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Tony Adams
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MessagePosté le: 20 Sep 2006 12:11    Sujet du message: Répondre en citant

Episode 1 (1/3)



Parhelion cliqua sur le bouton Envoyer et sourit en constatant que le message était bien arrivé dans la boîte de réception de W-Fenec. Il lui avait souhaité bon courage pour le concert de System of a Down auquel son compère nioub allait assister prochainement. Ils étaient également convenus d'ouvrir un blog consacré au métal, et Parhelion avait encore besoin de temps pour décider de la meilleure façon de le mettre en place. Il était assez content d'avoir rencontré un collègue métalleux sur le Kdf, tant les fans de pop semblaient pulluler un peu partout dernièrement. Lui, ça le faisait chier tous ces chanteurs larmoyants qui racontaient à qui veut bien l'entendre comment l'amour fait souffrir et comment les femmes sont belles mais cruelles, et toutes ces conneries. Lui, c'était le sentiment brutal qui l'intéressait, le viol auditif. L'ordinateur s'éteignit et il se dit qu'il faudrait qu'il expose ce point de vue au Fenec plus tard, il partagerait certainement son avis. Souriant, il prit la direction de sa chambre, alluma la lumière, et enclencha le dernier Tool dans le lecteur CD relié à l'ampli bi-câblé. Il se coucha et apprécia quelques minutes les accords menaçants qui faisaient vibrer les enceintes. Le sommeil gagnait peu à peu, la musique s'éloignait, et le domaine du rêve approchait.

La porte d’entrée de Parhelion s’ouvrit sans un bruit. Et même si elle avait légèrement craqué, Parhelion n’en aurait rien entendu, tout occupées qu’étaient ses oreilles par les notes violentes qui résonnaient dans sa chambre. Deux ombres entrèrent, éclairées par la lumière fruste du couloir, et refermèrent prestement, replongeant dans une obscurité qui les accueillit en son sein comme ses propres enfants. Forcer la serrure, ouvrir, entrer, refermer la porte, tout ça leur avait pris moins d’une minute. Il aurait été impossible pour quiconque de les reconnaître, même pour la voisine nymphomane de Parhelion qui passait son temps l’œil collé au judas afin de surveiller les allées et venues de son jeune et bruyant voisin, qui peuplait ses fantasmes les plus débridés. Elle n’avait vu qu’un éclair, le scintillement de la lumière sur une gourmette que portait l’un des deux hommes qui venaient d’entrer, le plus baraqué.

A l’intérieur, Zozo sortit une feuille de papier de la poche arrière de son pantalon, et l’éclaira avec une mini lampe torche achetée en soldes trois euros chez Decathlon. Elle lui avait été extrêmement utile pour toutes les opérations qu’il avait dû mener ces derniers jours, parfois trois dans la même nuit. Il pointa le faisceau lumineux sur la carte tracée maladroitement au feutre noir et qui ressemblait plus à un gribouillis d’enfant qu’à un schéma propre et méticuleux :

- « Putain Bouh, t’as encore trouvé le moyen de dégueulasser le boulot ! »
- « C’est pas de ma faute ! Quand je suis venu repérer les lieux, j’étais pas là depuis deux minutes qu’une folle est venue cogner à la porte en gueulant qu’elle voulait mon corps, qu’elle me ferait découvrir les plaisirs insoupçonnés de l’amour en suspension, ou un truc dans le genre ! »
- « Ouais c’est ça, fous-toi de ma gueule… Passe-moi le masque au lieu de dire des conneries »

Bouh grommela une réponse partiellement intelligible, comme quoi on ne le croyait jamais dès que ça tournait autour des nanas de toute façon. Il tira de son sac un masque de chirurgien et le tendit à Zozo, qui le posa à même le sol à côté d’un gros morceau de coton. Il sortit une petite bouteille brune de la poche intérieure de sa veste et aspergea le coton jusqu’à ce qu’il soit totalement imbibé. Il plaça ensuite la petite boule humide à l’intérieur du masque et la fixa à l’aide d’un bout de scotch. Sur ce il se leva, regarda une nouvelle fois le plan et se dirigea vers la chambre d’où leur parvenaient les sons lourds et caractéristiques d’une bonne grosse basse.
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Tony Adams
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MessagePosté le: 20 Sep 2006 12:52    Sujet du message: Répondre en citant

Ep1 (2/3)


Parhelion était en plein cauchemar. Il était ligoté dans un salon volant. La porte béante laissait l’air gelé de la nuit noire s’engouffrer jusque dans ses os, le glaçant littéralement. Un mec en slip le regardait, un rictus de taré gravé sur le visage comme une promesse de peine, de souffrance et de mort. Il tenait à la main un biberon rempli de ce qui semblait être un lait jaunâtre. Et son slip était en fait une couche. Par la porte grande ouverte Parhelion voyait défiler les créatures monstrueuses qui avaient peuplé ses phobies enfantines : le vampire du placard avec ses canines démesurées, l’alligator qui se planquait sous son lit, le requin caché au fond des toilettes qui lui avait provoqué des constipations chroniques. Ils étaient tous là et le regardaient avec une lueur d’amusement sadique dans les yeux. Ils lui parlaient, mais Parhelion était incapable d’entendre ce qu’ils essayaient de lui dire. De toute façon c’était mieux comme ça, il aurait été étonné qu’il s’agisse de paroles réconfortantes. Le décor changea. Il était dans une salle de concert crade et plongée dans l’obscurité avec Fenec, qu'il reconnu immédiatement grâce aux conversations par webcam interposées qu'ils avaient eu régulièrement. Autour de lui, un public peu nombreux et tétanisé avait les yeux fixés sur la scène, où un gars chauve portant une chemise hawaïenne braillait. Il le pointait du doigt, lui Parhelion, entre tous les gens présents. Il le traitait de lavette. Le gars massif, celui qui était avec lui dans le salon volant était là aussi, mais pas de signes du troisième. Il le regardait d'un œil torve, sans doute légèrement imbibé par son biberon anisé. Il arborait également un bouc broussailleux et portait une gourmette flashy. Soudain, le chanteur le regarda lui et hurla : "TU VAS TE REVEILLER ESPECE DE PETITE MERDE ?! C'EST TERMINE LA RONFLETTE, MAINTENANT TU ECOUTES OU TU CREVES !" Le rythme cardiaque de Parhelions’emballa. Il recula sur les mains jusqu’à ce que son dos cogne contre un mur froid et râpeux. Quelque chose l’empêchait de respirer, il se sentait au bord de la crise cardiaque. Son cœur battait la chamade, son cerveau palpitait et il sentait comme des croûtes autour de ses narines qui lui semblaient en feu. Il passa la main sur la bouche et sentit une espèce de masque. Il l’arracha et prit une grande inspiration, puis une autre, puis encore une autre. Ses esprits lui revenaient peu à peu. Le chauve avait arrêté de hurler. Il parlait avec le gars au bouc.

- « Zozo, t’es bien sûr que c’est du chloroforme que t’as mis dans le masque de celui là ? Les autres ont pas réagi comme ça, c’est bizarre ».
- « Hmm, attends je vérifie sur la bouteille. Ah ben non, tiens, c’est du nitrate d’amyle ! »
- « Bordel Zozo ! Ce mec vient de sniffer du poppers pendant les quatre dernières heures ! Tu peux me dire à quoi ça sert qu’on se casse le cul à ramener ces gens, si c’est pour les faire crever pendant le voyage ? »
- « Oh, c’est bon Major, il est en pleine forme. Regarde, il se fait déjà des amis ».

Parhelion était en effet en train de parler à son voisin le plus proche, qui se trouvait être W-Fenec. Celui-ci était arrivé parmi les premiers, et il lui faisait le topo sur la situation. La veine jugulaire du Major gonfla et se mit à palpiter vite et fort. Il serra les poings et gueula :

« HEY LES CONNARDS ! C’EST PAS LE CLUB MED ICI ! ALORS VOUS FERMEZ VOTRE GUEULE OU BIEN J’APPELLE BOUH ET JE LUI DEMANDE DE SE SERVIR DE NILMAR POUR VOUS FAIRE UN DEUXIEME TROU DE BALLE ».

Le silence se fit. Parhelion regarda un peu autour de lui et à mesure que ses esprits lui revenaient, il constata que lui et les autres étaient dans une cellule de prison d’assez grande taille. La peinture grise des murs avait commencé à s'écailler depuis un bon moment déjà, laissant seulement par endroits le béton froid et dur à nu. Les deux geoliers se tenaient quelques mètres devant eux et il n'aurait sans doute pas été difficile de leur sauter dessus et sortir tranquillement de la cellule grande ouverte. Mais il régnait une telle atmosphère de peur, de résignation, et d'attente désabusée, que même avec un courage décuplé Parhelion aurait été bien incapable d'entreprendre quoi que ce soit. Sans être entassés, les autres prisonniers, car ils se considéraient déjà comme prisonniers, étaient proches les uns des autres. L’expression énigmatique « se serrer les coudes » prenait tout son sens en cet instant. Parhelion remarqua quelques femmes, mais les hommes étaient largement plus représentés. Il devait être le plus jeune de tous, sans qu’il n’y ait pour autant une énorme différence d’âge avec la majeure partie des gens assis et tremblants de froid. En effet, rares étaient ceux qui étaient habillés correctement. Lui ne portait qu’un caleçon et un t-shirt, et il voyait beaucoup de pyjamas autour de lui. Le chauve en chemise hawaïenne se roula une cigarette et reprit la parole après l’avoir allumée et coincée à la commissure de ses lèvres :

« Vous vous demandez sûrement pourquoi vous êtes ici. La réponse est simple : parce que je le veux. Je suis celui que vous connaissez sous le pseudonyme de MajorFatal, et vous m’appartenez. Vous avez sans doute naïvement cru que participer au Kamoulox du foot était un passe-temps amusant, un bon moyen pour tromper l’ennui et partager vos misérables opinions sur des sujets aussi passionnants que la composition de l’équipe de France contre les Iles Féroé, ou telle ou telle chimère numérique aux seins siliconés. Vous vous trompiez lourdement. En vous inscrivant sur mon site vous avez signé un pacte. Vous m’avez innocemment offert vos coordonnées personnelles, qui pour vous ne sont peut-être que peu de chose, mais grâce auxquelles j’ai pu remonter petit à petit afin de me constituer des dossiers sur vos pathétiques petites vies. Tous les minuscules détails insignifiants que vous pensiez partager avec des gens équilibrés et de bonne foi, je les ai regroupés afin d’avoir une meilleure idée de votre personnalité. Quand je vous dis que je vous connais par cœur, ne pensez pas que je plaisante. En fait, je suis certain de vous connaître mieux que vous ne vous connaissez vous-mêmes. Je peux prévoir vos réactions, je sais ce que vous ressentez à l’heure actuelle, ce que vous ressentirez dans une heure, dans deux jours. Je sais ce que vous ressentirez au moment de votre mort ».

A cet instant, son visage s’éclaira d’un sourire tellement fou, tellement sadique, que Parhelion faillit en perdre le contrôle de ses sphincters. Ce type était complètement taré. Le terme folie n’était même plus assez fort pour décrire son état mental. Mais putain, qu’est-ce qu’il leur voulait ?
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MessagePosté le: 20 Sep 2006 12:56    Sujet du message: Répondre en citant

Ep1 (3/3)


« Ah oui, je lis le scepticisme dans vos yeux, vous voulez des réponses, c’est tout naturel. Eh bien les voici : je vous ai réunis ici parce que j’ai besoin d’un nouveau modérateur. La récente promotion de Bouh au poste d’administrateur a libéré un espace qu’il faut combler, il en va de l’équilibre même du site. Voyez-vous, je ne peux pas exercer le contrôle seul, il me faut des relais pour recueillir les informations, laisser les engueulades dégénérer jusqu’au point où les gens font des confessions intimes, lâchent des détails personnels en espérant marquer des points, comme si une expérience vécue était l’argument ultime. Et en ce moment, je dois l’avouer, mon staff est amoindri, ce qui me pose un problème. Mais nul problème sans solution ! »

Non ! Il était encore en plein cauchemar ! Parhelion n’en croyait pas ses oreilles. Ni ses yeux d’ailleurs. Ni rien, ni personne. Son univers s’effondrait par pans entiers, toutes ses certitudes étaient en train de voler en éclats, il ne pouvait pas y croire. Et ce taré qui lui disait qu’il était MajorFatal. Non, c’était une mystification, un plan savamment orchestré, Major était gentil, aimable, un gars cool. Il repensa à ses propres parents, sa famille, à l'amour. Les larmes commencèrent à couler sans qu'il ne puisse rien y faire.

« Parhelion, tu es vraiment jeune, et vraiment con. Je te souhaite la bienvenue sur MON site, je discute un peu de tout et de rien avec toi, et ça y est, je suis ton pote. Mais tu crois quoi ? Que la vie c’est bisounours et barbe à papa ? Crétin. Si je veux que tu restes chez moi, autant que je sois sympa et prévenant. Le truc, c’est que sur Internet tu accordes ta confiance à n’importe qui. Tu verrais la tronche de Baygonsec, jamais tu lui dirais comment tu t’appelles et d’où tu viens, surtout depuis qu'il s'est laissé pousser la moustache. Mais comme tu es dans une relation abstraite dénuée de toute réalité, tu vis dans ta tête, tu calques les pseudos avec qui tu discutes sur des modèles que tu as véritablement connus, ton père, ta sœur, ton chien, un savant mélange trois. Mais rien de tout cela n’est réel. La réalité, c’est que tu es ici parce que tu t’es fait avoir. Tu t’es fait posséder, au sens littéral du terme. Tu es à moi, comme tous tes compagnons ici présents. Et maintenant, écoutez bien tous, c’est ici que ça devient important ».

Parhelion n’était plus qu’un jeune homme brisé. Il écouta machinalement, parce qu’il ne lui restait plus rien d’autre à faire.

