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Auteur Message
peterelephanto
Taulier de l'equipe du monde de Kamoulox
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MessagePosté le: 07 Juil 2003 3:29    Sujet du message: Répondre en citant

Ce n'est que mon goût mais je préfère de loin ses chansons tendres à celle-ci qui est plutôt méchante et gratuite.
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"Nous n'allons pas tirer tout d'svite, nous allons vous laisser une chonze."
Benoît XVI
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nonoz
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MessagePosté le: 07 Juil 2003 13:31    Sujet du message: Répondre en citant

pablo a repondu ce que javait plus ou moins envie de ter repondre a4h du mat (mais jai pas trouve les mots et suis parti me coucher)

c sur qu elle est mechant et gratuite, mais bien rigolote .... apres tout n peux pas etre toujours "conventionnel" dans l art
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pablito
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MessagePosté le: 07 Juil 2003 15:04    Sujet du message: Répondre en citant

peterelephanto a écrit:
Ce n'est que mon goût mais je préfère de loin ses chansons tendres à celle-ci qui est plutôt méchante et gratuite.


Ouais m'enfin... "parce qu'il le vaut bien", non ?
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Mon ego et moi
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MessagePosté le: 07 Juil 2003 17:42    Sujet du message: Répondre en citant

pareil que l'éléphant, j'aime bien son bistro préféré mais là, c'est plutôt moyen. enfin s'il faut faire une chanson pour régler ses comptes et en plus ériger ça en art avec ce genre de style, je n'acquiesce pas.
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legrandmanitou
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MessagePosté le: 07 Juil 2003 17:50    Sujet du message: Répondre en citant

:lol: :lol: :mrgreen: :enaccord4: :diable15: LOL, je vais immédiatement me la chercher sur Kazaa..
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MessagePosté le: 07 Juil 2003 17:51    Sujet du message: Répondre en citant

et ce bac alors ? ;-)
vu ta présence plus forte ces temps-ci, on peut supposer que tu l'as mais hier à Vincennes, on a hésité à interrompre le match à cause de ce doute !
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legrandmanitou
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MessagePosté le: 07 Juil 2003 18:00    Sujet du message: Répondre en citant

Je viens de l'écouter, c'est encore mieux à l'oreille... :lol: 8)

Oui meem, si tu vas consulter "mon" topic, tu verras toutes mes notes...
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Agora
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MessagePosté le: 08 Juil 2003 13:42    Sujet du message: Répondre en citant

Du TNP à Star Academy : le rêve trahi par Jérôme Garcin

Jérôme Garcin est directeur délégué de la rédaction du Nouvel Observateur, chef du service Culture

"LES ACTEURS ne sont pas des chiens". C’est le titre de l’éditorial publié le 16 octobre 1957 dans l’hebdomadaire Arts. Il est signé Gérard Philipe. A l'âge de 35 ans, le Rodrigue d’Avignon, le Prince de Hombourg de la Cour d’honneur, vient d’être élu président du Syndicat français des acteurs. Il est entré au TNP pour servir le public, il prend la tête du SFA pour servir les acteurs. Raison pourquoi il place sa fonction politique aussi haut que ses rôles dramatiques et, entre deux répétitions, lui consacre tout son temps, réservant même une pièce de son appartement de la rue de Tournon aux activités du syndicat. On ne badine pas avec le métier. Dans Arts, toujours, il écrit : « L’amélioration des conditions sociales du comédien demeure notre souci essentiel. Que le public nous aide et prenne nos problèmes au sérieux (...) Il sera le principal bénéficiaire de cette lutte : plus le comédien sera assuré de la défense de ses intérêts, plus il sera détendu et épanoui ». Le nouveau président veut montrer que le comédien, jadis considéré comme un paria, est devenu un travailleur comme les autres, et qu’il a le droit de vivre entre deux pièces, de ne pas crever entre deux films.
En mars 1959, après le refus des directeurs de théâtre de négocier avec les acteurs sur l’épineuse question des salaires minimaux, la profession se met en grève. Dans une lettre à en-tête du SFA, Gérard Philipe lance un ultimatum : « Nous restons mesurés et dignes dans notre action en limitant notre avertissement à un simple retard du lever de rideau dont le public lui-même a été averti par nos soins ». Le samedi suivant, tous les théâtres parisiens lèvent le rideau avec une demi-heure de retard. Mais les patrons ne bougent pas. Le SFA lance alors un ordre de grève totale. Plus de représentations. Portes fermées. Le syndicat des directeurs de théâtre accepte alors de s’asseoir à la même table que celui des acteurs pour réévaluer la grille des cachets. C’est la victoire. Elle sera brève pour Gérard Philipe, qui s’éteint huit mois plus tard, le 25 novembre 1959, à la veille de son trente-septième anniversaire. « La mort a frappé haut, annonce Jean Vilar, la voix brisée, au public de Chaillot. Il savait que la vie est toujours trop courte quand il est question d’être utile aux hommes ». Et d’être utile à ses camarades.
On a oublié que le régime spécial des intermittents du spectacle français est l’enfant naturel du SFA, de Gérard Philipe et de Jean Vilar – Vilar pour qui le théâtre devait être, comme l’électricité, le gaz et l’eau, un service public. Ce régime n’est pas un privilège, c’est une nécessité. Seulement voilà : en cinquante ans, ce beau principe a été détourné, dévoyé et trahi. Il avait été édicté pour tous les Caligula, Lorenzaccio, Perdican, mais aussi les hallebardiers, pages et soubrettes qui font de la vie un théâtre et du théâtre, un rêve ; il est désormais appliqué aux chauffeurs et aux coiffeurs des producteurs de la télévision, qu’elle soit privée ou publique.
Ce n’est pas le festival d’Avignon, fondé par Vilar en 1947, qui devrait être aujourd’hui empêché par les héritiers du SFA, ce sont les richissimes officines qui débitent du « Nice People » et, en fait de conservatoire, font le plein de pubs avec « Star Academy ». Jean-Luc Godard avait écrit un jour que « le cinéma fabrique des souvenirs et la télévision, de l’oubli ». Pis encore : en détournant à son profit les fonds destinés à l’art, elle produit de l’injustice et massacre, sous nos yeux, l’idéal de la culture pour tous. J.G.

