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Tony Adams
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MessagePosté le: 05 Oct 2006 19:12    Sujet du message: Répondre en citant

EPISODE 6 (2/3)



Le premier drone atteignit le groupe Bertin, en quête de fruits et d’eau. Major le stabilisa sur la vitesse du groupe, et observa tout ce petit monde batailler ferme contre la végétation touffue. Bertin semblait engueuler Forrest.

_ « Putain tu me les brises vraiment là, le plouc ! Qu’est-ce que j’en ai à foutre que le bioéthanol soit composé à 85% de jus de betteraves ? Tu crois que ça m’intéresse peut-être ? Putain, moi je roule au Super et c’est marre ! De toute façon, je serai mort avant que l’environnement parte en couille ».
_ « Oh crénom, t’y vas pas avec le dos de la louche à pot-au-feu toi ! Moi c’que j’en disais, c’est juste que si on trouvait des betteraves, on pourrait bricoler du carburant, tu vois ».
_ « Du carburant pour quoi faire ? T’as vu une bagnole, un scooter, un ULM, dans le coin ? Ah putain de jungle de merde, putain de Forrest, putain de tout ! RAAAAAAAAAAAH »

Bertin se mit soudain à courir tout droit les bras écartés en continuant à crier. Les fougères hautes, les arbres, fleurs, herbes, ragondins, tout trépassait sur son passage. Derrière, les autres tentaient tant bien que mal de suivre la cadence. Pendant près de 10 minutes, ils suivirent ainsi la nationale tracée par Bertin. Pippo et Maïe, qui avaient été chargées de recopier les indications d’Océane, essayaient de lire le plan tout en courant. Malgré les secousses à chaque foulée, elles remarquèrent que la route que traçait toujours Bertin en hurlant les menait tout droit vers une grande ligne noire. Elles levèrent instantanément la tête, le temps de voir Bertin entrer en contact avec le pied d’une montagne qui s’élevait dans le ciel avec un air menaçant. Dans la roche, à une cinquantaine de mètres d’altitude, étaient gravés les visages empreints de gravité de Major, Zozo et Bouh, ce dernier semblant plus récent, la teinte de la pierre semblait plus claire. La collision Bertin – La Montagne provoqua comme une explosion. De la poussière fut soufflée du point d’impact et de petits bouts de roche retombèrent comme autant de météorites. En fait, avec les trois visages les observant de leur piédestal, Fredevils avait plutôt l’impression que les admins se mouchaient sur lui, ce qui eut pour effet immédiat de le déprimer, au moins pour la prochaine heure et demie.

Redoutant ce qu’ils allaient découvrir, Maïe, Pippo, Maxime, Fred et Forrest se dirigèrent tout de même vers le cratère que venait de former leur arme de destruction massive personnelle. Maïe se cachait les yeux, n’ayant pas le cœur d’observer ce qu’elle imaginait comme une flaque sanguinolente. Pippo l’imitait et Fred avait le regard fixé au sol.
_ « Il était si fort, sanglotait Maïe, un pur mélange entre un rhinocéros et un haltérophile turc ».
_ « Pff, ouais, ramolli du bulbe et court sur pattes quoi », commenta Fred. « Non mais c’est vrai, c’est encore et toujours cette fascination pour le paraître et le physique qui prime et qui nous ramène plus bas que terre dans une espèce de comportement bestial d’où l’amour est absent, l’amour qui s’exprime par un sourire, un rayon de soleil le matin à Lille, une… »
_ « Tais-toi Fred le Vice, tu dis ça parce que t’es jaloux » coupa Pippo, enserrant d’un bras l’épaule de Maïe, qui pleurait à chaudes larmes désormais.

Ne restaient plus que Maxime et Forrest, qui s’approchèrent encore plus. Maxime arriva sur le lieu le premier, et se retourna immédiatement vers Forrest, l’effarement peint sur son visage. Bertin était calmement allongé sur le dos, les bras en croix. Devant lui, un trou béant, une grotte creusée par le choc :
_ « Nom d’un bouton de manchette du PSG, it’s alive ! It’s alive ! Il est inconscient, mais il respire. Venez voir la bête ! N’ayez pas peur, je suis là. Ayez confiance ».
Les autres formèrent un demi cercle autour d’un Bertin endormi, mais apparemment apaisé. Soudain, un grondement se fit entendre. Ils se retournèrent dans tous les sens, sans rien voir d’anormal jusqu’à ce qu’un énorme bloc de pierre s’écrase juste à côté de Fredevils, le faisant sauter dans les bras de Forrest. Ce dernier, surpris, constata : « Vindieu ! J’ai porté des veaux plus lourds que toi p’tit père ! ». Ils regardaient tous avec horreur le monstrueux rocher qui aurait pu tous les aplatir d’un coup, quand un craquement les fit lever la tête pour constater que la montagne allait accoucher d’un frère jumeau. Maxime, dans un élan de compassion envers ses compagnons intima l’ordre à tout le monde de se retrancher dans la grotte nouvellement percée. Ils se serrèrent tous à l’intérieur, tirant même Bertin avec eux. A peine ses jambes rentrées sous la voûte qu’un un déluge de pierres de toutes formes et de toutes tailles qui s’abattait là où ils se tenaient tous dix secondes auparavant. Quelques temps plus tard, ils étaient dans le noir complet, entièrement recouverts par un amoncellement de pierres, des tonnes et des tonnes de blocs. Surpris, Maxime constata : « Avec quelques projos et un peu d’alcool, on pourrait se croire au VIP d’Alençon ! »

Major applaudit devant son écran. « Excellent ! Ce gros con de Bertin a réussi à m’en flinguer six d’un coup ! »
Son deuxième drone n’était pas encore arrivé jusqu’au groupe d’Océane, si bien qu’il passa sur le groupe plage. CHR$ s’acharnait sur un énorme arbre avec sa petite hache, ce qui provoqua un fou rire incontrôlable chez Major.

« Enculés de Hollandais ! ! Enculés, enculés, enculés ». Chaque coup de hache était ponctué de ce mot fort grossier. Ce qui ne manquait pas de porter sur les nerfs relativement détendus en général de Nusra.
_ « Mec, faut que tu travailles ton karma, t’es pas zen du tout là. Faut que tu sois en communion avec la nature, tu vois, que tu reviennes au stade de pur esprit, qui parcourt le flux des âmes, celui qui fait le tour de la Terre. Tu vois ce que je veux dire ? »
_ « Non, et je m’en bats les couilles ».

Vexé, Nusra partit prêcher la bonne parole du côté de Nono et Gaston. Ils avaient entrepris de déraciner un arbre en reliant deux cordes du tronc à leurs propres tailles, puis en essayant de courir vers le lointain pour l’arracher. Après quelques essais infructueux, ils étaient venus se reposer à l’ombre du « baobab bien burné », comme l’avait appelé Nono. Leur échec le frustrait d’ailleurs quelque peu :
_ « Wesh zincou, t’as veugra rien gépi au métier de chronbu ».
Gaston était sur le cul. C’est lui, Nono, qui lui avait dit qu’ils arrachaient les panneaux de sens interdit comme ça dans le 9-3.
_ « Tu manques pas d’air mon pote ! C’est toi qui a l’idée à la con, et c’est moi qui salope le boulot ! »
_ « Hey les gars, restez zen, intervint Nusra, faut pas se prendre la tête comme ça ».
Il parlait horriblement lentement. On aurait dit une vieille cassette qui tourne dans un lecteur dont les piles rendent l’âme.
_ « Faut que vous soyez en symbiose les gars, vous devez communier dans l’amour et la paix intérieure. Peace brothers ».
Nono était sur le point de lui en coller une quand Meem apparut subitement.
_ « AAAAAAAH PUTAIN MAIS TU SORS D’OU TOI ET T’ES QUI ? »
Gaston était blanc comme un linge.
_ « Ben c’est moi, Meem, j’étais parti dans la forêt discuter nietzschéisme et forces vitales avec un arbre ».
_ « L’amandier ? »
_ « Non, je crois que c’était plutôt un cousin à lui, Le figuier ».

Ils furent interrompus par un râle de douleur. Gébé et DNCG tentaient tant bien que mal d’éventer le Fenec avec des branches de palmier qui lui finissaient invariablement dans la tronche. Sa blessure semblait cicatriser mais malgré le garrot, la couleur du sable sous sa civière de fortune témoignait d’une perte de sang conséquente. Les quatre se précipitèrent vers les trois et une fois sept ils cherchèrent un huitième.
_ « Putain mais où est Elec ? s’exclama Gébé. Il doit bien avoir une idée pour empêcher ce petit jeune de se vider comme une truie qu’on égorge ! »
_ « Euh, c’est sympa Gébé, répondit Fenec, mais je crois pas que ce soit si grave ».
_ « Mais si mon gars, je t’assure que bientôt tu vas être aussi sec que le cœur de Baygon, faut absolument faire quelque chose. »
_ « Non merci, vraiment Gébé. D’ailleurs, je me sens déjà beaucoup mieux. »
_ « Ouh là, ça c’est vraiment le signe que tu vas crever ! ELEEEEEEC, ELEEEEEEEC »

Electron Libre accourut immédiatement. De l’œil aiguisé du chercheur sachant chercher, il évalua immédiatement la gravité de la situation.
_ « C’est critique ».
_ « Mais putain de quoi il parle, s’énerva Fenec, je vous dis que je me sens mieux ! »
Faisant fi des lamentations du mourant, Elec se dirigea rapidement vers CHR$, toujours en train de s’acharner sur son arbre en maudissant les hollandais. Elec avait une démarche bizarre. Il sautillait, comme s’il avait prit l’habitude de marcher sur les coussinets d’air de sandales Scholl. Ces petits bonds, mélangés à une voix fluette mâtinée d’un accent allemand et un petit air d’Auguste de cirque, donnaient une touche particulière à un personnage qui ne semblait pas voir le jour très souvent, ou bien vivre dans une région affreuse, voire les deux.
_ « J’ai besoin de ta hache immédiatement, dit-il à CHR$, tout de go.
_ « Putain tu vas pas t’y mettre toi aussi ? S’il y bien quelqu’un qui comprend pourquoi j’en ai besoin, c’est bien toi ! »
_ « Non mais t’inquiète je te la rends, c’est juste pour amputer le blessé ».
CHR$ l’observa un moment pour vérifier si l’espèce de descendant d’Harald Schumacher qui lui faisait face n’était pas en train d’essayer de se foutre de sa gueule.
_ « Non mais je suis sérieux, il faut vraiment que je lui coupe le bras ».
_ « J’ai entendu ! s’écria Fenec, j’ai entendu et j’ai pas besoin qu’on me coupe le bras, je vais très bien ! »
_ « Pur délire de mourant », affirma doctement Elec.
_ « Mais je suis pas mourant du tout ! » cria Fenec trente mètres plus loin.
CHR$ observa Fenec de loin et découvrit les dents en un sourire carnassier :
_ « Be my guest, comme disent nos amis anglais ».

Reprenant le chemin de ce qu’il convient maintenant d’appeler une salle d’opération, quand bien même elle ne consistait qu’en une civière faite de branches de palmiers posée en travers de quelques troncs d’arbres de petite taille, Elec faisait tourner la hache en l’air avant de la rattraper par le manche. Fenec essayait de se dépêtrer du brancard, mais Gébé et DNCG le maintenaient fermement allongé :
_ « Mais putain lâchez-moi, vous voyez bien qu’il va me couper le bras ! Je vous assure que je me sens mieux, sérieux ! »
_ « Couic-couic » prononça lentement Baaah, un peu à l’écart, en associant le geste à la parole avec deux doigts.
_ « Allons mon gars, faut pas stresser comme ça, dit DNCG pour le rassurer, imagine si t’étais cardillaque et non pas presbuick ».
Il ponctua cette petite fantaisie verbale par un « tchika » qui ressemblait à s’y méprendre au « tchitchaaaa » symbole de Canal+ à une époque.
_ « Mais fous moi la paix avec tes vannes pourries toi, cria Fenec, Nusra aide moi putain ! »
_ « Tiens, fume ça, t’iras mieux après », lui répondit Nusra en lui collant en lui collant un gros joint entre les lèvres.
_ « Ah mais merde, laissez moi au moins une heure de plus, je vous jure que ça ira mieux d’ici là ! »
_ « Il faut amputer ».

Elec venait d’arriver. Malgré les hurlements de protestation du Fenec, les autres le bloquaient trop fermement pour qu’il puisse ne serait-ce que bouger le petit doigt. Nono lui attrapa le bras blessé et le força à le tendre. Elec souleva la hache au dessus de sa tête, puis, après un petit temps d’arrêt, l’abattit sur le bras du Fenec, le tranchant net au dessus du coude. Le garrot empêcha le sang de couler, mais la douleur fit pousser un hurlement au Fenec :
_ « C’EST A L’EPAULE QUE JE SUIS BLESSE BANDE DE MALADES ! »
Constatant leur erreur, ils ouvrirent tous grand les yeux puis baissèrent la tête. Pour arranger les choses, Nusra tenta tout de même une proposition :
_ « Si tu veux, je pourrais te tailler une prothèse en bois, je suis un peu ébéniste à mes heures ».

Major était mort de rire dans son centre de surveillance :
_ « Ils sont vraiment complètement tarés, j’adore ça ! »
Se rapprochant du micro, il enclencha l’interphone :
_ « Zozo, t’a enregistré ça ? »
_ « Ouep, c’est sur disque ».
La voix de Zozo était légèrement couverte par un grésillement, comme quelque chose qui brûle. Il doit encore se faire à bouffer, jugea Major. Il se tourna de nouveau vers l’écran et bascula sur le drone du groupe Océane, qui venait de rejoindre les cinq explorateurs.
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Tony Adams
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MessagePosté le: 05 Oct 2006 19:15    Sujet du message: Répondre en citant

EPISODE 6 (3/3)



Océane se tenait en retrait de Mollows et Nonoz, qui défrichaient la route avec moins de talent que Bertin, mais tout autant d’efficacité. Comtesse était à ses côtés mais elle ne se sentait pas le cœur à discuter. Toute l’assurance dont elle avait fait preuve sur la plage l’avait vidée. Et ce putain de CHR$, qu’est-ce qui lui était arrivé ? Elle lui avait filé la hache sans demander son reste, c’était plus qu’elle ne pouvait en encaisser. Derrière un clavier ça allait encore, mais face à face avec tant de visages et rester fidèle à l’image qu’elle présentait sur le forum était une épreuve constante. Elle n’imaginait pas pouvoir garder ce masque encore très longtemps. De la main elle toucha le bras de Comtesse, lui demandant ainsi de ralentir un peu pour se mettre hors de portée des oreilles de deux débroussailleuses de devant, et de celles de luckyluke, qui se battait contre les moustiques avec sa mallette à leur droite.
_ « Quoi ? », demanda Comtesse.
_ « Il faut que je t’explique ce qui s’est passé dans la prison, au cas où il m’arriverait quelque chose ».
_ « De quoi tu parles ? T’as peur que les gens votent contre toi ? »
_ « Oui, mais j’ai aussi un sale pressentiment, il va se passer des trucs. »
_ « Genre quoi ? Qu’est-ce qui peut être pire que la merde dans laquelle on est ? »
_ « Mourir ».
Comtesse la regarda droit dans les yeux sans rien dire.
_ « Qu’est-ce qui s’est passé dans la prison ? »
_ « La caisse qu’on a trouvé. Je l’ai ouverte. »
_ « Et, qu’est-ce qu’elle contenait ? »
_ « Des lettres adressées à chacun d’entre nous. Je les ai toutes lues et je peux te dire que le contenu est précieux. Il y avait toutes sortes de conseils sur où trouver quoi, comment faire ci et ça. Et des tas de détails personnels embarrassants sur chacun de nous, tu vois genre menaces de chantage et tout. »
_ « Mais qui a planqué la caisse là ? Et elles servent à quoi toutes ces lettres ? Je comprends rien. »
_ « Le plus simple c’est que tu lises la lettre adressée à Baaah, ça ira plus vite que des explications. »
Océane sortit de son sac de fortune, fabriqué dans la prison avec un bout de tissu et deux cordelettes, une feuille de papier où couraient les pattes de mouche d’une écriture féminine.

Ailleurs, dans une pièce aux murs parés d’innombrables écrans et assis en face d’une console qui commandait un bon milliers de trucs en tous genres, Major approcha dangereusement le drone du groupe et zooma au maximum pour pouvoir distinguer les mots qui étaient alignés sur le bout de papier. Comtesse la porta à ses yeux et commença la lecture :

Mon petit crabe chéri,
Ton frère m’a dit que tu avais été choisi pour participer à un concours avec tes copains d’Internet. J’espère que tu n’y vas pas avec le gros qui était venu à Strasbourg une fois et qui t’avais débauché tout un week-end. Bouh m’a aussi dit que ton ami le scientifique était sélectionné. C’est drôlement bien que tu connaisses déjà personnellement quelqu’un, ça t’aidera peut-être à gagner.

Mais comme je sais que tu n’as pas vraiment l’instinct de compétition, j’ai demandé à ton frère de t’aider un peu. Au début il ne voulait pas, le vilain, tu imagines, ne pas aider son frère quand on en a la possibilité ? Ah il m’a entendu, ça tu peux le croire ! Finalement, il a fait preuve de raison et il a promis de faire son possible pour faciliter ta participation. D’après ce que Bouh m’a expliqué, la caisse dans laquelle tu viens de trouver cette lettre en contient 24 autres, une pour chacun de tes camarades. Il ne te reste plus qu’à distribuer leurs enveloppes à tes amis, ainsi ils seront tous très heureux de te donner un coup de main.

J’espère que cette aide te sera utile, et que tu reviendras me voir bien portant et le teint hâlé. D’ici là, fais de ton mieux pour gagner et n’hésite pas à aller voir ton frère si jamais tu as besoin d’un coup de main. Mes enfants ne vont pas se faire la guerre, oh ça non !

Je t’embrasse mon chéri,
Maman


Comtesse relisait machinalement ces quelques lignes, sans comprendre. Puis, le déclic :
_ « Ca veut dire que tous les objets qui étaient dans le carton, tu ne les as pas tous pris ? Certains sont encore là-bas ? »
_ « Oui, je n’ai emporté que ce qui était nécessaire, la boussole et le plan. Y’avait des paquets aussi, c’est de là que j’ai sorti les sacs à dos qu’ont pris Bertin et Forrest. Et d’autres trucs encore. ».
_ « Où est-ce que tu as tout planqué ? »
_ « Dans la prison. Et dans une autre lettre qu’a envoyé sa mère à Bouh, elle dit trouver très jolie le coin où crèchent les admins, et je crois que j’ai réussi à le localiser sur la carte. On pourrait essayer d’aller se les faire. »

Elles furent interrompues par Mollows :
_ « J’crois bien que in zi end t’as eu du blaire miss Lipstick. C’est ton cagna qu’est là devant ? »

Océane leva la tête pour découvrir un petit bunker en béton renforcé, sali par les intempéries et à l’air abandonné. Elle hocha la tête et ils se dirigèrent vers l’entrée en silence, inquiets de ce qu’ils allaient y découvrir.

Major cria un juron et envoya valdinguer son verre de vin à l’autre bout de la pièce. « Boooooouuuuuuuh » dit-il dans un grondement qui rappelait Old Trafford quand Van Nistelrooy marquait un but. Il sortit du local de surveillance et se rendit, deux étages plus haut, dans une pièce aux murs recouverts de boîtes d’œufs, où Bouh aimait à se retrancher pour composer des morceaux de punk-rock. Major décocha un coup de pied dans la porte d’où s’échappait des accords de guitare plutôt dissonants et entra. Bouh était assis sur un ampli Marshall et écrivait quelque chose sur un bloc-notes. Il leva la tête, pas le moins du monde surpris par cette entrée brutale dans sa pièce. Au contraire, il se leva et dit avec excitation au Major :
_ « Ecoute ça ! Je vais casser la baraque avec ce titre ! »
Il se lança dans une intro compliquée et plutôt moche, puis enchaîna avec le premier vers : « I put my teub on the toilet, remembering last night with Henriette… Merde Major, t’as même pas entendu 10 secondes ! »
L’admin au crâne luisant venait de débrancher la prise de l’ampli et se tenait debout, les bras croisés, dans une posture qui n’augurait rien de bon.
_ « Putain de bordel Bouh, qu’est-ce que c’est que cette histoire de caisse enterrée à la plage ? »
_ « Oh merde Major, je pensais pas que t’allais l’apprendre, excuse-moi je t’en supplie. »
Bouh s’était écroulé à genoux, implorant.
_ « Tu connais pas Maman, elle m’a appelé jour et nuit pendant une semaine quand je lui ai dit non la première fois. J’en pouvais plus, j’étais au bout du rouleau, alors j’ai fait comme elle me disait et j’ai rien dit à personne en espérant que ça passerait à l’as. Y’a rien de grave ? Dis moi que j’ai rien fait de grave ! »
_ « Ils ont trouvé le bunker. »
_ « Oh merde Major, je suis désolé, je sais que je chie dans la colle. Est-ce que ça va être un problème ? »
_ « Pas forcément. »
Major souriait. A tous les coups, ça allait jouer dans leur sens, et ce qui était une grosse connerie au départ se transformerait en triomphe.

