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Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Kamoulox du Foot Index du Forum -> Sous le masque des kdfistes
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Tony Adams
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MessagePosté le: 10 Nov 2006 17:50    Sujet du message: Répondre en citant

EPISODE 11 (3/3)





_ « Lucky Luke, pourquoi viens-tu réveiller ceux qui sont morts ? Putain, mais t’es obligé d’être aussi sentencieux ? Ho c’est bon vous deux, laissez nous un peu de répit ! J’hallucine, comment il se permet d’intervenir lui ! Mais va te faire enculer, pauvre type ! Nan, une fois, c’est moi qui t’encule, et dans le cul en plus ! »
Lucky venait d’entendre six voix différentes sortir de la même bouche et se répondre mutuellement les unes aux autres. Soit il était dans la quatrième dimension, soit il vivait la pire expérience de toute son existence. Tremblant, il réussit tout de même à demander :
_ « Mais vous êtes quoi, au juste ? »
_ « Nous sommes ceux qui sont morts sur cette île, nous sommes les victimes de Major Fatal. Toi tu devais faire partie de la meute, parce qu’en ce qui me concerne, j’ai été bouffé par un putain de python. Tu peux t’estimer heureux, c’était pas un Manhurin. Bon et sinon Lucky, qu’est-ce qui t’amène ? »
_ « Euh, rien, en fait. Je passais simplement par là, j’ai vu de la lumière et je suis entré, comme dit la chanson. Non mais vraiment, je veux pas déranger. Faites comme si vous ne m’aviez pas vu, je vais retourner faire un tour dans la forêt, je crois que j’ai vu écureuil extrêmement rare tout à l’heure ».
_ « Pas d’écureuil ce soir, seule la mort t’attend ».
_ « Oh, non, pas ça, s’il vous plaît, pas maintenant, pas cette année. L’OL peut gagner la Ligue des Champions cette saison, je le sens, je le sais. Je ne veux pas mourir sans avoir vu ça ».
_ « Qui es-tu pour demander quoi que ce soit ? C’est d’accord, nous allons t’accorder un bref aperçu du futur. Approche, n’aie pas peur. Mais t’es un payday ou quoi, faut le crever ! ».
_ « Mais vous êtes combien là dedans ? »
_ « Oh, je sais pas trop. Plein. Beaucoup trop même. Y’a des sales newbies. Ouais, mais ils sont de gauche eux, au moins. A vue de nez, je dirais une bonne centaine. Mais beaucoup restent silencieux. Tiens, c’est vrai que j’ai jamais entendu les voix de Kamoumou ou d’Umungus66. Ah pourtant ils sont là, ils sentent le noob à plein nez. Va te faire foutre ! »
La dernière voix était stridente, aiguë comme celle d’un enfant.
_ « J’en ai marre de vos sales vannes sur moi. J’ai jamais posté parce que pas plus longtemps que deux jours après mon inscription, un taré en couche m’a chopé chez moi et m’a ramené ici. Je suis mort au bout de deux jours, éventré par Baygonsec. Alors merde, oubliez un peu le pseudo Kamoumou et butez plutôt ce con ».

Le monstre acquiesça à cette remarque pertinente et tendit son unique bras vers Lucky. Ce dernier recula, mais le bras s’allongeait comme de la pâte à modeler. Le dos du lyonnais heurta le mur. La main griffue du monstre se referma sur sa gorge. D’un doigt, elle perfora la carotide. Lucky s’écroula, les mains autour du cou, le sang s’écoulant le long de sa chemise. Alors qu’il se sentait sombrer dans un sommeil qu’il savait éternel, le décor changea du tout au tout. Il était à une terrasse de café, dans Lyon, chez lui. L’Equipe était posé sur la table. En Une, les lettres énormes épelaient un triomphal : « CHAMPIONS ». La date du journal était le 14 mai 2013. Un Karim Benzema vieilli portait à bout de bras la coupe aux grandes oreilles. « 6ème titre consécutif », proclamait la manchette. Lucky mourut le sourire aux lèvres.

La bête ouvrit la gueule et aspira bruyamment de l’air pendant beaucoup plus de temps qu’il n’en faut pour gonfler des poumons humains. Une centaine de voix hurlèrent alors à l’unisson, faisant trembler les murs du temple. C’était une alarme, une plainte, un chant funèbre venu d’outre-tombe qui n’en finissait plus. Le corps de Lucky était secoué par les vibrations. Les vitraux menaçaient d’exploser. Le cri stoppa brusquement. La bête bougea de nouveau. Elle s’empara du corps de Lucky et repartit vers l’endroit d’où elle était venue, le passage secret dissimulé sous l’autel, qui se referma après son passage.



« YIIIIIIIIIIIIIIIIHHHHAAAAAAAAAAAAAH », hurla Major. Il partit ensuite d’un grand éclat de rire.

_ « Vous verriez vos gueules ! Avec les gouttes de sang qui ont giclé, on dirait que vous avez la rougeole ! »
_ « Putain putain putain j’ai rien vu, il s’est rien passé ». Maïe se tenait le visage entre les mains. En pleine crise de nerfs, elle se débattait comme une furie dans ses liens, si bien qu’elle réussit à les détendre suffisamment pour s’en libérer.
_ « Oh laaaa, doucement ». Major pointait son arme sur elle. « Faudrait voir à se calmer un peu. T’es pas prévue au programme, mais ça peut s’arranger en un quart de seconde ».
Maxime se dressa sur ses jambes.
_ « Ui ui ui, je suis bien d’accord. Tiens, libère-moi d’ailleurs, y’a pas de raison que je sois le seul à rester comme un couillon tout ligoté. »

Maïe réagit sans même réfléchir. Elle avait l’air complètement perdue, l’esprit en pilote automatique. Major prit ça à la rigolade.