« Vous êtes ici dans une réplique de l’aile ouest de la prison d’Alcatraz, que j’ai fait construire sur mon île privée. Vous pouvez y rester, en sortir, faire ce que vous voulez. Vous pouvez essayer de survivre ensemble, ou par vos propres moyens. Vous pouvez même vous entretuer immédiatement, ça ne fera aucune différence pour moi. Ce qui est important, c’est que le dernier survivant deviendra le modérateur dont j’ai besoin. Au cas où vous ne voudriez pas mourir, j’ai prévu une alternative : Zozo ici présent proposera des sondages sur le site, et la question de votre vie ou votre mort sera suspendue au bon vouloir des autres membres du forum. Terrifiant, n’est-ce pas ? Je vous conseille quand même d’aller faire un petit tour à l’extérieur, ne serait-ce que pour vous nourrir. Avant de le faire, vous devrez passer une combinaison. Vous trouverez toutes les tailles dans la cellule qui est à votre droite. Et comme je suis quelqu’un qui aime férocement mon prochain, je vais vous éviter les migraines liées à la question qui ne manquera pas de vous retourner le cerveau dans tous les sens : pourquoi est-ce que je fais ça ? La réponse est toute simple : parce que je le peux. Ce sera tout ».

Là dessus, il ouvrit la cellule et sortit, Zozo sur ses talons. Tout le monde était abasourdi, le silence était impressionnant. Parhelion, prenant son courage à deux mains, releva Fenec par le bras et se dirigea vers la cellule où étaient entreposées les combinaisons. Elles étaient roses et noires, avec le logo du site imprimé en grand dans le dos. Il en enfila une à sa taille, et prit la direction de la sortie.
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MessagePosté le: 20 Sep 2006 13:37    Sujet du message: Répondre en citant

Je propose que personne ne réagisse sur ce fil que Tony vient de créer, mais que les commentaires des épisodes se fassent sur ce fil : http://www.kamouloxdufoot.com/kdf/viewtopic.php?t=2558&start=75
ou ailleurs.
Je supprimerai ce message quand les bonnes habitudes seront prises, et celui du Major s'il est d'accord.

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MessagePosté le: 22 Sep 2006 9:21    Sujet du message: Répondre en citant

Episode 2 (1/2)

A l’intérieur du vestiaire, certains, hagards, se demandaient encore s’ils avaient bien compris. Lucky Luke, reconnaissable entre mille à son allure distinguée et à sa mallette, s’approcha de la porte par laquelle Major et Zozo étaient sortis : « Major, c’est Lucky Luke, vous savez, celui qui anime la partie football en mettant des sondages. J’ai un rendez vous très important avec un client ce soir. J’y allais d’ailleurs quand vous m’avez extirpé de ce quai de métro. Pourriez vous avoir l’amabilité de le joindre pour lui dire que je suis indisponible ? » Aucune réponse de l’autre coté de la porte. Cette fois, c’était sûr, ils étaient seuls dans ce vestiaire et n’avaient plus rien à attendre des fous qui les avaient enfermés là.



Gaston se gratta la tête. Putain, cette bière devait être forte quand même. Il n’avait pas le souvenir d’en avoir tant bu que ça, mais le seul souvenir qu’il avait, c’était cette jolie blonde qui lui avait fait signe de la suivre dans la ruelle à coté du bar. Il avait cru reconnaître une colloc d’un de ses potes, alors il était sorti du bar, certes un peu chancelant, mais il se souvient bien d’avoir remarqué le 4x4 garé sur le trottoir juste avant la ruelle. Il n’avait pas pu s’empêcher d’y balancer un coup de pied en pestant contre ces mecs qui polluent et qui ne respectent pas les piétons. Après, plus rien. Juste ce mal de tête et ce discours de Major. Pourtant, il lui semblait que Major était adepte du vin mais pas trop des acides. Mais faire un tel discours en étant lucide lui paraissait impossible. Enfin, il était bien là en train de mettre cette salopette rose. Tout à coup, son regard croisa un regard inquiet pas très loin de lui. Il avait beau avoir l’esprit nauséeux, il savait reconnaître une fille. Oui, une fille venait de le regarder. Elle était dans un pyjama en pilou bleu clair, pas vraiment sexy. Ah oui, ce devait être Pippo dans un pyjama aux couleurs de la Lazio. De toute façon, c’était quelqu’un des KDF et des filles, il y en a pas tant que ça. Elle tenait sa combi dans sa main droite, un peu penaude. Gaston sortit alors son plus beau sourire : « Tu veux que je t’aide à la mettre ? » Plaf, il se reçut une jolie baffe directe « Non, j’attends plutôt que Môssieur veuille bien sortir de la cellule. Parce qu’il ne reste plus que lui comme mec et que les nanas, on attend d’être tranquille pour se changer. Alors, ouste » Gaston resta interloqué. Il ne s’était pas trompé : ce style, c’est forcément Pippo. Il jeta un coup d’œil circulaire et vit qu’il y avait trois autres filles : Maïe qu’il connaissait bien et deux autres un peu plus vieilles. Sans doute Océane et Comtesse, les seules femmes qui lui paraissaient dignes de devenir modo. Après avoir bredouillé quelques excuses, il sortit d’un pas calme en souriant aux quatre filles restées dans la cellule. L’air du large le fouetta immédiatement, il comprit qu’il était sorti de la prison. Il se mit devant la porte pour faire barrage de son corps « Personne ne rentre, les dames se changent » cria t il à la cantonade… Tous semblaient indifférents sauf un petit être au regard incertain qui, tirant la langue, s’approcha de lui et, sans un mot, essaya de voir à travers la porte qui se refermait si il pouvait apercevoir les filles se déshabillant. « Pas touche, p’tit gnome » « Tu sais à qui tu parles, une fois ? » « Rien à foutre de qui tu es. Les filles se changent et on les respecte. Compris ? » L’intrus sembla avoir compris et commença à s’éloigner en grommelant un « Mi-cougnî» dont peu de monde pouvait comprendre le sens profond… Mais Gaston était un être unique : grâce à ses études en Europe, il avait rencontré toutes les ethnies européennes : ce sinistre individu ne pouvait donc n’être que Moon.

Débarrassé du wallon, Gaston prit le temps d’observer la vue qui s’étendait devant lui. Dans son dos, les hauts murs de la prison semblaient fermer l’horizon. Quelques grilles de fenêtre parsemaient les murs mais leur couleur noire renforçait encore l’impression maléfique qu’ils dégageaient. En contraste, devant lui s’étendait une vaste zone herbeuse parsemée de quelques buissons. Devant et sur la gauche, l’horizon était toutefois barré par une jungle dense et inextricable : Il ne faudrait pas s’y perdre. Sur la droite, une douce pente descendait jusqu’à une jolie plage de sable fin entourée de rochers plus ou moins hauts qui donnaient à la plage une allure de crique bretonne. Une jetée en béton qui semblait n’attendre qu’un improbable bateau qui leur permettrait de s’échapper complétait le tableau. On pouvait être sur une île bretonne, mais la végétation ne faisait guère penser à la Bretagne. Ou alors à la Bretagne du siècle prochain quand le réchauffement climatique aura fait pousser naturellement bananiers et palmiers à foison sur l’Ile d’Ouessant. Bref, la Jungle à l’Ile d’Ouessant. Et au-delà de la jungle, qu’y a-t-il donc se demandait Gaston.
Il fut interrompu par le bruit d’urine s’écrasant sur les pierres du mur. A quelques mètres de lui, un homme massif et trapu urinait en sifflotant contre les hauts murs de la prison. Malgré son dégoût, Gaston l’inspecta un peu plus précisément. A son teint mate et rougeaux, à ses ongles cassés, à ses doigts imbibés d’un violet foncé tenace, il comprit que l’homme qui pissait à coté de lui n’était autre que Forrest, le betteravier de Picardie qui avait du être enlevé sur son tracteur, en plein milieu d’une récolte. Gaston admira son détachement vis-à-vis de la situation actuelle, tout comme il admirait qu’un homme puisse dormir au pied d’un gros rocher près de la plage. De l’endroit où il se situait, il pouvait simplement distinguer les tongs « pheuque Sarko » que l’individu portait aux pieds et son béret vert de légionnaire. Pas de doute pour Gaston : Mollows était pris au piège lui aussi et il avait l’air de s’en préoccuper comme du premier article de Libé qu’il avait découpé.
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MessagePosté le: 22 Sep 2006 9:22    Sujet du message: Répondre en citant

Episode 2 2/2

Gébé comprit vite qu’il devait être l’un des plus vieux. Certains semblaient même très jeunes comme le petit gars qui pleurait assis sur le rocher sans même s’apercevoir que les vagues mouillaient le bas de sa combinaison. Malgré son dos qui le lançait à chaque pas (quelle idée de faire du roller avec son petit fils le week end dernier), il s’approcha du jeune adolescent. Les taches de rousseur se mélangeaient à l’acné et son visage juvénile était tout juste agrémenté d’une ombre de moustache. Pourtant, il avait quelque chose qui laissait penser que ce jeune homme n’était pas si jeune que cela, mais quoi ? Gébé posa la main sur l’épaule de l’adolescent qui pleurait toujours
« Allez, viens, ne te laisse pas abattre. On va s’en sortir. TOUS. Parce que Major a oublié quelque chose : l’amitié qui est née au sein des KDF, cette amitié là, elle est plus forte que tout. Et elle nous servira à le vaincre. Lui et sa clique d’admins véreux. Et on retournera sur les CDF auréolés de notre succès et la Légende grandira »
« Tu crois Pépé ? » Il avait enfin parlé entre deux sanglots
« J’en suis sûr mon gars. Mais moi, c’est Gébé. Et toi ? Gigantic ? »
« Gébé, Le Gébé ? Je te voyais plus jeune que ça. Non, moi c’est Fred. »
Gébé n’en revenait pas. Quoi ? C’est cet avorton qui croyait qu’il pouvait lever comme ça une minette comme Pippo ?. Décidément, il y aurait du boulot. Mais il était bien décidé à le protéger. Comme si c’était son fils… Ou son petit fils…
« Viens, Fred, on va faire le tour pour essayer d’unir tout le monde autour de notre belle amitié »
Et voilà les deux compères qui reviennent en direction de la prison. Le premier individu qu’ils rencontrèrent mit à mal l’idéal d’amitié auquel Gébé rêvait. Quand le Sage lui proposa de s’allier pour s’en sortir, la seule chose qui sortit de la bouche de l’individu « Ecoute, grand père. On est 24. On a donc 1 chance sur 24 de s’en sortir. D’après mon observation du soleil, en supposant qu’on a dormi quelques heures seulement, on doit être au milieu de l’Atlantique, assez proche de l’Equateur. Je ne connais pas d’ile dans ce coin là, mais pourtant, je suis sûr de mes calculs…» Il continue à parler tandis que Gébé et Fred commençaient à s’éloigner « Tu vois, gamin, je crois que là, on a choppé CHR$. Allez, ça peut toujours servir si on a besoin de connaître la taille d’un arbre au centimètre près. On ne sait jamais ». Les 2 nouveaux amis continuèrent leur inspection et tombèrent sur un individu avec un bonnet orange et noir sur la tête. « Tiens, salut Jacky. Ravi de te voir ici. » Pour toute réponse, ils n’eurent droit qu’à une invective hurlée sur un ton de haine « Tire toi espèce d’enculé. Toi et les autres vous me faites tous chier. Même sur une ile paradisiaque on peut pas avoir la paix : la Meute est toujours là ! Va sucer le Major pour devenir modo, mais compte pas sur moi pour t’aider » et vit l’individu se diriger vers la jungle. A peine, le merlu eut il emprunté le petit sentier qui s’enfonçait entre les lianes et les palmiers qu’un cri retentit. Tous les visages se tournèrent vers l’endroit où se trouvait Jacky quelques secondes auparavant : il était à présent suspendu en l’air, coincé par le corps d’un boa géant. Son bonnet orange, sa combinaison rose et son visage rouge faisaient un kaléidoscope de couleurs criardes. Un cri étranglé sortait du visage boursouflé : « VA TE FAIRE ENCULER PAUVRE BOA! » Mais personne n’eut le temps de bouger quand le boa ouvrit la gueule et avala le pauvre malheureux. L’île venait de faire sa première victime.

NDLR : des événements récents sur le site nous ont obligé à changer quelque peu le scénario
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MessagePosté le: 26 Sep 2006 14:06    Sujet du message: Répondre en citant

Episode 3 (1/2)

La mort de Jacky jeta un gros froid dans le groupe, maintenant, il était clair qu'ils étaient tous en danger et que le Major ne rigolait vraiment pas. Mais pour Maxime, le plus gênant était surtout cette combinaison hideuse, ce confort spartiate et, pire que tout, cette plèbe oppressante qu'il serait contraint de côtoyer.
Beurk ! Courir les cocktails avec un costume collection José Anigo UEFA, une canne sculptée par Herbert Glückstorm avec une tête de bison comme pommeau, des mocassins jaunes à pompons violets et un slip Dolce e Gabbana par dessus le tout, fréquenter le tout-Paris, tutoyer Henri-Jean Servat, être invité à la pendaison de crémaillère du nouveau visage de Liane Foly, dîner chez Joël Robuchon des huîtres farcies au basilic, tout ça pour finir sur une île miteuse à aller chercher soi-même sa bouffe et entouré de vingt ploucs, quelle misère !
En ce sens, l'utilisation de Jacky en quatre-heures de reptile l'arrangeait, déjà, l'idée d'avoir à fréquenter Gébé ou Moon lui glaçait le sang, alors tenter un échange avec Jacky ! Il était encore à ses réflexions lorsque quelqu'un rompit le silence pesant qu'avait occasionné le boa.