Océane, Comtesse, Nonoz, Mollows et Lucky étaient ébahis. Devant eux, c’est un véritable arsenal qui était bien rangé sur des étagères. Pistoles, mitraillettes, tout le toutim. Ils s’emparèrent chacun d’une mitraillette et d’une arme de poing, des gros Desert Eagle qui font des trous gros comme des oranges, ainsi que des munitions qu’ils coincèrent dans la ceinture de la combinaison. Une fois à l’extérieur, ils se mirent en marche pour le retour, quand le clic-clac caractéristique d’une arme qu’on charge se fit entendre. Mollows était resté en arrière et avait épaulé son M-16. Il tenait le groupe de quatre en joue :
_ « Scusez moi les junglefriends, mais j’aurai comme qui dirait un petit billet d’humeur à placer là, si ça vous casse pas trop les glaouis. Comme j’ai pas les yeux dans my pocket, j’ai vite fait pigé que z’étiez pas très branchés hygiène vous autres. De mon côté, j’ai bien récuré mes esgourdes, et le petit apocalypstick que nous prépare la miss en question, ben il me plait pas des masses, bicoz c’est much more likely qu’on va finir en chair à canon. Niveau pelloche j’aime bien les reconstitutions, mais in real life je préfère éviter un « Stalingrad, the return of the deadly massacre ». Donc vous serez gentils, vous allez me chercher un sac où on va ranger tous les flingots, et puis on dira que le sac est à moi. »
_ « Et si on est pas d’accord pour faire ça ? », protesta Océane.
Mollows se rapprocha et lui pointa le canon du fusil juste entre les deux yeux.
_ « Ben si t’es pas Roger pour suivre les consignes, j’crois que le tribunal martial va devoir rendre une sentence exemplaire. J’ai pas tiré avec ce genre d’engins depuis des lustres, mais à voir la taille des abeilles, il restera pas grand chose de ta jolie caboche. Y’a eu le Broucheland, le Jimboland, et même un Amazoneland. C’est à mon tour. Welcome to Mollowsland ».
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MessagePosté le: 11 Oct 2006 13:56    Sujet du message: Répondre en citant

THE ISLAND 7 (1/3)

W-Fenec se relève d’un seul coup. Il perd un peu l’équilibre faute à une tension aussi basse que son moral. « Putain, vous êtes vraiment des malades. J’aurais dû écouter mes potes quand ils me disaient que des mecs qui aiment le foot et l’Islande, c’est forcément des barjes. Je vais faire comment maintenant pour jouer avec les Warning Buffers ? Hein, je vais faire comment ? Oh putain, comment ruiner une carrière pour une connerie ! Oh putain »
Electron, une lueur dans le regard : « Ecoute, W-Fenec, OK, on a un peu raté notre coup. Mais c’est le propre de la recherche empirique, ça ne marche pas à tous les coups. J’ai une autre idée: on va recoudre le bras et refaire les connexions » « Ca va pas. Pas touche à mon bras. » Il se saisit du membre abandonné sur le sol et commence à s’éloigner du groupe. Le nouvel amputé se retourne une dernière fois vers ses anciens bourreaux « Vous êtes des malades, allez vous faire coudre, je me tire dans les bois. Je préfère mourir bouffé par un boa que torturé par un savant fou » Et il arme son bras valide pour faire un bras d’honneur. Il manque de tomber à l’avant quand le bras valide ne trouve rien pour ralentir sa course au creux d’un coude qui n’est qu’un vieux souvenir « Oh putain, même ça je peux plus en faire. Heureusement qu’il me reste ça » et il adresse un doigt rebelle à ses anciens compagnons. Il s’éloigne doucement vers la forêt, la peur de l’inconnu se mélangeant petit à petit avec la haine de ses compagnons.

Cela dit, tout le monde est déjà passé à autre chose. Soit par honte de la bourde qu’ils viennent de faire, soit pour éviter de se faire remarquer par Electron comme cobaye suivant. Nusra sifflote une petite ballade de Joan Baez en regardant une mouette tournée autour de la plage, Baaah taille une nouvelle crotte de mouette en forme de schtroumpf et Meem a repris de graver au canif son journal intime sur le tronc d’un palmier. Les « pheuque Nederland » « Salop de Van Bommel » résonnent à nouveau. Ils sont toutefois interrompus par Gaston qui pose à CHR$ une question stupide : « Dis moi, le lyonnais, c’est normal que la moitié des arbres de la forêt ont un coup de hache mais qu’aucun ne soit sur le point de tomber » « Dis donc le gnome stéphano-manceau (c’est dire ton niveau de réflexion), statistiquement, si tu attaques toujours par le même coté, t’auras aucune chance de percer la défense. Alors là, je fais pareil : j’attaque alternativement tous les arbres pour voir céder leur défense. Je suis sûr qu’après, toute la forêt va céder, et on l’aura notre qualif pour les ½ » « Ouais, Man, par contre avec les keufs, si tu vénères toujours le même, il va téper un bleca trop vite et il va rentrer pleurer chez sa reum. Alors que si tu vénères à coups de caillasses un keuf différent à chaque oif, ça peut durer des mois. C’est trop kiffant comme ça » « En gros, si je décrypte, Nono, ça veut dire que le lyonnais, il en a pour des mois à abattre son arbre, c’est ça ? Alors que si, comme un bûcheron normal, il mettait les coups toujours sur le même arbre, on pourrait l’avoir d’ici peu » CHR$ devient tout rouge en entendant ce plouc de forézien lui donner des leçons d’organisation de projet. Merde, à la CEGID, ça se saurait si on ne savait pas s’organiser. « OK, les mecs, vous paraissez très fort pour donner des cours. Tiens le sosie de Diarra, prends la hache et montre moi ce que tu sais faire. Quant à toi, le Paganelli du forum, si tu réfléchis un peu, tu verrais que c’est exactement la tactique que tu emploies avec les filles : tenter une petite approche avec pleins de filles pour en chopper une » « Ouais, mais ça ne marche pas mieux qu’avec tes arbres :| Au rythme où je choppe les filles avec cette tactique, l’OL sera en L2 quand on retournera sur la terre ferme avec le radeau» D’un geste méprisant, CHR$ abandonne ces ignares qui ne doivent même pas connaître le processus de gestion de projet 2TUP. Nono récupère la hache et commence à frapper l’un des arbres entamés par CHR$ « Hamed, hinnn, Mustafa, hinnnn, Kevin, hinnnnn, Boubacar, hinnn » « C’est des joueurs de l’OM tout ça ? » « Et non, Man, c’est la bande de Montreuil. Rien qu’en pensant à ces pitres, ça me remplit de cefor. Hamed, hinnn, Mustafa, hinnnn, Kevin, hinnnnn, Boubacar, hinnn »
Gaston abandonne son compère à son dur labeur. De leur coté, Gébé et DNCG sont encore un peu ébahis par la réaction de W-Fenec « Ah, les jeunes d’aujourd’hui. Ca veut faire les durs, mais en fait, c’est de la guimauve de l’Estaque qu’ils ont dans le cœur. C’est pas comme de notre temps. » « Oh, papé, de ton temps. Parce que de mon temps, tu devais déjà avoir 1 ou 2 gamins » « Ouais, mais quand même, c’est plus ce que c’était. Regarde le Gaston là bas. Il a l’air tout malheureux sans ses nanas pour draguer. » « Le port » « Quoi, le Porc, tiens, il est où Moon ? »

Retrouvons notre exilé volontaire W-Fennec. Il vient de sursauter en entendant une brindille craquer derrière lui. En se retournant vivement, il voit Baaah qui marche, la tête en l’air, en couinant « Couic, coupé le bras du chevelu, couic ». Lorsque Baaah voit l’amputé, il redouble de joie « Ah, ah, ah, couic, couic le bras, ah, ah, ah » « Oh, toi le débile, laisse moi tranquille. Tire toi, je ne veux plus entendre tes « couics » » « Couic le bras, le chevelu. Et après, couic la tête quand mon frère va te retrouver ». A ces mots, W-Fenec sent des frissons dans tout le corps. Le souvenir des cris d’agonie de Parhelion le hante encore et l’évocation du bourreau le fait frissonner d’horreur « Ta gueule, petit gnome. Et tire toi maintenant ou je te fais la peau avec le seul bras qui me reste » Et il se met à courir dans la direction du frangin. Baaaah part en courant dans une autre direction en criant des « couic, couic, le bras, couic » de plus en plus essoufflés. Quelques minutes plus tard, Baaah, épuisé, ralentit et regarde derrière lui. Le chevelu ne le suit plus. Ouf… Il va pouvoir rentrer voir les autres. Mais par quel chemin ? Il est perdu. Baaah s’assoit alors sur un rocher au bord du chemin. Il commence à sentir la fatigue et la lassitude. La peur et la faim aussi. Les larmes montent toutes seules et rapidement son visage est mouillé de pleurs. Il pleure à chaudes larmes quand il entend une voix douce et connue. Il lève les yeux et voit sa Maman, Ma BouhBaah, là, devant lui, sur cette île. Par quel miracle peut elle être là ? « Maman !! » Il se lève et se précipite dans les bras de sa génitrice. « Viens mon petit, c’est fini » Et Ma Bouhbahh l’emmène un peu plus loin dans la forêt…
De son coté, W-Fenec s’est arrêté, tout heureux d’avoir fait fuir l’espèce de parasite ambulant. Il se met à réfléchir à ce qu’il va devenir. « Oh putain génial, ils font même maintenant des kits de fist à emporter soi même. Putain trop bien pour baiser les filles » « Touche pas à mon bras, Moon. Tire toi de là » « Oh, cool, mon pote, je déconnais. Qu’est ce tu fais là ? Tu t’es isolé pour te faire une petite branlette, c’est ça ? » « T’es lourd, Moon » et W-Fenec raconte son histoire à Moon « Et toi, tu fais quoi là ? » « Ben après que l’autre donzelle ait fait sa mijaurée, je pense que je vais avoir du mal à rester dans le groupe. Tu sais, la Meute ne pardonne pas. Alors, j’ai décidé de me mettre en retrait de la vie de l’Ile. Si toi aussi tu les hais, on peut peut-être s’allier… Alliés de circonstance, hein, on n’est pas obligé de s’enculer non plus. » Une rapide réflexion sur l’état de la situation et W-Fenec accepte la proposition de son nouvel ami belge.
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MessagePosté le: 11 Oct 2006 13:58    Sujet du message: Répondre en citant

THE ISLAND 7 (2/3)

« Alençon, çon, çon… » Seul l’écho répond à la remarque de Maxime. Dans le noir complet, les 6 compagnons prennent peu à peu conscience de la situation. C’est Forrest qui réagit le premier « Vindieu, ça a été juste. Peu d’plus, et on terminait comme le Gégé quand la moissonneuse a lâché les freins à la dernière moisson. C’était pas beau à voir, paix à son âme. Si vous zaviez vu sa… » Les pleurs de Fred interrompent le récit de l’agonie de Gérard Louvier, agriculteur à Wacquemoulin et mort dans d’atroces souffrances en juillet dernier. Maïe « C’est malin, le plouc. Maintenant, nous voilà avec un demi cadavre et un gamin en pleurs. Je vous jure, j’aurais mieux fait de pas venir » A ce moment, Pippo se fait entendre. « Y a de la lumière là bas, juste un petit point, je vais voir » Et avant que les courageux hommes ne disent quoi que ce soit, là voilà partie, à tâtons, en direction du petit point lumineux. Des « Merde » « Putain fais chier ces cailloux » et autres « Aie » résonnent quelques instants dans la grotte avant de diminuer d’intensité et de laisser la place au silence. On n’entend plus que Fred qui renifle en pleurant encore un peu et quelques bruits de frottements.
Maïe sent rapidement une main descendre le long de son dos à peine a-t-elle fini de parler. D’après les voix, ce ne peut pas être Forrest qui est plus loin. Seul Maxime qui n’a rien dit depuis leur entrée dans la grotte est en état de lui peloter les fesses comme le fait la main ferme à travers la combinaison rose. L’idée d’être apprécié par un homme aussi distingué, aussi élégant que Maxime, par un homme qui a sûrement connu des tas de filles, de mannequins plus égéries les unes que les autres, l’idée qu’un homme aussi…raffiné que Maxime puisse s’intéresser à elle la met dans tous ses états. Elle n’ose pas bouger de peur d’interrompre l’instant magique. Lorsque la main descend sur l’arrière de sa cuisse droite, elle frissonne légèrement mais ne dit toujours rien. Dans son coin, Fred renifle toujours en pleurant doucement et Forrest bougonne de l’autre coté de la grotte en crachant contre le sol par instant régulier. Ce ne peut donc être que Maxime qui passe sa main entre ses cuisses. Elle hésite quelques secondes et puis elle écarte les jambes légèrement en sentant une haleine chaude lui déposer un baiser dans le cou. Après tout, après la tentative de viol de Moon, c’est quand même bien agréable qu’un homme prenne soin de vous. La deuxième main, qui vient de lui caresser les cheveux descend à présent le long de ses épaules, puis vient s’arrêter sur ses petits seins en les frôlant doucement. L’autre main insiste plus fermement sur son entrejambe et elle sent l’excitation monter par vague dans l’ensemble de son corps. Elle ne peut retenir un petit cri de surprise et de plaisir quand Maxime (si c’était lui) lui presse l’un de ses tétons tendu par l’excitation à travers la combinaison. Elle se sent rougir de honte.
Elle est heureusement sauvée par les pas de Pippo qui revient toute excitée « Venez… Aïe…. J’ai trouvé… Et merde, fais chier ces rochers… Y a un passage à une cinquante de mètres. C’est pas large, mais on peut sortir » Forrest qui se sentrevivre par cette nouvelle : « Bon, on fait quoi du gros Bertin, on peut pas l’laisser là comme le cadavre d’une vache folle. Et sans bœuf ou cheval de trait, j’sens pas à l’tirer sur la longueur d’un champ pour aller jusqu’à ta sortie d’s’cours» D’une voix vaseuse, la force de la nature répliqua : « Non, ça va mieux, je suis réveillé, je dois pouvoir marcher». Maxime ajouta, légèrement plus loin « Alors en route pour l’Aventure. Je me sens rajeunir comme au temps où j’étais chez les Scouts.» Tout le monde se met en route… Maïe se torture l’esprit : la voix de Bertin était finalement plus proche d’elle que celle de Maxime. Qui était donc le propriétaire des mains baladeuses et surtout comment elle allait faire pour ne pas rougir devant Maxime ou Bertin une fois au grand jour.
Soudain, après quelques minutes de « Aie » « Putain fais chier ces rochers » « Tiens, j’ai écrasé une souris » « Quoi !!! Une souris !!! :blscared: » « Waououw, ça me rappelle le Train Fantome quand j’étais petit » « Ouiinn, j’ai toujours eu peur dans le train fantome » « Ca va Bertin ? » « Ouais, ça va, je me sens un peu faible, je crois que je vais manger un petit bout de rocher pour reprendre la forme » « Un peu de patience les gars, vous êtes de vraies femmelettes. On arrive au bout. Et regardez : SURPRISE ! »
Et pour une surprise, c’était une surprise. Les dix paires d’yeux découvrent le paradis qui s’étend une petite dizaine de mètres plus bas : Un joli lac à l’eau bleue turquoise entouré de prairies d’herbe rase et verte parsemées ici ou là de quelques palmiers ombrageux. Tout autour de cet espace enchanteur, une barrière naturelle de montagne fait une sorte de cirque qui protége l’espace des nuisances extérieures. Si ce n’est pas le Paradis, cela y ressemble pas mal. Pippo rompt le silence « Alors, qu’est qu’on dit à Super Pippo ? » Forrest n’en revient pas « Crévindiou, j’croyais qu’ça existait que dans Arlette à Malibou des trucs pareils. Quand j’vais raconter ça aux potos, ils vont être verts. Y a pas à dire, voilà une excursion qui tourn’ bien » Maxime, l’air blasé « Pas mal, oui, on dirait la salle Zouc des Bains douches. Le carrelage bleu sur les murs et l’odeur de cigarette en moins. Bon, les filles, c’est pas ça non plus, mais on se contentera de ce qu’on a. C’est déjà pas mal ? » Et il glisse un clin d’œil à Maïe qui rassure la jeune fille sur les mains baladeuses de la grotte. Elle se sent rougir jusqu’aux oreilles et ne peut que bafouiller « C…C’est pas mal…» Bertin « Waouh, la flotte. On va pouvoir s’éclater. Vivement les bains de minuit » ajoute-t-il en faisant un clin d’œil appuyé à Maïe qui ne sait plus où se mettre. A qui étaient donc les mains baladeuses ? Fred s’est arrêté de pleurer en voyant le paysage de rêve devant lui. « J’ai faim » râle-t-il dans un dernier reniflement. Forrest le réconforte « Mon p’tit, avec la terre qu’il doit y avoir pour avoir de l’herbe si verte, grâce aux nouvelles graines de chez les Ricains que j’garde bien au chaud (comme me l’a conseillé l’ingénieur de la CA), tu pourras avoir des bonnes betteraves bien fraîches d’ici… 2 heures peut être » et il sort de son slip un petit sachet de papier contenant les fameuses graines. « Allez, au boulot, d’ici 2 h, on récolte les betteraves » Et il part à travers les rochers, en direction de la rive du lac.

« :megaphone: ALERTE, ALERTE ! Bouh !!! Zozo !!! Au rapport » Major n’en peut plus, il est rouge de colère. Ces petits enfoirés ont trouvé SA piscine. « Je veux une explication à ça » cria t il à ses 2 auxiliaires qui regardaient, penauds, l’écran de contrôle de la caméra permanente dirigée sur la piscine (elle permet à Major de surveiller les majorettes quand elles se baignent sans avoir à quitter le Chat des yeux). Bouh et Zozo se regardent, l’air inquiet et interrogateur. « Mais comment ont-ils fait pour entrer là ? On ne peut y venir que par le couloir secret, protégé par la carte biométrique et seul toi et Madame avez accès à ce couloir, tu le sais bien » « Oui, je le sais. Mais là, les 6 pingouins, ils y sont. Et en plus, c’est une demeurée comme Pippo qui a trouvé le passage et l’autre plouc veut faire pousser des betteraves transgéniques sur ma pelouse. Alors, je VEUX une explication MAINTENANT » Zozo n’a jamais vu le Major dans cet état là. Même la suppression du contenu du forum PSG l’avait fait marré. Là, il ne rigole pas du tout. Bouh ajoute ce qu’il n’aurait jamais dû ajouter « Major, c’est comme en Informatique, on ne peut pas tout prévoir. On prévoit les cas les plus fréquents. Vu l’endroit d’où ils descendent, ce doit être à cause de l’éboulement provoqué par Bertin, la montagne a dû bouger et un passage s’ouvrir entre les rochers. » « Rien à foutre de vos explications à la daube. Ce que je veux, c’est que ce soir, les six guignols, ils aient dégagé de MA piscine. Capito ? » « Mais Major, ça ne va pas être simple » « Je m’en fous, ressortez Schizo de sa tanière pour qu’il aille hanter les bords du lac. Hélitreuillez les en dehors du cirque, importez le monstre du Loch Ness dans le lac, passez les au karscher, peu m’importe. MAIS JE NE VEUX PLUS LES VOIR AUTOUR DE MA PISCINE ». Major pivote sur son fauteuil et fixe du regard l’écran de contrôle du drone du bunker. « Et maintenant, sortez, dégagez de ma vue, incapables ». Il retrouve avec une certaine angoisse les images du nouveau Mollowsland.
« Major ? » Zozo ose à peine articuler le nom de son Maitre « Quoi encore ? T’as fait quoi comme connerie ? La mère de Bouh a trouvé le chemin de l’Ile ? Tu as promis aux lyonnais la retransmission de OL/ASSE sur écran géant ? » « C’est Baaah, on est allé le chercher. Si tu avais vu Bouh habillé en Ma BouhBaah, ça t’aurait détendu. Bref, Baaah s’est laissé faire. On l’a emmené dans la cave de répétition de Bouh et là, je dois reconnaître qu’il me fait peur parfois ce nouvel admin, il a commencé à lui sortir tous les griefs qu’il avait contre lui depuis sa naissance. Ca a commencé par le fait que sa mère ne lui avait pas lassé les lacets pendant sa grossesse, au fait qu’elle ne lui a pas de bisou en partant accouché de Baaah, en passant par les parts de gâteau plus grosses, les punitions non méritées, la couleur des chemises qu’ils ont eu à Noël. Je ne parle que de l’essentiel. Et à chaque fois, il lui faisait bouffer une tartine de Nutella en lui criant « Tiens, bouffe ça, sale petit chouchou. Tu vas la bouffer oui ? » La souffrance de Baaah à la 20e tartine était belle à voir mais son frère était de plus en plus fou. Finalement, c’est à la 42e qu’il a craqué le frangin. Et si tu avais vu le plaisir sur le visage de Bouh, effrayant. » « Et il a dit quoi en voyant son frère mort ? » « Oh, juste, « maintenant, c’est moi que Ma va aimer » ». « Parfait, laisse moi maintenant » Major peut être satisfait : ses admins sont encore plus fous que lui et ils aiment plus la souffrance : des auxiliaires parfaits décidément…
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MessagePosté le: 11 Oct 2006 14:00    Sujet du message: Répondre en citant