_ « Ouais, tu peux y aller Maïe, c’est pas Maxime qui va se transformer en héros pour me latter la gueule, ça c’est sûr ! »
_ « Méfie-toi MajorFatal, on ne sait jamais ce qui rôde derrière le mimosa. C’est peut-être quelque chose de dangereux, de très dangereux même. Fais bien attention, ça pourrait te coûter cher ».

Bertin avait terminé de ranger les disques. Il s’attaquait désormais aux cannettes, bouteilles, vêtements, tout ce qui n’était pas à sa place. Il ne prêtait même pas attention à ce qui se passait autour de lui, c’était comme s’il ne le voyait plus. Son univers n’était plus composé que d’espaces de rangement et d’objets à remettre à leur place. Un puzzle grandeur nature, en somme. Major le regardait faire, quand une odeur étrange lui titilla les narines.

_ « Bouh, tu t’es laissé aller ? »
_ « Non Major, juste quand je suis tout seul, sous ma couette ».
_ « Ca sent bizarre quand même, tu trouves pas ? »
_ « Je ne sais pas, tu sens quoi ? »
_ « Je ne suis pas sûr… C’est… Mais oui, c’est ça ! Ca sent la merde ! »

Soudain, un tout petit bonhomme fit son apparition dans la pièce. Pas vraiment un nain, pas vraiment un lilliputien non plus, il était un à part dans la catégorie des personnes de petite taille. Il n’était pas difforme, mais quelque chose chez lui semblait inapproprié, en dehors du maillot de l’équipe de Belgique floqué au nom de Wilmots. Peut-être cette lubricité qui semblait émaner de lui.

_ « Merde ! Merde ! Hihihihihiiaaaarrr, MERDE ! ! », cria-t-il d’une voix démente. « On joue avec nos teubs ? Allez Major, je suis sûr que la mienne est plus grande. On se regarde un peu le film de Bouh avant, ça m’excite grave ces gros nichons ! »
_ « Putain mais t’es qui toi ? », s’exclama Major.
_ « Godferdom ! Tu me reconnais pas ? C’est moi, N°14 ! »
_ « Mais d’où tu sors ? » Major n’en revenait pas. Il n’avait jamais demandé à Zozo de choper ce type !
_ « Ben, je m’achetais un cornet de frites, tu vois, et puis un gars m’a demandé l’heure. C’était Zozo, je l’ai reconnu grâce aux photos de Vincennes qui sont postées de temps en temps. Je l’ai suivi jusqu’à chez un type un peu louche, mais qui possédait une des plus belles collections de pornos que j’aie vues ! Ensuite, quand il a assommé le type pour le balancer dans sa voiture, je suis monté dans le coffre. A l’intérieur, y’avait une grosse valise remplie de bouteilles de pastis et de charcuterie. Je me suis glissé entre un jambonneau et un chapelet de saucisses, je peux te dire, ça a été chaud ! Ensuite, je me souviens plus très bien, c’était un peu la débauche là dedans. L’alcool nous avait tous rendus un peu fous, on se serait cru chez le Marquis de Sade. Mais je me souviens m’être réveillé, avoir ouvert la valise et en être sorti dans une chambre avec des posters de handballeurs accrochés au mur. Y’avait aussi plein de matos informatique, un truc de dingue. Comme je savais pas trop où j’étais, j’ai cherché un endroit pour me planquer et réfléchir. Je cherchais un truc vraiment discret, tu vois, genre un tiroir de commode ou bien une armoire à pharmacie. Finalement, au fond du jardin, j’ai trouvé un alligator qui pionçait, et je me suis caché dans son cul ! Mais je crois qu’il a pas mal bouffé aujourd’hui, parce que je me suis fait foutre dehors par deux types à moitiés digérés. Du coup, je suis sorti et quand je t’ai vu entrer ici tout à l’heure, je t’ai suivi à l’intérieur ».

Major était sur le point de répondre à N°14, mais un cri atroce l’en empêcha et lui transperça les tympans. Jamais il n’avait entendu ça de sa vie, c’était inhumain. Il lâcha son pistolet et tomba à quatre pattes, les mains sur les oreilles. Bouh se frappait la tête contre le mur, Maxime et Maïe s’étaient enfoncé la tête entre deux coussins. Seul Bertin semblait insensible au bruit, continuant son ménage en dépit de la terrible plainte. Il revenait de la cuisine quand son pied heurta le lourd pistolet de Major. Il le ramassa machinalement et leva la tête pour chercher l’endroit où il était rangé habituellement. Puis, soudain, il émergea de son état de transe et braqua instinctivement son arme sur Major, qui venait de se relever.

_ « Bouh, tu bouges pas ou je crève ton boss. Maïe, Maxime, on se casse d’ici ! »
_ « Et moi alors ! », s’exclama N°14. « Moi aussi je veux venir avec vous ! On pourra faire une partouze ! »
_ « Pas de partouze, mais tu peux venir le nain, magne ton cul ».
_ « Cul ! Cul ! Hihihihihiiaaaarrr, CUL ! »

Ils se précipitèrent à l’exterieur. Bertin vengea Fredevils et Forrest en tirant une balle dans la tête de l’alligator qui vadrouillait autour du 4x4 et ils montèrent en vitesse dans le véhicule avant de démarrer en trombe.