(le mardi 8 juillet 2003)
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MessagePosté le: 08 Juil 2003 17:39    Sujet du message: Répondre en citant

édifiant. apparemment, le régime est notoirement mis en péril par des entreprises, notamment publiques, qui maintiennent la précarité d'artistes qu'elles emploient régulièrement. ça concerne, excusez du peu, radio france et france télévision notamment. il est sans doute là le problème : qui est réellement itnermittent et qui est plus "constamment" un artiste vivant de son talent ?
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MessagePosté le: 08 Juil 2003 21:15    Sujet du message: Répondre en citant

tas lu les mails meem?
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MessagePosté le: 08 Juil 2003 23:45    Sujet du message: Répondre en citant

oui nonoz, justement. on pourrait éventuellement en publier quelques extraits ? je te laisse faire, si tu le souhaites.
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nonoz
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MessagePosté le: 19 Juil 2003 16:23    Sujet du message: Répondre en citant

un mail que jai recu et qui m a plu

>J'ai fait un rêve. Jean-Pierre Rarrafin, bien qu'entouré de lingettes,
>avait attrapé la pneumopathie. François Filou, frappé d'une extinction
>de voix après son émission de télé sur les retraites « 100 minutes
>pour vaincre », était maintenant anéanti par la diphtérie. Jacques
>Chirac, à force d'entrer dans les étables pour flatter le cul des
>vaches, s'était blessé et avait le tétanos. Nicolas Sarzyko, adulé par
>les media, avait la coqueluche. Et, peu de temps après, tous avaient
>succombé malgré les soins prodigués par le bon docteur Jean-François
>Mittea qui avait diminué le remboursement du vaccin contre ces trois
>dernières maladies.
>
>Un vent de panique soufflait parmi les rescapés du gouvernement et des
>hautes sphères de la société. La plupart pliaient bagages et la
>France, plus de deux siècles après, connaissait une nouvelle fuite des
>émigrés. Quelques teigneux plus résistants que les autres s'
>auto-proclamèrent gouvernement provisoire : M. Mittea qui avait
>constitué des stocks personnels de vaccins et de médicaments, achetés
>avant la décision de baisser les remboursements, Mme MAM, ministre de
>la Défense qui ne sortait qu'avec un masque à gaz, le clone de M.
>Sarzyko car notre ancien ministre de l'Intérieur, prévoyant, s'était
>fait cloner secrètement, M. Francis Océan, confirmé dans ses fonctions
>de ministre du Patronat et enfin M. Jean-Marc Forestier, chroniqueur
>économique libéral, nommé nouveau ministre de l'Information dirigée en
>raison de ses talents oratoires.
>
>La suite de mon rêve se déroulait en trois tableaux successifs.
>
>Premier tableau : causerie
>
>Le nouveau ministre de l'Information dirigée effectuait ce matin sa
>première causerie informative. Voici le texte de son intervention.
>
>« Le gouvernement provisoire a pris de sages décisions. Il a allongé
>la liste des médicaments moins remboursés, il a allongé la durée de
>cotisations pour obtenir une retraite à taux plein et il a rallongé
>les crédits alloués aux ministères de la Défense et de l'Intérieur.
>
>Toutes ces rallonges vont dans le bon sens pour trois raisons.
>
>Premier point : la Sécurité sociale est en déficit. Les Français se
>soignent trop, tout le monde le sait. Le ministre de la Santé dont
>personne ne peut douter des compétences médicales l'a reconnu. La
>gratuité des soins et des vaccins, non seulement donne de mauvaises
>habitudes, mais entraîne une diminution trop importante de la
>mortalité infantile. Or, tout le monde le sait, c'est la baisse de la
>mortalité infantile qui relève la durée moyenne de vie, la fameuse
>espérance de vie.
>
>Et, deuxième point, tout le monde le sait aussi, l'espérance de vie
>est la plaie des systèmes de retraites. Nous avions trop tardé à
>prendre la décision. C'est fait : les Français cotiseront plus
>longtemps, ils percevront moins et les équilibres seront rétablis.
>
>Ainsi, pour la première fois depuis bien longtemps, un gouvernement
>prend des décisions cohérentes entre elles : moins de dépenses, plus
>de recettes.
>
>Alors, les syndicats vont crier, mais ils ne feront que leur métier.
>On peut conjecturer (j'en profite pour vous apprendre un nouveau mot
>car nous avons limogé M. Alain Rey, jugé trop cultivé pour les
>Français : conjecturer, du latin conjecturare, qui signifie faire une
>hypothèse), on peut conjecturer que la grogne s'apaisera vite quand on
>saura que le gouvernement compte développer l'emploi en embauchant
>dans l'armée et la police.
>
>Et c'est le troisième point. Mme MAM et M. Sarzyko-bis ont annoncé un
>programme de recrutement de militaires et de policiers. Des enquêtes
>très sérieuses aux Etats-Unis ont en effet montré que le besoin de
>sécurité était devenu le premier besoin exprimé par toutes les couches
>de la population, riches et pauvres. La grande innovation sociale du
>XXIe siècle sera de faire garder les riches par les pauvres. De ce
>fait, les pauvres n'auront plus la tentation de la délinquance puisqu'
>ils auront un emploi sûr et à durée indéterminée. Les riches seront
>donc doublement tranquilles : ils seront gardés et ne susciteront plus
>de jalousies. Je profite de cette causerie pour rappeler que le grand