THE ISLAND 7 (3/3)

« Pour commencer, dodo pour tout le monde. Vidé par toutes ces perles. J’ai l’impression de r’trouver mes jambes de quand j’étais chez maman. Mais y a pas à dire, je préfère le désert et les scorpions aux jungles humides avec leurs boas. Zou, tout le monde reste tranquillou dans cette clairière et on remet les esgourdes en route dans une heure. »
Mollows rabat son casque lourd sur les yeux et commence à ronfler. Océane, énervée par le retournement de situation, s’approche de Comtesse : « Il se croit où, le tueur de gamin ? Au Koweit ou en Irak ? Allez, viens, on rentre. Il retrouvera le chemin tout seul, le bidasse » Une rafale l’interrompt ; un régime de bananes explose au dessus de sa tête et lui tombe dessus en petits morceaux « Dis, Miss Lipstick, C’est pas paske que j’ai le casque en lunettes de que je ne t’entends pas. Le prochain qui veut les filles de l’air, je lui promets qu’il finira comme le régime de bananes. Zwik, directos dans la famille des Emmental. Allez, dodo tout le monde » Comtesse semble sous le charme « Il est pas mal quand même. Un peu négligé, mais son coté force brute et naturelle me plait beaucoup… » « Mais, tu es mariée, tu ne peux pas faire ça à Tess » « Oh Tess, depuis qu’il a sa gourdasse aux petits seins de Direct 8, moi, je ne compte plus. Alors, quitte à mourir, autant prendre du plaisir avant » Elle se lève, se dirige vers le militaire assoupi et s’allonge le long du corps musclé de Mollows. Sans rien dire, elle lui prend la main et s’endort doucement au coté du nouveau chef de bande.
De leur coté, Nonoz et LL sont bien trop occupés pour avoir l’idée de s’enfuir. Quand Nonoz a demandé à LL pourquoi il traînait sa mallette partout, y compris dans la jungle, le lyonnais lui a répondu que c’était parce qu’il avait son ordinateur portable dedans et qu’il y avait des données confidentielles des clients de la CEGID que son patron ne lui pardonnerait pas d’avoir perdues. Le Géo Trouvetou de l’équipe a eu alors une idée géniale : adapter la batterie de l’ordinateur portable au téléphone pour pouvoir joindre l’extérieur. Les voilà donc en train de bidouiller le téléphone portable, grand ouvert sur une feuille de bananier devant eux, pour tenter dans un premier temps de le réparer après son voyage contre le mur de la prison lors de l’épisode Carew. Nonoz donne les ordres à Lucky Luke qui va chercher une brindille d’herbes, une branche de palmiers, une noix de coco, tout ce que lui demande le bricoleur. Nonoz semble satisfait du résultat. Il tente alors une connexion. Rien ne se passe, l’excitation retombe. Il réfléchit quelques instants « Chef, je ne pars pas, je monte juste sur le bunker pour voir si ça capte mieux » et le voilà qui escalade le bunker et tend les bras vers le ciel. Toujours rien. « Zut, où est ce que j’ai fait une erreur ? Ou alors j’ai mal évalué le vent qu’il y avait et la zone de captage du vent n’est pas assez grande. LL, ramène toi là et viens courir autour de moi pour faire du vent. Et agite les bras, ça fera un bon courant d’air. » Et voilà comment LL se retrouve à courir sur le toit d’un bunker, gesticulant les bras dans tous les sens, au milieu de la jungle pendant que Nonoz tend les bras au ciel, que Océane boude au pied d’un bananier, les cheveux crépis de jus de banane brûlée et que Mollows et Comtesse sont en train de faire la sieste…

Enfin, sieste est un mot bien conventionnel pour désigner ce qu’il se passe au pied du bunker. Des esprits cyniques (et de droite) diraient que l’on assiste à un rapprochement stratégique de la charmante dame en vue d’un maroquin de ministre. D’autres, plus fleur bleue, romantique ou de bonté d’âme (et donc de gauche) préfèrent y voir le début d’une histoire d’Amour. Toujours est il que la main de Mollows a pénétré la combinaison comme le militaire pénétrait jadis les villes rebelles : tout en discrétion mais avec efficacité. La place centrale est tombée et il ne reste plus qu’une petite zone de résistance en dentelle avant d’atteindre le centre du pouvoir, dissimulé derrière un buisson dense. Quant à la main de Comty, elle a atteint la vigie sans trop de soucis et elle tente d’y monter le long. La surveillance est toujours efficace, mais à force de passer à l’attaque, elle ne devrait pas tenir bien longtemps et alors c’est tout le quartier général qui tombera…

Soudain, un « youpi » sonore retentit du haut du bunker. « Ca marche, j’ai un signal. Ouiiiii. Je suis un génie. Ah, merde, Lucky, tu peux taper ton code PIN » « 6969, tu sais bien, je l’ai déjà donné l’autre fois » « Oh putain, je suis trop bon. Regarde Lucky –Vous avez reçu 42 appels pendant votre absence – Oh putain, j’ai jamais été aussi heureux de voir un message comme ça. Non, Lucky, continue à courir, il faut pas s’arrêter sinon il va s’éteindre. » « Attends, je supporte l’OL, mais j’ai pas le droit à leur dope moi, j’en peux plus de courir » « Allez, LL, laisse moi juste le temps de composer le 116 »

Dans la salle de contrôle, Major décroche son téléphone « Service de secours, bonjour » … « Oui, Monsieur, sans problème, Monsieur » … « Votre localisation s’il vous plait ? » … « Parlez moins vite, Monsieur, ne vous affolez pas »…« Donc si j’ai bien compris, vous êtes sur une île perdue au milieu de la forêt de Vincennes, sur le toit d’un bunker pleins d’armes en train de faire du vent avec vos bras, aux mains de dangereux psychopathes. » … « Comment ça, j’ai pas tout compris. Ecoutez, Monsieur, je vais vous passer le central de St Anne, ils sauront mieux vous comprendre. Ne quittez pas.». Il raccroche son téléphone orange ancien modèle et éclate de rire « Ce Nonoz, c’est un bon choix. Ingénieux le petit… Mais pas autant que moi. Ah, ah, ah, je me douterais bien qu’il y aurait un petit malin pour se connecter avec un téléphone… Ah, ah, ah »
Il est soudain attiré par un son provenant de l’écran de contrôle du drone de la plage : un sonore « BER-TIM » fait trembler les hauts parleurs. Nono, la hache à la main, le sourire du travail accompli regarde l’arbre tomber. Tous les autres regardent dans la direction de la forêt la trace laissée par l’équipe de cueillettes et son traceur de route officiel. Même Major se surprend à regarder sur la caméra de la piscine si Bertin est toujours en train de creuser des sillons dans son beau gazon pour y mettre les graines de Forrest. Il ne voit donc pas le clou du spectacle : l’arbre s’abat doucement sur la plage, passant à quelques centimètres de Gébé qui n’a rien entendu et essaie de comprendre pour DNCG vient de dire « Milou ». « Milou » qui sera le dernier mot de notre ami girondin. Et personne ne pourra plus expliquer le jeu de mot à Gébé car l’arbre vient de frapper la tête de DNCG, et malgré la rudesse de celle-ci, le bordelais s’affale de tout son long, le crâne grand ouvert. Electron se précipite « Ne bougez pas, on a peut être une chance de le sauver. Gaston, va… » « Ta gueule Electron, tu sais très bien que c’est trop tard. Il est mort en homme heureux, le bonheur de celui qui vient de faire son jeu de mot. Et toi, Nono, t’aurais pas pu avertir ? » « Ben, j’ai crié comme ils font dans CkyLu KeLu »
Major jubile « Grandiose. Merci mes amis de ce spectacle. » Il appuie sur un bouton « Zozo, Bouh, vous avancez pour la piscine ?[.....] Démerdez vous, ce soir… En attendant, allez annoncer aux zigs qu’ils n’ont plus Baaah et DNCG pour les divertir. Et que ça saute ». Il se recule sur son fauteuil, les bras dans le cou, l’air heureux et satisfait. D’une petite pichenette du pied, il ouvre son tiroir, appuie sur un bouton. Un robot sort un verre de vin et annonce de sa voix sensuelle « Mouton Rothschild 1945 »
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MessagePosté le: 17 Oct 2006 15:41    Sujet du message: Répondre en citant

EPISODE 8 (1/2)

Les Islanders se séparaient, les groupes se divisaient et devenaient donc moins faciles à espionner. Ça ne faisait pas plaisir au Major. Zozo était en route vers la piscine, au volant d’une Shawn S10 de 1985, avec trois alligators à l’arrière. Les bêtes étaient agitées et Zozo n’etait pas au top de sa forme.
Bouh, lui, se tenait debout derrière Major.
- Bouh, Les drones sur la France, on peut les ramener par ici ?
- Euh, il y a Stade Français - Biarritz et Lyon – Saint Etienne..
- Bon vu que les votes sont clos, bosse un peu dans la base.
- Mais je vais faire planter le site ?
- C’est le but.
- Va chercher les modos. Je veux montrer que la division du groupe ne sert a rien. Je veux récupérer ma piscine. Leur foutre la trouille à tous. J’aime pas la rigolade et la tournure que prend les évènements.


Major pivota vers les écrans en caressant un chat angora. Tous les grands méchants de cinéma le faisaient et il était bien plus barge qu’eux. Donc le chat s’imposait.
Bouh s’élança dans une course folle. Ça urgeait. Son allure rappelait Diablo des X-men, il descendait un escalier en courant sur les murs, y prenait appui lors d’un virage afin de ne pas perdre du temps, faisait des bonds de plusieurs mètres quand un obstacle se présentait à lui. Enfin il arrivait.
- Le site a planté, Bouh, déclara Coincoin.
- Lis ce que j’ai foutu dans la gueule de Gajapitre, lança Baygon avec un sourire niais.
- Major a besoin de vous sur le terrain. Pas de discussions possibles, les cons sur l’île se dispersent et deviennent ingérables.
Coincoin et Baygonsec se levèrent et suivirent Bouh. Ils ressemblaient à Douglas Clump et Monsieur Schlubb, de Sin City, derrière leur boss Roark.
Major ne se retourna pas quand le trio arriva, il lança juste un « Salon » et alla vers celui ci.
- Patins, dit Major. Le parquet vient d’être ciré par la bonne. Bon quoi de neuf sur le site ?
- Et bien je t’ai compilé le résumé journalier fait par un nioubie et WE est toujours une grosse merde
- Ok, bon, je ne vous ai pas fait venir ici pour me causer de tel ou tel geek traînant sur le site. Vous voyez la piscine là, il y a 6 islanders qui y sont, d’autres, sur la plage, font un radeau, deux complotent et enfin l’armurerie a été dénichée. Les morts successives ne semblent pas les émouvoir. Alors on va me foutre un bon petit coup de pression. Coincoin et Baygon, c’est du ponctuel votre action. Pas d’excitation mal venue.
- Clair comme François,
répondit le sosie de Donald Duck.
- Bon, alors on va pouvoir causer. Zozo s’occupe de la Piscine. Il m’en faut sur la plage. Leur radeau prend forme et ça me déplait fortement. Ce barjot d’Electron en est à vouloir ouvrir le bide de DNCG pour faire de ses intestins des cordages. Y a que le groupe d’Océane, Comtesse et Mollows qui ne me fait pas peur, ils vont s’entretuez. Bouh, va foutre une trouille bleue à Moon et Fenec.

Major se leva, se dirigea vers le bar. Prit une caisse de rhum et retourna à ses écrans.


Pippo était ébahie. Une piscine paradisiaque sur cette île c’était inimaginable, au moins autant qu’une victoire de l’Inter Milan en Série A. Se croyant seule un instant, Pippo ôta sa combinaison et plongea toute nue dans la piscine. Bertin, Maxime, Forrest et Fredevils restèrent bouche bée. Maie, elle était jalouse de la naïade. La longue chevelure de Pippo s’étiolait sur le bord de l’eau telle les tentacules des anémones de mer.
Forrest commença à se déssaper également, mais Maxime lui fit comprendre qu’une telle œuvre de fraîcheur ne devait pas être souillé par un gros balourd picard.
- Quand je disais qu’elle faisait rien qu’à m’allumer, soupira Fred. Et après c’est nous les dégueulasses. Connerie de féminisme endoctrinée par Christine Angot et ses consœurs. L’Homme n’est plus qu’un reproducteur, on va tous crever façon mante religieuse. On est toujours les responsables des malheurs du monde ; La femme c’est la joie et la princess’attitude. Mais on se plante tous !!! Les femmes dirigent notre monde personnel. On ne peut rien y faire. Pippo en est un exemple flagrant. Se baigner nue nous empêche de continuer notre mission. Elle même décidée par Océane et Comtesse si ma mémoire ne me fait pas défaut. TOUTES DES SALOPES !!!

Fredevils retourna dans le tunnel, celui là même par lequel ils étaient arrivés, seule l’obscurité pouvait lui permettre d’enlever cette image pornographique de son esprit.. Son cœur battait la chamade, ça se chamboulait dans sa tête et dans son corps. Il n’avait plus ressenti ça depuis Jocelyne, la boulangère de la rue Salengro de Lille. Ses grosses miches, du 95 C, il en était sûr, il en avait déjà vu en tapant « grosses poitrines » sur google. Mais il n’avait jamais vu de fille entièrement nue et non pixelisée par son écran.
- Pippo sors de là, on a des fruits à prendre, implora maie.
- En même temps, là y a un joli abricot blagua Maxime en donnant du coude a Bertin. T’as pigé, hein ? l’abricot… Oh, bon ben je vais rejoindre notre puceau.
- Putain je vais me la faire, je vais me la faire…
tempêta Forrest. Le bras de Bertin lui barra le passage, Forrest s’éloigna pour remettre son pantalon.
Pippo eut un sursaut, Maie venait de la sortir de son rêve.
- Et mais vous êtes des sales voyeurs !!! :x
- Rhabille toi vite Pippo, j’entends une voiture.
- Vous êtes des mateurs !!! je vais le dire à Sista !!! purée, vous êtes vraiment…..

Le 4X4 de Zozo venait d’arriver.
- Salut, lança ce dernier. C’est privé ici.
Zozo descendit du véhicule, se dirigea vers les alligators.
- Z’êtes encore là ? je lâche trois bestioles, si je ne vous ai pas fait réagir, elles le feront. Vous devez être au courant aussi qu’on vous voit et donc il est de mon devoir de vous dire que Mollows a des armes, plein.
Zozo mit en marche le système d’alarme puis revint aux sauriens.
- Ah et j’oubliais, Baaah, Kamba et Dncg sont morts. L’accident bête pour ce dernier d’ailleurs. Kamba lui c’est un petit plaisir qui a eu raison de lui, enfin surtout l’ours qui l’a surpris. Bouh s’est chargé de son frère. La nature humaine est étonnante.
Les alligators venaient d’être lâchés, Zozo démarra et s’enfonça dans la jungle.
Les Islanders reculèrent tous sauf Bertin.
- Putain mais viens !!!!
- Non, on a dit qu’il fallait ramener de la bouffe, je vais ramener un de ses trois là.
- C’est pas un jeu !
- On peut en prendre deux si Forrest m’aide.


Les alligators se dirigeaient vers Bertin. Trois grosses machines de guerres lancées à grande vitesse.
Tout le monde fuit sauf Forrest et Bertin. Ce dernier empêchant le premier de détaller. Les sauriens avançaient très vite, Bertin partit à gauche, Forrest à droite. Le sympathique homme chauve au cou de taureau, poursuivi par deux animaux se sentait bien incapable de capturer ses bestioles, il les avait sous estimées. Forrest, lui galérait plus, son pantalon n’était pas bien mis, il n’avait pas eu le temps de le remettre correctement, deux contre trois, c’était complètement injouable. Forrest se retourna pour voir que Bertin avait réussi à échapper aux alligators. Il avait dû faire un sacré bond pour choper cette prise, le temps n’était pas un souci pour Bertin, suffisait de pas chuter.
Forrest perdit l’équilibre, satanée Pippo, sans son petit bain, son pantalon ne l’aurait pas fait chuter. Forrest continuait d’avancer en rampant. L’alligator lui attrapa la jambe et commença à le traîner. Il tentait vainement de s’accrocher à quelque chose. Dans un râle de douleur, il hurla le nom de Bertin. Ce dernier ne pouvait rien faire. Il était au dessus du tunnel, s’échapper ou aider ? Il se savait cinglé mais sa vie avait plus d’importance que celle d’un type ressemblant à Jean Pierre Castaldi en manque de vin. L’alligator emmena Forrest dans la piscine, un deuxième saurien les rejoint et attrapa le malheureux islander au torse. La clarté de la piscine n’était plus. Deux masses sombres baignaient désormais dans un bain de sang. Bertin s’élança dans le tunnel. Il fallait regagner l’entrée, soit en la débloquant, soit en trouvant un autre passage.
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MessagePosté le: 17 Oct 2006 15:43    Sujet du message: Répondre en citant

EPISODE 8 (2/2)

Major avait moyennement aimé de voir sa piscine souillée, mais en même temps, fallait bien un signe fort. La mort de Forrest n’était pas prévue mais ce petit jeu l’agaçait :
« Va falloir changer l’eau , pensa-t-il.
Il zappa assez vite sur le groupe de Comtesse, Tout ce petit monde avait repris la route apparemment. Océane traînait un peu les pieds, elle essayait de convaincre Lucky Luke de mettre un coup de mallette sur la nuque de Mollows, mais il refusait catégoriquement :
- « Il faut toujours suivre l’adage de Jean de la Fontaine « la raison du plus fort est toujours la meilleure », et vu que Jean Michel Aulas a tatoué cette phrase et qu’il a toujours raison alors j’y crois moi aussi, na !, répondit-il.
- Toi tu perds rien pour attendre, maugréa Océane, Nonoz, balance la noix de coco avec laquelle tu fais l’otarie, là
- T’es ouf, c’est un super entraînement pour mon jorky de samedi en 8, et hop hop, t’as vu, t’as vu.
- Y a mes esgourdes en mode sonar, les gonz’. Les proprios des flinguos vont peut être vouloir les récupérer, voyez. Alors Shut Up les trouffions.
- Faites comme dit Mollows
, conseilla Comtesse.
- Gna gna gna Milady. On va la boucler notre gueule. Mais juste pour la survie. répondit Océane.

Major connaissait Océane. Il savait qu’une fois sur la plage, elle allait faire tout son possible pour mener la rébellion. Il passa alors sur la plage voir comment se démerdaient les types avec leur radeau.
- « Oh putain, c’est pas possible. Il l’ont fini ses cons. Merde !!! Baygon, Coin, qu’est ce que vous branlez ? Faites cramer ça !!! » hurla Major.
Major mit le son, Une petite querelle entre les islanders, pour savoir qui monterait dessus chercher les secours, débutait.
- « C’est mon idée, c’est moi pour les cordages et les feuilles de palmier pour les voiles. Je dois monter dessus. Lança électron.
- Ah bah ouais, laissons faire le taré au scalpel, et une fois à court de ration, il dégustera son coéquipier. T’es un brai barge, Elec, tu le sais ça !!! Frankenstein de mes couilles ouais !! s’emporta Gaston.
- Tu connais les courants toi, le playboy de Belleville ?Le pourcentage de risques d’une traversée réussie avec un novice à la barre ? C’est pas parce que tu kiffes le Danemark que tu as l’âme d’un viking ! lança CHR$.
- Nan mais soyez cool, les mecs, demanda Nusra.
- Bon, moi je dois y aller, je suis multilingue. et je ferai la conversation pendant la traversée, j’ai plein de sujets de conversation. Déjà cette île, pourquoi nous, je pourrais écrire à mon retour un super livre sur les Robinson Crusoé de l’île du docteur moreau, un bon texte comme j’ai l’habitude d’en faire sur le fil politique par exemple et puis aussi…
- Nan c’est bon Meem, tu peux y aller
dit électron.
- Ouais ouais, tu es à bord meem, bon courage. lancèrent unanimement les autres rescapés.
- Z’êtes de chic types.
- Pas de bleme-pro, zincou. Tu causes comme un roi du me-sla. Give me five, guy. “malade grand corps, c’est une tainpu de serloo a tes téco. Tu les kill tous mec.
- Euh c’est gentil ça, enfin je crois.
- Tu es notre Antoine, tu vis d’amour et d’eau fraîche.
- Et qui m’accompagne ?