_ « Tu vois Océ, comme j’ai dit, nous ne sommes pas armés ».
_ « Gardez quand même les bras écartés, on sait jamais. Et maintenant, balance. Qu’est-ce qu’il propose, le Major ? »
Coin² braqua son regard dans celui de Gaston.
_ « Il tient à vous dire qu’il ne faut jamais rater une occasion de faire le bon choix. Que c’est dans les instants cruciaux que se jouent les destinées. Qu’être modo réclame de l’audace et de l’opportunisme ». Il cligna de l’œil très rapidement, juste assez pour que seul Gaston puisse le voir.
_ « Quèche que chè que chè conneries ? Tou té fous dou ma gueulj ? Tou veux crever ? ». Quand elle était énervée, Océane n’arrivait plus à contrôler son accent portugais.

Elle épaula le fusil et mit CoinCoin en joue. Le canon était dirigé juste entre ses deux yeux. Elle allait tirer, quand un hurlement qui semblait venir de très loin emplit la prison et la fit tourner la tête dans tous les sens, à la recherche de la provenance de ce son qui glaçait les sangs. Gaston réagit immédiatement et asséna un grand coup de poing devant lui, sur l’arrière du crâne d’Océane, qui la fit valdinguer en avant. Baygon la reprit de volée d’un coup de la corde à linge magistral. CoinCoin enchaîna par une descente du coude, monta sur Océane et la bloqua en lui attrapant la jambe. Baygon s’écroula à genoux et frappa trois fois le sol avant de se relever pour crier : « COINCOIN VAINQUEUR ! ». Il s’empara ensuite du fusil et le pointa vers les quatre autres.
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En fait, ce que vous ne comprenez pas, c'est que nous on n'aime pas la gagne ou le foot, on aime juste le Stade Rennais (Bertin T.)
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MessagePosté le: 23 Nov 2006 15:24    Sujet du message: Répondre en citant

EPISODE 12 - 1/3

« Bon, les rigolos, vous croyez qu’on devient modo comme ça ? Alors, vous ne bougez pas, vous vous calmez. On reprend ce qui est à nous. Et démerdez vous avec ce que vous trouverez. Bye, bye, les Guignols, amusez vous bien. On vous laisse Océane et Gaston, je pense que ça devrait vous occuper pendant un moment :siffle: A tchao la compagnie » Baygon et Coincoin commencent à repartir, l’esprit heureux. Baygon se retourne une dernière fois : « Ah, au fait » Une salve du fusil fait exploser l’ordinateur connecté à l’extérieur. Leur dernière chance de s’en sortir vient de disparaître.

Les deux modos ressortent de la prison. Mollows semble se réveiller difficilement, Baygon lui balance un coup de pied dans les cotes en passant « Avec le bonjour de Nicolas » et tranquillement, ils regagnent la plage et leur bateau. « Putain, encore cet espèce de bateau. On pourrait pas rentrer à pied ? » « Fais comme tu veux, moi, je rentre en bateau. Il y a tartiflette au menu ce soir, je ne veux pas rater ça » « Oh non, pas tartiflette » Et Beygon se penche sur le coté et finit de vider le peu qu’il restait dans son estomac « Quoique, Baygon, j’ai peut être la solution. Aussi vrai qu’un black peut manger une carte orange, regarde par là ce qui arrive » « Le Hummer de Major avec Bertin au volant ! » « C’est ta chance de rentrer en voiture, cher Baygon » « Allons y »

« Stop, contrôle routier. Descendez et Papiers du véhicule s’il vous plait. » Baygon n’est jamais autant à l’aise que quand il faut prendre ce ton sérieux et sévère. Il braque le fusil mitrailleur sur le groupe dans le 4x4. Sans paniquer, Maie, n°14 et Maxime, silencieux, descendent du véhicule et s’en éloignent pour rejoindre la lisière du bois. Quant à lui, Bertin, appliquant le plan qu’ils avaient prévu au cas où, il fait semblant de descendre, attrape à la volée le fusil mitrailleur volé chez Major et bravant le modo lyonnais, il s’avance en dégainant son arme. On entendrait une mouche voler. Coincoin et Baygon se regardent brièvement. Le sage palmipède souhaite avant tout éviter un bain de sang qui mettrait Major en fureur. « Coupet Eyes » Un éclair déferle sur la petite troupe. Baygon, vêtu d’une cape blanche aux liserés bleus et rouges, fixe Bertin tel le serpent à sonnettes sa proie. Les yeux du lyonnais, devenus d’une blancheur extrême, semblent irradiés d’une lumière surnaturelle. Le colosse ne s’en laisse pas compter. Il continue de fixer le modo qui le braque. Mais sa résistance ne peut rien, il doit cligner des yeux. C’est le moment que CoinCoin choisit pour lancer à son tour « Piquionne Jump ». Nouvel éclair au dessus de la troupe et d’un saut surhumain, le 2e modo, vêtu d’une cape verte s’accroche au dos du géant au crane rasé, s’agrippant difficilement aux épaules de Bertin. Suffisamment toutefois pour le déstabiliser. Baygon profite de ce moment de faiblesse et au cri d’un « Tiago takle » bondit vers le Hummer, dépossède Bertin de son arme. « Ilian run » « Malouda run » La clairière retentit de deux cris surpuissants : Coincoin et Baygon se précipitent dans la voiture, enclenchent une vitesse et démarrent en trombe, font un demi tour au frein à main et disparaissant dans la jungle. « Yes ! C’est Major qui va être fier de nous : une voiture et une arme récupérées ». « On est trop bon mon CoinCoin, tu imagines si on fusionnait l’OL et l’ASSE, on pourrait être les rois du Monde. D’ailleurs, ton « Piquionne Jump », il me plait bien…» Les deux modos sont super fiers de cette victoire décisive. Toutefois, heureusement que le stéphano-clermontois est lucide et qu’il ne se laisse pas griser par une simple victoire « Putain, Baygon, on n’est pas venu en 4x4, nous ? » « Quoi ? Que veux tu dire ? » « Le bateau. Laisse moi là, rentre chez Major, je ramène le bateau ». Sur ce, Coincoin abandonne son compère dans le Hummer et saute dans la Jungle. Baygon entend un simple « Zokora activity » suivi d’un « Merde, c’est vrai, ça marche plus, c’est quoi déjà cette année ? » « Juju, CoinCoin » « Ah oui, merci « Sablé energy » » et Baygon voit disparaître son compère, zigzagant au milieu des arbres tel le bipbip dans le désert de l’Arizona. Pas de doute, le bateau sera bientôt à la maison.