"Comme quoi, un animal peut être doté d'intelligence, dit-il, sourire satisfait et baiser à sa chevalière familiale (d'ailleurs, c'est quand même dommage que ses ancêtres avaient de si petits doigts, à force de porter la bague il avait son annulaire tout violet et rigide). Au moins, les nouveaux délires de l'autre con nous auront permis de nous débarrasser de ce débile, il ajouta en toisant l'assistance du regard, quand on ne sait pas reconnaître le plus fort, on reste chez soi et on se tait.
_ Cela dit, on a déjà vu un boa avaler une jeep au zoo de Minneapolis le 17 janvier 1978, donc un peu de respect pour cet animal bien plus intelligent que son nom de con qui se tord ne l'indique."

L'intervenant finit sa phrase par un rire étouffé et limite gêné qui témoignait de la tentative de placer, en plus d'un élément informatif, un bon mot dont il était friand (au fromage). Le plus étrange était à ce moment le mouvement de ses mains, comme mimant un batteur. Cette relativisation de sa pensée ne fut toutefois pas du goût du premier, qui intervint :
"Dis donc, quel genre de pitre es-tu ? Parce que confondre le boa de Minneapolis avec le python de Indianapolis, c'est vraiment du plus haut degré d'avis foireux. Ah oui, ça pour faire la vierge effarouchée quand on confond deux noirs, il y a du monde, sur ce forum de pseudo-gauchistes en manque d'indignations forcenées, mais pour différencier deux serpents, on dirait que nos glorieux anti-racistes ont du mal."
Là, c'était clair, on avait affaire un kdfiste antipathique (mais c'est vague) et de droite, donc il était évident pour tous que ce cuistre était Kamba.
"Ah oui, un python rocheux, bien sûr. N'importe quoi, si c'était un python pour le coup de la jeep, alors tu vas nous dire que c'était un boa qui avait été retrouvé dans les bagages de James Frenchwater aux 100 miles de Minneapolis, aussi ?"
La réponse, agrémentée d'haussement d'épaules évocateurs, ne convainc pas Kamba :
"Ça ne risquait pas d'être dans ce de Frenchwater en 1978 vu qu'il avait été opéré de l'appendicite cette année-là, mais l'automobile te réussit autant que la zoologie, on dirait. C'est sûr que si on commence à suivre tes imbécillités, on n'est pas sorti de l'auberge.
_ Je sais que j'ai raison sur Frenchwater, mais n'oublie pas que si nous sommes là, c'est pour une certaine cause. Oui, l'auberge a lien. Humpf. Alors, cesse un peu ce ton cassant méprisant et pas qu'un peu prisant.
_ Oh, mais confidence pour confidence, c'est moi que j'aime à travers vous."

Devant la tournure des débats, Maxime préféra s'écarter de ce duo qui n'en finissait plus de se houspiller. L'interlocuteur de Kamba lui était aisément identifiable, des anecdotes à la con et rassies, des jeux de mots désespérants, visiblement, DNCG était aussi de la partie.

Il préféra s'approcher d'un nouveau groupe, écoutant religieusement un mal coiffé hystérique qui avait mis une blouse blanche sur sa combinaison (sans doute un chercheur, et il n'y en avait pas 500 sur le forum).
"Vous voyez cet arbre, en le taillant en planches, on peut construire un radeau et avec les feuilles, on coud une voile. Ensuite, en faisant brûler d'autres feuilles et en mettant la voile à l'horizontale, on peut aussi essayer de faire une mongolfière qui nous permettra d'éviter les récifs. Maintenant, comme je n'ai qu'un canif et que je ne peux pas superviser et exécuter simultanément, alors j'aurais besoin d'une aide."
Tout le monde, trouva soudainement un grand intérêt à aller ailleurs et un besoin pressant de faire autre chose, tout le monde sauf Parhelion qui s'était innocemment avancé et qui se retrouve donc à abattre un chêne phallique avec un canif.

Maxime avait trouvé comme prétexte de recueillir les impressions d'un autre galérien, qui avait choisi une combinaison trois fois plus grande que sa taille, si bien qu'on aurait dit qu'il se débattait en permanence avec ses gestes amples et saccadés.
"Ouais, moi, la iev de la gle-jun, c'est tous les jours à la té-ci. Avec mes frères, c'est la vie-sur notre quotidien, t'as vu, les keufs, ils sont plus chant-mé que les pent-ser et le ton-bé, c'est plus stile-ho que ces rêt-fo, quoi. J'ai toutes les sure-bles de la life sur ma face, le jor-ma tal-fa, je le ke-fuc au vier-gra !"
Cette nouvelle compagnie, à savoir Nono ou plutôt, no-no comme il se plait à se nommer, était la plus insupportable, peut-être, pour Maxime, avec ses multiples bijoux reflétant le soleil dans ses yeux, ce total manque de goût vestimentaire et enfin ce langage populacier. Pour la première fois de sa vie depuis la perte de son chapeau haut-de-forme en velours cottelé orange, Maxime eut envie de pleurer.
Il tourna la tête et vit un être difforme fredonner des comptines et sculpter ses déjections, puis se tourner vers lui pour commenter à voix haute "petit crabe, il va faire un Cavéglia en caca", là, Maxime sentit les larmes partir toutes seules.
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Allez ! Derrière les Serbes ! L'idée qu'a Moïse va prédire les vrais gauches et ma chaise m'a dit :
"Des glaces ! Ah, mon saké ! Islam, ail à cheesecake, les boulettes, c'est gras mais ça n'est pas l'dernier !"
Ce soir, sardines ! J'ai soif ! Ah, j'aime ça, l'or noyé ! Kouchner, alors, a mélangé Pasqua !
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Schweinsteiger
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MessagePosté le: 26 Sep 2006 14:12    Sujet du message: Répondre en citant

Episode 3 (2/2)


Dans cette agitation, Nusra préféra s'isoler, le temps de se recueillir dans une profonde méditation transcendantale, afin d'acquérir les forces de la terre nourricière. Ce temps passé, il regarda ses compères. Bien sûr, il avait immédiatement reconnu ce type qui parlait à tout le monde, tout le temps et sur tous les sujets, mais sans jamais qu'il ne dise quelque chose, mon ego et moi, qu'il croisait fréquemment dans les réunions préparant le grand complot pour la domination du monde par ... enfin bon, on se comprend.
C'est alors qu'il se prit une noix de coco dans la tête mais qui venait à l'horizontale. Serait-ce une fureur de l'île ? Une preuve enfin que la gravité n'est qu'un concept matérialiste éloigné de toute spiritualité fraternelle ? Non, c'était nonoz qui s'occupait en faisant des jongles et en courant balle (enfin, noix) au pied sur toute la plage. Mais ce choc à la tête fit circuler le sang plus vite et ainsi, les idées fusèrent :
"je sais ce qu'il nous faut pour que la vie ici soit agréable !"
Nonoz, tout en multipliant les ailes de pigeon, s'informa : "Qu'est-ce qu'il te faut ? Hop, hop, yeah, t'as vu Mister Pelé ?"
Et sitôt la réponse dite, sitôt nonoz s'activa : une aile de toucan, une poignée de la porte du vestiaire, un bulot et une rognure d'ongle de pied de Fredevils, et voilà une jolie guitare de fortune fabriquée ! Nusra, tout à sa joie de pouvoir enfin répandre l'amour au sein du groupe, se précipite dans la mêlée :
"Allez, tapez tous dans vos mains ! Chaaaanteuh, la vie chaaaaanteuh, comme si tu devais mouriiiiiir demain, comme si plus rien d'avait d'iiiiiimportaaaanceuh ...
_ Attends, tu peux me passer la guitare, que je vous un accord qui fera plaisir à tout le monde ?
_ Mais oui, bien sûr, ami."
DZOING ! La guitare finit déglinguée sur le crâne de Nusra, avec la bosse de la noix de coco, ça lui faisait comme deux grosses cornes. A ces manières brutales, expéditives mai efficaces, tout le monde comprit que le Bertin des KdF ne semblait pas n'être qu'un personnage.

Malgré cet environnement hostile, la vie s'organisait d'elle-même. Océane avait senti qu'elle devait prendre les choses en main, qu'il était temps que le pouvoir vienne aux femmes et qu'il ne fallait pas attendre qu'il leur tombe tout seul. Avec Comtesse, elles décidèrent que le bâtiment était une zone qui leur était réservée, elles avaient viré dehors toutes les affaires restantes d'après le changement et nonoz leur avait bricolé une cuisinière pour la cuisson au bois. Electron libre leur donna généreusement les planches que Parhelion venait de découper pour faire la popote (et du coup, Parhelion dût mettre en planches un autre arbre, mais il se refusait de se plaindre), d'autres tels gaston, luckyluke, Bertin, DNCG ou encore gébé (quand son arthrose le laissait tranquille) ne mégotaient pas non plus pour leur donner un coup de main.

Mais Océane était catégorique, les hommes, ça ne sert que pour les tâches subalternes, ils doivent comprendre quand sans les femmes, ils ne sont rien. Elle prit pour modèle le docteur Weaver d'Urgences, série qu'elle connaissait dans les moindres détails du fait de son amour immodéré pour le beau docteur Carter, le seul homme digne d'amour sur Terre, et au seul souvenir de la perte de son bébé, elle s'isola pour aller pleurer car même encore maintenant, cela l'émeut. Comtesse partageait cet avis et la suivait aveuglément, à elles deux, pensait-elle, elles les manoeuvraient tous, ce n'étaient que des faibles.

Ainsi, lorsque DNCG fit savoir qu'il avait entendu des poules et vu des déjections de poisson sur la plage, pour informer sur la faune environnante, elles préférèrent l'envoyer pécher le poisson à la main et laissèrent dans le même temps maïe aller attraper les poules à l'épuisette (découverte sur la jetée).
"Comme ça, la seule nourriture du petit groupe à nos ordres viendra des femmes et la bouffe est avec le s.e.x.e le meilleur moyen de tenir les hommes" fanfaronnait Comtesse mais Océane formula une réticence
"avec une poule, on ne va pas aller bien loin non plus, c'est dommage qu'elle n'ait pas trouvé de poussins."
Comtesse s'étonna de ce regret : "une poule, c'est plus nourrissant qu'un poussin" mais Océane clôt le débat d'un imparable :
"attends, ça dépend de la taille du poussin".

Bien sûr, il y avait des réfractaires individualistes, comme CHR$, Mollows ou Nono et d'autres définitivement bons à rien (Fred, baah, Fenec ou l'apparemment trop timorée pippo), mais pour les deux matronnes, l'essentiel était d'avoir une majorité pour elles. Certes, il restait la possibilité d’une révolte servile mais les hommes, même Bertin ou Kamba derrière leurs apparences de gros durs, étaient si obéissants, après tout, pourquoi s'en priver ?

Mais des cris sur la plage les attirèrent, rien ne devait leur échapper, d'où l'obligation de gérer toute crise (c'est ça qui est chiant dans le boulot de chef). En creusant pour trouver la mer, baaah avait découvert une caisse portant l'inscription "pacais cado" et refusait de laisser les autres approcher, criant à qui voulait l'entendre que celui qui lui prendrait sa caisse aurait affaire à sa maman. Finalement, mollows, par imposition forte d'un doigt sous la jonction des mâchoires, l'endormit, technique qu'il avait appris au Tchad et dont il répugnait à user mais là, la situation exigeait de revoir ses principes.

Océane prit alors la caisse, s'enferma avec elle dans le vestiaire et l'ouvrit. A sa grande surprise, elle comportait vingt-cinq enveloppes, chacune portant le nom d'un candidat. Elle prit la sienne et ce qu'elle vit écrit dedans la glaça d'effroi. Comment peut-il être au courant de ça ? Faut-il le donner aux autres ? Le garder pour soi, si le contenu est aussi pertinent sur chacun, serait d'un intérêt inestimable, mais il va falloir trouver un bobard à leur raconter, dans ce cas pour expliquer qu'elle ne leur montre pas le contenu de cette caisse. Et Comtesse, faut-il la mettre dans l'affaire ? Gouverner à deux, c'est bien, mais à condition qu'elle soit au-dessus de l'autre.
Le bruit d'un avion l'amena encore sur la plage, on entendait de la terre ferme le son de l'autoradio (enfin, de l'avionradio) chantant Les Faboulous Troubadors, et l'avion, dans ses figures, écrivait à la fumée "Je sais tout, demandez à Océane ce que Bouh vous a laissé". Il allait falloir vite se décider pour Océane.
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Axl
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MessagePosté le: 28 Sep 2006 15:15    Sujet du message: Répondre en citant

EPISODE 4 (1/3)


Je sais tout, demandez à Océane ce que Bouh vous a laissé".

Vingt-quatre silhouettes sanglées dans des uniformes rose et noir scrutaient en silence l'inscription qui s'effaçait lentement dans le ciel immaculé. Même Baaah, sans doute par mimétisme, tant il était improbable qu’il sache lire. La bouche ouverte, les bras ballants, le regard vide, les kdfistes avaient, l’espace d’un instant, abandonné toute prétention à cette coolitude et à cette maîtrise de soi qu’ils avaient tenté d’afficher depuis leur arrivée. Ils ressemblaient enfin à ce qu’ils étaient vraiment : une bande de paumés qui venaient, au cours de ces dernières heures, de se faire droguer, kidnapper et emmener Dieu sait où, sur une île dont le seul bâtiment semblait être une prison, à la merci de trois tarés de premier ordre. Les tarés disposaient à l’évidence d’une technologie de pointe : la caisse « pacais cado » n’avait pas été déterrée depuis cinq minutes que leur avion était apparu et avait effectué cette figure hallucinante, gravant dans leur rétine un message… Attends ! Je sais tout, demandez à Océane ce que Bouh vous a laissé". Mollows fut le premier à percuter. Il se tourna brusquement vers Océane, qui se trouvait toujours à l’entrée de la prison, suivant bêtement des yeux l’avion qui s’éloignait non sans imprégner dans l’éther un bon gros DTC qui ne laissait aucun doute : les admins étaient d’humeur joyeuse.