>Adam Smith écrivait déjà en 1776 : « Le gouvernement civil, en tant qu
>'il a pour objet la sûreté des propriétés, est, dans la réalité,
>institué pour défendre les riches contre les pauvres, ou bien, ceux
>qui ont quelque propriété contre ceux qui n'en ont point. » Ainsi,
>les premiers peuvent « dormir avec tranquillité ».
>
>Tout le monde en convient aujourd'hui, le gouvernement précédent avait
>adopté une attitude imprudente en refusant de s'associer à la
>libération de l'Irak. Distancés dans la course aux nouvelles
>technologies, éliminés du marché de la reconstruction, il nous fallait
>revenir dans la compétition internationale. Avec l'augmentation des
>crédits militaires, nous serons prêts pour la prochaine guerre qui ne
>tardera pas car le pétrole s'épuise et les pauvres du monde entier
>nous regardent menaçants. Je le répète, la sécurité devient le premier
>besoin. Le XXe siècle, sous des influences néfastes, avait inventé la
>sécurité sociale, au XXIe, nous inventerons la sécurité financière.
>
>En tant que ministre de l'Information dirigée, je viendrai chaque
>matin vous apprendre un mot nouveau et une philosophie nouvelle. »
>
>Deuxième tableau : la fuite des émigrés
>
>Dans une chaise à porteurs, Monsieur le Baron Ernest-Antoine Teillière
>et Monsieur le Marquis Edouard Balludar s'éloignent du foyer de la
>contagion protéiforme qui gagne la France entière. Tout en morigénant
>leurs porteurs toujours trop lents à leur goût raffiné, ils devisent
>plaisamment.
>
>« Mon cher Edouard, je suis ravi de voyager en votre compagnie. J'
>espère que vos rhumatismes ne vous font pas trop souffrir.
>
>Mon cher Ernest-Antoine, je vous remercie infiniment. J'ai demandé à
>mon collègue Mittea de ne pas supprimer la prise en charge des cures
>thermales pour cette année car Marie-Josephe avait déjà retenu depuis
>plusieurs mois une suite au Carlton de notre station thermale
>préférée. Et oui, mes articulations nécessitent beaucoup d'égards. Ah,
>si nous pouvions restaurer la flexibilité de nos membres comme vous l'
>avez fait dans l'économie, quelle victoire ce serait !
>
>Mon cher Edouard, en effet, quelle victoire ! Flexibilité de l'emploi
>qui monte et qui descend au gré de nos besoins. Flexibilité des heures
>de travail que nous avons arrachée à ce Jospin qui ne s'est pas montré
>mauvais bougre finalement. Et puis surtout, flexibilité de la durée de
>cotisations pour les retraites. C'est notre meilleur coup.
>
>Mon cher Ernest-Antoine, je suis profondément admiratif. Non
>seulement, vous avez réussi à obtenir une durée de 40 ans pour tous
>les manants, mais vous avez arraché le principe d'une augmentation
>continue qui ne s'arrêtera jamais.
>
>Mon cher Edouard, tout le mérite vous en revient. Ce fut une idée
>formidable de dissocier les problèmes en 1993. Dans un premier temps,
>vous avez réglé le compte des gueux du privé. Maintenant on règle
>celui de nos serviteurs du public au nom de l'équité. Et on recommence
>tous les cinq ans. C'est proprement génial.
>
>Oui, mon cher Ernest-Antoine, je reconnais en toute modestie que je l'
>avais bien pensé. Mais remarquez que ce parvenu de Juppé a failli tout
>faire rater en 1995. Heureusement, l'inertie de la gauche nous a
>permis d'amorcer la Restauration. Mais le meilleur est encore à venir.
>
>Mon cher Edouard, vous me faites saliver. De quoi s'agit-il ?
>
>Mon cher Ernest-Antoine, si l'on oblige les manants à cotiser plus
>longtemps, de deux choses l'une : ou ils y parviennent et alors le
>chômage augmentera puisqu'on allonge la durée du travail de ceux qui
>conservent un emploi et ce chômage pèsera sur les salaires ; ou bien
>ils n'y parviennent pas et le niveau des pensions à verser diminuera.
>Dans les deux cas, tout l'accroissement de la production reviendra aux
>actionnaires et aux entreprises. Notre grande astuce dans le débat sur
>les retraites a consisté à laisser dans l'ombre la progression de la
>productivité des manants et à ne parler que du vieillissement. Aïe, ma
>hanche ! C'est encore la faute de ces manants de porteurs.
>
>Mon cher Edouard, vous avez l'art et la manière de dire les choses. J'
>avais de mon côté dessiné la refondation sociale. Cela a eu moins de
>succès, mais au fond l'idée était la même. Conserver l'acquis des
>vingt dernières années qui ont vu la part de nos profits augmenter de
>10 points dans le PIB puisqu'elle est passée de 30 à 40%. Et 10
>points, cela représente 150 milliards d'euros par an. J'ose à peine
>imaginer la somme que cela atteindra dans 40 ans si cette évolution se
>poursuit.
>
>Mon cher Ernest-Antoine, il n'y a pas de raison que cette évolution s'
>arrête. Les choses sont dorénavant verrouillées. Le fruit du travail
>des manants nous appartient. Ils voulaient des droits, nous avons le
>contrat.
>
>Mon cher Edouard, une chose me tracasse cependant. Comment développer
>les fonds de pension si nos gueux n'ont pas de salaires suffisants
>pour épargner ? Je crains qu'on ne s'aperçoive que les fonds de
>pension ne produisent rien et que les gueux sont notre seule
>ressource. J'ai fini par comprendre ce que me disait toujours mon
>ex-bras droit, Denis Lessker : « Lisez Karl Marx, me répétait-il, et
>quand vous voyagez emportez votre Capital. » Au début, je croyais qu'
>il parlait simplement de ma fortune, mais maintenant j'emporte les
>deux.
>
>Mon cher Ernest-Antoine, je fais comme vous. Tenez, voici mon