Ressortis de derrière leurs arbres, les quatre rescapés rejoignent, un peu dépités, l’entrée de la prison. Le reste de la troupe, encore sous le choc de l’affrontement terrible dans la prison, sort à leur rencontre.
Bertin : Putain, on est tombé sur Baygon et Coincoin, c’est des malades ces types
Electron : Ils viennent de mettre une dérouillée à Mollows et Océane
Comtesse : Et pourtant, Mollows, c’est quelque chose, une montagne de muscles dans un cœur de douceur
Océane : Toi la pimbêche, ta gueule, c’est pas toi qui t’es fait dérouiller par un Baygon en fureur
Comtesse : Si tu n’avais pas flingué Nonoz, on en serait pas là.
Nusra, Electron, Maxime : Quoi, elle a flingué Nonoz ?
Comtesse : Oui, sur l’ordre de Major, sans trembler
Océane : Faut dire que tu étais tellement prise, que tu ne pouvais pas faire grand’chose
Comtesse : Précise ta pensée ?
Océane : Tu sais bien ce que je veux dire, avec Mollows, vous étiez plus occupé à vous faire des poupous qu’à vous battre pour survivre.
Comtesse : Traitresse ! Tueuse !
Océane : Salope, Fille de petite vertu
Ca en est trop pour Comtesse : elle se précipite sur Océane pour tenter de la faire taire. Sous le choc, les deux filles tombent dans le sable et commencent à se crêper le chignon
Maxime : Ouais, plus fort que chez Michou : 10€ sur Océane
E- : 15 sur Comtesse
Bertin : 20 sur Océane
N°14 : Ouais, arrache lui sa combi, tire lui le futal, vas y.
Semblant écouter le belge, le Destin entreprend de déchirer le devant de la combinaison d’Océane qui malgré sa position au dessus de Comtesse semble faiblir. Le soutien gorge apparent ne l’arrête pas et elle essaie de se libérer de Comtesse, voire à se venger. Elle prend le haut de la combinaison de son adversaire et le déchire de haut en bas également, dévoilant le corps de Comtesse dans son intégralité. Voilà les deux amazones en sous vêtements, au grand plaisir des voyeurs qui encouragent de plus belle les deux adversaires.

Seul Nusra semble indifférent à cette bagarre érotique de chiffonnières. Il regarde Maïe et Gaston qui s’éloignent vers la plage. Un léger sourire traverse son visage : malgré la gravité de la situation, il ne faut pas perdre tout espoir en l’être humain.

La bataille est interrompue par Mollows qui vient de se relever péniblement : « Keskispas par là ? P’tain, j’ai cru qu’un peloton de cornus libyens m’avait traversé les intestins. J’savais bien que les mangeurs de quenelles devaient être dopés ! Bon, les gonz, faudrait voir à pas tout mélanger. Avec Comty, on a eu envie d’un p’tit moment de tendresse, comme y dizent dans la pub. Pas la peine d’en faire un fromage. Océ, si tu veux tester Mézigue, Popaul est toujours dispo. Sinon, laisse la rombière croire qu’elle va m’épouser. » Les 2 filles se regardent, interloquées par leur propre déferlement de violence. « Excuse moi Comtesse, je ne sais plus ce que je fais. Ce baygon m’a tapé sur les nerfs » « Excuse moi aussi, Océane, on est tous très tendus. On fait la paix ? » Et les deux filles, les combinaisons en lambeaux, se tombent dans les bras et s’embrassent (sur les joues, bande de petits cochons !). Maxime, electron, Bertin et N°14 sont un peu dépités par ce spectacle interrompu. Ils se consolent en matant les deux nouvelles amies, toujours vêtues de leurs seuls sous vêtements. C’est Maxime qui s’esclaffe le premier : « Et dire que Océane nous faisait des leçons d’élégance sur les KDF !!! Une femme qui met des sous vêtements dépareillées et des soutifs ETAM !!! HA, HA, HA !!! Range au moins l’étiquette qui dépasse !! » Océane sent le sang lui monter aux tempes à nouveau. Le cuistre, venir la chercher sur son propre terrain et se moquer d’elle en public. Il ne perd rien pour attendre… Si Major lui demande, Océane se fera un plaisir… « Ben oui, quand Zozo m’a enlevé, j’étais dans une cabine d’essayage de chez Etam pour faire un cadeau à une amie » « Mais bien sûr… Heureusement que je ne suis pas ton ami… Si tu lui offres de l’Etam déjà porté… » Tous les garçons sont maintenant éclatés de rire et Océane n’en peut plus. Elle se met à pleurer comme une madeleine. Comtesse la prend dans ses bras « C’est rien, Océane, ils ne comprennent rien. Viens, on va aller se changer les idées… » et elle emmène sa nouvelle amie dans la prison « …Mais tu ne m’offres jamais, je dis bien jamais, une lingerie ETAM » Et elles éclatent de rire toutes les deux en s’éloignant bras dessus bras dessous