Les autres se regardèrent, l’envie de quitter l’île ne se lisait plus sur leur visage.
- Ooh, tu es assez grand pour y aller tout seul, lança Gaston.
- Ah non !!! pesta Meem.
- ah, un cri dans la foret, ça doit être les autres, je vais a leur rescousse, dit électron en reculant.
- J’ai le mal de mer moi, La mer c’est beau quand on la regarde de loin. dit Nusra à son tour.
- Bon, Chr ou Nono, allez quoi.
- Nono,
répondit Chr$.
- Hein, mais t’es glé cin oit !!! la lere-ga là, c’est le deau-ra de la duse-mé, les guys. J’veux pas ver-cre sur ce fiot-ra. oim.
- Chouette, il est d’accord. Allez bon vent »
. répondit CHR$ en menaçant Nono avec sa hache.
Elec rompit les amarres, le radeau prit rapidement un courant marin et s’éloigna du bord.
- Je vais tous vous ter-bu !!!!! hurla Nono, bande de tar-ba !!! j’enculerai votre pute de mère, puis votre grand mère. Je déterrerai votre arrière grand mère et je la baiserai aussi !!!!
- Allons Nono, sois heureux de vivre !!
- Tu me se-cau durant le jet-tra, tu ferra-bou les silures par le ionf.

Meem se recroquevilla dans un coin du radeau.

Un canot pneumatique arriva à une vitesse de plus de 10 nœuds. C’était un vrai zodiac de compèt. Il passa près du radeau, le sillage fit tanguer meem et Nono, une bouteille s’éleva dans le ciel, un rayon du soleil traversa le verre, un éclat de lumière éblouit les deux navigateurs. La bouteille s’écrasa sur le radeau, un liquide pestilentiel s’en échappa,
- on dirait le cocktail de Karim ! hurla Nono.
le soleil se refléta sur les bouts de verres, des flammes surgirent rapidement. Le radeau brûla ainsi que ses occupants. Le radeau se transformait en vieille Fiat Uno de la Courneuve lors des émeutes de Novembre 2005. Les flammes dansaient sur les rondins. Meem et Nono n’eurent pas le temps de plonger. Pétrifiés par la peur, ils s’embrasèrent.

Sur la plage, c’était l’effroi.
- Putain mais combien ils sont ? c’était aucun des trois admins, là ? Ils ont des hommes de mains aussi ? s’étonna Gaston.
- Ouais c’est pas cool, dit Nusra.
- Des enculés de Van Bommel sûrement.
- Pas très solide ce radeau. N’empêche que les intestins tiennent toujours. Et ça j’en suis fier


Sur le zodiac, CoinCoin et Baygon se congratulaient :
- C’est aussi joli que la fête des lumières. dit Baygon.
- C’est bien comme taf quand même. On a fait cramer Nono et Meem.
- Il va être content le major, on devait juste détruire le bateau et on en bute deux. Comment je vais me la peter sur le chat moi.
- Nan, pas d’effusion de joie.
- Oooh
- Allons chercher Bouh.



Moon et Fenec discutaient de leur départ du groupe. :
- Ils me faisaient chier. Si on peut plus violer sur un ïle maintenant où va-t-on ? DANS TON CUL ahahahahha !!! je t’ai eu Fenec AHAHAHAHAH !!!
- T’es vraiment le plus con d’entre nous.. ça veut rien dire ta phrase.
- Ouais mais moi j’ai mes deux bras. Aahahahahaha. Pas de bras, pas de chocolat !!!!
- Mais ta gueule !!!
- T’aime pas l’humour wallon toi hein. T’aime pas Poelvoorde ? Putain, c’est le roi !!!
- Et notre duo là ?
- Hein ? oh chais pas. On verra ça demain.
- Quoi ?
- Ben là on va faire la fête non ? j’ai topé une bouteille dans le bunker. De la bonne vinasse. Et après si tu es sage, je te la foutrai dans le cul ahahahahah.
- Me demande si j’ai bien réagi en te suivant.
- Ben ouais on con !!!attends attends qui j’imite là ?
- « hum tu es jolie, ton bras en moins fait ressortir le bleu de tes yeux et j’aimerai te dire que je suis fou d’amour pour toi
- putain je pige rien là… à quoi tu joues ?
- Putain mais c’est Gaston !!! roooh et là ?[/i] Moon se tint debout, cache un bras sous sa combinaison, Bonjour, je peux pas vous serrer la pince, un taré me l’a coupée,
- Super drôle ça.
- AHAHAHAHAHAHAH Et là ? mmmmmmmmmmhhhhh alors ?
- Tu viens de chier !!
- Ouais alors qui c’était ? ah ah ah tu sèches !!! c’était le triso !!! Baaah AHAHAHAHAHAH.
- Mon frère n’était pas triso.

Les deux exclus volontaires se retournèrent. Bouh se tenait là, à 1 m des deux, en plein milieu, batte à la main. D’un violent revers, il asséna un coup sur le torse de Fenec puis sur le retour, à la manière d’un nun-cha-ku cogna Moon au même niveau. Ce dernier s’affala, le souffle coupé.
- Tu redis que mon frère était triso et tu es la prochaine victime. Mais pour l’heure c’est l’autre.
Le zodiac des modos arriva au lieu désiré, Bouh leva sa batte, sa main gauche tenait Fenec par la longue et sale chevelure.
- Pile à l’heure. C’était quoi l’explosion là ?
- On a fait péter le radeau avec Meem et Nono dessus, ils ont brûlé comme des pizzas.
- Quoi ? mais vous deviez tuer personne !!!
- Ils étaient sur le radeau.
- Putain, vous règlerez ça avec le major. Je sais déjà que Forrest s’est fait bouffer par les alligators. Là on doit buter Fenec. Mais Nono ne devait pas mourir maintenant !!! Seuls Meem et celui que je traîne qui étaient élus. Vous êtes quoi comme sorte de modo !!!
- Pas notre faute.
- Rentrons.


Contrairement aux craintes de Bouh, Major était plutôt heureux. Il comprenait rien à ce que disait Nono et Meem ne pourrirait plus son forum. Il accueillit tout le monde dans son salon.
- Je ne pensais pas le dire. Mais là, chapeau les garçons. Zozo, les alligators ont salopé la piscine. J’espère que tu as le moyen de les récupérer pour qu’on la nettoie et que j’en profite un peu. Je vais m’occuper personnellement de Fenec. J’ai ma petite idée.
- Et nous ?
demanda Coincoin.
- Vous ? ben, vous retourner taffer. Si j’ai re-besoin de vous. Je vous recontacte.
Major traîna Fenec derrière lui, laissant Bouh et les autres festoyer. Major savait être bon quand ses ouailles faisaient du bon boulot. Et là, des mets succulents ornaient la table. Des vins de qualité non négligeable se versaient joyeusement dans leurs verres en cristal. Major, lui se dirigea vers la pièce insonorisée. Des restes de Nutella rappelaient la torture fraternelle.
- Debout Fenec.
Un jet d’eau froide, le glaça le visage. Une claque qui réveillerait un mort.
- Debout j’ai dit.
- Ouaaah… uh uh uh… Major ? que fais je là ?
- Mourir.
- J’ai plus qu’un bras j’ai assez souffert non, je t’en supplie….
- Hopopop. Tu connais reservoir Dogs ?
- Euh oui…
sanglota Fenec
- Bien… la scène de michael Madsen tu t’en rappelles ?et bien on va jouer. Je passe un morceau de musique. Tu devines, je coupe un des liens. Tu es suffisamment anarché pour t’en réchapper. Il y a eu tant de morts aujourd’hui. Forrest mis en pièces par des alligators. Meem et Nono flambés. Enfin….
- Et si j’échoue ?

Major sorti un rasoir de barbier de sa poche, approcha la lame du visage de Fenec.
- Une entaille. Are you ready ?
Major savait ce qu’écoutais Fenec. Quoi de plus jouissif de lui montrer du « populaire ». une virée sur le radioblog de bomba. Et un nombre incalculable de perles des années 80 lui avaient donné l’idée machiavélique. Jouer avec les nerfs, tester les individus, il adorait. Bouh ne faisait pas dans la dentelle, Zozo se servait de sa ménagerie. Dans les deux cas c’était rapide. Trop sûrement. Les premières notes résonnèrent dans la pièce….
« Entre nous,
C'est l'histoire
Qui commence au hasard
De nos yeux qui se cherchent
Entre nous »
Fenec écarquilla les yeux. Bordel, c’était pas de la musique. C’était un massacre. Lui, habitué à Slasher et Alice Cooper, jamais il allait s’en sortir. De l’espoir ? l’homme qui se tenait devant lui n’était pas humain. Un sourire carnassier se forma sur le visage du Major. Il improvisa une petite danse, tournoya sur lui même et lacéra le bras gauche de Fenec. Ce dernier ne cria pas, il pleurait. Major enchaîna les morceaux, de Desireless aux Forbans, en passant par Gregory Lemarchal et Wazoo. Fenec ne trouvait rien mais ne criait toujours pas malgré le sang qui s’écoulait des dix plaies.
« Et moi, pendant ce temps, je tournais la manivelle… pensa Fenec… Mourir en entendant cette ritournelle entêtante.
Major enchaîna, il était non pas possédé comme Bouh pouvait l’être. Il était diaboliquement concentré. Il dansait totalement à contre temps des musiques qui passaient. Le boléro de Ravel ; les coups était calculé suivant le rythme. Il était dingue. Cette musique lui avait donné l’envie de buter les publicitaires responsables de ce matraquage. Il le fit d’ailleurs. La pub rend fou ou lucide. On ne le sait pas encore pour le Major.
Il passa la vitesse supérieure en passant des morceaux dance des années 90. Quelques coups encore, « no Limits » de 2 Unlimited eut raison de Fenec. Qui vomit du sang sur les chaussures en daim de son bourreau. avant de rendre l’âme.
- Merde… mes pompes. »
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MessagePosté le: 25 Oct 2006 0:06    Sujet du message: Répondre en citant

Episode 9 (1/3)

Les islanders continuaient de regarder le radeau, leur seule chance de survie, se consumer telle une bagnole de lib, électron proposa d'en refaire un mais pour cela, il faut buter quelqu'un pour reprendre des intestins ce qui rebutait nusra :
"Alors, s'il faut s'entretuer pour s'en sortir, moi, je dis non.
_ Non mais tu crois vraiment qu'on s'y intéresse, à ton avis ? Dans 85% des cas, on n'en a rien à carrer et les faits montrent que tu ne vois juste que dans 7% seulement, alors tu fermes ta gueule et tu retournes expliquer ta vision de la vie à ton ami l'écureuil, là-bas.
_ Ah, mais les animaux, ils sont en symbiose avec mon être."
Alors que le beatnik s'en alla vers la forêt, électron tapa le dos de CHR$ avec son coude : "dis, tant qu'il ne nous voit pas et que tu as la hache, tu ne veux pas récupérer ses intestins ?"
Gaston ne participait à cette discussion, il se sentait mal à l'aise vis-à-vis de ses compagnons d'infortune depuis qu'il avait rencontré les modos en aparté. Il l'avait bien vu, après qu'ils avaient cramé le radeau, accoster au loin et avait profité de l'agitation pour tenter sa chance auprès d'eux. Chaque instant de cette rencontre, il se le repassait dans sa tête, pour bien s'assurer de ce qu'il avait vécu. Au commencement, les deux modos s'engueulaient :
"Putain, mais tu es vraiment un blaireau, toi ! Je t'avais dit de prendre la carte !
_ Mais je suis sûr que je l'avais prise.
_ Et tu veux me faire croire que Ndan te l'a bouffée, peut-être ?
_ Très drôle. Va plutôt appeler Bouh pour qu'il nous rejoigne, avec notre balise Argos, il va nous retrouver sans problème.
_ J'y vais, ducon."
Baygon s'éloignait ainsi du zodiac et de son palmipède d'équipier, gaston attendait qu'il soit suffisamment loin pour tenter une approche.
"Pssst, vous allez faire quoi, là ?
_ Hé, de quel droit tu me parles, toi ?!
_ Attends, ça va, je suis gaston, pas le premier nioub venu, alors tu peux me filer quelques tuyaux, non ?
_ Et moi, ça me rapporte quoi ? Tu ne veux pas que je t'aide gratuitement, quand même ?
_ Euh ... je te donne les coordonnées d'une bonne copine à moi, vers Lyon, ça roule ?
_ Bof, comme si je n'avais que ça à foutre. Non, tu n'as pas plutôt un truc plus intéressant à me proposer ?
_ Genre de l'argent ? (les yeux de baygon s'embrasèrent) Mais je n'en ai pas sur moi ... quoique je peux te donner mon numéro de compte, mais tu ne me prélèves pas tout, quand même !
_ Ça dépend, tu veux crever ou tu veux devenir modo ? Dans un cas, le Major (qui a déjà toutes tes coordonnées) te prend tout, dans l'autre, je peux siphonner un peu.
_ Bon, d'accord."
Gaston céda ainsi et se ruina dans le fol espoir d'un retour empli de gratitude de la part de celui duquel il attendrait rien en d'autres circonstances. Baygon avait bien pris note et repartit en chérissant du regard son papier, il ne put s'empêcher de toutefois lancer une perfidie :
"ah, au fait, Jon-Dahl Tommasson s'est inscrit sur les KdF et avec avenida, ils s'éclatent comme des petits fous sur le forum scandinavie, dit-il en ricanant.
_ Ça, je le règlerai en temps voulu. Tu comptes m'aider comment ?
_ Ben, là, je peux te dire que moon a vu toute la scène, il est là, derrière le buisson. Je ne vois pas ce que je peux faire de plus pour toi, désolé."
Gaston se retourna aussitôt et vit effectivement une forme se mouvoir. Il se hâta alors de rentrer sur la plage pour que l'immonde belge ne vienne pas tout raconter. Il en était encore à se remémorer ceci quand gébé le tira de ses réflexions.
"Dites donc, jeunes gens, j'ai trouvé des choses très intéressantes, dans la prison."
Gébé ! Je l'avais complètement oublié, dans tout ça ! Ce furent les pensées de chaque autre survivant de la plage à cet instant précis.
"Regardez ce qu'il y avait dans la caisse, j'ai tout étalé sur la table : une couverture, une lampe à pétrole et un débouche-évier.
_ Et le verre d'eau, là-bas ? s'enquit gaston.
_ Non, ça, c'est moi qui l'ai pris dans l'armoire, pour nettoyer mon dentier.
_ C'est parfait, avec la couverture, on peut faire une montgolfière, on l'alimente avec la lampe à pétrole et avec les planches qui restent, on peut faire une nacelle. Tout ce qu'il me faut, ce sont des boyaux.
_ Excellent, le taré, je bute qui, alors ? Allez, n'ayez pas peur, proposez, mais personne n'osait répondre à CHR$ qui faisait tourner la hache comme une majorette un bâton.
_ Oh non, moi, tous ces morts, je commence à en avoir assez. Il faudrait peut-être à voir que l'amour, ça peut soulever des montagnes, donc écarter des mers aussi.
_ Moi, je préfère attendre le retour des autres avant de tenter une sortie, je suis sûr que les demoiselles auront trouvé une solution.
_ Moi, mes intestins sont trop usés pour en faire quoi que ce soit, les minots.
_ Moi, je le seul à savoir construire et faire fonctionner une montgolfière.
_ Et moi, j'ai la hache, je ne vais pas me buter. Alors, on fait comment ? C'est moi le maillon fort, je choisis ?
_ Hey, les gonzesses, vous feriez mieux de regarder vos fesses, elles vont prendre cher, mwahaha !"
Moon venait de faire une nouvelle apparition et celle-ci était fracassante.
"J'ai bien vu qu'il y en a un ici qui a magouillé pour nous la mettre profond jusqu'à ce que ça ressorte par la bouche. C'est con, quand même, je vais à l'autre bout de monde et ça se passe comme à Charleroi.
_ Hein ? Un traître ? Où ça ? Lequel ? Qui est le Diarra, ici ? C'est qui, le Essien ? CHR$ remuait frénétiquement la tête, cherchant du regard celui qui voulait s'en sortir seul.
_ Ah, ben si tu veux que je te le dise, il va falloir me faire un bisou, ma mijaurée. Je ne vais pas te livrer tout de suite la solution, j'ai envie de tirer, moi, et faute de grive, j'me ferais bien un phoque !
_ Moi, je vous dis, si ça se trouve, c'est le Major qui l'envoie pour qu'on s'engueule. Gaston savait que la meilleure défense, c'était l'attaque et qu'il valait mieux qu'un autre que lui se trouve sur le grill.
_ Non, mais attendez, si on commence à se traiter de suppôt du Major, on va finir par s'étriper comme des cons alors qu'on pourrait passer de bons moments ensemble.
_ Contre le Major, je peux aussi faire un lance-roquettes avec le débouche-évier, et si ça ne marche pas, on essaiera encore.
_ Mais qui est ce Major dont vous parlez tous ? Et vous savez ce que fout mon petit-fils ? Il devait passer me voir."
CHR$ inspira, souffla violemment et choisit de durcir le ton contre moon :
"bon, le Deflandre, tu arrêtes de faire ton rigolo et tu me dis tout de suite ce que tu sais.
_ Ce que je sais, c'est que c'est pas des carabistouilles, ce que je vais dire mais d'abord, je veux que ...
_ Tu réponds ou j'ai une syntax error qui monte !
_ Ho, tu veux te la jouer Sam Suffy mais t'es le plus malin, hein ! Avec un cerveau en état de marche, tu l'aurais trouvé depuis longtemps, gros con !"
Là, ce fut une erreur : ne jamais parler avec haine à quelqu'un avec hache. CHR$ lui fracassa violemment le crâne avec l'objet contendant, à la surprise de tous, de la cervelle en jaillissait. Il insista en cognant encore vigoureusement le belge jusqu'à en faire gicler les yeux des orbites et faire tomber son pif. Puis, il entreprit de le découper en rondelles comme une vulgaire rosette mais il fut arrêté après la tête par électron qui ne voulait pas que les boyaux fussent endommagés.
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/fais une faucille et un marteau avec mes mains et chante :
Allez ! Derrière les Serbes ! L'idée qu'a Moïse va prédire les vrais gauches et ma chaise m'a dit :
"Des glaces ! Ah, mon saké ! Islam, ail à cheesecake, les boulettes, c'est gras mais ça n'est pas l'dernier !"
Ce soir, sardines ! J'ai soif ! Ah, j'aime ça, l'or noyé ! Kouchner, alors, a mélangé Pasqua !
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MessagePosté le: 25 Oct 2006 0:08    Sujet du message: Répondre en citant

Episode 9 (2/3)

Bertin venait de rejoindre les autres dans la grotte, il pria maxime de venir s'entretenir avec lui car, disait-il, "la survie, c'est pas une affaire de gonzesse". Dans la piscine, le corps de Forrest continuait de servir de gueuleton à deux crocodiles, le troisième regardait attentivement la grotte et semblait se lécher les babines.
"Bon, comptez pas sur moi pour dégommer un des ces bestiaux, ils sont plus mastocs que je pensais, mais on a une chance de s'en tirer.
_ Dis donc, le butor, je te rappelle que l'autre bout du tunnel est bouché, alors on ne risque pas de partir dans l'autre sens. Si on veut se sauver, il faut chasser les sacs à main sur pattes.
_ Merci, popol, j'étais au courant. Mais quand j'étais perché (je savais que la pratique assidue du chat-bite me serait utile un jour), j'ai vu qu'en fait, il y a une prairie qui était un trompe-l'oeil et qu'en fait, c'est un gros drap qui dissimule une grosse bâtisse et une large porte pour y entrer. Et j'ai mieux, quand je regardais, la porte était ouverte, alors il suffit de se débarrasser de dernier croco et c'est bon.
_ Et on fait comment ? On l'invite à partager son repas à la bonne franquette avec les deux autres ?
_ Non, je pensais juste que tu pouvais avoir une idée.
_ Ben, à part demander aux autres s'ils ont une idée, non, je ne vois pas. Chez moi, les jardins sont mieux entretenus, on ne trouve pas ce genre de bêtes, donc, là, je ne sais pas. Il faudrait que j'appelle mon jardinier, il a peut-être des produits contre les lézards.
_ Ouais, t'as raison, je vais demander aux autres, toi, tu n'es vraiment qu'un tocard.
_ Non mais dis donc, je te demande de t'arrêter ! Cuistre déplaisant !"
Maïe s'était isolée au fond, elle avait laissé les deux mâles s'expliquer et fred tenter de convaincre pippo que la vie n'est qu'un grand bain et qu'il ne tient qu'à elle de s'y jeter. Soudain, à sa grande stupeur, elle sentait à nouveau une main caresser ses cuisses, et cette fois, c'était sûr, ça ne pouvait être aucun islander, alors de qui pouvait-elle être l'attention ? Elle suivit alors les conseils de sa tatie de Chaillé "ah ça, ma ptite, quand on sait pas c'que c'est, on écrabouille !" Bon, c'était à propos des bestioles dans la maison, mais elle jugeait que le cas pouvait s'appliquer ici et puis, elle n'avait pas vraiment envie de continuer à se laisser tripoter par quelque chose d'inconnu. Alors que la main (car c'en était une, d'évidence) remontait à l'intérieur de sa cuisse, elle envoya un violent coup de coude en arrière suivi d'un bond en avant tout en se pivotant pour mieux se dégager d'une éventuelle riposte. Elle distingua dans l'obscurité un être humain fondre sur elle avant d'être retenu au dernier moment par sa chaîne et pousser ce cri du coeur : "Putain de payday de parisiano-gayprideurs ! Franc-maçon de mes couilles ! Va te suicider avec tes salauds d'agriculteurs alcooliques privilégiés de Chirac, j'vais t'rebrancher les plumes de ton extravaganza que ça va pas traîner ! On peut le faire ! Tous ensemble !" Le tout avec un fort accent suédois et marseillais à la fois.
Si maïe n'avait pas immédiatement cogité, les autres, eux, avaient parfaitement compris leur nouvelle découverte : le Major n'avait pas seulement banni ML, il le retenait carrément sur son île. Maintenant, c'était sûr, il est vraiment barge et s'il peut agir ainsi pendant un an sans problème, c'est qu'ils ne doivent compter que sur eux-mêmes pour se tirer de ce mauvais pas. Bertin prit la parole : "tout ce qui me faut, c'est un moyen de distraire suffisamment l'animal pour qu'on se retrouve derrière ce drap, là-bas. Passer en force, je voudrais bien et je ferais bien, mais je ne peux point." Tandis que maïe récupérait de ses émotions et que Maxime consolait Fred en lui apprenant des chants de boy-scout, Pippo chuchota à l'oreille de Bertin en désignant Fred du doigt. L'homme fort acquiesça de la tête, appela sa petite troupe à se rassembler à l'entrée, tapota la tête de Fred "tu es un bon, tu sais, tu vas tous nous sauver" et avant même que l'autre ne lui demande pourquoi, il prit Fred par le col et le jeta en direction du crocodile qui l'avala en vol, en une bouchée, on vit la silhouette de Fred passer par son oesophage et entrer dans la panse et le caïman laissa son palet profiter du mets délicat qui lui changeait des carcasses de buffles habituelles, tout à son regret de l'avoir englouti en une fois. L'instant fut exploité illico par la petite troupe qui s'engouffra sous le drap et pénétra la pièce dissimulée, hors du regard du prédateur.