>exemplaire du Capital et, par mesure de précaution, je glisse à l'
>intérieur toutes mes cartes de crédit en guise de marque-pages, dans
>le cas où nous serions arrêtés à Varennes par quelques manants
>récalcitrants qui manifesteraient. Je vous propose de lire un passage
>de ce Marx qu'on ne louera jamais assez pour nous avoir expliqué
>comment marchait notre propre système : « La journée de travail
>comprend 24 heures pleines, déduction faite des quelques heures de
>repos sans lesquelles la force de travail refuse absolument de
>reprendre son service. Il est évident que le travailleur n'est rien
>autre chose sa vie durant que force de travail, et qu'en conséquence
>tout son temps disponible est, de droit et naturellement, temps de
>travail appartenant au capital et à la capitalisation. Du temps pour l
>'éducation, pour le développement intellectuel, pour l'accomplissement
>des fonctions sociales, pour des relations avec parents et amis, pour
>le libre jeu du corps et des forces de l'esprit, même pour la
>célébration du dimanche, et cela dans le pays des sanctificateurs du
>dimanche, pure niaiserie ! »
>
>Mon cher Edouard, quel merveilleux conteur de notre histoire
>capitaliste que ce diable de Marx ! Je n'avais pas encore lu ce
>passage car je n'en suis qu'au début. Mais j'avais eu l'intuition qu'
>il fallait surtout veiller à ne jamais baisser la durée du travail et
>au contraire l'augmenter avec l'espérance de vie. D'ailleurs, j'avais
>fait un bon mot en sortant de mes entretiens à Matignon : finie la
>récréation de Jospin, au travail !
>
>Mon cher Ernest-Antoine, c'est le secret : en temps de paix, tout le
>monde au travail sauf les chômeurs nécessaires dans la réserve ; en
>temps de guerre, un maximum de dommages collatéraux. Ah, combien j'ai
>souffert pendant ce temps où la France était en disgrâce auprès de nos
>amis américains ! Aïe, ma hanche, vils manants !
>
>Mon cher Edouard, nous avons passé Varennes sans encombre, nous filons
>vers la Suisse où je dépose mon butin à Davos, et ensuite nous nous
>dirigerons vers Monaco ou quelque autre paradis de votre choix.
>
>Mon cher Ernest-Antoine, il faudra que nous fassions savoir au
>gouvernement provisoire qu'il serait peut-être souhaitable de lancer
>une campagne d'information au sujet des bienfaits des paradis fiscaux
>qui contribuent au renforcement de la sécurité. Cette idée de sécurité
>financière que j'ai entendue ce matin dans la bouche de notre ministre
>de l'Information dirigée me plaît. Il faudra qu'il y revienne. Cet
>homme est utile : il ne comprend rien à l'économie, mais il est
>pédagogue car il sait bâtir des explications en trois points. Cela me
>rappelle ma jeunesse à l'ENA. Aïe, ma hanche, vils manants, faites
>attention, sacrebleu ! »
>
>Troisième tableau : guerre sociale ou guerre tout court?
>
>Le gouvernement provisoire tient son premier Conseil des ministres. Y
>assistent le Président du Sénat, Monsieur Christian Loncepet,
>Président de la République par intérim, Mme MAM, ministre de la
>Défense, M. Sarzyko-bis, ministre cloné de la Sécurité intérieure, le
>Docteur Mittea, ministre de la Santé privée, M. Océan, ministre du
>Patronat et M. Forestier, ministre de l'Information dirigée.
>
>Le Président par intérim ouvre la séance avec solennité : « Madame et
>Messieurs les Ministres, notre responsabilité est immense car nous
>devons répondre à une question que les gouvernements successifs de la
>France ont trop longtemps éludée : faut-il déclencher d'abord la
>guerre tout court ou la guerre sociale ? Comme les impératifs de l'
>économie comptent parmi les premiers critères de notre jugement et que
>la sanction du marché est sans appel, je vous propose de donner la
>parole à M. le Ministre du Patronat qui nous exposera la situation
>économique. »
>
>Le Ministre du Patronat se lève et, prenant son air le plus grave,
>déclare : « Monsieur le Président, mes chers collègues, la situation
>est préoccupante. L'économie est en récession. La croissance s'est
>arrêtée et les perspectives de reprise sont minces car les bénéfices
>des entreprises très importants sont tout de même entrés dans une
>phase de ralentissement. Par conséquent, l'investissement risque de
>chuter et la récession durer plus longtemps que prévu, d'autant plus
>que les incertitudes des cours boursiers entretiennent la frilosité
>des opérateurs financiers. La confiance a disparu. Notre problème est
>donc de redonner espoir aux Français en la capacité de notre pays d'
>être une grande puissance. Compte tenu des crédits importants que nous
>avons déjà décidé d'allouer à la Défense nationale, je ne vois qu'un
>moyen de rétablir la confiance, comme l'a fait le gouvernement des
>Etats-Unis vis-à-vis des Américains : faire la guerre. D'une part,
>cela donnerait un coup de fouet à nos industries, notamment à
>GIAT-Industrie, lourdement handicapée par notre absence des conflits
>majeurs récents. D'autre part, la guerre nous permettrait de diminuer
>les tensions sur le marché du travail. Et vous savez que nos services
>du ministère du Patronat enregistrent quotidiennement une montée du
>chômage. Je pense que Mme la ministre de la Défense sera de mon
>avis. »
>
>Celle-ci prend la parole : « La guerre ! Ah, j'en pince ! Rendez-vous
>compte, je suis la première femme ministre de la Défense. Que