Coincoin arrive rapidement sur la plage. Il voit une tête dépassée du bateau, le bateau commençant à dériver à quelques mètres de la côte. Sans attendre, le modo se jette à l’eau et avec un plongeon caractéristique qui lui a valu son surnom à l’école primaire, il se glisse dans l’azur. Il ressort à quelques centimètres du bateau « Ah, Peuchère, j’ai oublié mon matériel de pêche. Boh, tant pis, rien ne vaut une petite sortie dans les Calanques après la sieste pour voir le coucher du soleil » Discrètement, CoinCoin attrape une canette de bière à la verveine Le Chaudron Vert qu’il avait laissé au fond du bateau après son pique nique et la lance sur la tête du papy qui occupe son bateau. Gébé s’écroule au fond du bateau et Coincoin en profite pour monter à bord et démarrer en direction du repère de Major
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MessagePosté le: 23 Nov 2006 15:25    Sujet du message: Répondre en citant

EPISODE 12 - 2/3

De l’autre coté de la plage, loin du drame qui se déroule autour du bateau, Maie et Gaston marchent côte à côte le long de l’eau, les pieds dans le sable. « J’ai eu très peur quand Major a abattu la pauvre Pippo, j’ai cru qu’on allait tous y passer. Il y avait une vraie folie dans son regard En plus, après le film de Bouh, j’étais dans un tel état, c’était horrible de voir ça !» « Tu n’as rien à craindre, je suis là maintenant pour te protéger » « Merci, Gaston, ça me rassure de voir qu’on peut compter sur des vrais amis sur cette île de fous. Si on s’en sort tous les deux, je te demanderais en mariage » « Rassure toi, Maïe, on va sortir de là. En vie. » Il approche son visage de celui de sa promise pour l’embrasser. Leurs bouches se rapprochent. A ce moment, ils entendent une brindille craquée derrière eux. Ils sursautent, sur le qui-vive. Mais plus rien ne bouge « J’ai peur, Gaston, rentrons avec les autres. Il va bientôt faire nuit noire, on sera plus en sécurité tous ensemble ». « Tu crois ? Bon, allons y alors » La nuit tombante masque le dépit de Gaston qui ne peut que suivre sa dulcinée vers les murs de la prison devant lesquels un feu de camp a été allumé sur une idée originale de Nusra.

Toute la troupe des survivants est réunie autour du feu. Lorsque les deux ex-néo amoureux débarquent, un soupir de soulagement envahit l’assemblée « On croyait que vous aviez disparu à votre tour » « Non, tout va bien » répond Maïe visiblement rassurée et soulagée « Ouais, enfin si on veut » grommelle Gaston dans sa barbe (qu’il n’a pas) « Tout le monde a l’air d’être là alors, ce n’est pas pour ce soir que l’un de nous va disparaître. Fêtons ça » « Ouais, t’as raison, Massime, fé,fê,fai,futons ça. Tiens Comty, passe moi la bouteille de Bourbon » « Tiens, mon Océ chérie, t’as raison, fé, fê, fritons ça. On zait pas de quoi sera fait demain » Les deux amies, ex-rivales, semblent réconciliées et fêtent ça avec entrain. Elles se sont taillé un pagne dans de vieilles couvertures qui traînaient dans la prison. Discrètement, n°14, tapi dans l’ombre de l’assemblée, alimente le stock de Bourbon. Appliquant à la lettre les consignes de MD : fais rire une femme, elle est à moitié dans ton lit ; Fais boire une femme, elle est complètement dans ton lit.
Nusra chante quelques rengaines de feu de camp. C’est quand il aborde « Le Petit Ane Gris » et qu’il parle de Provence qu’Electron s’aperçoit que Gébé n’est pas parmi eux. Les filles ne semblent pas inquiètes « Il doit pioncer le vieux. Laisse le dormir, il va encore nous empêcher de boire ». «Bougez pas les Aminches, j’vais j’ter un œil pour vérifier qu’il est bien au chaud, le Papet » Mollows se lève, suivi d’Electron. Ils se dirigent vers la prison.