"Bouh ! Zozo ! Ici, tout de suite !" Ce cri, on commence à s'y habituer, était celui d'un Major fâché. En l'occurrence, il avait de quoi, ce n'est pas pour jeter de l'huile sur le feu, mais bon ...
"Lequel s'est occupé des connards de la piscine ?
_ C'est zozo, chef !
_ Balance !
_ Ecoute, zozo, tu vois le panneau de là-bas, tu sais ce qu'elle veulent dire les lumières ?
_ Oui, c'est ...
_ Ce sont les portes de la maison, chef !
_ Fayot !
_ Et là, tu vois bien qu'il y en a une verte, ça veut dire quoi ?
_ Qu'elle ...
_ Qu'elle ouverte, chef !
_ Putain, mais ta gueule, Bouh !
_ Bon, et c'est laquelle, celle qui est ouverte ?
_ La porte qui donne sur la piscine ! Ha ha, comment j't'ai niqué, j'suis l'premier à répondre, DANS TON CUL, ha ha !
_ Donc, il y a des connards dans ma piscine, et toi, tout ce que tu trouves à faire, c'est d'ouvrir ma porte et de lâcher des crocodiles ?
_ Mais pas du tout ! Je n'ai pas touché à la porte, j'ai fait le grand tour en bagnole !
_ C'est ça, et c'est Bouh qui l'a ouverte pour te faire passer pour un con, peut-être ?
_ Ouais, l'autre, non mais, n'importe quoi !
_ Mais ... mais je n'y ai pas touché, à cette foutue porte !
_ Ecoute, zozo, que tu sois un gros boulet, j'étais au courant, mais là, que tu fasses entrer ces neuneus chez moi, ça ne va plus du tout aller. Ces types, déjà qu'il y ait un futur modo là-dedans, ça me fait gerber, mais qu'ils se trimbalent dans mon salon, ça, c'est un cas pendable.
_ Chef, il serait bon de fermer la porte avant que les crocodiles tentent d'entrer à leur tour.
_ Mais je n'y crois pas, mais quel connard !
_ Merci, Bouh, je fais. Et toi, prends en de la graine, si tu continues à ce rythme, je te switche avec Coincoin ou baygon, qui eux assurent un bon travail.
_ Un bon travail ?! Rien qu'aujourd'hui, N14 en est à sa dix-huitième photo de femme à poil, Grozeille s'est frité avec cinq forumistes différents et le plan parle de raser l'Italie aux bombes à phosphore. Et encore, on a écarté du forum des bien plus pénibles encore !
_ Suffit, zozo ! J'en ai marre de tes conneries ! Si tu continues, ne serait-ce qu'une fois, à saboter tout mon beau cadre de vie, je te dégage de tes responsabilités, quitte à mettre Brouche à ta place !
_ Mais ce n'est pas moi qui ai ouvert la porte !
_ Zozo, ne contredis pas le chef.
_ Merci Bouh. Allez, barrez vous, à bon entendeur !
_ Chef ?
_ Oui, mon petit Bouh, que veux-tu ?
_ On doit buter lesquels de ces pitres, chef ?
_ Ah, je m'en vois tout autant marri que toi, mais, je ne sais pas comment ils ont fait, les deux condamnés ont été butés par les islanders eux-mêmes. CHR$ a transformé la tête de moon en pâté et Fred a fini en amuse-gueule de saurien.
_ Oh non, je voulais tuer, moi !
_ C'est pas grave, on se rattrapera sur les prochains. Et eux, je te promets qu'ils vont douiller, surtout ceux qui crassent mon salon."

Il avait de quoi être fâché, le Major car, tandis qu'ils entendaient et voyaient la porte se fermer, les quatre islanders en question ne se troublèrent pas car le salon du Major est bien plus agréable que la jungle hostile. Certes, les nombreux portraits du Major qui ornaient la pièce rendaient le décor un peu oppressant mais le mini-bar fut immédiatement dévalisé. A Maxime les cocktails raffinés, à Pippo les tablettes de chocolat, à Bertin les canettes de bière et les mini-saucisses et à maïe n'importe quoi, du moment que ça lui fasse oublier tout ça. Bertin s'empara de la télécommande pour profiter de WWE TV et en profita pour retrouver ses bonnes vieilles habitudes, une main sur la zapette, une dans le calbutte, une pour boire et une dernière pour manger. Comme ça fesait deux mains de trop, il utilisait les pieds. Ebranlé par son infériorité évidente face aux caïmans, il se rassurait en gobant au vol les saucisses-cocktails, jusqu'à ce qu'il a eut une idée qui expliquait tout. En fait, il pouvait facilement leur péter la gueule, c'est juste qu'il se le refusait inconsciemment car ils font partie de la même espèce, la preuve étant qu'il avalait les petites saucisses comme le dernier crocodile avait bouffé Fredevils. Maxime examinait la bibliothèque et feuilleta quelques reliures rares, maïe titubait avant de s'affaler sur un fauteuil, au bord du coma éthylique et pippo courait partout, toute excitée de découvrir l'intérieur de la maison du Maître. Hélas pour elle, en plein inintérêt de la part des autres, même quand elle leur montrait ses plus belles découvertes : "oh, nom d'un Flodor goût paprika, regardez, c'est rigolo, comme FatalObject, ce canard jaune qui remue tout seul !"
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/fais une faucille et un marteau avec mes mains et chante :
Allez ! Derrière les Serbes ! L'idée qu'a Moïse va prédire les vrais gauches et ma chaise m'a dit :
"Des glaces ! Ah, mon saké ! Islam, ail à cheesecake, les boulettes, c'est gras mais ça n'est pas l'dernier !"
Ce soir, sardines ! J'ai soif ! Ah, j'aime ça, l'or noyé ! Kouchner, alors, a mélangé Pasqua !
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Schweinsteiger
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MessagePosté le: 25 Oct 2006 0:10    Sujet du message: Répondre en citant

Episode 9 (3/3)

Et pendant ce temps, dans la forêt, enfin, la jungle, enfin, la toundra, bref, dans le bidule avec des trucs verts partout, mollows continuait de diriger à la baguette ses quatre compagnons d'infortune et " [sa] baguette se blaze kalach et elle a le palpit fasdringue". Si Comtesse avait trouvé le moyen de tirer partie de la situation, Océane trouvait en revanche la situation insupportable. Déjà, obéir, elle n'aimait pas, alors à un être aussi rustre, non, c'était au-delà de l'acceptable. Mais d'un autre côté, elle n'allait pas se rebeller ou alors, elle pouvait toujours le faire en finesse, elle avait toujours les lettres sur elle mais, comme la situation est bien malvenue et fâcheuse, elle avait oublié ce que contenait celle sur mollows. La tension, sans doute. En tout cas, Comtesse n'était définitivement plus une alliée, ce genre de coup (si on ose dire) n'était pas acceptable. Nonoz rompit (rompa ? romput ?), bref, cousu (cousit ? cousa ? oh putain !), euh, qu'est-ce que je voulais dire déjà, ah oui, nonoz y en avait parler.
"Mais pourquoi on se déplace alors que le type des secours m'a dit qu'il allait arriver ?
_ Et ton gusse, il se raboule flying in the sky directos bibi ? Vamos a la playa, si débarcadirladadère, veni vidi reparti là-bas.
_ On ne peut vraiment pas s'arrêter pour une pause ? On n'est pas à l'armée, là !
_ Hey, Carabosse, big boss, c'est bibi, tézigue claper son moulin à tchatche, débauche tes watts dans les panards !
_ Il y a un truc qu'on fait au boulot, pour les relations entre le patron et les employés, c'est une réunion de cohésion, on s'enferme tous dans un bureau, on écrit chacun ce qu'on veut dire sur un bout de papier et on les réunit au milieu de la pièce. C'est une idée de mon patron, et il est vachement fort, mon patron.
_ Et après, vous tirez aléatoirement les papiers pour les lire et mettre les problèmes sur la table, littéralement aussi ?
_ Ah non, Comtesse, ce qu'on fait, c'est qu'on brûle le tout et on fait comme le patron nous dit.
_ Mais c'est complètement débile ?!
_ Ah, pas du tout !
_ Ben, vous ne faites que ce que veux le patron et vos reproches ne sont même pas exprimés.
_ Ben ouais, c'est pour ça qu'il est trop fort, mon patron ! Franchement, elle est pas géniale, cette idée ? Vous ne voulez pas le faire, non ?
_ Nanain. Ouesque mes flingos peuvent urner leurs méningeations ?
_ Non, mais je proposais, c'est tout, pas la peine de s'énerver. Parce que mon patron, quand il est en colère, ce qu'il fait, c'est ...
_ VOUS ME FAITES TOUS CHIER ! J'en ai plein le cul, je me suis démerdée pour trouver le plan de la cachette d'armes, c'est moi qui ai organisé la recherche méthodique de tout ce qui compte sur cette île, alors me retrouver dans le rôle de la femme obéissante, non et merde !
_ Dis donc, tu t'es démerdée, tu t'es démerdée, tu t'es surtout enfermée pour tout avoir pour toi, non ? Alors me demander la solidarité féminine, quand ça t'arrange, hein ...
_ Ne crois les apparences, ce n'est pas ce que j'ai voulu faire, il y a juste un contexte sociétal hostile à la représentation de la femme qui fait que ... eh, toi, tu peux arrêter de jongler quand je parle ?
_ Non, mais vous avez vu les ballons du coin, comment ils sont bien sculptés ? Sérieux, on dirait une tête, celui-là !
_ L'esthétisme est très contestable.
_ Ta baballe platère dans quelle vésiaux ?
_ Ben, c'était là-bas, derrière l'arbre bizarroïde."

Mollows se dirigea vers le lieu indiqué, car une tête qui traîne ainsi dans la jungle, ça ne lui semblait pas normal. Il entraîna avec lui ses otages et ils découvrirent ainsi le corps de kamba qui gisait, mais dans quel état ! Mollows avait immédiatement reconnu son ennemi intime du forum politique et jubilait de le voir ainsi, à sa merci et sans même à avoir à porter de coup de grâce. Il jeta toutefois les sacs d'armes, et pris une à chaque main et s'excitait à tirer des rafales à bout portant sur le cadavre : "ha, ha, et Nénesse ne puisse t'arminer tes loupiottes ! Fiduçateur ! Enfourne mes ballounettes dans ta conserviotte à charpie !" Ses yeux étaient exorbités, il riait hystériquement, la bave aux lèvres, rien ne semblait pouvoir l'arrêter. Les quatre autres étaient à la fois consternés et terrorisés, seul luckyluke tenta d'intervenir : "dis, mollows, il vaudrait mieux reprendre notre marche si on veut arriver la nuit". Enfin, ça, c'est ce qu'il comptait dire, car en réalité, il ne put que lâcher "dis, moll ... ouaaaaah !" En effet, en entendant une voix, mollows s'était tourné sans avoir cessé de tirer comme un forcené, lucky avait instinctivement mis sa mallette (blindée, pour protéger les précieux documents qu'il pourrait avoir s'il gravissait les échelons) en protection mais il réagit sans même réfléchir, par pure survie. Luckyluke s'enfuyait donc dans la forêt, la mallette sur la tête, en hurlant à la mort qu'il se plaindrait à l'UDC-Que choisir pour les clauses non comprises dans la charte d'inscription des KdF, ce qui était d'autant plus grotesque que mollows avait repris son travail de déchiquetage de réactionnaire. Puis, ça cessa. Mollows, en état second, pressait de plus belle sur les gâchettes mais de simples cliquetis lui répondirent. "Clic ?" fit-il en reniflant, et essayant, et réessayant encore. Nonoz comprit le premier l'intérêt de la situation mais, trop spontané comme toujours, le fit savoir à voix haute : "les armes, elles sont disponibles pour tous !" Immédiatement, les quatre se précipitèrent sur les sacs, s'entrechoquèrent et furent ainsi éjectés à cinq mètres, mais chacun avait choppé un fusil d'assaut.
Comtesse braquait son arme sur nonoz : "hey, le chien fou, tu fais ce que je dis, maintenant !"
Mais nonoz menaçait mollows : "Rambo, tu te calmes, j'ai dit qu'on allait faire un foot de retour sur la plage alors on fait une pause pour s'entraîner !"
Mollows, quant à lui, s'adressait à Océane : "la Carabosse, elle va filer droit ou ça va fuseler dans sa carlingue !"
Et Océane ? Ben, Océane, elle en voulait encore à Comtesse : "traîtresse ! Tu vas revenir dans ton camp ou tu n'iras pas chez les autres !"
Ils étaient ainsi immobiles, chacun menaçant un autre, il ne suffisait que d'une étincelle, une parole inattendue, une mouche qui pète, un albatros qui chie, bref, un rien pour que la boucherie s'engage. On croirait même entendre un harmonica.
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Axl
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MessagePosté le: 31 Oct 2006 12:06    Sujet du message: Répondre en citant

EPISODE 10 (1/3)

Une seconde passa. Puis une autre. Puis encore dix, ou cent. Personne ne cillait. Les quatre se tenaient mutuellement en joue, l’index sur la détente.

Zoom sur les yeux de Mollows. Ils balaient la clairière. A sa droite, Océane. Elle tient son M16 à la hanche, la main gauche trop près du canon. Un léger tremblement au niveau du coude droit. Normal. Ce fusil pèse 11,4 kilos. Pas évident à porter pour une femme épuisée. Toute son attention est fixée sur Comtesse, campée en face de Mollows. Celle-ci ne lâche pas Nonoz du regard. Sa kalach est trop haute, à hauteur de tête. Genou gauche plié en arrière. Résumé: si elles se mettent à canarder, aucune garantie de résultat. Mais les guns sont gros et tirent des rafales. Mieux vaut ne pas prendre de risques.

Les yeux de Mollows cinglent à gauche. Oups. Le canon de Nonoz dirigé droit vers son front. Nonoz contrôle. Nonoz a calé la crosse à l’intérieur de l’épaule. Nonoz a fait du paintball pendant des années. Et je ne l’ai pas en ligne de mire. Pas bouger.

Océane se passa la langue sur les lèvres. Une goutte de sueur perla sur la tempe de Comtesse et coula lentement sur sa joue. Mollows plissa les paupières. Nonoz serra les dents. Quatre doigts, quatre gachettes, quatre fusils mitrailleurs. Quatre silhouettes aux ombres menaçantes. Quatre êtres vivants. Quatre morts en sursis.

— Quatre beaux demeurés!

La voix était venue du ciel, narquoise, méprisante, grésillante. Les quatre se raidirent mais surent se contrôler suffisamment pour ne pas déclencher le feu. Ils levèrent prudemment les yeux, sans cesser de se viser les uns les autres. Ils virent, à une dizaine de mètres au-dessus de la cime des arbres, un joli drone métallique à la carapace scintillante, frappé du sigle du KDF. L’œil vitreux d’une caméra était dirigé vers leur groupe. Le drone crachota et la voix du Major résonna à nouveau.

— Dites, c’est moi ou vous avez l’air tendus, là? Hey, relax… just do it, comme dirait Frankie Goes to Hollywood dans la pub Nike. Allez, je sais que vous crevez d’envie de lâcher les bastos! Eh ben vous savez quoi ? C’est bon, vous pouvez y aller. J’ai mis le magnéto en marche, j’ai les chips à portée de main, c’est quand vous voulez. Awawouuu! Tain tain tain!!!!

Major avait chantonné la BO de “Le bon, la brute et le truand” pour finir son speech improvisé. Il était de nouveau d’excellente humeur. Il venait d’envoyer Bouh régler leur compte aux impétrants de sa demeure, et vu comme le Rouennais était parti, une machette dans chaque main sans compter celle, de rechange, qu’il s’était fichée dans le crâne, on pouvait escompter que sa baraque serait rapidement cleanée. Quant aux péquenots de la plage, le sort funeste de Meem et Nono semblait avoir refroidi leurs ardeurs. Sur l’écran de contrôle, Major voyait Gaston et Electron tenter de convaincre CHR$ de lâcher sa hache, tandis que Nusra et Gébé s’éloignaient prudemment. De toute façon, les deux modos étaient en route.

Il revint vers les quatre Dalton. Tiens, il se passait quelque chose. Ils pointaient toujours leurs fusils les uns sur les autres, mais leur attitude semblait moins tendue. Major monta le son et se rendit compte que Nonoz était en train de parler.

— … des esclaves? Des jouets dociles de ses fantasmes morbides? Des marionnettes dénuées de volonté?

Major plissa le front. Il n’avait jamais entendu Nonoz parler comme ça.

— Ou bien êtes-vous des êtres humains doués de raison? Des produits du Siècle des Lumières, qui a apporté aux hommes la conscience de leur droit inaliénable à une existence libre de toute contrainte?

Merde, c’était pas prévu, ça. Nonoz, sans dévier son arme du front de Mollows, s’était lancé dans un discours à faire passer celui de Danton devant l'Assemblée législative pour une soliloque de poivrot au Café des Sports d’Alençon.

— Regardez en vous! Plongez dans vos âmes! N’y voyez-vous pas l’ardent désir de vivre? N’y percevez-vous point la révolte face au sort qui nous est ici arbitrairement imposé? N’en entendez-vous guère l’exigence impérieuse de mettre fin à cette farce abjecte?

Nonoz, à cet instant, était splendide. L’arme à la main, le discours enflammé aux lèvres, la musculature saillante, le regard fiévreux, il rappela au Major les plus belles réalisations du réalisme socialiste que Metro Paul avait postées dans le fil “Nos rencontres avec nos amis les tsars”, ainsi que, plus vaguement, un mix de tous les dessins de Tom of Finland. Il avait bien caché son jeu, en se faisant passer pour un footeux à moitié débile, tout juste capable de faire des nœuds marins avec des lianes. Major comprenait mieux à présent comment l’homme-minibut, comme les assidus de Vincennes l’appelaient en son absence, avait pu être élu représentant CGT de son wagon.

— Trop de sang a coulé. Trop de nos camarades sont tombés. Trop d’infamies ont été commises. La folie de Major Fatal a trop duré!

Comtesse fut la première à céder. Tout en maintenant tant bien que mal son M16 pointé sur Nonoz, elle lâcha, d’une voix sourde: “Et tu proposes quoi? Un p’tit foot, pour régler tout ça à l’amiable?”

— Hélas, il ne me paraît nullement envisageable de sortir de l’impasse par des tirs et des passes. Nous devons joindre nos efforts pour que les lendemains chantent autre chose que le Requiem. Que propose-je, me demandes-tu ? Je propose… l’alliance de tou(te)s les Islander(e)s de bonne volonté.

Même à l’oral, Nonoz avait intégré les exigences des Verts en matière de parité entre les sexes. Océane en parut touchée, et s’entendit embrayer: “Mais si on joue pas leur jeu…”

— Si on joue pas leur jeu, coupa Nonoz, on prouvera qu’aucun vice, si grand soit-il, ne peut réduire à l’état animal des citoyen(ne)s conscient(e)s de leur statut d’êtres pensants. Major est soumis à la vision hobbesienne de la guerre de tous contre tous. Mais je dis, moi, avec Kant, que la voie de la vérité est celle de la loi transcendantale dans nos cœurs.