>serais-je sans guerre ? Je ne serais qu'un ministre, pardon une
>ministre, sans sa raison d'être. Un ministre de l'Education, il peut
>écrire sa lettre à ceux qui aiment l'école. Un ministre de la Santé,
>il peut diminuer la prise en charge des médicaments. Un ministre de l'
>Intérieur, il peut mettre les prostituées en prison et les immigrés
>dans des charters. Mais un ministre de la Défense, quelle trace
>peut-il laisser dans l'histoire s'il n'a pas de guerre ? Ah, je veux
>être la première Amazone des temps modernes ! »
>
>Devant tant de poésie déclamée avec les accents de George Sand face
>aux communards de 1871, le Conseil des ministres reste un moment
>silencieux jusqu'à ce que M. Sarzyko-bis, ministre de la Sécurité
>intérieure prenne à son tour la parole : « Monsieur le Président,
>Madame et Messieurs, chers collègues, nous ne sommes pas prêts. Les
>crédits qui sont attribués à mon ministère ont certes augmenté mais
>beaucoup moins que ceux du ministère de la Défense. Je crois donc
>indispensable de procéder dans un premier temps à un nettoyage de l'
>intérieur. Trop de drogués, trop de prostituées, trop d'immigrés que
>je suis obligé de disputer à Le Pen dans la tête des Français, trop de
>Rmistes faisant la fine bouche devant les emplois qu'on leur propose.
>Monsieur le ministre du Patronat devrait commencer par supprimer le
>SMIC. »
>
>Le Président par intérim, qui ignorait qu'il existait un SMIC car on n
>'en parle jamais au Sénat, l'interrompt : « Voyons, Monsieur le
>ministre de la Sécurité intérieure, quel rapport cela a-t-il avec
>notre sujet ? »
>
>Le ministre du Patronat vient au secours de son collègue : « Il est
>vrai que nous sommes devant un paradoxe. Nous voulons limiter les
>dépenses de santé prises en charge par la société et limiter les
>pensions versées aux retraités alors que nous ne touchons que
>marginalement aux salaires. Il serait plus judicieux de baisser
>drastiquement les salaires, par exemple en supprimant l'obligation qu'
>ont les entreprises de respecter le SMIC. Ainsi, les prestations
>sociales qui sont toujours proportionnées aux salaires par le biais
>des cotisations baisseront automatiquement. Nous sommes engagés dans
>une guerre économique mondiale. Nous ne l'emporterons que si nous
>gagnons auparavant la guerre sociale. Pour harmoniser nos points de
>vue, je propose donc le scénario suivant. D'abord, la guerre sociale,
>et on gagne ; puis, la guerre économique, et on gagne ; enfin, la
>guerre tout court pour avoir la paix avec tous les pauvres du monde.
>La guerre pour la paix, cela s'appelle la dialectique. »
>
>Le ministre du Patronat, gonflé de son envolée martiale, se tait pour
>mettre un casque sur la tête et des écouteurs autour des oreilles. Il
>reprend : « J'ai en direct mon parrain, Monsieur le Président du
>Patronat français, Ernest-Antoine Teillière, qui se trouve à Davos en
>compagnie de notre ancien Premier ministre, son Excellence Monsieur
>Edouard Balludar. Voici ce qu'il nous dit. » : « Arrêtez vos querelles
>byzantines, me souffle ce cher Edouard qui s'y connaît, la guerre
>sociale, la guerre économique et la guerre tout court sont une seule
>et même chose. La valse, elle a trois temps, mais dans un seul
>mouvement. Vous devez expliquer aux Français que les sacrifices sont
>nécessaires pour remporter la guerre économique et que celle-ci a pour
>but de nous mettre aux premières loges de la puissance militaire. Que
>fait donc votre ministre de l'Information dirigée ? Dites-lui qu'il
>nous fasse dès demain une causerie en trois parties :
>
>1. La paix est souhaitable mais la guerre est nécessaire.
>
>2. La paix est une bonne idée mais la guerre est une bonne affaire.
>
>3. La paix fait des heureux mais bien trop nombreux,
>tandis que la guerre ne fait du tort qu'à ceux qui en sont morts.
>
>La guerre pour notre sécurité, c'est de la dialectique. Lisez Karl
>Marx, me souffle ce cher Edouard qui souffre de sa hanche. Je vous
>laisse, mon capital n'attend pas. »
>Prenant acte du consensus, le Président de la République par intérim
>conclut les débats par ces mots : « Madame et Messieurs les ministres,
>l'affaire est entendue. Je parlerai de paix à la Nation et vous
>mènerez la guerre. Toutes les guerres, nous en sommes d'accord. La
>guerre totale. Cependant, il serait plus sage d'organiser un repli du
>gouvernement sur une ville moins exposée. Que diriez-vous de Bordeaux
>? Comme en 40, notre gouvernement serait à l'abri. »
>
>A cet instant, un huissier de la République s'avance vers le Président
>par intérim et lui présente un fax tombé dans la minute précédente. Il
>lit :
>
>« Origine du fax : Alain Juppé, Maire de Bordeaux. Vous informons,
>Monsieur le Président, que la ville de Bordeaux est en ébullition. Un
>Forum Social Local y a été proclamé. Situation très sérieuse car ce
>FSL n'a rien d'une Fièvre Syndicale Localisée dont nous avions l'
>habitude. Craignons de ne pouvoir maîtriser la situation tant la
>population refuse toute guerre. Croyez-moi, j'ai l'expérience des
>mouvements sociaux. »
>
>A ce moment-même, je me réveillai et mon rêve s'évanouit. Nous étions
>tous dans la rue. Ensemble.
>
>Jean-Marie Harribey
>Contact pour cet article. harribey@montesquieu.u-bordeaux.fr
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MessagePosté le: 22 Juil 2003 7:38    Sujet du message: Répondre en citant