Quelques secondes plus tard, ils reviennent affolés : « Il n’est plus là, il a dû se réveiller » Maïe : « On m’a toujours dit qu’avec les personnes âgées, il ne faut pas s’inquiéter, elles finissent toujours par revenir à la maison » « T’es sure que c’est pas pour les chats, ça ? »
La remarque intelligente de Comtesse est interrompue par une sirène hurlante et par l’éclairage brutal de la prison. La voix de Major résonne depuis un haut parler de la prison « Vous êtes mignons tous en rond. Peace and Love, passe moi le Bourbon et le Chichon. Vous cherchez le grand père Gébé ? N’ayez pas d’inquiétude, il est en de bonnes mains. Il nous a juste fait une Jean Pierre Papin en prenant une canette lancée par un canard dans la tête. On vous le rendra quand il sera sur pied. Au fait, je vois que tout le monde est réconcilié. Parfait tout ça… La prochaine trahison de l’un ou l’une d’entre vous n’en sera que plus cruelle. HA, HA, HA, HA » La prison s’éteint brutalement, un violent coup de vent éteint le feu au même moment. Maie hurle de peur et se réfugie dans les premiers bras qui s’ouvrent à elle. Comtesse et Océane se regardent, l’une comme l’autre prêtes à rompre la belle amitié naissante. Gaston se terre discrètement, essayant de se faire oublier. Nusra reprend ses rengaines par un joli « C’est un fameux trois mats fins comme un oiseau, Hissez haut, Santiano » tandis que Bertin et Mollows se consultent « Bon, je crois qu’il est temps d’aller se coucher pour que tout le monde se calme. Demain il fera jour » « Quuoooouuuuaaaa, déjà au lit, mais ce n’est que 10h, c’est l’heure d’aller faire la fête oui » « Ouais, Maxou, on vient avec toi. Tu viens Comty ? » Une baffe retentit soudainement « Ah !!! Mais arrête gros dégueulasse » N°14 se relève en rigolant d’un rire gras : « Ah, ah, pouêt, pouêt les nichons de Maïe, pouêt, pouêt. Fallait pas venir se frotter à n°14 si tu voulais pas que je te pelotes. Pouêt, Pouêt.» Bertin et Maxime se regardent brièvement en s’interrogeant du regard pour savoir si ils ont fait le bon choix en ramenant le belge dans leurs bagages. Gaston en profite et se rapproche de Maïe en lui proposant de la protéger pendant son sommeil. « Merci, Gastounet, je veux bien, je vais aller me coucher dehors, au pied de la prison, tu pourras voir arriver les vicieux plus facilement. Ne t’endors pas, hein, je peux te faire confiance ? »

« Tout le monde au rapport avant d’aller au lit » Quelques secondes plus tard, Bouh, Zozo, Baygon et CoinCoin sont dans la salle de débriefing. « Bon, la journée s’achève d’une meilleure façon qu’elle n’a commencé. Les guignols n’ont plus d’armes, deux d’entre eux sont corrompus, un 3e va les rendre fous j’en suis sûr. Bref, tout va bien. Le Hummer et le bateau sont rentrés à la maison grâce à l’esprit d’initiative et la vivacité de Baygon et CoinCoin (en disant ça, il s’approche des 2 modos et leur pince l’oreille droite). Bouh, tu peux en prendre de la graine. Bref, tout le monde peut aller au lit. Pour ma part, j’ai quelques matchs à regarder sur ESPN avec un certain Gébé… Bonne nuit les petits » « Bonne nuit, Major »

Major rentre dans la pièce juste à coté. Gébé est confortablement assis dans un fauteuil en cuir, la tête enrubannée dans une bande médicale. Il regarde Soir 3. « Ca va mon ami ? Tu n’as pas trop mal à la tête ? » « Bonsoir Major, ça va mieux, je te remercie de m’avoir soigné. Je me demande encore ce qu’il m’est arrivé » « Ne cherche pas, c’est du passé » « Tu sais, Major, le passé, c’est l’essentiel de ma vie aujourd’hui » « Oui, je sais, et plus que tu ne le crois. Ca te dit de regarder quelques matchs de foot du passé, je capte ESPN spécial KDF. Ca t’intéresse ? » « Y a la finale de Munich ? » « Oui, sûrement, entre autres »…
Major s’installe dans le fauteuil à coté de Gébé, lui offre un verre de vin rouge en carafe et appuie sur la télécommande de l’écran plasma 1m² qui fait office de grand écran sur le mur en face. Un clip à la gloire de Basile Boli sur une musique de Tina Rossi apparaît à l’écran. La tête victorieuse contre Milan succède à la reprise de volée contre Toulouse et à quelques tacles bien appuyés de Maître Basile. Puis, quelques entrechats de Waddle, une série de buts de Josip et Jean Pierre. Gébé est aux anges, il sent le palpitant qui accélère. Un portrait géant de Basile s’affiche sur l’écran. La musique de Wagner retentit dans la pièce. Puis l’image du stoppeur se met à clignoter. De plus en plus vite. On commence à deviner l’autre image qui s’affiche en alternance. Il y a un maillot rouge. Puis Boli apparaît de moins en moins et la photo Panini de Glassman à VA apparaît de plus en plus à la place pour se figer au moment où l’accord final de Wagner retentit. Gébé se sent mal, il a l’impression que son cœur va exploser. Il sue à grosses gouttes, il tremble. Major lui ressert du vin avec un petit sourire narquois. Le clic reprend. Ravanelli s’écroule comme une feuille dans la surface du PSG, puis Dhorasoo marque le but en finale de la Coupe de France, Alex fait la panthère à Geoffroy Guichard, Lechkov se prend les pieds dans le tapis en tentant un entrechat, l’OM joue devant 75 spectateurs contre Longwy. L’image entre en zoom alors en direction des tribunes. On se rapproche à grande vitesse des tribunes, Gébé s’accroche comme il peut à son fauteuil. Il respire de plus en plus fort. Il est essoufflé. La caméra de zoom ralentit en s’approchant d’un groupe de supporters. Gébé reconnaît, c’est là qu’il se situait pour ce match mythique. Il s’entend crier « Putain, j’ai honte pour cette équipe » qui résonne dans le stade vide. Ca en est trop pour le cœur vieilli du vieux supporter. Dans un dernier souffle, il lance sa tête en arrière et s’écroule sans vie dans le fauteuil confortable du salon de Major. Celui-ci boit une dernière rasade, appuie sur le bouton OFF, se relève doucement et ferme la porte en lâchant un dernier « Bonne nuit, Gébé ». Dans le couloir qui mène à sa chambre, Major croise Bouh qui va pour sortir son bébé crocodile préféré « Tu vas le faire pisser ? » « Oui, il s’ennuie dans la chambre » « Si il a faim, il y a de la viande de marseillais dans le salon télé. Fais le sortir pour manger, c’est tout. Allez Bonne nuit, Bouh »
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MessagePosté le: 23 Nov 2006 15:28    Sujet du message: Répondre en citant