— Accessoirement, lâcha Mollows, moins on se bachibouzoukera mutuellement, et plus on gardera de muniches pour l’ersatz de lider maximo et ses sbires-moi-l’nœud. In a United we stand style, aka l’Union (mais pas majoritaire présidentielle, votre marrage ici) fait la force. Doublevédoublevédoublevé Schneidermann point com slash mille cinq cent douze html.

Major tressaillit dans son fauteuil et Bomba, son gros chat angora castré, se recroquevilla sur ses genoux. C’est pas comme ça que ça devait se passer. Une alliance de quatre kdfistes armés, comprenant un Mollows dont il ne connaissait que trop bien le background militaire, un Nonoz décidément plein de ressources et deux Walkyries en herbe, ça risquait de mettre le dawa dans son projet. Mais rien n’était perdu. Les trois autres étaient ébranlés par le discours du Montreuillois, mais ils se tenaient toujours en joue… et c’est alors que, semblable à Mercure, le messager des Dieux, mais portant une couche et un biberon de Pastis accroché autour du cou, Zozo entra dans la salle de contrôle et tendit au boss une feuille A4. Le résultat des votes des kdfistes sur le forum. En gras, tout en haut, les noms des deux victimes désignées. En découvrant le premier nom, Major ne put réprimer un gloussement. Il était temps de reprendre les choses en main, à commencer par le micro relayé par le drone.

— Hum hum, fit le drone. C’est pas que je m’ennuie, mais les longues tirades, c’est pas trop mon truc. Vous savez que j’ai jamais réussi à aller au bout d’un post de NoNo sur le fil Sarkozy? OK, c’est peut-être pas un super exemple. Quoi qu’il en soit, on va accélérer un peu si vous voulez bien, et si vous voulez pas, c’est pareil. Vos copains de la rileuh lafeuh (quand Major essayait de prononcer des mots à l’anglaise, ça donnait du patois toulousain) ont fait part de leurs desiderata quant à notre gentil processus de sélection naturelle accélérée. Et devinez qui part le premier?

Il ménagea le suspense quelques secondes, le temps pour Zozo de placer discrètement un “feur”. Nonoz murmura: “Ne l’écoutez pas. Il n’a pas d’ordre à nous donner.” Major enchaîna, impassible:

— Nonoz.

Personne ne bougea.

Major haussa le ton. “Vous êtes bornés ou quoi? Je vous dis que Nonoz a été désigné pour se faire buter!”

Aucune réaction.

Major se leva d’un bond, envoyant Bomba valdinguer à travers la pièce. La pauvre bête atterrit, cul le premier, sur un Fatal Objet particulièrement acéré: un cure-dent de Godzilla, grandeur nature, que l’architecte Pei avait fabriqué sur ordre de Major en fondant ensemble dix sabres de samouraïs. Autant dire que Bomba fut proprement empalé, en moins de temps qu’il n’en faut pour miauler “Woptain!”. Major ne le remarqua même pas, il hurlait dans le micro:
“C’est un ordre, putain! Un ordre! Je suis Major Fatal! Abattez Nonoz, bordel! TUEZ LE!!! Sinon je vous fais massacrer dans la minute!”

Alors, Nonoz se détourna du drone qui exigeait sa mort. Il regarda les trois autres avec un doux sourire. Comtesse baissa les yeux, Océane toussa, Mollows recula d’un pas.

Nonoz, sans un mot, posa son fusil à terre.

“TUEZ LE!!!” Major beuglait comme Fier Panpan dans la fosse de Cannibal Corpse en 1994. D’un coup de pied, il renversa une machine à écrire de 1785 qui servait de table basse et de mini-bar. Des dizaines de bouteilles éclatèrent sur le parquet impeccablement ciré.

Comtesse braqua ses yeux dans le regard incroyablement serein de Nonoz. D’un mouvement de tête, elle fit revenir vers l’arrière sa lourde chevelure.

— Mec, tu m’rappelles Albert Londres, je l’ai bien connu. Liberté, égalité, fraternité, c’est mon trip. Je suis avec toi.

Elle lâcha son fusil à son tour. Mollows sembla hésiter un instant, puis s’adressa directement au drone:

— Zieute bien et en perds pas une miette dans les mirettes, mister moijeu. C’est là que les Athéniens t’atteignirent. pheuque Sarko. Je pose mon gun, mais c’est juste histoire de faire chauffer la machine à symboles. Parce que quand je le reprends, c’est pour aller checker si t’as toujours les viscères au bon endroit, ‘stoire de voir si elles seraient pas remontées dans la glotte, vu tes méchants retours de bile.

Il déposa précautionneusement son Uzi au sol. Le Major en serra les doigts si forts que le verre de vin qu’il tenait éclata dans sa main. Il était tétanisé. Nonoz, Mollows et Comtesse étaient toujours à leurs places respectives, debout au-dessus de leurs armes, comme… oh putain, pourquoi je pense à Vercingétorix avec Christophe Lambert, pesta Major. Restait Océane. Elle aussi regarda le drone. Avec un sourire lumineux.

— Eh, Major! Eh! Heu… en fait, je sais pas trop quoi dire. Je préfère être jugée sur mes actes.

Elle leva brusquement son fusil, épaula et tira sur Nonoz. Une rafale en pleine poitrine. Il s’effondra sans un cri. Océane pointa immédiatement le canon encore fumant sur Mollows et Comtesse, qui n’avaient pas eu le temps de comprendre ce qui s’était passé.
— Les mains sur la tête vous deux, je compte jusqu’à un!

Ils s’exécutèrent. Pas un muscle n’avait bougé sur le visage de Mollows. Comtesse avait les yeux exorbités. Elle murmura seulement : « La saloooope ! » Océane fit un geste du bout du fusil. “Approchez-vous l’un de l’autre! Oh, me faites pas croire que vous n’aimez pas ça, hein, vous croyez que je vous ai pas grillés tout à l’heure! A propos, j’ai bien une idée sur la raison pour laquelle on t’appelle Mollows, toi! Plus gros est le flingue, hein… » Comtesse et Mollows se rejoignirent au-dessus du corps de Nonoz. « Bien, et maintenant, reculez de dix pas! A genoux! Faces contre terre!” A nouveau, ils lui obéirent. Océane eut un rictus de satisfaction. Elle avait tout fait comme dans “The Shield”, et ça avait parfaitement marché. Quelle maîtrise, se rengorgea-t-elle. Elle ramassa prestement les armes de ses comparses et les glissa dans le sac. Un coup d’œil sur le drone. Elle eut un sourire enjôleur. “Tu sais quoi Major? J’ai toujours rêvé de voir mon nom écrit en vert”.

Au fond de son bunker, Major expira lourdement. Il s’effondra dans son fauteuil et s’essuya le front. Progressivement, son rictus carnassier habituel revint sur son visage d’empereur romain. Zozo se tenait respectueusement à l’écart. “Tu sais, dit Major en s’allumant un cigare, j’adore quand un plan se déroule sans accroc.”

Les débris des bouteilles de Château-Margaux jonchaient le sol, le sang gouttait de la main ensanglantée de Major et le chat, traversé de l’anus à la bouche par une lame japonaise, les yeux encore écarquillés, glissait lentement le long du fatal cure-dent. “T’es le meilleur, mec”, lâcha Zozo sans beaucoup de conviction.
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MessagePosté le: 31 Oct 2006 12:08    Sujet du message: Répondre en citant

EPISODE 10 (2/3)


Lucky Luke courait. Le sang battait dans ses tempes, son cœur martelait à en exploser, ses pieds s’enfonçaient dans une espèce de tourbe gluante, des branches le fouettaient au visage, sa mallette, toujours accrochée à son poignet, lui battait les flancs, mais il courait, courait, courait, épouvanté comme un lapin pourchassé par une meute de lévriers. Il avait détalé quand Mollows, découvrant le corps de Kamba, s’était mis à canarder, et il avait bien l’intention de sprinter jusqu’à l’autre bout de l’univers si c’était nécessaire pour échapper à ce taré surarmé. Il s’enfonçait de plus en plus profondément dans l’île, sans avoir la moindre idée de sa direction, sa seule préoccupation étant de disparaître dans la végétation luxuriante et l’obscurité protectrice de la jungle. Il avait, bon sang, un point de côté, ce qui ne lui était plus arrivé depuis 1982, quand son prof de sport, M. Duverne, avait fait faire à sa classe 50 tours de terrain à cloche-pied. Sa respiration se faisait de plus en plus lourde, ses bonds étaient de moins en moins longs, sa combinaison était trouée de toutes parts, ses jambes étaient de plus en plus lourdes, il avait des ronds devant les yeux… Il finit par s’effondrer, exténué.

Pendant quelques minutes, il resta allongé au sol, soufflant comme un phoque, les yeux révulsés, écoutant son palpitant se calmer progressivement. Il devait s’être suffisamment distancé de la clairière où il avait laissé ses anciens comparses. Pour se calmer, il récita intérieurement trois Pater, deux Ave, et la composition de l'OL contre la Lazio en 1995. "...Giuly... Maurice... Assadourian!" Ca marchait à tous les coups. Il allait mieux. Il se releva péniblement et se rendit compte qu’il se trouvait désormais dans une sorte de… de… la seule comparaison qui lui vint à l’esprit évoqua une serre tropicale qu’il avait visitée avec le CE de son entreprise quelques années aupravant dans le cadre des loisirs imposés après un séminaire. Il se souvenait bien de cette journée : son groupe de comptables en costard-cravate-mallette suffoquait dans la touffeur artificielle d’une orangerie aussi immense que dénuée du moindre intérêt pour tout être humain qui ne serait pas obsédé par la botanique. En plus, au même moment, l’OL disputait un premier tour de Coupe de France, et Lucky était là, coincé à transpirer comme un obèse dans un hammam, entre des palmiers, des orangers et plein d’autres arbres, plantes et buissons qu’il n’aurait su nommer. A présent, c’était encore pire: la chaleur était la même, des fourrés montait le grésillement de milliers d’insectes, il faisait sombre à cause des cimes feuillues des arbres gigantesques qui l’entouraient, une épaisse odeur musquée l'enveloppait, il était trempé, du sable plein les pompes, il tremblait de tout son corps, et cette fois, il n’y avait ni Maurice de la compta ni Jean-Patrick des relations publiques pour échanger avec lui un clin d’œil. Il passa la main sur son front dégoulinant, se rendit compte à quel point il avait soif, tenta de ne pas y penser et regarda tout autour. D’où était-il venu ? Pas moyen de le savoir. La forêt s’était refermée autour de lui. Maintenant, elle ne lui apparaissait plus aussi protectrice qu’il y a encore quelques minutes. Au contraire, Lucky sentit monter dans son estomac une boule de peur panique, celle du citadin soudain plongé dans un environnement où seul son cerveau reptilien pouvait le sauver. Il serra sa mallette dans ses bras. C’est alors qu’il entendit de nouveaux coups de feu, beaucoup plus près qu’il n’aurait pensé. Une courte rafale. Sans doute encore Mollows ! Peut-être parti à sa recherche ! Et Mollows, c’était pas le genre à paniquer dans la jungle ! Plutôt le type de gars à se foutre deux bandes de cirage sur chaque joue et à avancer, fusil au poing, plié en deux dans les broussailles, comme Ségolène Royal dans «Portés Disparus» ! Une nouvelle vague de terreur s’abattit sur Lucky. Son instinct de conservation lui ordonnait de se remettre à courir, vite, très vite, loin, très loin ! Il bloqua instinctivement sa mallette entre son coude et sa poitrine et fonça à l’opposé de la zone d’où avait crépité la rafale. A peine avait-il fait dix foulées que son pied se prit dans un trou, il trébucha et chuta de tout son poids, se protégeant avec sa mallette. Mauvaise idée : sa tête percuta à pleine force son adoré «attaché-case Samsonite en adamantium». Lucky vit trente-six étoiles, dix-huit galaxies, une dizaine de comètes et, au final, un grand trou noir.

-----

Sur la plage, CHR$ perdait patience. Le cas Moon était réglé, restaient quatre variables pour le moins inconstantes. Elec essayait de le convaincre de refaire un radeau avec les entrailles de Moon, comme si la première expérience ne lui avait rien fait comprendre. CHR$ n’avait jamais aimé les savants fous. Il ne se souvenait que trop bien du sort que les semblables d’Elec lui avaient fait subir dans un laboratoire de la CEGID, quand on lui avait implanté des microprocesseurs dans le cervelet… Il chassa ce souvenir désagréable de son esprit. Il était «in charge», là. Fallait s’occuper de ce tas de baltringues imprévisibles. Et en premier lieu de Gaston. Car Gaston avait sauté de joie au moment où le Belge prenait son coup de hache. Etrange. Même si le vicelard de Charleroi n’avait pas exactement une cote de popularité élevée, la satisfaction du dragueur de supermarché danois était suspecte. Faudrait voir s’il n’y avait pas anguille sous Stéphane Roche, comme disait Lucky. A propos, qu’est-ce qu’il était devenu, lui? CHR$ allait devoir le retrouver. Car si sa mission première était de se sortir de là, il n’oubliait pas un instant qu’il avait été programmé pour sauver autant que possible les vies des Lyonnais. A ce propos, il avait vu le regard que Baygon lui avait lancé depuis son zodiaque en incendiant Meem et Nono… Il y penserait plus tard. Pour l’heure, il fallait régler le cas de ses quatre coéquipiers. Quel groupe de vainqueurs, putain. En plus d’Einstein et d’Aldo Maccione, il devait se coltiner un papy sucrant les fraises qui se croyait invité sur le yacht de Tapie et un hippie aussi énergique qu’un oursin sous Tranxène. Mais gare aux apparences. Tout le monde avait eu le temps de capter que Major ne déconnait pas. Plusieurs Islanders étaient déjà morts. Ses quatre compagnons ne semblaient pas intrinsèquement dangereux. Dans des conditions normales, ils étaient sans doute du genre à tenir les portes aux vieilles et à attendre sagement au feu rouge. Mais là, fallait les avoir à l’œil. Et comment tu veux les avoir à l’œil, bordel, quand tu vois que le hippie essaie de se barrer discrètement vers la jungle en emmenant l'ancêtre et que les deux autres te dévisagent comme s’ils n’avaient jamais vu le T1000 ? Le cerveau surpuissant de CHR$ balaya toutes les possibilités envisageables et s’arrêta sur celle qui donna un pronostic de réussite de 97,3%. Il brandit sa hache ensanglantée.

— Je crois m’être fait comprendre. Sinon, il peut y avoir une session de rattrapage. Je prends les choses en main, maintenant. Vous allez faire ce que je dis, sans rechigner et sans poser de questions à la con. Tous les quatre, rassemblement. Et toi, Nusra, ramène Jeanne Calment, là.

Ils se réunirent en grommelant, mais sans oser contester l’autorité du Lyonnais. Nusra tenta bien un timide «Hey, bro, tu veux pas qu’on en discute tranquillement autour d’un bon feu? Parce que ça m’interpelle un peu au niveau du vécu, ce bad trip…» mais un mouvement de sourcil de CHR$ suffit à le faire taire. Mais dernier n'avait pas l'intention de terroriser ses comparses plus que nécessaire. Il savait bien, pour avoir assisté à plusieurs réunions entre Jean-Michel Aulas et les représentants de la Ligue, que le bâton ne suffisait pas toujours. Il fallait aussi une carotte.

— Bon. Maintenant, on se calme. On a faim, on a soif et on est crevés. Les autres ne sont plus là. Il y a une bonne réserve de bouffe et de boisson à deux pas. La prison. On y retourne. Une fois sur place, on reprend des forces et on avise.
— Heu la prison, c’est moyen, objecta Gaston. Si Major et ses potes veulent nous démonter, ils pourront le faire facilement là-bas…
— Ouais, c’est clair que Jacky, Kamba, Meem et Nono ont vachement réussi à leur échapper en allant se balader à l’extérieur. T’es un génie, toi, hein. C’est quel club que tu supportes, déjà?
— Ben Le Mans. Attends, on a eu Drogba, hein ! Et puis Pancrate ! Et sinon, j’aime bien le FC Copenhague aussi, parce que dans cette ville aux confins de la terre et du ciel, j’ai aimé passionnément une…
— Mais tu vas la fermer ta gueule ?!

CHR$ avait fait tourner sa hache dans sa main à la force du poignet. Gaston déglutit.
— C’est bon, plus de questions ? Allez, go. Quoi, qu’est-ce qu’il y a encore?

Gébé venait de tomber par terre. Electron s’était baissé sur lui et lui palpait le front.
— Il a une insolation, je crois.
— Bon, tant mieux, çe me fera un geignard de moins et vous, ça vous occupera les mains. Portez-le.

Gaston, Electron et Nusra soulevèrent Gébé et retournèrent vers la prison, convoyés par CHR$. Le soleil tombait sur la plage. Une mouette picorait le cadavre de Moon. Les restes du radeau de Meem et Nono fumaient sur l’eau. Au loin, apparut un zodiaque.

La prison était déserte. Il y faisait beaucoup plus frais qu’à l’extérieur. Sur ordre de CHR$, les trois hommes valides pénètrerent dans l’une des cellules et déposèrent Gébé sur une paillasse, avec d’infinies précautions. Electron se leva.

— Bon, je vais au réfectoire, il lui faut de l’eau.
— Tu vas très exactement nulle part, un peu comme Abdessadki quand il est cerné par Abidal, Cris et Caçapa.

CHR$ venait de refermer d’un seul coup la grille de la cellule.
— C’est fou ce que vous êtes cons, quand même. Vos mères ne vous ont jamais dit de pas vous fier à un type qui vient d’en décapiter un autre avec une hache ?

Sous les cris de protestation de ses prisonniers, CHR$ s’éloigna en sifflotant vers le centre de contrôle. Contrôle, c’était son mot préféré. Contrôler ses pulsions. Contrôler les autres. Contrôler le ballon en pleine course. Tout à l’heure, sur la plage, il avait brièvement perdu le contrôle, au moment où il avait tué Moon. Il n’aimait pas ça. Cette fois, il allait prendre soin des autres dans son style à lui. Froid, méthodique, lyonnais. Comme… Comme Baygon.

Baygon était assis dans le centre de contrôle, les pieds sur une chaise, décontracté. Il avait l’Equipe du jour à la main, et Lyon Mag était posé sur la table. CHR$ faillit en faire tomber sa hache. Mais il se ressaisit immédiatement.

— Baygon.
— Cé Hache Air Dollar.
Baygon avait répondu sans lever les yeux de son journal. Entre Lyonnais, les salutations donnent rarement lieu à des explosions de joie.

— Tu tombes bien.
— Mieux que Cristian Rodriguez seul face à Vercoutre, en tout cas.
— Ha. Ha. Ha.

Ce qui tenait lieu de rire à CHR$ était une sorte de raclement de gorge.

— Dis… J’ai pas besoin d’insister sur la solidarité entre Lyonnais, hein. Sur cette putain d’île, il y a toi, il y a moi, il y a Bouh et il y a Lucky. T’as réussi à entrer dans les bonnes grâces de Major, Bouh aussi, c’est super. Mais maintenant, il est temps qu’on se réunisse tous les quatre et qu’on montre qui c’est les patrons.

Baygon leva enfin les yeux.
— Je peux te poser une question, CHR ?
— Heu, oui, bien sûr.
— Combien Bouderbala a marqué de buts en championnat en 1990-91?
— Quatre. Pourquoi?
— Parce que je croyais que c’était trois. Autre question: qui a été le meilleur buteur de l’OL en 1992-93?
— Ben Garde. Il a mis neuf buts cette saison-là. Faut dire qu’il tirait les pénos aussi.
— Ben tu vois, moi je pensais que c’était Maurice. Et sinon, est-ce que l’OL a déjà encaissé un but de Sebastien Perez?
— Ouais, bien sûr, en UEFA en 98, quand on fait 2-2 à Blackburn, il met une super tête… Mais pourquoi tu me demandes tout ça?
— Parce que tu sais tout. Tu sais toujours tout, pas vrai? Moi, j’ai l’impression de connaître l’OL. Toi, tu SAIS. J’ai des doutes, t’as des faits. J’ai des intuitions, t'as des certitudes.

La voix de Baygon était pleine de… de haine? CHR$ se sentit mal à l’aise.

— C ‘est quoi le problème exactement?
— Le problème, c’est que pour tout le monde sur ce forum, je ne suis pas l’archétype du Lyonnais. Je suis froid, tu es glacial. Je suis ironique, tu es mordant. Je suis un connaisseur éclairé, toi t’es une putain d’encyclopédie!

Il avait pratiquement hurlé ces derniers mots. Il avait balancé l’Equipe par terre. Il avait serré les poings.

— Et maintenant tu veux être modérateur? Hein? Maintenant, tu veux avoir la seule chose que j’aie et que tu n’as pas? C’est ça? Et tu crois que je vais TE LAISSER FAIRE?!

