par un Cassen travaillé par la politique. On reproche à Nikonoff de vouloir transformer Attac en un parti. C’est faux. Mais il porte bien, en revanche, l’affirmation d’une Attac autonome, développant une vision globale. Il valorise un patriotisme d’organisation contre ceux qui veulent fondre l’association dans un mouvement plus large: une gauche de contestation, voire un pôle de radicalité dont Attac ne serait qu’une composante.
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Née d’un éditorial du «Monde diplomatique» réclamant la taxe Tobin, Attac a grandi. Elle nourrit idéologiquement la gauche militante. Elle est devenue un enjeu, ou une menace. «Tous ces gens n’ont qu’à se détruire entre eux», plaisante – à moitié – un responsable socialiste proche de Hollande. Mais c’est à ses amis antilibéraux qu’Attac pose problème. L’organisation d’éducation populaire, parrainée ou tutellisée par un cartel de fondateurs, est désormais un partenaire, ou un concurrent. Les adversaires de Nikonoff tirent leur légitimité de l’extérieur. Ainsi Bové ou Gus Massiah, président du Crid – coalition d’associations pour le développement –, ou Pierre Khalfa, secrétaire national de l’Union syndicale Solidaires. Ceux-là croient plus aux «collectifs unitaires» issus du non qu’à la force propulsive d’Attac.
Autre divergence: la question laïque. Après le Forum social européen de Paris, Cassen et Nikonoff ont systématiquement combattu les partisans du voile et les alliés de Tariq Ramadan. Massiah, Khalfa et Bové font partie des avocats du prêcheur. «On retrouve la ligne islamo-gauchiste derrière les opposants à la direction d’Attac, il faut faire apparaître cet enjeu», affirme Bernard Teper, dirigeant de l’Union des Familles laïques. «Si on nous cherche sur la laïcité, nous rappellerons que la direction d’Attac est alliée aux Ni putes ni soumises qui ont voté oui au référendum sur l’Europe, renvoie Khalfa. Ramadan, lui, a voté non!»
«Il y aura du sang sur les murs», avait prédit Bernard Cassen, avant une réunion du collège des fondateurs, samedi 25 juin, qui devait officialiser la rupture. Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, est intervenu pour retarder l’inéluctable. Aschieri croit toujours à une direction de consensus et redoute la transformation d’Attac en un mouvement politique classique. «L’intérêt d’Attac est de rassembler des gens qui divergent, explique-t-il. Si cela cessait, nous devrions prendre nos distances. Nous ne souhaitons pas être entraînés dans des guerres internes.»
Mais la guerre aura lieu. Nikonoff veut exposer ses opposants devant la base. Ses adversaires s’emploient à mettre sur orbite leur candidat, Jacques Cossart, un économiste sexagénaire et courtois, conseiller municipal à Bagnolet. Contrairement à ses amis, Cossart est sur une ligne laïque. Il vante le «collégial» et se montre ostensiblement modéré. Chrétien ayant perdu la foi, longtemps membre du PC, Cossart a travaillé pour feu «le Milliardaire rouge» Jean-Baptiste Doumeng. Les nouvelles gauches ont des racines.

Une oligarchie en crise
Composée de collectifs locaux autonomes, forte de 30 000 adhérents, Attac est gouvernée par une oligarchie. Le président est élu par le conseil d’administration, composé de 12 représentants des comités locaux et de 18 représentants des «membres fondateurs» de l’association. Ces «membres fondateurs» peuvent être des syndicats (FSU, Union syndicale Solidaires, Confédération paysanne), des journaux («le Monde diplomatique», «Politis»), des associations (Droit au Logement) ou des individus (José Bové). Ces statuts avaient été inventés initialement pour garantir la stabilité de l’association face aux tentatives d’entrisme. Ils sont maintenant vécus comme un déni de démocratie.

Claude Askolovitch

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/fais des V avec mes mains (crac crac) et chante :
Pour tous Jacques Chirac, Maintenant Président, La France doit montrer le chemin de la liberté
Liberté de travailler, de mieux vivre dans chaque foyer, Votons Jacques Chirac, En avant toute la nation
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