EPISODE 12 - 3/3

Le calme est revenu sur l’Ile. Tout le monde dort du sommeil du juste… Tout le monde ? Vraiment tout le monde ? Non, bien sûr, Gaston veille. Il veille sur Maïe, appuyé au mur de la prison, enroulé dans une couverture. Il a du mal à tenir réveillé, alors il passe en revue toutes les filles qu’il a eu, toutes celles qu’il aurait pu avoir, toutes celles qu’il ne regrette pas d’avoir raté. Il les revoit ou les imagine toutes nues, dans ses bras, sous la douche, au bord d’une piscine, au fond d’une ruelle. Emmanuelle, Virginie, Sandy, Ingrid, Valérie, Emilie, Huguette, Eve, Anna, Maria… Je t’aime, I love you, Jeg elsker dig, Amo-te, Je veux ton corps, Je veux te baiser, I want to pheuque you, let’s pheuque!, Quero foder contigo, Vil du bøller med mig … Toutes ces pensées lui permettent d’oublier le froid mordant qui est en train d’envahir son corps. La brume de la nuit qui recouvre petit à petit l’Ile pénètre doucement sa combinaison et commence à l’envahir. Il irait bien rejoindre Maie sous sa couverture. Oui, tiens, c’est une idée ça, il irait bien la rejoindre… Il se lève. Réfléchit une nouvelle fois. Et puis non, c’est trop risqué, il retentera sa chance demain. Sa nuit de veille devrait être un argument décisif pour la belle. Seuls les ronflements de Maxime résonnent dans la nuit interrompant le joli chant des animaux de nuit de la forêt…
Les premières lueurs du matin apparaissent enfin à l’est faisant renaitre l’espoir de la fin de la nuit chez Gaston. Le soleil est à peine sorti que les premiers rescapés sortent de leur sommeil. Océane est l’une des premières debout. Elle se dirige vers la prison, son pagne en laine comme seul habit. Elle glisse un petit sourire à Gaston qui lui répond sans savoir comment l’interpréter. « Je vais voir si je trouve du café » chuchote-t-elle à Electron qui se réveille doucement après sa nuit passée au milieu du couloir d’entrée dans la prison. Quelques minutes plus tard, ils sont trois dans la salle de contrôle à boire un café chaud. Océane et Electron ont été rejoint par Nusra qui regrette amèrement qu’on ne puisse pas capter France Inter parce qu’il va encore rater RadioCom. « Je pourrais peut être bricolé une antenne et un transistor avec les restes de PC que Baygon a détruit ». « On a peut être des choses plus importantes à faire, non ? » Nusra, malgré sa déception, ne peut que reconnaître qu’Océane a eu, pour une fois, une parole sensée. « En particulier, en cherchant le café tout à l’heure, j’ai vu une porte avec un digicode. Je l’avais pas remarquée avant, mais peut être que tu pourrais voir à nous pirater ça pour voir ce qu’il y a derrière ? » « C’est où, c’est où ? :food: » Le chercheur fou est tout excité de trouver enfin un challenge à son niveau. Toutefois, la déception est au rendez vous : moins de 20 secondes après avoir commencé à réfléchir, il tente une combinaison et la porte s’ouvre sur une salle sombre. Un haut parleur diffuse un message préenregistré de Major : « Salut Electron. Si tu entends ce message, c’est que tu as réussi à ouvrir la Porte. Et c’est forcément toi, car seul toi sur cette Ile a l’intelligence pour trouver la formule… Et aussi parce que le digicode est biométrique et qu’il n’est sensé ne répondre qu’à tes empreintes. HA, ha, ha… Tu vas pouvoir prouver tes capacités intellectuelles. Quand la salle va s’éclairer, tu verras de l’autre coté une porte. Derrière cette porte, il y a la sortie de l’Ile. Bref, si tu l’atteins, tu ne seras pas modo, mais tu resteras en vie. Je sais que cette perspective doit allécher d’autres personnes qui sont peut être autour de toi. Salut Océane, je suis sûr que tu es là, toi, toujours dans les bons coups. Elles peuvent essayer de prendre ta place et d’atteindre la porte. Seulement, pour atteindre la porte, tu vas le voir par toi-même, il y a des énigmes à répondre. Et si tu réponds mal, Couic, tu es mort… Autant dire que le commun des mortels et la commune des portugaises n’ont aucune chance d’arriver au bout. Mais si je te laisse cette porte de sortie, c’est parce que je sais que même toi, tu n’arriveras pas à répondre à toutes les énigmes… Ah, ah, ah… Prouve moi le contraire, mon cher Electron. A toi de jouer ! » La voix se tait et la lumière s’allume dans la pièce dévoilant un enchevêtrement de poutres, de poulies, de lames et autres réjouissances. Une musique étourdissante ressemblant à la BO d’Indiana Jones retentit dans la pièce. Electron a une hésitation, mais le défi est trop beau. Il s’avance d’un pas, franchit la porte qui se referme instantanément derrière lui. Il ne peut plus reculer. Les lames se mettent en mouvement, zébrant la pièce et empêchant tout passage en force, la musique se tait et la voix reprend : « Première épreuve : le Big Bang, l’origine de l’origine du monde. Entre sur le clavier la bonne date et tu resteras en vie. Trompe toi 3 fois et la lumière s’éteindra et il te faudra finir en aveugle… Autant dire que tu ne finiras pas. » L’origine de l’origine du Monde. Personne ne connaît la date exacte du vrai Big Bang. Ce ne peut être ça. Sa date de naissance ? Celle de Major (mais il ne la connaît pas) ? Il tente sa date de naissance. « Perdu » la voix de Major retentit. « Tu me déçois Electron. Lis mieux l’énoncé » L’origine de l’origine du Monde. Mais oui, mais c’est bien sûr. Courbet ! Il entre, assuré, la date où le tableau de Gustave a été terminé. « Encore perdu. Tu ne vas pas perdre à la première question, quand même ? » Electron sent sa respiration s’accélérer. L’origine de l’origine du Monde. Mais oui, ce doit être la date de naissance de sa maman ! Mais comment Major peut il la connaître ? C’est effrayant ! Il essaie « Gagné… Ta maman va bien, je te rassure » Devant lui, quelques lames s’arrêtent de fonctionner. En sueur, le cœur battant, il peut avancer prudemment jusqu’à un pupitre devant lui. Il appuie sur le bouton Rouge. Apparaît sur l’écran la page 17 de son forum sur les KDF. Et une question de Saco du 07 juin 2004 à 13:37 :
Code:
« Chère particule,