CHR$ comprit. Baygon était complètement taré. Baygon n’était pas son allié. Baygon ne ferait rien pour l’aider. Au contraire, il allait profiter de l’isolement de cette île pour le crever. CHR$ avait analysé toutes les informations en une fraction de seconde. Il prit la seule décision possible. Il leva la hache et fit un pas vers son adversaire, assis à à peine trois mètres. Celui-ci balaya d’un revers de la main le Lyon Mag. En-dessous, il y avait un superbe Magnum 357. Baygon, un rictus mauvais sous sa fine moustache, le pointa sur CHR$, qui recula, se retourna pour foncer dans la prison, mais la porte était fermée et devant la porte il y avait un petit homme au sourire jovial. Le petit homme portait un casque de mineur et un maillot vert siglé Manufrance. Le petit homme avait une pelle à la main. CHR$ eut un instant d’hésitation et Coincoin lui abattit la pelle sur la tête. Il s’effondra et la hache lui tomba des mains. Sans se départir de son sourire, Coincoin avança vers lui et le frappa à nouveau. CHR, dans un suprême effort, se tourna vers Baygon.

— Aide-moi putain! Tu vas pas laisser un Stéphanois faire du mal à un Lyonnais!

Baygon s’était levé et avait fait le tour de la table, pointant son flingue sur CHR$. Il embrassa son alliance, comme le faisait Raul pour célébrer ses buts.
— Disons que c’est mon côté obscur. Et puis, ne m’en veux pas à moi: ce sont les kdfistes qui ont voté contre toi. On se demande pourquoi, hein, espèce de salopard?

Coincoin frappa, encore et encore. Et au fur et à mesure qu’il frappait, CHR$ comprit où il avait déjà vu ce sourire. C’était celui, artificiel et terrifiant, du clown de « Ca » de Stephen King.

— Pendant… ahana Coincoin.
BLAM !
— que…
BLAM !
— vos …
BLAM !
— ancêtres…
BLAM !
— inventaient…
BLAM !
— le cinéma…
BLAM !
— LES NOTRES CREVAIENT DANS LA MINE !
BLAM ! BLAM! BLAM!

Les deux modos sortirent de la salle de contrôle, en laissant la porte ouverte. Une rigole de sang s’en échappa à leur suite. Ils quittèrent le bâtiment, retournèrent à la plage, reprirent leur zodiaque et disparurent sur le mer.

Le silence se réinstalla dans la prison. Au bout d’un certain temps, on entendit une voix provenir de l’une des cellules du fond. La voix dit: «Waaah. Pas cool.»
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Axl
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MessagePosté le: 31 Oct 2006 12:09    Sujet du message: Répondre en citant

EPISODE 10 (3/3)

Il avait suffi de quelques instants pour transformer le magnifique salon du Major en vaste porcherie. Bertin avait branché le WWE Channel à fond et Raymond Rougeau hurlait en québécois. Maxime avait récupéré une robe de chambre aux armes de l’hôtel Astoria du Londres et des chaussons à ponpons. Il en était à son neuvième Tequila Sunrise, arguant d’une voix de plus en plus vaseuse qu’il devait «récupérer de ses émotions». Les filles avaient elles aussi trouvé dans la penderie des vêtements de rechange: chemise à fleurs et bermuda de surfeur pour Maïe (le Major étant un colosse d’1m90, ça pendouillait de partout mais deux-trois ceintures YSL avaient tant bien que mal limité les dégâts) et grenouillère appartenant sans doute à l’une des Majorettes pour Pippo, pile poil sa taille. A présent, elles rattrapaient en chips et chocolats tous les repas qu’elles avaient sautés depuis leur arrivée dans l’île. Les emballages volaient à travers la pièce. N’ayant pas découvert de couverts ou d’assiettes (et pour être honnête, sans vraiment en avoir cherché), elles mangeaient à pleines mains, si bien que rapidement leurs visages étaient tartinés de chocolat fondu et de miettes de Flodor au paprika. Quant à Bertin, il décompressait, dans une sorte d’hébétude, une énième canette de bière japonaise à la main, des cahuètes dans l’autre, son regard bovin perdu dans l’écran plat où l’Undertaker mettait sa misère à l’Indien Tatanka. Tant de bière sur un estomac vide, ça avait un drôle d’effet. La tête de Bertin tournait. Il réprima un haut-le-cœur et but encore une gorgée. Maxime vint d’un pas hésitant vers lui et se laissa choir dans le canapé. Il avait une bouteille de téquila dans une main et un verre à cocktail dans l’autre. Bertin remarqua à travers ses vapes qu’il s’était fourré le petit parasol artificiel derrière l’oreille. Il empoigna la bouteille en en avala une lampée qui lui crama la poitrine.

Maxime fut à son tour hypnotisé par l’écran.
— Dis donc, Tinber, articula-t-il paresseusement. Il est rigolo lui, avec son chapeau et son imperméable. Un peu morbide comme style, cela dit. Le genre à passer ses mercredi soirs au Piano-Vache, huh?
— C’est Zi Anderteillqueure, expliqua Bertin en hoquetant. C'est un croque-mort. Et son adversaire, c’est Tatanka.

Il tourna vers Maxime sa tête chauve et cramoisie par le soleil et l’alcool, les yeux injectés de sang.
— C’est un vrai chef indien!
— Sans déc? Ah ben ouais dis donc, si c’est pas ça, c’est qu’il s’est perdu en allant à la Gay Pride. Dis donc, t’as vu, il a sorti le tomahawk!
— Ouais. Mais l’autre va l’éclater.

La voix de Bertin était complètement pâteuse. Mais Maxime n’en avait cure: la tête renversée en arrière, il ronflait profondément. Bertin prit une nouvelle gorgée de téquila, espérant que son esprit s’éclaircirait un peu. Raté, le vertige le reprit et il ferma les yeux. Raymond Rougeau beuglait toujours: «Oh là là, coup de la corde à la linge de la troisième corde! Prends ça dans ton Tabernacle, Tatanka!» Bertin tâtonna sur le canapé, trouva la télécommande et éteignit. Il entendit vaguement les filles derrière, apparemment le soleil leur avait tapé sur la tête à elles aussi: elles se demandaient mutuellement de se lécher les doigts chocolatés. En d’autres circonstances, cette image l’aurait excité, mais là, il était trop vanné. On a beau dire, même avec une tête de bélier montée sur un cou de bœuf, défoncer une montagne à coups de front, ça laisse des traces. Ca plus les crocos et l’alcool… Bertin sombra quelques minutes. Il rêva de Tatanka. Dans son rêve, Tatanka brandissait un Tomahawk et exécutait la danse de la pluie dans le salon du Major. Tatanka attrapait une bouteille de Téquila et la vidait dans la gorge de Maxime endormi. Tatanka disait dans une espèce micro: «C’est bon, j’ai ligoté les deux gonzesses, Maxime est hors service pour au moins aussi longtemps que l’AS Saint-Etienne, et Bertin a l’air de revenir à lui, mais il est pas bien frais. J’en fais quoi?»

Hein?! Il secoua la tête, et les formes et les couleurs reprirent progressivement consistance. Tantanka était là, bien réel, devant la télé éteinte, en pagne, avec dans chaque main un putain de…

— Un tomahawk ? prononça-t-il
— Ca, je sais pas comment ça s’écrit, donc je sais pas ce que c’est, rétorqua Bouh. Si tu parles de ce que j’ai là (il leva la main droite), là (il leva la main gauche) et là (il souleva sa couronne de plumes, révélant une troisième machette, plantée dans son crâne), ben c’est des machettes. Remarque, je suis pas trop sûr de l’orthographe non plus.

Bertin se frotta les yeux. L’apparition était toujours là, en train de jongler avec ses machettes. Il était beaucoup trop faible pour se lever. Il entendit Maxime ronfler à sa droite et se rendit compte qu’il y avait du mouvement, à sa gauche. Les deux filles, ligotées dos à dos et bâillonnées avec des sacs à pain moldaves (que le Major avait récupérés dans une braderie au Chili) se tortillaient au pied du canapé.

Bouh rattrapa ses deux machettes en effectuant une volte spectaculaire.

— J’ai deux nouvelles pour toi, Bertinou. Une bonne et une mauvaise. La première, c’est que le Major en personne est en route, et il a l’air aussi furieux que JMA le jour de la victoire de la gauche aux législatives. Vous avez pénétré dans sa demeure, bu son alcool, bouffé ses cahuètes, mis ses fringues et fait une vilaine tâche sur son canapé Cuir center. Une fois qu’il arrivera, j’ai comme l’impression qu’il va la jouer «malade mental mégalomane sadique mais méthodique», tu vois le genre? Ah, et puis pense même à essayer de t'enfuir. Tu crois vraiment qu'un homme comme le Major boit de la téquila? Cette bouteille était là exprès pour ce genre de cas. Elle était pleine de somnifères. Avec ce que vous vous êtes enfilés, Maxime et toi, je crains même que vous profitiez pas à plein des Fatal Obkjekts spécial torture que le boss a l'intention d'employer: vous devez être dans un état proche de l'anesthésie générale.

Bertin leva un œil morne.
— Et la bonne nouvelle?
— Ah mais ça c’était la bonne. La mauvaise, c’est qu’en attendant qu’il débarque — et il en a bien pour une heure —, vous êtes seuls avec moi.

Bouh sourit et Bertin remarqua avec horreur qu’il s’était fait limer toutes les dents. Les pointes de ses molaires saillaient comme des couteaux. Il essaya de se lever et se vautra lamentablement. Bouh l’ignora et avança vers les deux filles. Il sifflotait «Pandi panda». Maie et Pippo gigotèrent de plus belle, les yeux écarquillés par la terreur. Bertin, en un effort surhumain, se leva, mais sa tête semblait peser dix tonnes et le reste de son corps encore plus. Il était arrivé au bout de ses réserves physiques. Il tomba à la renverse sur le canapé, à côté de Maxime. Il eut l’impression de voir Tatanka agiter ses machettes en hurlant comme un fou «PANDI! PANDA! PETIT PANDA DE CHI-NEUH!!! » et il s’évanouit.
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Tony Adams
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MessagePosté le: 10 Nov 2006 17:43    Sujet du message: Répondre en citant

EPISODE 11 (1/3)




Luckyluke ouvrit les yeux et cligna bien pendant cinq secondes. Allongé de tout son long dans l'herbe humide, il sentait de petits insectes lui chatouiller les chevilles, juste au dessus des chaussettes. La jungle résonnait de mille bruits étranges et beaux à la fois, un orchestre naturel performant la énième symphonie d'une série infinie. Si l'ouïe semblait fonctionner, Lucky avait beau fermer les paupières et les ouvrir de nouveau sans s'arrêter, la lumière ne semblait pas vouloir se dévoiler à lui. Il mit ça sur le compte du choc violent qu'il avait reçu au crâne, tenta de se redresser, puis retomba lourdement sur le dos. Il était encore trop faible pour pouvoir se mettre sur ses pieds. L'effort qu'il venait de fournir lui faisait tourner la tête. C'est alors qu'il remarqua une myriade de petites lueurs danser au dessus de lui. Ce n'était pas des lucioles, ni les cendres d'une ville calcinée par une explosion nucléaire. C'était la nuit, tout simplement. Lucky attrapa la poignée de sa mallette et l'amena à lui, juste entre ses jambes. Il décrocha ensuite la clé qu'il portait autour du cou et qui ne le quittait jamais, l'enclencha et tourna successivement dans chacune des deux petites serrures, puis ouvrit. Il gardait toujours une lampe de poche, au cas où. Il avait beau habiter la ville qui célébrait tous les ans la Fête des Lumières, un peu de prudence ne fait jamais de mal. Une main sous la mallette pour la garder bien en équilibre, l'autre fouilla consciencieusement, passant sur les OL stylos, OL chocos, OL pornmags, pour enfin saisir l'objet oblong recherché. Lucky sortit sa Mag-Lite, l'agita près de son oreille droite pour vérifier qu'il y avait bien des piles à l'intérieur, puis la braqua droit devant. Une petite pression sur le bouton. Un puissant rayon de lumière blanche qui jaillit. Un visage hideux déformé par la douleur. Un cri. La voix de Lucky lui revenait comme un écho déformé, il ne se rendait même plus compte qu'il criait, tellement ce qu'il voyait devant lui était laid. Ca n'avait rien d'humain, d'ailleurs ce ne l'était pas. C'était un genre de statue antique, un peu comme si le fils spirituel de Jack L'éventreur et de Landru s'était adonné à la sculpture, avec une minutie et une précision du détail chirurgicale. Reprenant doucement ses esprits, Lucky se leva avec moult précautions. L'équilibre encore instable, il s'adossa à un arbre, le temps de détailler un peu plus avant l'infâme bloc de pierre taillée qui lui faisait face.

Deux mètres de haut, des épaules larges, un visage tout droit sorti d'un cauchemar Burtonien sous acide. Les yeux n'étaient rien d'autre que deux trous profondément creusés, et pourtant ils semblaient exprimer une menace, un avertissement, que les lèvres étirées en un sourire fou et carnassier ne faisaient que confirmer. En plus de ces détails déjà fort peu engageants, Lucky remarqua que la caractéristique principale du bloc de pierre humanoïde était l'asymétrie. Rien ne collait, ni les bras, trop long pour le droit, absent pour le gauche, ni les jambes, dont les genoux étaient placés en sens inverse, la rotule pointant côté cul. Et entre les jambes et la tête, un torse affreusement scarifié, avec une ouverture béante au niveau de l'estomac, laissant entrevoir quelques reliefs faisant penser à des tripes. Scruter les moindres détails de cet étrange objet, quand bien même il le rebutait totalement, avait eu pour mérite de sortir Lucky de sa torpeur. Il sentait l'air, enfin frais, lui fouetter le visage, et même une légère bruine lui mouiller les cheveux. Il y avait comme un murmure de changement dans le souffle du vent, mais Lucky se sentait bien incapable de deviner de quel type il pouvait être. Mais il avait une certitude : derrière cette statue, dans cet océan d'ombre qui se tenait devant lui, il y avait quelque chose qui pouvait changer le cours des évènements. Une main serrant très fort son OL porte-bonheur, une miniature du buste-trophée de champion, l'autre balayant l'obscurité grâce à la puissante Mag-Lite, Lucky avança. Les ténèbres l'engloutirent.

_ « Bordel mais qu’est-ce qu’on va bien pouvoir faire en arrivant là-bas, hein ? »

Comtesse n’en pouvait plus. Sous la menace d’Océane et de ce qui était désormais son arsenal, ils avaient repris le chemin de la plage, Mollows menant la marche. Océane se tenait un peu en retrait, son M-16 braqué sur le dos des deux derniers rescapés du petit groupe qui avait pris la route quelques temps auparavant. Elle avait hésité avant de décider de retourner au point de départ. Elle devait avoir une idée derrière la tête, mais si c’était le cas elle n’avait rien laissé paraître et ils avaient tous entamé le chemin du retour en silence, chacun enfermé dans une réflexion personnelle sur les conséquences de ce qu’ils venaient de vivre et, de façon sous-jacente, sur l’attitude à adopter désormais. Pour Comtesse, il semblait clair qu’Océane s’était isolée de façon inéluctable en assassinant Nonoz de sang froid. Putain, Nonoz ! Serviable, enjoué, d’une aide précieuse depuis le départ, elle n’avait pas hésité à le liquider alors même qu’il tentait d’insuffler un semblant de résistance à cette ordure de Major. C’était injuste, c’était cruel. La vie sur l’île lui semblait ne tourner qu’autour de morts atroces et d’un sentiment de paranoïa lié aux sautes d’humeur de tous les autres prisonniers, qui pouvaient passer de la badinerie à une furie meurtrière en un quart de seconde. Elle-même, l’espace d’un instant, avait succombé au charme de Mollows, le temps d’une étreinte brève et sans suite envisageable. Mais s’il y a une chose dont elle était sûre en ce moment, c’est qu’ils naviguaient à vue et qu’Océane les ramenait là où il n’y avait rien à trouver, sinon l’attente résignée d’une mort certaine.

_ « Putain mais tu m’écoutes ? », s’exclama-t-elle en se retournant.
_ « Tu vois bien que non », lui répondit Océane en épaulant son fusil.
_ « Qu’est-ce qu’on retourne foutre à la plage ? Qu’est-ce que tu crois qui nous attend là-bas ? Tu penses que ce ramassis de tarés a réussi à cohabiter ne serait-ce qu’une heure ? Surtout avec ce malade d’Electron Libre ? »
_ « Non, mais ce que je pense ne te concerne pas. Ce que tu vois entre mes mains devrait t’inciter à reprendre la marche sans faire d’histoires, sinon… »
_ « Sinon quoi ? Tu m’exploses comme Nonoz ? Tu crois que tu n’en as pas fait assez peut-être ? Tu crois que ça va être possible de continuer comme si de rien n’était, comme si tu n’avais pas tué un type que tu connaissais, que tu avais en face de toi, et qui venait de tenir un des discours les plus sensés depuis qu’on a été débarqués dans cet enfer, tu crois que ça ne représente rien ? »
_ « Si, ça représente un crétin en moins entre moi et le poste de modo. C’est comme ça que je vois les choses maintenant. C’est comme ça que j’aurais toujours dû les voir. Parce qu’à faire copain-copain, à se tenir la main en chantant des conneries pacifistes, tout ce que tu gagnes c’est de te faire trouer la peau sans même résister. Et tu te retrouves comme une conne, morte, fin de l’histoire. C’est ça que tu veux ? Ben pas moi. Alors soit tu avances, soit je raccourcis encore le chemin qui me sépare de mon pseudo en vert sur la liste des connectés. »

Le visage de Comtesse exprimait une haine pure, sans limites, une fureur aussi brûlante que la voiture de LIB un soir d’hiver 2005, et aussi sauvage que Bomba dans un vestiaire de rugbymen. Pourtant, elle fit ce qu’Océane lui avait dit et emboîta le pas de Mollows qui avait suivi l’échange sans dire un mot. S’il avait appris un truc dans la Légion, c’était bien à fermer sa gueule. Même sous la torture de terroristes libyens qui l’avaient capturé au cours d’une opération commando dans le désert saharien, il n’avait rien laissé filtré. C’est d’ailleurs là qu’il inventa le Mollowsien, ce mélange d’anglicismes francisés, si la chose a un sens, de San Antonio et d’un zest d’Audiard. Les terroristes n’avaient rien pigé et l’avaient torturé deux fois plus violemment pour la peine. Rien de plus frustrant que de faire parler un prisonnier sans pouvoir comprendre un traître mot de ce qu’il dit. Mollows en était ressorti dans un triste état. Il mit du temps à s’en remettre, les conséquences psychologiques d’un traitement aussi inhumain étant courantes, même chez un soldat surentraîné. Les crises de démence, une vision de la vie plus noire encore que celle d’Hubert Selby Jr l’avaient conduit à ne plus utiliser que le Mollowsien, comme un défi jeté au monde. Si lui n’avait pas pu le comprendre, alors autant se mettre à son niveau et rester impénétrable. La voix d’Océane lui arriva aux oreilles.

_ « Faudrait penser à se magner le cul, les cocos, la nuit va pas tarder à tomber et je veux pas me retrouver dans cette merde sans voir où je fous les pieds ».

Mollows accéléra l’allure.

Major éteignit son poste de télévision. Prestement, il appuya sur le bouton de l’interphone et alerta Zozo.

_ « Tu prends la suite d’en bas ? Faut que j’aille faire le ménage dans la baraque de la montagne ».
_ « Pas de problème », répondit Zozo entre deux tétées. L’odeur du pastis traversait pour ainsi dire le système de communication.

Major passa sur un autre canal. « CoinCoin, Baygon, rejoignez-moi au garage ».Il enfila en vitesse une veste de chasse, passa à la taille son ceinturon muni d’un holster et de petites pochettes pour ranger les chargeurs, subtil mélange entre celle de Clint Eastwood dans ses westerns et celle de Batman. Il se tourna vers une armoire en vieux bois poli, l’ouvrit et prit le temps d’inspecter tout l’arsenal qu’elle contenait, avant d’en sortir un Magnum 45 automatique et trois chargeurs 14 balles. Il rangea le tout dans sa ceinture et sortit de la pièce. Un long couloir de marbre blanc le mena à un escalier majestueux. Sa main glissant le long de la rambarde de fer travaillé, un modèle dessiné par Gaudi, il descendit trois étages jusqu’au sous-sol. Une bonne dizaine de voitures y étaient garées, toutes immaculées et réfléchissantes. CoinCoin et Baygon n’étaient pas encore arrivés. Il en profita pour se griller une petite clope en écoutant une compile des radioblogs du Kdf sur le lecteur de sa voiture. Une porte s’ouvrit à sa droite et les deux modos-mercenaires firent leur entrée, le souffle court. Ils avaient couru, apparemment.

_ « Océane, Comtesse et Mollows se dirigent vers la plage. Allez les choper là-bas. »
_ « Mais on en vient », protestèrent-ils simultanément.
_ « C’est bien possible, mais j’aime pas tellement savoir Océane à la tête des opérations. C’est un peu le genre à tenter des trucs imprévisibles, et l’imprévisible, moi, j’aime pas ».
_ « Putain mais moi j’en peux plus de ces voyages en zodiaque, ça me file la gerbe à chaque fois, j’ai l’impression d’être Latrell en fin de soirée », se plaignit Baygon.
_ « Je confirme ! », s’exclama CoinCoin. « Il vomit à peu près autant que Tyler peut boire de bière en deux heures. Il m’a même dégueulé sur mon casse-croûte, un bon vieux Dieppois que j’avais fait venir spécialement de chez Paul ». Le ton du palmipède, baptisé ainsi à cause de ses doigts de pieds joints par une fine membrane épidermique, était vraiment peiné, comme s’il avait perdu un objet qui lui était cher.
_ « Je t’en payerai un autre, va ! », assura Major en tapant amicalement sur l’épaule de son fidèle assistant. « Ecoutez, vous êtes deux, vous pouvez considérer que Comtesse et Océane sont à vous si vous réussissez à récupérer les guns ».