méga-lol...
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:byebye:
(Mais je lis mes MP)
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Ndan
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MessagePosté le: 22 Juil 2003 9:43    Sujet du message: Répondre en citant

MEGA :lol-sign: en effet, mais angoise tout de même :
:arrow: L'ardennais ex-député des Vosges Christian Poncelet, membre de l'Académie des Sciences morales et politiques (!), secrétaire d'Etat auprès du Ministre d'Etat chargé des Affaires Sociales en 1972-73, Secrétaire d'Etat auprès du Ministre de l'Emploi, du travail, de la population en 1973-74, secrétaire d'Etat auprès du Premier Ministre (Chirac déjà !), chargé de la Fonction publique mars-mai 1974, secrétaire d'Etat auprès du Ministre de l'Economie et des Finances, chargé du Budget mai 1974 à avril 1977, secrétaire d'Etat auprès du Premier Ministre, chargé des relations avec le Parlement avril à septembre 1977, (bref la grande periode politique "ventre-moulesque" liberale pompidolo-giscardo-baristo-jacquouillesque !), est président du sénat, et devient donc président de la "Ripoublique" par la volonté omnipotente de la real-politique big-brothersienne de "Manpower" :(
... 'tain, 82% !!!
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Ngôé a joe ki mos ezin na abili abui avon e nyu
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MessagePosté le: 06 Aoû 2003 12:57    Sujet du message: Répondre en citant

La suite du feuilleton polynésien

(Pour ceux qui n'avaient pas lu le premier épisode:
http://www.kamouloxdufoot.com/kdf/viewtopic.php?t=198&postdays=0&postorder=asc&start=30 - 3e post)



Si vous avez 5 minutes et envie de rigoler un peu (sauf si bien sûr vous êtes un chiraquien invétéré :wink: )...