- Dis-y voir, la miss lipstick ! C’est-y quoi donc que les margoulins y’z ont camouflé dans leur cagnotte, là? Y aurait-y-pas comme qui dirait matière à info, pliz ?
Mollows laissait traîner les voyelles. Mollows était gaulé comme un Stallone qui aurait suivi l’entraînement d’Ivan Drago pendant vingt-cinq ans. Mollows la zieutait d’un air mauvais. Les autres, à sa suite, avaient tourné leurs regards vers Océ. Vingt-trois paires d’yeux posées sur elle avec pas mal de suspicion. Ah non, Moon, qui n’avait pas trop l’air de capter la situation, lui fit un clin d’œil salace. Gaston plissait les paupières comme il avait vu Clint Eastwood le faire dans « Le bon, la brute et le truand » (depuis, il s’entraînait à répéter la mimique tous les matins devant sa glace). Electron Libre louchait. Une veine palpitait sur la tempe de Bertin. Kamba se passa la langue sur les lèvres. Elle recula, instinctivement.
Nono fit un pas en avant et ses colliers de faux or glinglinguèrent redoutablement:
- Wesh, zinecou, aboule les vleupses, deuspi. J’sais apse c’est qui l’enlekse qui nous rejoue Batlle Royale, àl, mais s’il veut ouèj, le pécore de sa race maudite, j’vais l’faire ouej oim.

Océane recula encore, le dos plaqué à la porte, à présent. Elle était complètement sortie de son hébétude et son cerveau travaillait à pleine vitesse. Mollows et Nono avançaient vers elle, suivis de près par le reste de la clique. Ils n’étaient qu’à quelques pas. Pas franchement menaçants, mais… Oh putain, fie-toi à ton instinct, querida, s’ordonna-t-elle. Elle tendit soudain le bras en indiquant un point derrière Gébé, le plus reculé des étranges formes en rose amassées dans la clairière, et hurla :
- Il revient! Il revient ce putain d’avion!
Ils se retournèrent vivement. Pas d’avion. Ils se retournèrent vers Océane, juste à temps pour voir la porte de la prison claquer derrière elle. Bertin chargea comme un rhinocéros. Les autres s’écartèrent et le virent emboutir la porte de plein fouet, sans que celle-ci ne bouge d’un centimètre. Océane avait eu le temps de s’enfermer et d’abattre les lourds cadenas, répliques exactes de ceux d’Alcatraz.
Bertin se releva en se massant l’épaule. Il parcourut ses comparses du regard. « Et maintenant, on fait quoi, bordel? »
Il se baissa à temps pour éviter une noix de coco propulsée pleine puissance, qui éclata sur le mur de la prison. Nonoz souriait de toutes ses dents : « Un p’tit foot? »


Océane faisait face à la caisse, essayant de retrouver son calme et, avant tout, sa respiration. Elle entendit un bruit sourd de l’autre côté, mais elle n’en avait cure. Un peu plus tôt, avec Comtesse, elle avait exploré la prison et elle savait à quoi s’en tenir. Le bâtiment n’était pas très grand. Deux étages tout de béton, une vingtaine de cellules dont les grilles étaient actionnées depuis un bureau de contrôle situé à côté de l’entrée, une grande cuisine, un réfectoire, des douches, des chiottes, rien que du très basique. Aucune fenêtre, un éclairage électrique aux néons qui faisait mal aux yeux. Et une seule porte, métallique, épaisse et solidement bloquée par deux énormes cadenas. Tous les glands embarqués avec elle dans ce cauchemar étaient à l’extérieur. Elle avait tout son temps.

Quelques minutes plus tard, vingt-cinq enveloppes s’entassaient sur la grande table de la cuisine. Océ avait découvert trois gigantesques placards contenant suffisamment de bouffe pour qu’un régiment puisse tenir des mois. A condition de se contenter des pâtes, putain, y avait rien d’autre. Il y avait aussi quelques dizaines de bouteilles de Ricard, et une armoire pleine de vin dont la bouteille la plus récente datait d’avant sa naissance. Et, miracle, plusieurs cartouches de Marlback rouges et un Zippo frappé au sigle du KDF. Apparemment, les admins avaient longtemps squatté le lieu avant de réaliser leur série de kidnappings, et s’étaient barrés sans se soucier de ce qu’ils laissaient derrière eux (la preuve, quelques bouteilles de Ricard traînaient dans le coin du réfectoire et elle eut la désagréable surprise de trouver, aux toilettes, une passoire pleine de spaghettis). Putain, mais d’où ils avaient toute cette thune?

Cela dit, c’était pas la question la plus importante. Océ alluma une clope, enfonça, du pouce, le bouchon dans une bouteille de Château-Montauban 1967 et en but une grande gorgée à même le goulot, la flemme d’aller chercher un verre. Pas mauvais, ce picrate. Elle s’installa sur une chaise et posa les pieds sur la table. Mets tes pensées en ordre, c’est ce que Le Plan lui avait toujours appris. Un forum. Trois admins. Ils se démerdent pour découvrir des tas de trucs sur certains users. Ils les kidnappent et les emmènent sur une… ouais, on va dire une île, y a la mer et de la végétation. Ils leur disent qu’ils vont les buter sauf un, qui deviendra modo. Quelle folie, putain. Et maintenant, cette putain de caisse avec des enveloppes nominales. Elle but encore une gorgée. Ca se laissait boire. Ca valait pas le cubi de Leader Price qu’elle avait acheté lors de son dernier passage à Paris sur les recommandations d’Axl, mais ça se laissait boire. Quel coup de bol elle avait eu (ou plutôt quel coup de génie) de se retrouver seule avec la caisse. Il lui avait suffi d’ouvrir « son » enveloppe pour comprendre que ce jeu était sérieux, et qu’il était illusoire d’espérer voir débarquer un type hurlant « Surprise! Vous êtes en direct pour la caméra cachée! » Elle approcha son briquet de l'enveloppe "Océane" (non sans prendre bien soin de mettre le contenu dans la poche intérieure de son uniforme) vit les flammes lécher le bord, la tint par un côté jusqu’à ce que le papier devienne tout noir et se consume presque entièrement, puis déposa ce qui restait dans le cendrier. Elle versa un peu de vinasse dessus pour éteindre les dernières flammèches. Puis, d’un geste ample, elle ramena à elle le reste des enveloppes et se mit en demeure de les ouvrir une à une.
_________________
Katch ze tableau en ligne, venez nombreux!


Dernière édition par Axl le 28 Sep 2006 16:21; édité 1 fois
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Axl
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MessagePosté le: 28 Sep 2006 15:18    Sujet du message: Répondre en citant

EPISODE 4 (2/3)


Dehors, les Islanders - comme les avaient surnommés Parhelion, qui prononçait « Highlanders » et se donnait de la contenance en répétant d’un air sinistre « Il ne doit en rester qu’un » - s’étaient à nouveau scindés en quelques groupes, dispersés sur toute la largeur de la clairière (depuis lamésaventure arrivée à Jacky, personne n’avait envie de tenter sa chance dans la jungle qui entourait la prison à l’ouest, à l’est et au sud, le nord donnant sur la plage de sable fin). A l’ombre d’un bosquet, CHR$ avait pris à part Electron Libre et Nonoz, très déçu de voir que personne ne voulait faire un foot, ni même un chat perché. Le Lyonnais n’était pas très grand, pas très costaud, pas très impressionnant, mais son sang-froid et sa détermination lui avaient instantanément valu l’attention de ses deux comparses. CHR$ disait qu’il avait pris en compte toutes les données. CHR$ pensait qu’ils ne devaient compter que sur eux-mêmes pour s’en sortir. CHR$ avait un billet pour le match des féminines de l’OL contre Juvisy, après-demain, et il n’avait aucune intention de le rater. CHR$ pensait que les connaissances scientifiques d’Electron et le don de Nonoz pour toutes sortes de travaux manuels, alliés à ses qualités d’organisateur, pouvaient leur permettre de se tirer de là. CHR$ avait demandé à Nonoz de lui tailler un bâton dans un tronc d’arbre (l’autre s’était exécuté en dix secondes chrono, à l’aide d’un cure-dent et d’une branche des lunettes d’Elec) et en avait donné un grand coup sur la tête de Fredevils, venu leur demander s’ils voulaient prendre part au groupe d’amitié et de solidarité que Gébé était en train de mettre en place. L’adolescent s’enfuit auprès du gentil grand-père, mais Gébé ne le reconnut pas et lui raconta pour la quatrième fois qu’il s’était fait mal à la hanche en faisant du « rolaire » avec son petit-fils.

Bertin, Mollows et Nono avaient rapidement sympathisé. Ils étaient les plus forts du groupe, ils exsudaient des phéromones, ils grinçaient des dents, ils rêvaient d’en découdre avec le Major et ses sbires et surtout, surtout, ils se sentaient atrocement humiliés par l’épisode Océane, quand elle les avait eus comme des bleus. Maintenant, celle que Nono appelait «tcheubse », que Mollows dénommait « carabosse » et que Bertin n’évoquait pas autrement que « cette espèce de grosse pute que je vais éclater à coups de brique bordel de merde de sa mère la chienne » s’était enfermée dans cette putain de prison inaccessible dont ils avaient fait le tour dix fois à la recherche d’une introuvable ouverture. Avec sans doute des réserves de bouffe et de flotte. « Mine de quedchi, fait aride dans le gozzier, les gonzes », lâcha Mollows en s’essuyant le front, le casque à la main. « La grosse pute. Je vais lui arracher sa putain de tête et je vais boire son sang, après je vais le pisser et je vais le reboire, ensuite je vais le rerepisser et le rereboire, après je… », Bertin donnait des coups de pied dans la porte d’Alcatraz pour se calmer. « C’est la zère-mi », soupira Nono. « Tain, doit y avoir Rim-K et JC qui éclusent de la 8.6. bien chefré en bas de la tour Q en ce moment… »
- Effectivement, même si je l’aurais dit autrement, intervint Comtesse. Et tu sais quoi? C’est notre chance.

Elle était en train de veiller sur la sieste de Pippo, qui dormait paisiblement à l’ombre de l’imposant bâtiment, sur la blouse blanche qu’Elec avait abandonnée quand le soleil avait commencé à taper.
- Wesh? Interrogea Nono. Kesstu baves? D’où qu’est-ce que ça va nous aider, que mes lascars se chiredavent la face à la reubié ? Il se gratta la tête, ressemblant soudain énormément au smilee mefiant15. Ses deux nouveaux potes eurent le même geste.
Comtesse, elle, ressembla beaucoup au smilee roll.
- Dis, ta tête elle te sert à autre chose qu’à porter ta casquette Tacchini à l’envers, champion ? On est vingt-quatre ici. Vingt-cinq avec le regretté Jacky, même si je doute fort que quelqu’un s’inquiète de son absence. Mais nous, tu crois pas qu’on va nous chercher ? Nos familles, nos potes, nos collègues à la fin ? Tu crois pas qu’à l’heure qu’il est les flics sont sur le coup ? Et pas qu’eux… Mon mari, c’est pas un cave, j’peux te dire ça. Il connaît des mecs à Direct 8 et il est pote avec Gilardi.
Elle se tût, fière de son effet, mais déjà plusieurs personnes s’étaient approchées.

- Mon petit-fils va donner l’alerte, enchaîna Gébé. Il devait m’emmener à la Commanderie voir le p’tit nouveau à l’entraînement, le Yougo là, Skoblar.
- Pour ma part, je suis persuadé que le Parti va rapidement prendre les choses en main, déclara Kamba. Moi seul connais la combinaison du coffre-fort où sont entreposés les tampons officiels des documents administratifs de la cellule UMP de ma circonscription.
Il jeta un regard plein de fierté à ses camarades d’infortune, mais ne recueillit que quelques haussements d’épaules.
- Moi, je ne rate jamais une grille de Koty… action ! Koty-sation, quoi. Non? Bon. En tout cas, les Ignobles du Bordelais vont forcément s’inquiéter (au lait), assura Dncg.
- J’avais rendez-vous avec Mélissa, 21 ans, 90-60-90, elle aime les hommes qui savent ce qu’ils veulent, les mojitos et les grosses voitures, déclama Gaston. Quoi, pourquoi vous rigolez ? Mais non, je ne suis pas amoureux, ho! Mon coeur est libre! Ohé! Ohé?
- Et moi, si je livre pas mes patates au Vieux Claude, ça va gueuler au marché de Guéret Saint-Vaury, c’est moi qui vous le dis, lâcha Forrest en crachant par terre pour donner plus de poids à ses propos.
Les autres aussi affirmèrent que leur absence n’allait pas passer inaperçue. Fenec et Parhelion étaient attendus à un rassemblement de fans de Motorhead, Meem et Nusra avaient un enfant chrétien à dévorer dans une crypte judaïque, Maxime devait « rendre une visite de courtoisie à une dame d’un certain âge, voire d’un âge certain, huh huh » qu’il avait rencontrée au dancing des « Flots bleus » à Sainte-Genevière-des-bois, Fred avait rendez-vous avec Noël Godin pour entarter pour la dix-septième fois Amélie Nothomb à l’occasion d’une séance de dédicaces à la Fnac…et même Baaah devait bien habiter dans une institution spécialisée qui remarquerait sa disparition.