La moustache de Baygon frétilla de plaisir. CoinCoin cancana un cri de joie. Major leur sourit et monta dans un 4x4 blindé, plus gros qu’un Hummer, qu’il avait fait équiper de deux moteurs V12 fabriqués spécialement pour lui par Ferrari. Il tourna la clé dans le contact et fit rugir le moteur. Un panache de fumée noirâtre sortit du pot d’échappement. Il passa la première, leva doucement le pied de l’embrayage et appuya comme une brute sur la pédale d’accélérateur. La voiture partit tout droit vers ce qui semblait être le mur. Major pressa un bouton installé sur le volant et instantanément le mur se sépara par le centre en deux blocs qui s’écartèrent juste assez pour laisser passer le véhicule. Major adorait faire des petites sorties de ce genre avec ses engins. Une main sur le volant, l’autre sur le levier de vitesse, il se faisait plaisir en imaginant courir une étape de rallye. Le parcours était rendu difficile par une luminosité en baisse constante, mais les énormes phares installés sur le pare-buffle faisaient leur boulot, si bien que le chemin devant la voiture était éclairé comme une piste d’atterrissage à Roissy.

En moins de temps qu’il n’en faut à Brouche pour venir à bout d’une blanquette, il était déjà à l’arrêt devant la baraque qu’avait investie le groupe Bertin. Major descendit du 4x4 et sortit un téléphone portable presque aussi gros que celui de Danny Glover dans L’Arme Fatale. « Je suis à la porte Bouh, ouvre-moi ». Presque dans l’instant, un morceau du trompe-l’œil qui masquait le bungalow aux yeux inattentifs s’écarta et laissa sortir de la lumière, ainsi que des cris implorants. Major s’empressa d’entrer, légèrement inquiet à l’idée d’avoir laissé Bouh seul avec des êtres vivants pendant trop longtemps. A l’intérieur, les cris étaient encore plus puissants. N’osant aller voir ce qu’il imaginait être comme un piège totalement sadique façon Saw, Major se passa la main sur le visage et demanda à Bouh :

_ « Qu’est-ce que tu as bien pu leur faire pour qu’ils gueulent comme ça ? »
_ « Ben rien, je leur passe un film ! »
_ « Tu veux me faire croire qu’un film peut faire cet effet aux gens ? Je peux te dire, j’ai vu Ebola Syndrom et Itchi the Killer, et jamais j’ai poussé des cris de ce genre . »
_ « Ah oui mais là c’est mon film ! »
_ « Ton film ? De quoi tu parles putain ? »
_ « Ben ouais, celui que j’ai écrit, produit, réalisé et dont je suis l’acteur principal. The Pasta Machine, c’est le titre. Je joue un aventurier de l’espace, genre Han Solo, tu vois, sauf que j’ai pas de Chewbacca… Oh putain je suis trop con, j’aurais dû demander à Mayo ! Bon, ben c’est trop tard maintenant. Enfin, bref, je suis donc dans l’espace, tranquille tu vois, je viens de mettre leur raclée à des mineurs dégénérés qui vivent sur une planète toute verte, et là paf, le système de propulsion qui explose ! En urgence, je me pose sur une planète peuplée de pâtes à forme humaine. Imagine des seins en spaghettis, hmmmm… Bon, enfin voilà, toutes les femmes-spaghettis sont nymphomanes, et je me fais violer à peu près 253 fois avant de pouvoir quitter la planète ».

Major avait les yeux du smiley shock.

_ « Ah ouais. Quand même. C’est… bigrement audacieux, dis-moi ! »
_ « C’est un peu le projet d’une vie, ouais ». Bouh était tout excité que Major s’intéresse à son film.
_ « Mais, comment… Il y a l’air d’y avoir… beaucoup d’action dans ton film, c’est plutôt du blockbuster ? »
_ « Non, pas du tout. J’ai soigné les dialogues aussi. Le film dure dix heures, donc j’ai eu le temps de développer la psychologie des personnages. »
_ « Depuis combien de temps ils regardent ça ? », demanda Major qui se disait qu’il devait s’agir là du pire châtiment jamais infligé sur cette île.
_ « Oh, trois ou quatre heures. Ils arrivent au moment où la Reine Tortellini me viole sauvagement ».

Major courut au salon pour couper ce spectacle diabolique, plus pour sa santé mentale qu’autre chose. Il se retourna et fit face aux quatre prisonniers ligotés sur le canapé. Ils étaient tous plus pâles les uns que les autres, les lèvres tremblantes et les larmes aux yeux. Autour d’eux, un foutoir de fringues balancées aux quatre coins de la pièce, de canettes de bière vides et de bouteilles d’alcool fort à moitié entamées donnait une impression de folie contagieuse. Enjoué, le Major se proposa de secouer un peu l’atmosphère.

_ « Youhou les copains, comment ça va ? Bon, c’est peut-être un peu con de demander ça après le spectacle auquel vous venez d’assister, mais c’est simplement pour être amical, ne m’en veuillez pas. Néanmoins, j’aimerai que vous félicitiez Bouh, qui a tenu à partager avec vous un projet qui mûrissait depuis des années et qu’il a enfin réussi à concrétiser ».

Ils le regardèrent avec des yeux fous. Ils lui auraient bien hurlé d’aller se faire enculer, mais quelque chose les en empêchait, comme la certitude que tout se terminerait pour eux une fois ces mots prononcés. Ils gardèrent donc le silence, mais n’en exprimèrent pas moins leur mépris par le regard. Major gronda :

_ « Applaudissez Bouh, ou bien je vous explose les rotules ».

A l’unisson, ils frappèrent bruyamment des mains en direction de Bouh. Celui-ci, la larme à l’œil, fit une révérence. Major sourit franchement et entreprit de chercher un CD. Il les prenait par dizaines, en regardait deux, et laissait tomber le tout par terre. Dans le reflet de l’écran de télévision, il voyait Bertin s’agiter sur le canapé. Le manège continua, le sourire du Major s’étendant de plus en plus à mesure qu’il entendait les grognements de Bertin augmenter en intensité. Deux ou trois centaines d’albums s’étalaient sur la moquette épaisse quand un claquement sonore se fit entendre. Bertin avait réussi à faire exploser les cordes qui l’entravaient sous la pression de ses muscles tendus. Major dégaina aussitôt son arme et la pointa sur le mastodonte au crâne rasé, mais celui-ci ne prit même pas la peine de se montrer menaçant et se précipita vers les CD qui jonchaient le sol pour les ranger. Il marmonnait. « Ordre alphabétique. A, B, C, Ordre alphabétique. D, E, F… Ordre alphabétique…. ». Il continua sa litanie en rangeant fébrilement les disques dans l’espace qui leur était consacré. Major rit de bon cœur et se dirigea vers le canapé. Il sortit un couteau de sa poche et immédiatement les autres tentèrent tant bien que mal, malgré leurs entraves, de reculer le plus loin possible de la lame effilée. Major fit un geste rassurant, se rapprocha de Pippo et la libéra.

_ « Bouh est vraiment un rustre de t’avoir laissée comme ça si longtemps, pauvre petite. »
_ « Merci Majorounet à la violette », le remercia-t-elle, reconnaissante.
_ « Tiens, assieds-toi là, je vais te préparer un chocolat chaud ».

Major tira une chaise derrière la table du salon. Pippo s’assit devant lui et entama un petit jeu avec ses deux index, les faisant se répondre des chants de supporters des deux clubs milanais, les tiffosi rossoneri l’emportant invariablement à la fin. Pendant ce temps, Major avait repris la parole.

_ « Je ne suis pas venu ici simplement pour la causette, vous savez. Malheureusement, y’a aussi le boulot dans la vie, et même quand il est désagréable, il faut se résoudre à le faire. Sachez bien que je regrette ce que vous allez voir, mais c’est la volonté des Kdfistes. »

Major dégaina son Magnum, l’arma, et tira une balle dans la tête de Pippo. Elle s’écroula lourdement face contre table, les paumes posées à plat.
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MessagePosté le: 10 Nov 2006 17:48    Sujet du message: Répondre en citant

EPISODE 11 (2/3)




La nuit était tombée sur la plage. Océane, Comtesse et Mollows furent surpris de ne voir aucun signe de vie. Pas un feu, ne serait-ce qu’une braise, pas une voix qui aurait percé dans l’obscurité, même pas un petit chuchotement soufflé au creux d’une oreille avide. Rien, le néant.

_ « Et maintenant quoi ? Je te l’avais bien dit ! », triompha Comtesse.
_ « Oh ta gueule », lui rétorqua Océane. « Tu penses que j’en ai quelque chose à carrer de ces péquenots ? T’as rien compris à ce que j’ai expliqué tout à l’heure ? Que les choses soient bien claires : s’ils sont morts, c’est tant mieux. A vrai dire, j’en serais ravie. »
_ « Alors qu’est-ce qu’on est venus foutre ici, tu peux me le dire ? »
_ « Regarde à 3 heures ».

Les murs fortifiés surmontés de barbelé de la prison se distinguaient encore dans la pénombre. Pour Comtesse, ils ressemblaient terriblement à une sépulture d’architecture stalinienne. Un gros cercueil carré en béton armé.

_ « La classe, on est revenus se faire chier à la prison ! »
_ « Bordel mais c’est quoi ton plan à toi ? Tu passes ton temps à geindre mais t’as pas la moindre foutue idée de ce qu’on devrait faire. Alors ferme-là et suis moi ».
Comtesse croisa les bras.
_ « Pourquoi faire ? », demanda-t-elle sur le ton du défi.
_ « Pour aller sur Internet et prévenir quelqu’un. »


Ailleurs, sur l’eau, un zodiac rugissant fendait les flots. Coincoin tenait fermement la poignée du moteur hors-bord pendant que Baygon se lamentait d’une voix pâteuse, un seau à l’effigie d’Eric Deflandre entre les jambes. Ils fonçaient vers la plage, le plus rapidement possible en suivant la falaise qui défilait à grande vitesse à leur gauche, éclairés par la lumière de la lune. Les reflets miroitants étaient comme une voie céleste. C’est ma voie lactée, pensa CoinCoin, ce qui eut pour effet immédiat de lui donner faim. Le sandwich au thon suivit la voie lactée dans l’esprit du modérateur. Baygon vomit, une fois de plus. « Arrête de penser à voix haute », prononça-t-il d’une voix rauque.


Mollows venait de franchir la porte de la prison. Il se montrait extrêmement prudent, se déplaçant avec rapidité et en silence, patientant de longues secondes silencieuses en guettant le moindre bruit suspect avant d’esquisser le plus petit mouvement. Océane et Comtesse le suivaient de près. Soudain, des voix leur parvinrent, étouffées d’abord, puis, à mesure qu’ils se rapprochaient, de plus en plus distinctes.

_ « Mon premier joint, c’était au concert des 13 Dhutaýga, groupe de moines bouddhistes qui fait du folk avec des instruments à eux. C’était un des plus beaux trips de ma vie, je m’en souviens dans ses moindres détails, j’avais un de ces karmas ce jour là ! »
_ « Je pense que si je t’ouvrais le crâne, je pourrais découvrir dans quelle zone du cerveau se situe le karma. On essaye ? »
_ « Ouais mais non, c’est pas très funky ça, je risque d’avoir mal, et peut-être même de mourir. Nan sérieux, tu préfères pas qu’on discute un peu avant ? Là je me rappelle d’avoir vu une chanteuse magnifique pendant la représentation sauvage d’une troupe d’anorexiques dépressives en cure de sommeil. Elles étaient descendues d’un car au beau milieu du parking d’une station essence totalement paumée, et elles s’étaient mises à chanter la Messe du Couronnement de Mozart. C’était bizarre, beau, pur. Tu vois ce que je veux dire ? L’innocence qui jaillit comme ça, au croisement de nulle part et d’ailleurs ? »

Mollows fit signe que la voie était libre. Océane se précipita vers les voix, fusil en avant, à la Rambo. Elle passa devant la cellule à toute vitesse, inspecta rapidement les alentours, et revint vers les quatre prisonniers. Nusra était toujours en train de parler, Gébé dormait. Elec et Gaston, par contre, étaient déjà debout et criaient à Océane de les libérer. Elle s’approcha :

_ « Y’a personne d’autre que vous ici ? »
_ « Non, on est tous seuls. CHR$ nous a enfermés, et puis CoinCoin et Baygon sont arrivés et l’ont buté », expliqua très vite Gaston.
_ « Bon, reculez ».

Ils obéirent illico. Océane épaula le fusil et tira une balle dans la serrure. Gaston poussa la porte et sortit pour se dégourdir les jambes. Pendant qu’elle se dirigeait vers la petite pièce de contrôle, il fit quelques flexions des genoux et observa le déhanchement de la lusitanienne d’un œil concupiscent. Electron sortit à son tour, suivi de près par Nusra. Ils avaient allongé Gébé sur la paillasse. Le marseillais s’était endormi à 18h53 pile, juste à l’heure où Julien Lepers libère l’antenne de ses questions pour un champion. Dans la pièce de contrôle, Océane poussa un grand cri de joie.


Lucky Luke continuait son expédition. Il avait l’impression d’avoir marché pendant des jours entiers, tant il avait mal aux jambes. De plus, le doute avait commencé à l’assaillir. Et si je tournais en rond ? Tout se ressemble ici, des arbres partout, pas le moindre bouchon lyonnais, que du vert. Bordel, ce qu’il pouvait détester la nature. La ville, grise, terne, polluée, c’était ça dont il avait besoin. Voir Gerland sous un ciel d’orage, écouter la clameur des Bad Gones résonner un soir d’automne, observer la vapeur fumer autour du crâne chauve de Cris en Janvier. Sautant d’un arbre à l’autre, le rayon de lumière qui sortait de sa lampe de poche éclaira quelque chose d’inattendu. De la pierre. Une construction. Ca avait la forme d’une petite église de village, mais celle d’un village où les habitants seraient des satanistes pratiquant des sacrifices en l’honneur du démon tous les samedis soir au lieu de se bourrer consciencieusement la gueule au bal guinguette. Ce que Lucky voyait devant lui, c’était une ode à la douleur faite de pierre et de ciment. Les gargouilles réglementaires étaient des hommes empalés, embrochés, découpés en morceaux. Le clocher avait la forme pointue d’une aiguille, la porte l’allure sinistre d’une bouche prête à vous engloutir. Par un vitrail représentant un homme se vidant de son sang par le cul, une lueur étrange semblait donner vie à la scène horrible peinte sur le verre.

Lucky rassembla son courage et alla se coller à la porte, pour la pousser doucement, sans faire de bruit. A l’intérieur, pas un bruit ne venait troubler un silence total, surnaturel. Pas un craquement de bois du fruste autel qui se tenait d’un bout. Pas le souffle d’un courant d’air. Lucky se dirigea vers l’autel, là d’où venait la lueur. Entre les murs du temple de la douleur, elle prenait des teintes bleutées. On aurait dit que de petites flammes bleutées dansaient autour. Prudemment, Lucky en fit le tour, afin de bien distinguer le petit objet qui irradiait. C’était un petit totem, un peu plus grand qu’un Playmobil, une miniature de la statue qu’il avait vu quelques temps auparavant. Tout lui disait de partir le plus vite possible de là, de s’en aller loin, et pourtant Lucky sentait en lui le besoin irrépressible de toucher l’objet, de le prendre entre ses mains. Il tenta bien de résister, mais la tentation était trop forte. Il s’empara vite du petit personnage de pierre et le mit dans sa mallette. Alors qu’il reprenait le chemin de la sortie, un bruit sourd, suivi d’un tremblement, le fit s’arrêter. Lucky se retourna pour constater que l’autel avait reculé de deux bons mètres et avait révélé un trou où descendait un escalier. Quelque chose grimpait les marches, quelque chose qui respirait dans un râlement et crachotait de petits cris aigus. Lucky trouillait sévère. La chose se rapprochait, mais il n’arrivait plus à bouger, la peur avait figé tous ses membres. La chose sortit du trou, lentement. Il savait désormais sur quel modèle avait été construite la statue. L’hideuse créature lui faisait face. Elle braqua sur le lyonnais ses deux orbites vides, dans lesquelles dansait une folle lumière bleue. Son affreuse bouche s’ouvrit, laissant sortir quelques insectes dégoulinants d’une bave noire.


Le zodiac était échoué sur la plage. Un seau sur lequel le visage d’Eric Deflandre souriant tranquillement déversait son contenu jaunâtre dans l’océan, légèrement remué par les vagues qui avançaient et reculaient inlassablement. Des traces de pas remontaient vers la prison. CoinCoin et Baygon étaient à la porte.

_ « T’as entendu ? », demanda CoinCoin ?
_ « Nan, pour l’instant j’entends que le bruit de la mer. Vas-y, on rentre, je sens que je vais encore vomir, j’aimerais le faire avec un peu de dignité cette fois ».

Ils poussèrent la porte. Mollows, tapi dans l’ombre, sauta à la gorge de CoinCoin et serra ses mains autour du petit cou fragile qu’il sentait sur le point de craquer. Baygon, ne pouvant plus tenir, déversa tripes et boyaux sur les deux hommes en pleine lutte. L’odeur affreuse les fit immédiatement stopper le combat, et eux-mêmes sentirent monter en eux la sensation écœurante de l’estomac qui proteste violemment contre une telle agression olfactive. Presque en même temps, il tombèrent à genoux et expulsèrent ce qu’ils avaient trouvé à se mettre sous la dent depuis le matin. Mollows, entraîné depuis des lustres à ce genre de déconvenues par des soirées de régiment où l’alcool ingurgité aurait vidé le stock d’une usine Kronenboug, se remit sur ses pieds le plus rapidement. Pourtant, une fois dressé, les vapeurs immondes le firent tomber de nouveau. La tête lui tournait, il sentait la bile de Jean-Michel Aulas lui vriller les sinus, s’insinuer sous sa peau, remonter rapidement vers sa cage thoracique pour tenter d’enserrer son cœur dans l’étau froid de la certitude. Baygon lui décocha un coup de pied dans la tête. Mollows tomba sur le côté, sans pour autant être sonné. Les coups commencèrent à pleuvoir. Ils s’y étaient mis à deux, les salauds. A coups de talon, ils laminaient le corps de leur adversaire sans défense. Douloureusement, Mollows perdit conscience.

L’ordinateur de la pièce de contrôle sur lequel Océane naviguait n’était pas protégé comme ceux sur lesquels on les avait fait voter au début de l’aventure, comme elle l’avait prévu. Elle ouvrit Firefox et alla directement sur la page de sa boîte mail. Elle allait entrer l’adresse quand des bruits de luttes résonnèrent. Ca venait de l’extérieur. Elle sortit précipitamment, armée de son fusil, pour rejoindre Comtesse qui s’était jointe au petit groupe formé par Elec, Gaston et Nusra.

_ « Qu’est-ce que c’est que ça ? »
_ « Je ne sais pas », répondit Elec, « on dirait que y’a des gens qui se font éventrer dehors ».
_ « Ca sent l’admin ça, merde ! ».
Océane était furax, mais ce n’était pas le moment de se laisser aller à l’abattement.
_ « Ok, qu’ils y viennent », dit-elle en insérant un chargeur plein dans le fusil mitrailleur.

CoinCoin et Baygon, venus à bout de Mollows, remontèrent prudemment un couloir bordé de cellules vides. Marchant aussi discrètement que possible, en restant bien dans les zones les plus noires, ils arrivèrent à portée de voix d’Océane. CoinCoin tapa Baygon du coude et lui indiqua qu’il avait une idée en se frappant la tempe d’un doigt.

_ « On est pas armés Océane. On vient pour discuter. C’est Major qui nous envoie ».
_ « Vous pensez que je vais croire ça ! Putain, je sais pas ce qui s’est passé avec Mollows, mais d’ici ça donnait l’impression que vous lui avez ouvert le bide avec les mains ».
_ « Tu fais erreur, Océane. C’est Baygon qui lui a vomi dessus. Sans rire, cette espèce de flippette a le mal de mer ».
_ « Non mais lol quoi ! Tu me prends pour une idiote ! »
_ « Pas du tout, au contraire. Je pensais que ton formidable esprit d’analyse te suggérerait que j’aurai difficilement pu inventer une connerie pareille en un moment comme celui-ci. C’est pas vraiment mon style ».
_ « Mouais, admettons. Ramenez vos fraises ici les mains bien en évidence, et tout doucement ».

Les deux modos firent comme il leur avait été ordonné. Sans gestes brusques, ils s’approchèrent du petit groupe. Océane se tenait devant les quatre autres. Pas un ne semblait rassuré. CoinCoin souriait.
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