Echos d'une visite...

Après un mois d'hystérie (la préparation de la visite) et trois jours de folie (la visite), que reste-t-il de la visite du « Grand frère Chirac » à Tahiti et Bora Bora ?
Hormis la réfection subite de bien des rues défoncées depuis des lustres à Papeete, il reste les commentaires des médias.
Bien des journalistes ont été impressionnés par le nouveau statut en préparation , lequel « fera de la Polynésie française la collectivité qui dispose des plus vastes attributions, sans autre équivalent sur le territoire de la République », comme l'a déclaré Jacques Chirac, ce qui a fait bondir de joie « l'homme fort de la Polynésie française Gaston Flosse, en qui beaucoup voit une sorte de tout-puissant "vice-roi" » (AFP). Le quotidien Le Monde, lui, parla d'un « Gaston Flosse, l'homme fort du territoire » alors que l'agence Reuters trouve que « l'omniprésent président du gouvernement polynésien, Gaston Flosse » reçoit Jacques Chirac « tel un chef d'Etat recevant un homologue », « déploie des fastes dans un mélange singulier de militantisme politique, de culte de la personnalité et de confraternité sincère » et que « la fête et la démesure polynésiennes l'ont emporté sur le volet politique de la visite présidentielle ».

Le quotidien Libération ironise sur « Chirac et son très cher ami de Tahiti », expliquant que « pour son déplacement dans les îles de carte postale, Jacques Chirac s'est adjoint les services d'un G.O. (gentil organisateur) hors pair. Il s'appelle Gaston. Ou encore «papa Flosse» pour les affidés de son parti, le Tahoera'a. Gaston Flosse n'est pas un G.O. comme les autres : il a transformé son village polynésien en un petit royaume dont il est le « président sénateur ». Avec son statut de très large autonomie, il s'est offert son drapeau, son hymne, un gouvernement et des ministres, son avion de la présidence, un fastueux palais, une garde... Il a surtout l'indéfectible amitié de Jacques Chirac qui en avait fait, en 1986, son ministre en charge du Pacifique Sud. «Nous n'avons plus grand-chose à lui demander, il nous a tout donné», glisse Gaston Flosse. Et comme il n'est pas chien, il a décidé qu'une place portera le nom de Jacques Chirac et qu'une statue du président (français) y serait érigée. Depuis son arrivée sur l'île de Tahiti, papa Chirac ne quitte pas son compère. « Où il est Gaston ? Viens là, Gaston, avec moi, sur la photo », « Ah quel accueil... Ça, c'était vraiment quelque chose, hein Gaston ? »

Mais il n'y a pas que les Métropolitains qui ont observé. Il y aussi Charles Teai, ce Polynésien pur jus (un ancien emploi fictif Tahoera'a au Palais présidentiel est une de ses références) qui alimente une chronique sur Radio Tefana sous le doux alias de "Carlos Quintos" au point d'être devenu le cauchemar matinal du service de la Propagande du Palais présidentiel. Ecoutons-le :
« En 37 ans, j'ai vu passer quatre présidents de la République dans notre merveilleuse colonie franco-maohi : De Gaulle, Giscard d'Estaing, Mitterrand et, hier, grand frère Chirac. Que l'on ait l'esprit bien ou mal tourné, ce genre de visite donne toujours l'image du grand chef blanc en visite chez les indigènes. Cette fois-ci, depuis l'accueil sur le parking de l'aéroport à celui du stade Pater, c'était vraiment le grand jeu colonial façon film à grand spectacle d'Hollywood. Vous savez, ces films des années 60 avec Clark Gable ou John Wayne, grands chasseurs blancs, accueillis dans la brousse africaine par les tam-tam et les danses indigènes. Loin d'atténuer ce qu'il y avait de colonial et de primitif dans cet étalage, la présence des Airbus sur le parking de l'aéroport, les éclairages sophistiqués du stade Pater avec les immenses écrans vidéo, l'enthousiasme de commande de la foule bigarrée, renforçaient l'évidence : président-sénateur Flosse, c'est vraiment le petit chef de la tribu orange qui accueille le grand chef blanc, l'anachronisme de ce début de 21ème siècle. Ouaaaah- ! Et puis, en direct à la télé, le petit chef orange répétait toutes les dix minutes, vraiment comme un perroquet :
-« Merci Ô grand chef blanc de saigner à blanc tes contribuables français pour nous envoyer tout ce pognon qui permet à moi, petit chef orange tout-puissant du Pacifique-sud, de balancer 12 milliards dans le trou que nous a laissé Bouygues à l'hôpital Taaone, tout ce pognon français qui permet aussi de loger les membres de ma tribu orange dans des clapiers sociaux et de piquer, au passage, les membres des autres tribus, de creuser des tunnels très chers et inutiles, de construire des hôtels vides avec le fric de tes riches contribuables qui ne veulent pas payer d'impôts chez toi. Merci grand chef blanc d'éviter à mes canards laquais [ministres] et à moi-même d'avoir à transpirer pour payer toutes ces bagnoles, tous ces Airbus, tous ces thoniers fabriqués en Corée, tous ces films "X" sur TNS, etc., etc. »