Comtesse reprit la parole, tout en caressant la tête de Pippo, qui venait de se retourner sur le côté en prononçant quelque chose qui ressemblait à « Chupa Chups » :
- Pour résumer, les flics vont nous chercher, ils vont checker les témoignages de ceux qui nous ont vu nous faire kidnapper, ils vont faire le lien entre nous tous via le forum, ils vont vérifier s’il n’y a pas eu d’avions suspects qui ont quitté le pays, ils vont…
Sa voix s’éteignit. Au fur et à mesure qu’elle parlait, elle comprenait que cette théorie qui lui semblait si séduisante prenait l’eau de toutes parts. « On est tous ou presque majeurs, le temps qu’on nous déclare aux personnes disparues, on aura cent fois le temps de crever de soif, et puis comment ils vont nous trouver, bon sang, on pourrait être n’importe où… »
L’ambiance retomba aussi sec. Les kdfistes s’assirent par terre, transpirant, souffrant de la soif, désespérés. C’est alors que Lucky Luke vint vers eux, l’air réjoui : « Hé, j’ai une bonne nouvelle, les amis ! La contracture de Carew, c’est moins grave que prévu ! »
Bertin leva un sourcil : - Comment tu sais ça, toi ?
- Ben j’ai envoyé un sms à un copain, pardi, et il m’a répondu ! J’avais mon portable dans ma mallette et…
Il n’eut pas le temps de finir. Mollows avait bondi. D’un coup de coude, il étendit Lucky au sol, tandis que Nono et Bertin ouvraient la mallette, éparpillaient son contenu (des photos dédicacées de joueurs de l'OL, un Challenges avec Aulas en couverture, des dizaines d'articles du Progrès jaunis par le temps, un OL string dans un paquet cadeau et une vraie relique du tibia de Giovane Elber) et y découvraient le portable aux couleurs de l’OL, éteint.
- C’est quoi le code, bordel de queue ?
Bertin s’était baissé sur Lucky, les naseaux fumants et les yeux injectés de sang. « Réponds vite ou je t’arrache une oreille avec les dents. T’en as pas besoin pour me répondre et moi, j’adore ça. »
- Koff… c’est 6969, articula difficilement Lucky, qui trouva quand même le moyen de sourire. – Comme mon année de naissance et le département de l’OL ! Rigolo, non?
- Wesh ça s’allume pas ton Kiano, la vie de sa race!, cracha Nono.
- Ben ouais, dit Lucky en essayant de se redresser. Vous me l’avez pas demandé, mais y avait presque plus de batterie. J’ai juste eu le temps d’envoyer ce sm… Blam! Un coup de latte bien ajusté de Mollows, en pleine tempe, l’éteignit pour quelques heures.
- J’savais qu’ce zig était un brin chtarbouille, mais rater ma planche de salut bicoz qu’il s’enquiert d’la santé d’un taureau scandinave, ça m’a comme qui dirait un peu mis les claouis en rogne.

Bertin était en train de fracasser le portable de Lucky contre le mur de la prison en hurlant. Pippo s’était réveillée et s’était mise à pleurer. Baaah prévenait qu’il allait refaire caca. Des discussions s’élevèrent de toutes parts, on entendait des mots comme « crever », « soif », « enfer », « folie », « cucurbitacée » (ça, c’était DNCG) ou « Océane ». Comtesse se sentit soudain très lasse. Mais elle n’avait pas assumé à elle seule la gestion d’une journée entière de sortie au zoo de la classe de son fils pour rien. Elle se leva.
- Oh! Ecoutez-moi tous. On doit se serrer les coudes. Océane nous a lâchés, mais elle va peut-être finir par nous ouvrir. En attendant, faudrait qu’on se regroupe et qu’on parte explorer cet endroit. On sait même pas si c’est une île! Y a peut-être des gens, bon sang! Et puis tout à l’heure, l’avion de ces salopards est arrivé à peine quelques minutes après qu’on ait (« qu’on a », corrigea Meem, avant de prendre une taloche de Forrest qui rugit « Ecoute la dame, toi! ») déterré cette saleté de caisse; ça veut dire qu’ils sont pas si loin. Bref, on peut s’en sortir, à condition de pas faire n’importe quoi. Tout le monde est là ou pas?

Elle les recompta, sans oublier CHR$, Electron et Nonoz, toujours en conciliabule à une cinquantaine de mètres de là. Elec était en train d’allumer un feu en réverbérant la lumière du soleil sur un amas de feuilles et de branchages auquel Nonoz ajoutait justement un nouveau tronc d’arbre, tandis que CHR les observait, immobile comme Schwarzenneger dans Terminator 2 quand il passe la nuit entière sans bouger à la fenêtre de la chambre d’hôtel où dorment John et Sarah Connor, mais putain, pourquoi je pense à ces conneries, là, bon sang, se dit Comtesse, attends je sais c’est parce que l’autre fille là, elle ressemble justement à la fille qui jouait dans ce film, Linda Machin chose, là, comment qu’elle s’app… Maie! Maie avait disparu. Et.. et l’autre gros lourd aussi ! Le Belge!
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Axl
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MessagePosté le: 28 Sep 2006 15:31    Sujet du message: Répondre en citant

EPISODE 4 (3/3)

Maie était assise tout au bout de la jetée – une cinquantaine de mètres de longueur sur trois de largeur -, regardant fixement l’horizon, espérant voir apparaître une voile. Hier encore, elle était assise de la même manière sur une bitte d’amarrage à La Rochelle, songeant, comme des générations avant elle, à ce que ça faisait, de partir dans le grand large, de se tenir à la proue d’un navire fendant les gouffres amers, de fermer les yeux en sentant les embruns fouetter ses joues, de s’abandonner aux éléments, de ne faire qu’un avec la nature déchaînée… Elle ne se rendit pas compte qu’elle était en train de marmonner son poème favori : « Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle… » Elle rêvassait à sa vie, à ce destin facétieux qui lui avait offert, à elle, si romantique, à elle qui rêvait tant de voyages exotiques, de périples lointains et d’aventures oniriques, cet incroyable plongée dans cet environnement si hostile. Peut-être n’était-ce pas un mal, après tout. Peut-être est-ce ici qu’elle allait découvrir le sens de son existence. Peut-être est-ce ici qu’elle trouverait son Corto Maltese… Ou que lui la trouverait.

- Hé! Qu’est-ce qui fait vingt mètres de long et qui sent la pisse?
Elle sursauta à en tomber de la jetée. Un être hideux, grassouillet, presque chauve, aux petits yeux myopes et au sourire torve venait de s’asseoir lourdement à côté d’elle. Il avait la braguette ouverte et sa queue pendouillait à l’extérieur. Perdue dans ses pensées, elle ne l’avait pas entendu approcher.
- Une farandole dans un hospice de vieux, une fois !
Il explosa de rire, dévoilant une dentition irrégulière et proférant une haleine de bouc coprophage. Maie réprima un haut-le-cœur et essaya de se lever.
- Hé là, pas si vite ma cochonne! On a encore des tas de trucs à se dire, toi et moi! Dis camion!
Il l’attrapa aux épaules et essaya de l’embrasser. Accroupie, elle n’arrivait pas à le repousser. Elle cria et le griffa au visage.
- Farouche, hé? C’est comme ça que je les aime! Allez, fais pas ta mijaurée, dis-y que tu le trouves pas mal, le père Moon!
Ils luttaient à demi-assis, sans pouvoir réellement prendre appui sur la jetée. Maie jeta un coup d’œil terrifié à la plage. Personne. Son agresseur plaqua sa main sur son visage et la fit basculer en arrière. Elle le mordit de toutes ses forces.
- Hé, mais c’est qu’elle est vorace! Sacrée cochonne!

Ce monstre semblait insensible à la douleur. Il continuait de se marrer comme une baleine. A présent, il était couché sur elle de tout son poids. Maie le cogna sur les côtés, sur le visage, au cou, mais de bas en haut, elle n’arrivait pas à lui faire lâcher prise. Il essaya de l’embrasser dans le cou. Il plongea ses grosses mains dans sa combinaison et tenta d’arracher la fermeture éclair avec les dents, tout en continuant d'égrener des répliques de films de cul de bas étage : « On va bien s’amuser ma cocotte… Tu le sens mon cocotier? Mwaha! »
D’un coup sec, il fit craquer la combinaison de Maie. Elle hurla. Moon eut un rictus. Il se pencha sur elle. Elle sentit ses lèvres lippues sur sa poitrine, elle entendit quelqu’un courir vers eux puis c’est comme si Moon avait été balayé et il y eut un grand splash et une gerbe d’eau salée lui retomba sur la tête. Libérée du poids de ce malade, Maie se tourna instinctivement vers la mer. Dans un maelström d’écume, deux hommes luttaient. Moon et… et qui? En tout cas, ils semblaient ne pas avoir pied. Ils s’enfonçaient mutuellement la tête sous l’eau et réapparaissaient à la surface en ahanant. Maie hurla encore. Derrière elle, un martèlement. Instinctivement, elle se baissa. Un homme en casque militaire venait de plonger par-dessus elle, directement dans la mêlée. Au passage, il perdit ses tongs, qui tombèrent sur le crâne de Maie. Elle agrippa le bord de la jetée, à genoux, essayant de comprendre ce qui se passait. Les trois combattants avaient une nouvelle fois disparu. L’écume les couvrit entièrement et se résorba en quelques secondes. Maie, ahurie, considéra les tongs qu’elle tenait à la main. Celle de gauche disait pheuque, celle de droite, Sarko.

La mer s’ouvrit soudain et un bras surmusclé en émergea, tenant Moon par le cou. Le bras abattit trois fois la tête du Belge sur le bord rocheux de la jetée. Puis le corps inanimé de celui qui, il y a quelques secondes, tentait d’abuser de Maie, fut balancé sans ménagement à côté d’elle. Mollows émergea à sa suite, tenant le second adversaire dans l’autre main. Il le déposa délicatement sur la jetée et sortit de l’eau à son tour. L’homme qui était intervenu le premier avait perdu connaissance. Allongé sur le dos, les cheveux couvrant son visage, il ne respirait pas. Maie écarquilla les yeux. Elle reconnut Gaston. Mollows récupéra ses tongs et dit entre les dents :
- Salut mamzelle, scuze l’entrée en matière à la toc toc badaboum Bébel-staille, mais y avait comme qui dirait de l’urgence dans zi air. Dis-y donc, le Gars-ston, l’a pas la face d’un winner en cet instant-même, je crois pouvoir dire. T’aurais pas des dons de guérisseuse, des fois, ou à défaut un brevet de secourisme? Parce que mézigue, emplafonner les impétrants, j’sais faire, mais ressusciter les canés, c’est pas ma spécos…

A La Rochelle, on apprenait à faire les gestes de base de la réanimation dès l’école maternelle. Vu le nombre de gamins qui tombaient dans la mer, de matelots bourrés et de victimes de bagarres de rade, c’était une vraie mesure de santé publique. Maïe referma tant bien que mal sa combinaison, appuya deux fois sur la cage thoracique de Gaston et, en désespoir de cause, appliqua ses lèvres sur celles de son sauveur, tentant de lui insuffler la vie, source de toute chose, vie, cri de l’âme (eh merde, encore un poème à la con dans la tête, c’était pas le moment). Gaston ouvrit les yeux, Gaston ouvrit les yeux et comprit ce qui lui arrivait, Gaston ouvrit les yeux, comprit ce qui lui arrivait et essaya de dire quelque chose, Gaston ouvrit les yeux, comprit ce qui lui arrivait, essaya de dire quelque chose, écarta brusquement Maie et recracha un bon litre d’eau salée directement sur Moon, qui ronflait à présent, le front tuméfié.
- Après, ça sera mon tour! entendit Maie. Elle tourna la tête. Les kdfistes au grand complet étaient là et le petit Baaah, les mains pleines d’une matière étrange, avançait déjà vers elle avec un sourire confiant. Il beugla: "Un bisou!!!" et se précipita vers Maïe, mais Mollows l'intercepta et le calma de deux baffes bien senties.

Tous les Islanders, y compris le trio de CHR$, attiré par le bruit, et Lucky Luke, que Forrest portait comme un fagot sur l’épaule, se trouvaient désormais sur la jetée. Bertin et Nono donnaient de grandes tapes amicales sur l’épaule de Mollows, Comtesse et Superpippo aidaient Maie à prendre un air plus convenable tout en balançant de temps à autre un coup de pied à Moon, évanoui, les autres étaient rassemblés autour de Gaston et le chambraient sur les trois minutes les plus héroïques de sa vie. L’épisode avait suffi à les ressouder car, c’est bien connu, dans tout groupe il suffit qu’un seul membre concentre sur sa personne le ressentiment de ses pairs pour que ceux-ci, aussi étrangers qu’ils soient les uns aux autres, s’unissent en une véritable meute. On rigolait, on s’embrassait, on imitait le smilee roses.
- Vous le dites si on dérange, hein.
Oh merde. Au bout de la jetée, sur la plage, se tenaient trois hommes que les Islanders ne connaissaient que trop bien. Major, en chemise hawaïenne et pantalon blanc immaculé, tenait un cigare dans une main et un verre de vin dans l’autre; Zozo, torse nu et vêtu uniquement d’une énorme couche, agitait un biberon plein d’un liquide jaunâtre; Bouh, en polo Ralph Lauren, en pantalon de golf et en chaussures de clown, avait un putain de M16 dans chaque main et tenait les kdfistes en joue. Le silence se fit instantanément. On entendit une mouette rire sardoniquement (apparemment, elles savent pas rire autrement) et une galette d’un fort beau gabarit atterrit sur la nuque de Moon, toujours hors service.

- Personne moufte, murmura Mollows. La dernière fois que j’ai zieuté des calibres de ce type, j’ai été le seul survivant de mon bataillon, paix à ses-zames.
- Ouvre-toi?, risqua DNCG d’une petite voix, mais personne n’esquissa un geste.
Major tira une latte de son cigare. Zozo renifla bruyamment et appuya sur une télécommande qu’il sortit de sa couche. L’autoradio de l’hélicoptère ultra-silencieux par lequel ils venaient d’arriver se mit à jouer le générique de « Magnum ».
Major sourit.
- Bon, primo, qu’on s’entende bien. Vous avancez pas. Y en a un qui fait un pas vers nous, Bouh envoie une rafale, et je peux vous dire que ça fait pas vraiment dans le détail, son matos.
Bouh acquiesça silencieusement et un long filet de bave vint se perdre sur son polo. Baaah se mit à pleurer et se cacha derrière Pippo. Il était clair que son frère le terrifiait.
Gébé, perplexe, murmura à l'oreille de Meem:
— Excusez-moi, je suis un peu perdu... qui sont ces gens?
— Le clan Deruda, papy. Chut.
Gébé rentra la tête dans les épaules et se mit à trembler.

Fenec en avait marre de ces conneries. Il s'était inscrit y a pas longtemps, il croyait avoir affaire à des mordus de bonne zic, mais sur ce putain de site, personne ne connaissait ne serait-ce que les Sacs Plastique, pourtant un groupe culte d'Alençon en 1987. Et maintenant, il se retrouvait avec ces clowns en rose et noir, tous pris de panique parce qu'un débile fringué comme l'as de pique (the Ace of Spades, the Ace of Spades! rugit Lemmy dans sa tête) pointait sur eux des guns probablement en plastique, comme les Sacs, lol. Les autres pouvaient parlementer, négocier, temporiser, tout ce qu'ils voulaient; Fenec, lui, allait foutre du rockon dans ce bordel et Fly his way fuckin'home, ça ouais. Il écarta les autres et avança sur la jetée, droit sur les admins. Il gueula: "Bon ça suffit les conneries maintenant, on a assez WAAAAAARGH!!!!" Bouh venait de lui tirer dans l'épaule, une décharge tellement puissante que Fenec fut projeté trois mètres en arrière, faisant chuter Comtesse, Nusra et Parhelion. Il perdit connaissance. Personne ne dit mot. Maie se mit à genoux à côté du hardos, murmura (avec semble-t-il une pointe de regret) que lui faire du bouche à bouche serait inutile et le garotta avec une manche de sa combinaison que Moon avait arrachée.

- Il est un peu con, ton pote, Parhelion, non? demanda Major. Démerdez-vous maintenant. A mon humble, feriez mieux de le noyer tout de suite, m'enfin c'est vous qui voyez, héhé. Bon, résumons: vous vous en êtes pas trop mal tirés, jusqu’à présent, je dois dire. Si, si. Entre l’autre rebelle qui se fait bouffer par un boa, Océ qui s’enferme à double-tour dans votre seule réserve de bouffe et de flotte en récupérant toutes les enveloppes, le coup du sms de Lucky, une tentative de viol avec vue sur la mer et maintenant Patrick Rondat qui marche droit sur un M16 en se la jouant evil, j’avoue que niveau concours de conneries, je suis pas déçu.

- Major, je suis certain que nous pouvons nous entendre entre gens de bonne compagnie, l’interrompit Kamba d'un ton de bonimenteur professionnel. Je connais personnellement très bien le sous-secrétaire aux transports de la Haute-Garonne et je suis sûr que si je lui parle, il pourrait t’être utile. Il pourrait, heu… faire sauter tes PV? Non? Oui bon OK j’ai rien dit.
- Voilà, je pense que vous avez capté de vous-mêmes, répondit Major en formant une tête de mort avec la fumée de son cigare. Il balaya l'horizon d'un geste ample. Vous n’avez rien à m’offrir, bande de pauvres taches. Vous ne pouvez pas négocier. Tout ce qui est ici est à moi et c’est qu’une infime partie de mes possessions. Naturellement, dans « tout ce qui est ici », je vous inclus tous. Bon, je disais donc : ça va, on s’est pas trop emmerdés en quelques heures, mais on a pas que ça à foutre. On passe donc à la phase suivante du plan.
- Ha, le fameux plan B? ricana DNCG en clignant de l’œil à Meem, et Bertin dut lui enfoncer le tranchant de la main entre la quatrième et la cinquième côte. Le sémillant Bordelais s’affaissa. Major continua comme si de rien n’était.
- Je pourrais tous vous buter. Je pourrais tous vous relâcher. Je pourrais… mais qu’importe ce que je peux, je peux tout. La question, c’est qu’est-ce que je veux? Eh bien, je veux plus voir ce genre de scènes. Je hais rien tant que de vous voir tous là, en train de vous enlacer, de faire copains, de vous féliciter. Ouais, c’est comme ça, j’aime que la mort dans cette vie de merde, j’aime ce qui est cassé, j’aime ce qui est détruit. Et votre petite amitié factice, elle va voler en éclats et pas plus tard que très bientôt. Regardez ce que j’ai pour vous.
Il s’écarta. Les Islanders découvrirent derrière lui, sur la plage, une vingtaine d’ordinateurs portables.

- Maintenant écoutez bien parce que je vais pas répéter. Ces ordis dernier cri réagissent exclusivement à vos empreintes digitales. Sur chacun d’eux, il y a le nom de l’un d’entre vous. Vous trouvez votre ordi. Il est connecté au net, mais naturellement, uniquement au site que je veux. A savoir au kdf, bien sûr. Vos login et password sont déjà installés. Vous me faites un joli message dans lequel vous me dites quels sont les trois candidats que vous voulez voir se faire zigouiller, par ordre de préférence. Naturellement, les autres forumistes feront eux aussi part de leurs desiderata. Après tout, ça les concerne, le choix du futur modo. Dans 24 heures, je calcule, suivant un barême qui ne vous concerne pas, qui sont les deux Islanders arrivés en tête. Et je peux vous promettre un truc : ces deux-là, ils auront autant de chances de survie que Marco Materazzi lâché seul au milieu de la Castellane en pleine nuit.
J’espère avoir été clair. Bon, c’est pas tout ça, mais on a à faire. Ah oui, une dernière chose : comme je connais Océane, je doute fort qu’elle finisse par vous ouvrir. Et je vous assure qu’à l’intérieur, elle a tout ce qu’il faut pour tenir des années, au besoin. Du coup, si vous voulez trouver de quoi boire et bouffer, je vous conseille chaudement d’aller faire un tour dans la jungle. Ne craignez pas le boa, il est rassasié pour un bon mois, là. Ah oui, et bien sûr, je vous préviens, parce que vous êtes un peu crétins, oui, surtout toi, Parhelion: j’imagine que la cote d’Océane n’est pas au beau fixe dans votre petit groupe. Si vous la nominez tous au premier rang, ce qui est probable, nous, on se chargera d’elle, comme promis. Pensez seulement que si elle ne vous ouvre pas la porte de la prison de l’intérieur, vous pourrez jamais forcer l’entrée de l’extérieur. Y en a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes, hein Bertin? Elle est votre meilleure chance de survie, que vous le vouliez ou non.

Les admins reculèrent jusqu’à l’hélico, Bouh gardant toujours ses deux mitraillettes braquées sur la masse rose et noir attroupée sur la jetée. Au moment de prendre place aux commandes, Major bloqua son cigare entre ses dents et adressa à ses prisonniers un sourire de publicité pour dentifrice :
- J’adore quand un plan se déroule sans accroc.
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Latrell
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MessagePosté le: 03 Oct 2006 13:58    Sujet du message: Répondre en citant

EPISODE 5 (1/3)

Major laissa les Islanders devant leur destin. 23 ordinateurs pour faire un choix, un regrettable choix. deux d'entre eux devront mourir, ils devront tous à un moment ou un autre suivre le cours du fleuve Styx, entrer dans le repaire d’Hadès… Brrr, cette vision glaça Meem. Et cet ordi là, connecté sur les kdfs était son salut. Il était en manque. Il était sur de manquer à tout le forum, à ses amis baygonsec et Cavalier sans tête. Et si des nouveaux étaient arrivés, personne pour leur souhaiter un "je ne t’aime pas…" Des larmes lui vinrent. Il s’élança vers son ordi avec une énergie inconnue, il bouscula tout le monde, il était le premier et devait le rester… Il posa ses doigts sur le clavier, son cœur battait la chamade, mais sa déception fut grande… une seule fenêtre s’apparentant à celle d’un sondage, mais là, c’était chiadé, trois cellules vides attendant un nom. Il pensa que Zozo avait fait d’énormes progrès en informatique depuis la disparition du fil PSG et par conséquent de la moitié de ses posts, ça devait être un avertissement. Ça se trouve c’est ça que contient son enveloppe, ses posts disparus… Un coup monté depuis le début. Mais pourquoi ? Ce qui collait avec lui ne collait pas avec Moon par exemple, l’esprit de Meem s’embrumait et il fallait voter. Enfin sacrifier plutôt et il ne pouvait pas se résoudre à faire éliminer quelqu’un. Il les aimait tous et tous l’aimaient, il en était sur…
-« Je ne peux pas… personne ne peut décider qui doit vivre et qui doit mourir.. Pensa-t-il. C’est pas comme ça que l’histoire des kdfs devait s’écrire. »
Meem jeta un coup d’œil vers ses compères, certains n’hésitaient pas comme maie ou CHR$, même Fenec réussit à se traîner jusqu'à son PC malgré la douleur. De la peur se voyait sur tous les visages y compris sur ceux des gros bras.
-« tant pis, pardon les amis…. » et Meem inscrit trois noms et cliqua sur VOTER. L’écran se mit en veille directement, On pouvait y voir un morphing des visages de Major, Zozo, Bouh et un crane de squelette (ressemblant au Skeletor des « maîtres de l’univers ») hilares… ça foutait vraiment les jetons. Meem se traîna vers sa couche, un regard vers Nusra, un autre vers DNCG. Personne ne riait et il fallait continuer de vivre mais pour combien de temps encore ?

Océane entendit tout ce qui s’était passé à l’extérieur à partir des coups de feu. Il fallait qu’elle vote, elle aussi… et son ordi était sûrement dehors. Toute cette clique devait la haïr et ce n’est pas cette bâtisse qui lui servirait de bouclier. Océane se rappela que Major était l’initiateur de ce périple et ils connaissaient des choses qu’elle désirait laisser cachées encore de nombreuses années et même post mortem. Océane alla dans le bureau. Une coalition se liguait sûrement contre elle dehors et la possibilité de retrouver la confiance de Comtesse s’amenuisait avec le temps. Elles étaient des amies virtuelles certes, mais comtesse lui avait fait part de ses craintes concernant une possible trahison de Tessacha prétextant n’importe quel évènement foot pour se retrouver dans les studios de direct 8 et l’idée de cette petite journaliste peu farouche et de son homme lui faisait perdre la tête. C’est en entrant dans l’appartement de Jezabelle Lemonnier que le cauchemar a commencé, deux hommes l’avaient plaquée au sol et avant de s’endormir elle avait vu son ennemie trinquer avec un homme identique au major. Comtesse est là des suites d’un coup monté par sa propre jalousie. Comtesse s’était confiée à elle et c’est quelque chose qu’on ne pouvait ni oublier ni négliger. Océane esquissa un petit sourire en pensant à cette putain de solidarité féminine.

Océane chercha alors de quoi écrire, elle contourna le PC situé dans le bureau de l’entrée., il était alimenté. Il pouvait donc marcher. Océ saisit la chaise roulante, s’installa devant l’écran posa ses doigts sur le clavier. Elle recula presque aussitôt. Comment était-ce possible L’écran affichait une boite de dialogue lui indiquant qu’elle devait voter.
Océ cliqua sur OK, la page de vote des kdfs s’ouvrit, elle rentra trois noms, cliqua sur VOTER et vit les quatre visages hilares se succéder. Océane resta prostrée devant eux… Il l’avait prevu. Major savait que je me réfugierais ici, mais comment ? Trêve de réflexions. La seule solution qui se présentait à elle était de rester ici. Elle ne décidera jamais de sa mort. Même si elle n’est pas choisie, les 23 autres islanders dehors ne lui laisseraient pas la chance de survivre. Océane trouva un crayon de bois et quelques ramettes de feuilles, elle commença à schématiser les conséquences, les causes, les raisons et les possibilités de chaque acte futur.
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MessagePosté le: 03 Oct 2006 13:59    Sujet du message: Répondre en citant

EPISODE 5 (2/3)


Dehors, le coup des votes était encore dans tous les esprits. Fenec perdait du sang et il ne devait pas y avoir qu’un boa dans ce bois. Lucky céda son string OL a Comtesse pour qu’elle fasse un garrot bien en place, Maïe sait peut être redonner vie aux noyés mais question premier secours c’est pas encore ça.
Pippo s’approcha de Baaah, elle n’avait pas peur de cet homme différent mais si gentil. Il était souvent seul dans son coin à modeler ses excréments. Certes ce n’est pas très propre mais il faut reconnaître qu’il était doué.
-« Mon frère me fait peur… lança Baaah sentant l’odeur fraîche de pamplemousse de Pippo. Il est méchant. J’ai cru qu’il était devenu gentil avec la ballade en hélicoptère.
- Il t’a piégé. Voilà tout. C’est pas grave Baaah… mais qu’est ce que tu caresses ?
-C’est pas sale ! c’est Flopou.
-Mais c’est une mouette ? Allez lâche ça et viens avec nous.
-NAN c’est Flopou, mon amie flopou ! Elle est gentille Flopou comme de la guimauve, elle est gentille.


Pippo recula. Baaah agitait le cadavre d’une mouette comme elle, l’écharpe de la Lazio lors d’un match à Vérone contre le Chievo. Elle pensa fortement a Grosso, Flachi et les autres... elle devait se faufiler en douce dans les vestiaires avec Madar pour surprendre la squadra azurra nue sous la douche mais elle était là sur cette île.
- Flopou c’est mon amie, fais bisou à Flopou… dit Baaah en tendant la mouette vers Pippo ... Fais Bisou….. AAAAAAAHHHHH LE MIGOU !!!! D’un bond Baaah s’enfuit vers la forêt devant le regard incrédule de Pippo, en tenant toujours Flopou.