Et au grand chef blanc de répondre :
-« T'occupe, petit chef de la tribu orange, pour moi t'as toujours été mon préféré, sois certain que ça va continuer, de toute façon ça me coûte pas un sou, ce sont mes contribuables français qui crachent dur, comme les tiens !"

« Lundi 28 juillet, le président-sénateur Flosse a inventé le "dîner populaire sur carte d'invitation". Ainsi donc, en plein air place "To'ata", 3500 personnes triées sur le volet de la nomenklatura du Tahoera'a ont été "populairement" invitées à bâfrer, jusqu'à s'en éclater la panse, pour le dîner d'adieu du grand chef blanc Jacques Chirac. Heureusement que nous autres contribuables indigènes d'en bas, non-invités à ce dîner "populaire", nous avions les caméras de RFO, la télé de l'Etat français, qui zoomaient et panoramiquaient longuement, complaisamment et en permanence sur les tables des dîneurs pour nous imprégner de la magnificence de ce méga-dîner d'adieu. Au moins, nous savions où passaient nos impôts de travailleuses et travailleurs indigènes d'en bas. Ainsi, grâce à RFO, nous avons pu apprendre aussi que la vaisselle, les couteaux, les fourchettes, et les verres à 175 000 Fcfp pièce, étaient réservés à la table d'honneur, alors que les couverts de la piétaille sortaient des rayons du "Carrefour" voisin. Vive la démocratie !
« [Ce qui compte pour] notre président-sénateur, c'est que grand frère Chirac lui balancera de Paris quelques centaines de milliards chaque année pour continuer à entretenir, d'une part son parti orange le Tahoera'a et tous ses emplois fictifs pour s'acheter des électeurs ; et d'autre part pour continuer à donner l'illusion que la croissance du nombre et du montant des subventions est la preuve irréfutable d'un développement économique réel, performant, créateur de richesses nouvelles, durables », etc.

Comme vous voyez, contrairement à ce que disent des mauvaises langues, on ne s'ennuie pas à Tahiti

(Tahiti-Pacifique Magazine - août 2003)

NB 1 € = 119 F CFP



Le président du gouvernement de Polynésie française, Gaston Flosse, a estimé, mardi 5 août, que la visite du président de la République Jacques Chirac, à Tahiti, fin juillet, s'était très bien déroulée. Il est revenu également sur le coût de l'opération et sur l'attitude de l'opposition lors de la visite officielle. "Tout le monde est d'accord pour dire que le séjour du président de la République s'est parfaitement déroulé. C'est un sans faute. Jacques Chirac lui-même était absolument ravi. Avant de partir en vacances au Canada, il m'a envoyé une lettre où il dit que 'tout a été parfait", a déclaré Gaston Flosse. Il a ajouté que, contrairement à ce qu'avait indiqué l'ancien Secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Christian Paul (PS) les fonds utilisés par le Territoire pour le déplacement du président de la République n'avaient "pas été dilapidés".
" Nous sommes en train de faire les comptes. Les 300 ou 400 millions CFP (2,5 à 3,3 millions d'euros) que nous avions pu annoncer ne seront pas atteints. Les déplacements étaient payés par l'Etat. Le bitumage de certaines routes a été effectué plutôt que prévu, mais toutes ces opérations étaient déjà programmées", a assuré le président du gouvernement de Polynésie française qui a critiqué au passage l'attitude de l'opposition.
Pour lui, les manifestations organisées par le Tavini huiraatira indépendantiste lors du déplacement du président de la République ont été "un échec".
Sur le fond, Gaston Flosse estime également que la visite présidentielle a permis de souligner l'implication personnelle du chef de l'Etat dans la poursuite du processus d'autonomie pour la Polynésie française.
" Nous n'attendions pas des annonces fracassantes lors de cette visite officielle. Il est simplement venu confirmer ce qu'il avait déjà déclaré", a précisé le président du gouvernement de Polynésie française en citant notamment la pérennisation des fonds alloués à la Polynésie dans le cadre de l'après-CEP (fin des expérimentations nucléaires à Moruroa), sa gestion par des élus polynésiens, et sur l'avancée statutaire.

(polynesie-paris.com, de l'autre bord évidemment)
_________________
On ne voit bien qu'avec le coeur, l'essentiel est invisible pour les yeux.

"L'exclusion d'un suédois colérique avec un nom arménien, ça me dit quelque chose, mais quoi? :mefiant15:" Maître Coin-coin :onyourknees: , le 18/08/08.

Charlie hebdo, un symbole, oui; un modèle, non.
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