Il s’enfonça dans la foret, persuadé d’être poursuivi par quelqu’un ou quelque chose. Sur le chemin, il percuta Meem venu se réfugier dans ces bois après avoir du exécuter moralement trois de ses amis.
-« Laisse-moi s’il te plait Baaah, demanda ce dernier.
-Laisse-moi s’il te plait Baaah, répondit Baaah montrant ses 25 dents dehors.
-Hey, si tu veux jouer au plus fin tu es tombé sur le champion là.
-Hey, si tu veux jouer au plus fin tu es tombé sur le champion là.
-Ta gueule dingo, frère de barjot.
-Ta gueule dingo, frère de barjot.
-Merde alors.
-Merde alors.
-Ok, tu veux jouer à ça vraiment ? Alors écoute donc, je vais te citer tous mes posts !
-Ok, tu veux jouer à ça vraiment ? Alors écoute donc, je vais te citer tous mes posts !
-l’hymne islandais d’abord :
" Ó, guð vors lands! Ó, lands vors guð!
Vér lofum þitt heilaga, heilaga nafn!
Úr sólkerfum himnanna hnýta þér krans
þínir herskarar, tímanna safn.
Fyrir þér er einn dagur sem þúsund ár
og þúsund ár dagur, ei meir:
eitt eilífðar smáblóm með titrandi tár,
sem tilbiður guð sinn og deyr.
Íslands þúsund ár,
Íslands þúsund ár,
eitt eilífðar smáblóm með titrandi tár,
sem tilbiður guð sinn og deyr.
Ó, guð, ó, guð! Vér föllum fram
og fórnum þér brennandi, brennandi sál,
guð faðir, vor drottinn frá kyni til kyns,
og vér kvökum vort helgasta mál.
Vér kvökum og þökkum í þúsund ár,
því þú ert vort einasta skjól.
Vér kvökum og þökkum með titrandi tár,
því þú tilbjóst vort forlagahjól.
Íslands þúsund ár,
Íslands þúsund ár,
voru morgunsins húmköldu, hrynjandi tár,
sem hitna við skínandi sól.
Ó, guð vors lands! Ó, lands vors guð!
Vér lifum sem blaktandi, blaktandi strá.,
Vér deyjum, ef þú ert ei ljós það og líf,
sem að lyftir oss duftinu frá.
Ó, vert þú hvern morgun vort ljúfasta líf,
vor leiðtogi í daganna þraut
og á kvöldin vor himneska hvíld og vor hlíf
og vor hertogi á þjóðlífsins braut.
Íslands þúsund ár,
Íslands þúsund ár,
verði gróandi þjóðlíf með þverrandi tár,
sem þroskast á guðsríkis braut
.
Baaah répéta mot pour mot.
Cette discussion continua pendant des heures, la fatigue mentale du petit Baaah face à l’orateur Meem n’existait plus, les rôles s’étaient inversés. Meem perdait pied, il réfléchissait, un demeuré pouvait le faire chier alors un être supérieurement intelligent ? Il finit par céder en fondant en larmes. Baaah dansa une petite gigue en faisant le bruit de la poule. Meem tata le sol, une branche ou quelque chose pour se relever, il se redressa péniblement après avoir trouvé un semblant de branche.

Boire, manger et se repérer, ces trois questions taraudaient Electron, la dernière il avait son idée. A force de calculs en gravant, avec des cailloux taillés par Nonoz, sur le mur de la prison, le cycle solaire d’une journée, de voir les courant marins, la position des étoiles, mêlés aux statistiques de chr$, il avait une bonne idée. L’eau aussi, mais là c’était plus complexe. Tant qu’Océane serait dans le bunker, ils ne pourraient pas boire. Or si eau potable il y a, une source doit être sur cette île. Il fallait donc envoyer un groupe a sa recherche. Une baguette de sourcier associée à un repérage d’arbres fruitiers devraient faire l’affaire… mais le temps de la trouver…
-« Faut rendre l’eau de mer potable, pensa-t-il, c’est une solution, la seule dans l’immédiat.
-je peux te faire une sorte de cuve avec un petit canal mais dessaler l’eau, c’est au dessus de mes capacités, Elec’,
répondit Nonoz.
-J’ai su, putain de merde… j’ai pas passé mes samedi soir a glander devant voyage, planète et la chaîne découverte pour rien.
-Surtout qu’il y avait sûrement un match du championnat Bulgare sur le satellite… »

Jean Louis Etienne !! Putain, Elec avait trouvé… ce type qui s’est nourrit de graisse de phoque une année chez les Inuits, qui traversé l’Antarctique en tong ! Jean Louis Etienne a passé 1 an sur Clipperton. Elec avait trouvé la solution et entraîna Nonoz sur son mur.
-« Es-tu capable de me faire cet engin ? avec le soleil et une pompe, on peut y arriver.
-Tu veux que je taille une sorte d’ampoule dans du bois ?
- Oui
répondit Electron, ça marchera.
-Tu veux aussi que je fasse la pompe peut être ?


Chr$ convoqua tout le monde, les récentes idées d’Elec pouvaient faire évoluer leur survie sur cette île tant qu’océane serait cloitrée.
-« Bon, alors c’est simple, il faut faire des expéditions sur cette île pour l’eau et la bouffe. Doit y avoir des fruits et des bestioles non ? L’eau, j’ai un moyen potentiel mais ça demande de l’effort donc Bertin et Moon vous aiderez Nonoz dans ses taches. De plus, Nusra, DNCG, Maïe et Nono, vous partez à la recherche d’une source. La bouffe, Maintenant. Forrest, Maxime, Lucky et Mollows vous irez a la chasse. Ça vous va ?
- Bin, J’peux t’planter queques pomm’terres ou du mais, j’ai des graines tout le temps sur moi. Mais la chasse… à part tuer ses salop’ries de ragondins qui bousillent mon champ. Ah et les lapins aussi et les furets ! ouais !! j’peux bien !!!
répondit Forrest
- Moi je connais que la chasse à courre, faudrait Fredevils pour le rôle de ratier, proposa Maxime
-Soit, Fredevils replace Lucky. Les filles, vous gérez le cas Océane. Gébé, Gaston, Fenec et Baaah vous partez en repérage sur l’île. Quant à Kamba et Parhelion… Putain, ils sont où ces deux là ?
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MessagePosté le: 03 Oct 2006 14:00    Sujet du message: Répondre en citant

EPISODE 5 (3/3)


Kamba en avait assez de tout ce remue-ménage, de cette agitation pénible et inutile. Il se sentait à cran, nerveux, prêt à exploser. Tous ses regards Plus tôt, il avait suivi Fredevils qui s'en était allé pourchasser un splendide papillon en poussant de petits cris de ravissement, jusque dans la jungle. La jungle, univers mystérieux où les prédateurs ne sont pas ceux que l'on imagine, où la moindre souche pourrie peut servir de cache, le plus petit recoin d'ombre de coupe-gorge. Justement, Kamba avait profité de l'obscurité procurée par un grand bananier pour sauter sur Fred, et avait tenté d'arracher sa combinaison en hurlant "TU VAS MANGER VERMINE SOCIALISTE !", afin de se libérer de ces terribles pulsions qu'il sentait sur le point d'exploser en lui. Mais, poussé par l'instinct de survie et doté de la force du désespoir, le petit homme avait réussi à repousser l'assaillant et à s'enfuir en pleurant toutes les larmes de son corps.

De la solitude, c'est ce dont Kamba avait besoin pour évacuer cette rage qui bouillait en lui, au creux de son estomac. Et plus bas aussi. S'éloignant discrètement de ce qu'il appelait "la ruche", cette espèce de cercle que certains prisonniers formaient pour deviser pathétiquement sur la meilleure façon de nourrir le feu, faire à manger, se soulager en tout confort, Kamba s'enfonça dans la jungle. Tenant tête aux moustiques gros comme des petits oiseaux, bravant la végétation dense, la moiteur étouffante qui trempait sa combinaison et l'empêchait de respirer convenablement, il réussit à rejoindre un petit coin de paradis dont personne n'aurait envisagé l'existence dans cet enfer vert. Une petite cascade plongeait dans un lac limpide, à peine plus profond que la hauteur d'un homme. L'eau cristalline avait un goût de bonheur et ici, l'air était d'une légèreté qui pouvait, l'espace d'un instant, laisser penser que le vol était possible pour l'être humain. Kamba piqua une tête dans le petit bassin naturel, barbota gentillement, heureux qui comme Ulysse. Il sortit ensuite de l'eau et se laissa sécher au soleil, allongé sur une herbe douce comme un matelas de nuages.

Un certain laps de temps passa. Kamba ouvrit les yeux et contempla sa nudité avec ravissement. L'atmosphère, le calme qui contrastait si fortement avec l'agitation démentielle de la plage, la solitude et la perspective de pouvoir se laisser aller sans la constante oppression du regard d'autrui, tout cela conduisit à un afflux sanguin traduisible en ces mots : une barre d'acier, un bambou du tonnerre, une trique réjouissante. Avec un sourire façon banane sur le visage, Kamba se leva et alla s'appuyer contre un arbre dont l'écorce douce semblait comme du velours au toucher. Une main sur l'arbre, l'autre autour de son s.e.x.e, il commença les mouvements de va-et-vient, comme un retour à la vie telle qu'il la connaissait avant toute cette folie, avant l'île.

Il ahanait : "Han, oh oui, oui, un fantasme à la Patrick Juvet, un rêve immoral, bien comme il faut". Sa voix était sensualité, préliminaires : "Hmm, ouais, sur le rythme de Je vais à Rio, han !" Il passait à l'action : "The beat goes on, oh oui viens là Lionel, Gonna get over you". L'excitation était perceptible : "Han, han, vas-y Yoyo, tu peux taper dessus, Knock on wood !!" Pour coller au réalisme, il se fît enjôleur, câlin : "N'aie pas peur, arrête de penser à Sylviane, She can't love you, hmm c'est bon. Elle va briser ton petit Heart of glass, comme les français en 2002". Il passait à l'acte final : "Tiens, prends ça ! Tu la sens ma High energy ? Oooooh Ring my bell Lionel, Ring my bell !! Han ! Han !!". Climax : "Un dernier Instant replay sur ce coup de reins, AAAAAH PUTAIN OUAIS !!!"

Exceptionnel, c'était le mot qui résonnait dans sa tête en ouvrant les yeux. Mais ça ne dura qu'un instant, car il constata qu'une paire d'yeux l'observait avec intérêt. Son coeur fit un bond terrible en constatant qu'il s'agissait d'un ours. Puis, le calme revint : "Putain tu m'as foutu une de ces pétoches Mayo ! Mais je savais pas que t'étais sur l'île, t'étais parti en solo ?". Puis, l'idée salace : "Mais on dirait que ça t'as plu, petit polisson ! Do you wanna funk, hmmm ?"

Mais l'ours était bien un ours. En l'occurrence, il s'agissait de Schyzo, vieille propriété du Kdf, et notoirement connu pour ses périodes de rut intense, ce qui correspondait bien à son état actuel. Attiré par l'activité sexuelle qu'il avait sentie proche de lui, il s'était approché en silence, comme un voyeur. Il avait apprécié le spectacle, mais n'y tenant plus, il se mit sur ses pattes arrières, poussa un "GROOOOOOOAAAAAAR" qui fit taire tous les oiseaux qui jusque là piaillaient dans une insouciance toute naturelle, et d'un coup de patte arracha la tête de Kamba. Puis, le positionnant comme il faut, il viola consciencieusement la carcasse tressautante, poussant des "frumf" sonores et concentrés. Enfin satisfait, il attrapa un bras de la dépouille entre ses puissantes mâchoires, et l'entraîna dans la jungle, vers sa grotte.

« PIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIN »
Une longue sirène retentit depuis le haut parleur du Bunker, la voix du Major, les cris de douleurs de Parhelion et les rires de Zozo et Bouh parvenaient aux oreilles des exilés. Deux d’entre eux avaient disparus. Enfin deux… un dans très peu de temps. La sentence était donc tombée et Parhelion allait subir et souffrir sûrement aussi.

En effet, Parhelion était attaché verticalement sur une planche, les bras au dessus de la tête, les jambes écartées. Major faisait face à lui, verre de whisky « Glenglassaugh 1973 » dans la main. Ses deux comparses déguisés en elfes se tenaient aux coté du pauvre chevelu. Zozo et Bouh tenait chacun une énorme masse. Major s’avança à moins de 5 centimètres de Parhelion.
-« Tu as été choisi Nioubi et c’est peut être une des raisons de ta présence ici. Alors tu dois savoir que ça me fait un peu de peine. Parce que, lors du dépouillement des votes, je ne savais pas comment te faire souffrir avant de t’offrir la mort. Et vois tu, ce bon whisky m’a aidé. Tu le crois ça ? La vérité dans le whisky écossais. »
Parhelion pleurait. Il n’avait vraiment rien demandé. Il suppliait Major de le laisser, il ne rentrerait pas au camp, il se terrerait dans un coin…
« Chut », lui dit Major en posant son index sur les lèvres du condamné.

Major recula de quelques mètres.
- "Alors voilà, le jeu. Tu es là pour être un modo de mon site, donc un homme en qui j’ai 50% de confiance. Tu es nouveau sur le site hein ? Donc comme tout nioubie tu as lu l’integralité du forum depuis 2003. Alors je vais te poser des questions. Mauvaise réponse : coup de masse. Alors, je commence par une facile : Quels sont tous les modos du forum ? »
Parhelion imita le smiley shock, à quoi jouait donc le Major ? une question si basique. Il hurla :
« Coincoin et Baygon !!!!
-Mon pauvre con, je crains que tu te sois trop précipité. Et les modos du Broucheland, hum ? Ils compte pas pour toi ? tttttt… Zozo.

Zozo arma, sa technique s’approchait du golfeur amateur un peu rugueux, il ne rata cependant pas sa cible, le tibia droit de Parhelion explosa, un hurlement de douleur fit s’envoler une dizaine de calaos.

Tous les Islanders entendirent le craquement d’os suivi du hurlement. Cet horrible bruit réussit a faire sortir Océane de sa tanière. Elle regarda Comtesse et Pippo, s’approcha d’elles et baissa les yeux sans un mot. Suivre sans pouvoir interagir la mort lente de Parhelion.

- deuxième question : qui sont les cinq plus gros posteurs ?
Parhelion ne pouvait repondre, la douleur était trop forte mais l’envie d’atténuer sa souffrance l’était tout autant. Parhelion mis du temps pour sortir les noms de Meem , Axl, Brouche, Kamba et Jacky. Il était épuisé par cet effort.
- encore faux petit… c’est gébé.

Coté prison, Gébé s’en étonna. Pour lui, il ne connaissait personne et annonçait que cette virée en Corse allait le retarder a l’avant première du dernier film de Raimu. Son petit fils l’attendait.

Le genou de Parhelion parti en miettes… une constellation d’éclats d’os s’éparpilla sur une dizaine de mètres. Les larmes se mêlaient au sang. Il suppliait de ne plus avoir de questions, il ne pourrait jaamis répondre dans son état. Zozo se tourna vers Major :
« Tu comptes pas le laisser vivre de toute façon, abrège ses souffrances.
- je pète l’autre genou !!!!
hurla Bouh lancé dans un remake de Laspallès et du sketch « le train pour Pau », J’aime çà ! »
Bouh était incontrôlable, sa folie était pure mais sa technique était limpide, tout détruire. Le thorax subit la masse un nombre incalculable de fois. Les organes internes explosèrent aspergeant alors Zozo et le bourreau de tout leur contenu.
Lorsque le cœur fut aplati, Major posa main sur l’épaule de Bouh.
-« c’est bon. Attaquons nous à Kamba maintenant. Zozo range moi ça et tache de fermer ta gueule désormais.
- euh… C’est pas Kamba qui est traîné par Schyzo là ?
- Font chier tous à gâcher mon plaisir … »

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MessagePosté le: 05 Oct 2006 19:09    Sujet du message: Répondre en citant

EPISODE 6 (1/3)



Tous fixaient le haut-parleur de la prison. Le son était coupé depuis une bonne minute, mais l'horreur qu'ils venaient de vivre était telle qu'ils ne pouvaient même plus bouger les yeux. Les cris résonnaient encore dans leur tête. Ils ressentaient pleinement le poids d'une vie qui s'efface, d'un être qui s'en va sous vos yeux, ou plutôt oreilles dans le cas présent. CHR$ fut le premier à se remettre du choc et reprit les choses en main. Il reconstitua les groupes destinés à la recherche d'eau, de nourriture, et s'apprêtait à lancer de nouvelles consignes lorsque Océane intervint :

- « Hey deux minutes les mignons, j'ai un autre plan à proposer là ».
- « On s'enferme dans la prison et on reste dedans jusqu'à ce que mort s'ensuive ? »
La réplique de CHR$ avait fusé.
- « Pas vraiment non, crétin de lyonnais. Disons que j'ai en ma possession des informations qui valent la peine d'être utilisées, et qui peuvent nous donner une chance d'échapper au sort de ce nain de Parhelion ».
- « Des informations ? Et tu les as eues comment ? Le portable de Lucky n'a plus de batteries, les ordinateurs ne nous connectent à rien d'autre qu'une animation en flash pourrie et à une page pour voter. Alors bon, c'est pas que je crois pas à ce que tu racontes, mais je dirais même plus, j'y crois pas du tout ».
Les regards passaient de l'un à l'autre comme devant un match de tennis
- "La caisse, je sais ce qu'il y a dedans, et ça va nous aider".

Tous s'approchèrent d'elle, laissant CHR$ seul sur le rocher où il avait grimpé pour dominer le groupe. Ils la pressaient de questions, tous en même temps, ce qui résultait en un brouhaha incompréhensible. Ils jouaient des coudes pour réussir à être juste en face d'elle, au point que le regroupement agité était tout proche de basculer dans l'émeute. Océane éleva la voix : "Ecoutez, je vais vous expliquer, mais faudrait voir à se calmer un peu là !". Elle recula un peu et commença :

« Bon, donc. J'ai ouvert la caisse qu’on a trouvé. A l'intérieur y'avait vingt-cinq enveloppes postées et cachetées, reçues et ouvertes depuis longtemps. Simplement, le contenu avait été remplacé, par des trucs pas forcément utiles d'ailleurs. Mais j'ai quand même trouvé une carte de l'île, un document PDF imprimé qui explique comment se débrouiller avec les espèces végétales et animales qu'on peut trouver ici, et quelques autres trucs pas mal. Par exemple, j'ai ici le plan d'un radeau... »

Ils avaient tous crié à l'unisson. Un plan de radeau, on va pouvoir se tirer d'ici ! Cool, je vais revoir ma maman ! J'aurai bien mérité une petite pipe ! Le flot des commentaires excités s'arrêta net sur cette remarque de Moon. Voyant tout le monde le regarder d'un sale œil, il prit le temps de réfléchir à sa situation. Il était quand même bien dans la merde après ce qu'il avait fait, et maintenant la moindre de ses blagues de cul était mal vue. Ce qui constituait une part conséquente de ses interventions. Il ne lui restait plus qu'une chose à faire : « Si c'est comme ça, je préfère rester assommé », et il se précipita à toute allure sur un tronc d'arbre massif, le front bien en avant. Le choc le rejeta en arrière avec violence et il s'étendit de tout son long sur le sable, un sourire satisfait aux lèvres et une énorme bosse gonflant au dessus des yeux.

Suite à ce petit incident, Océane reprit la parole et commença à constituer des groupes. Grâce à la carte et au document PDF, elle put localiser avec pas mal de précision divers endroits où il était possible de trouver de la nourriture, de l'eau, et autres produits de première nécessité. Car si la prison était parfaitement pourvue en alcool, cigarettes et autres paquets de pâtes, au niveau fruits et légumes c'était pas vraiment la corne d'abondance. Et puis tout ce petit monde avait besoin de bouger un peu, ça se sentait, surtout Bertin. Il avait arraché une manche de sa combinaison pour la nouer autour de son crâne. Eh ouais, deux heures à foutre des coups de boule dans une porte blindée, ça doit faire mal à l’épiderme. Bon, la porte avait souffert aussi, y'avait la forme du crâne de Bertin un peu partout, et même sur le mur juste à côté.

« Donc, si vous êtes d'accord, je vais demander à certains d'entre vous d'aller effectuer quelques tâches : Bertin, Forrest, Maïe, Pippo, Fredevils et Maxime, vous serez chargés de ramener de l'eau et des fruits au campement. Elec, Nusra, CHR$, Gaston et Nono, vous vous chargerez du radeau. Gébé, DNCG, Baaah, essayez de soigner Fenec. Y'a peut-être quelques médocs dans la prison, j'ai pas regardé. Sinon, foutez lui du Chateau-Montauban 67 en intraveineuse. Mollows, Nonoz, Lucky, Comtesse, vous venez avec moi ».

Sentant le pouvoir lui filer entre les doigts, CHR$ s'empressa de faire retomber l'enthousiasme de tout le monde : « Ah, et qu'est-ce que tu vas faire toi, si c'est pas trop indiscret ? Parce que là tu donnes les ordres, et tout ça, mais faudrait aussi voir à pas non plus faire son despote. Alors, où est-ce que tu te barres avec la moitié de nos gens ? »
_ « Déjà, c'est pas la moitié ». Océane se tenait les mains sur les hanches. « De plus, je donne pas d'ordres. Je suis entrée en possession d'une carte grâce à laquelle on peut au moins faire quelque chose sur cette putain d'île. D'ailleurs, c'est pas toi qui disais exactement la même chose y'a pas longtemps ? Donc je pense qu'on est sur la même longueur d'ondes, mais moi j'ai une carte, donc je sais où il faut aller ».
CHR$ avait les lèvres si serrées qu'elles en étaient presque blanches. "Peut-on au moins savoir où tu comptes emmener le lyonnais luckyluke, s'il te plait ?"
_ « C'est bien simple, regarde la carte. Tu vois ce point noir sans légende, et ben c'est là que je vais. Y'a l'air d'y avoir un gros truc par-là, et j'aimerais assez savoir ce que c'est, et surtout si ça nous sera utile. Ca te pose un problème ? »
_ « Et si c'était le cas ? »
Ils se regardaient comme si par les yeux ils pouvaient faire bouillir le cerveau de l'autre dans sa propre tête. C'est Lucky qui désenvenima la situation.
_ « Dans ce cas, faudrait faire un sondage ! »

Personne ne rit, mais chacun se mit en demeure de trouver les autres membres du groupe auquel il avait été assigné. Finalement, le temps n’avait pas fait son œuvre si rapidement, si bien que personne ne se souhaita bon courage ni bonne chance. Il n’y eut pas d’embrassades, pas de conseils de prudence, pas plus qu’une forme d’émotion quelconque. La mort de Parhelion vécue en direct avait choqué tout le monde, et pas un ne se faisait d’illusions quant au sort qui lui était réservé ici. Les groupes fins prêts, Océane reprit la parole :

_ « J’ai eu le temps de faire un peu le tour de la prison…
Un « Tu m’étonnes !» jaillit.
_ « Très marrant. Donc, comme je le disais, le temps que j’y ai passé n’a pas été vain, puisque j’ai trouvé quelques petits trucs qui pourraient nous être utiles. Y’a deux sacs à dos à l’intérieur, des cordes, et ça ».
Elle avait sorti de la ceinture de sa combinaison une petite hache du type qu’on trouve à côté des extincteurs, et la faisait rouler d’avant en arrière dans sa main droite.
_ « Ca, c’est pour nous ».
_ « Pas question », protesta CHR$. « Moi je dois fabriquer un putain de radeau, alors que toi tu pars juste faire une expédition » .
_ « Euh, désolé de vous déranger, Forrest au bout du fil, mais c’est-à-dire que nous aussi on la voudrait bien, la hachette. Parce que bon, cueillir des fruits c’est quand même plus facile avec que sans ».
_ « Oh ta gueule Forrest, trancha CHR$, vous avez Bertin avec vous, ce type a tracé des autoroutes à mains nues ! » Il poursuivit : « De plus, on en aura statistiquement plus besoin que toi Océane ».
_ « Statistiquement, dit elle en riant à gorge déployée. Genre tu sais le nombre d’arbres qu’il y a sur cette île, combien de fougères on va devoir couper pour nous frayer un chemin ? »
_ « Ne me provoque pas, Océane ».
_ « Allez, des menaces maintenant ! T’es pathétique mon gars ».

Le dos de CHR$ se raidit. Son regard se détourna d’Océane et alla se fixer loin dans le vague, totalement dénué de toute expression. Il ouvrit la bouche et la voix qui en sortit n’avait plus rien d’humain : « J’ai intégré la CEGID il y a longtemps maintenant. J’ai embrassé la cause du Prince Noir et depuis son karma vit en moi ». C’était la voix de Gérard Houiller qui prononçait cet alignement de mots préenregistrés comme un ordinateur, avec des phrases dénuées de tout liant. « Tu ne peux avoir raison, femme, seuls ceux qui sont fidèles au Prince Noir le peuvent. Saint Grégory et Saint Juni sont avec moi, je sens leur force imprégner l’air ».

Major observait le spectacle en se frottant les mains. Assis dans un énorme fauteuil en cuir noir, il regardait sur un écran plasma les images et le son de la plage, captés par un drone qui était posté en vol stationnaire à une cinquantaine de mètres dans les airs. La résolution était pas trop mal, l’image un peu lointaine, et le son laissait à désirer. Mais dans l’ensemble, et avec l’entraînement, il avait pris le pli et était capable de suivre relativement bien le cours de évènements. C’est en se frottant les mains qu’il observait l’affrontement Océane – CHR$ . Tout fonctionnait comme sur des roulettes, le moindre prétexte était bon pour s’engueuler. D’ici peu, ils s’entretueraient.

Pourtant, son humeur joyeuse fut assombrie. Sur l’écran plasma, Océane venait de donner la hache à CHR$, alors qu’il avait espéré qu’elle la balance en travers de la gueule du lyonnais. Qui plus est, deux groupes se dirigeaient vers la jungle. Il se leva de son fauteuil et s’approcha de la console qui commandait l’écran plasma, ainsi que les autres télévisions qui décoraient les murs de la pièce, appuya sue le bouton « communication » et parla dans le micro :

_ « Zozo, amène toi en vitesse ».
Deux minutes plus tard, l’odeur de Zozo le précédait dans la pièce. Quand il entra enfin, toujours sobrement vêtu d’une Pampers, mais néanmoins digne grâce à la cravate qu’il avait noué autour de son cou nu, Major pointait l’écran du doigt.
_ « Zozo au rapport, c’est quoi le blème ? »
_ « Le blème, c’est que nos petits copains ont décidé de se la jouer Indiana Jones. Ils partent en expédition dans la jungle, deux groupes, onze en tout. Et ceux qui restent construisent un radeau. Faut qu’on surveille tout ça, envoie trois ou quatre autres drones, je me chargerai du reste ».
_ « Euh, Major, c’est-à-dire qu’on n’a pas quatre drones disponibles. Ni même trois… »
Major leva un sourcil courroucé et interrogateur.
_ « Ben, en fait c’est assez simple. Comme on était pas là pour Saint-Etienne – PSG, j’en ai envoyé un au dessus de Geoffroy-Guichard. Y’en a un autre presque en place pour France – Ecosse »
Le visage de Major semblait fait de pierre, rien ne bougeait, pas un mouvement. Ses mâchoires semblaient sur le point d’éclater.
_ « Combien il nous en reste ? »
_ « Deux, plus celui qui est en stationnaire au-dessus de la plage ».
_ « OK, alors va lancer les deux derniers, je me charge de les envoyer là où on en a vraiment besoin ».
Il avait bien insisté sur ces deux derniers mots.
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