Voilà, j'ai rencontré une fille il y a 2 semaines à Brest.
Depuis nous nous sommes revus et je me demande comment conclure.
J'attends vos conseils.

Merci »


« Mon cher professeur, Tu n’as jamais répondu à cette question et Saco se morfond toujours, ne sachant que faire. La demoiselle de Brest est prête à entrer dans les Ordres si elle n’a pas une réponse. Trouve le prénom de la demoiselle et tu pourras avancer de quelques mètres vers la liberté. Tu as trois chances… » « Il est dingue ce Major. Comment veut il que je trouve un prénom à partir d’une seule contribution » Electron sent ses espoirs disparaître. Il n’a aucune chance de trouver le bon prénom. Il ne voit qu’une seule solution : tenter de désactiver le système en le bidouillant directement. Il commence à étudier le pupitre, réussit à l’ouvrir. Un système électrique simplissime, trop simple pour pouvoir être déconnecté tout seul. Son doigt touche malencontreusement un fil. La voix de Major retentit « Je me doutais bien que tu céderais à la facilité, mon Electron. Je pensais juste que tu irais plus loin que la deuxième question. Mais je ne peux pas t’en vouloir. Pour te prouver ma mansuétude, tu ne vas pas mourir tout de suite. Je te laisse une chance, une minuscule chance de désactiver le système… Bonne chance, mon Electron. Et Adieu si je ne te reparle pas ». Le cœur du chercheur bat à rompre dans sa poitrine. Il étudie le circuit électronique. « Facile, c’est un circuit tout con » Il cherche autour de lui, défait un lacet de sa chaussure, bricole un petit lasso, enlève un œillet de ses éternelles tennis Adidas, l’accroche au bout du lasso et lance le lasso en direction d’un composant. Une brève étincelle, une petite odeur de brulé, et la voix de Major reprend « Bravo, Electron, la demoiselle s’appelle bien Gwenaelle et Saco continue toujours de la voir en secret. Tu peux aller à la 3e épreuve. » « Yes, Je t’ai bien niqué, Major » Tout guilleret, il s’avance devant le 3e pupitre. « Coucou, mon Electron préféré. Je sais que tu as court-circuité la question précédente. La question suivante est donc « Où se trouve l’aiguille dans la botte de foin ? ». A bientôt… peut-être… HA, HA, HA» La musique de la Marche Funèbre retentit alors dans la pièce. Assourdissante. Le son semble augmenté de secondes en secondes. Electron a du mal à se concentrer. L’aiguille dans la botte de foin. Qu’est ce que cela veut dire ? Il n’arrive pas à mettre ses idées en place. Les notes remplissent son cerveau. D’un coup, soudain, plus rien. Le silence absolu. Limite oppressant tant l’opposition est frappante. Electron s’agenouille et commence à ouvrir le pupitre. Cette fois, le circuit électrique d’alimentation semble très compliqué. Au contraire, le circuit imprimé du module électronique est très simple. Electron sent un piège, mais il est incapable de savoir lequel. Il a chaud, très chaud. De plus en plus chaud. La sueur perle sur tout son corps. Il entreprend d’ôter sa combinaison. Sa seule hésitation : il a été choppé par Zozo à la sortie de son bain et il n’a pas eu le temps d’enfiler de sous vêtements. Mais après tout, il est seul. Le voilà nu dans la pièce aux pièges. Il s’agenouille de nouveau. Essaie de comprendre. Ne comprend rien. Qu’est ce que c’est que ce fil rouge qui revient sur lui-même. Repose toi, Electron, Major n’a jamais évoqué de contrainte de temps. Repose toi et tout ira mieux.

Dehors, Océane vient de voir la porte se refermer sur Electron libre. Elle sait que l’adjectif du pseudo de son collègue n’est qu’une illusion. Major a dû prendre toutes les précautions pour qu’il n’y arrive pas. Soudain, à coté de la porte, dans le mur, elle voit un écran télé s’allumer. Avec un léger son nasillard. Elle reconnaît Electron devant un pupitre : la salle et l’évolution d’Electron va être filmée. Soudain, elle le voit commencer à quitter sa combinaison rose et grise. Elle est surprise d’admirer ce corps. Elle s’attendait un corps chétif de chercheur névrosé et trop occupé avec ses cobayes pour s’entretenir. Elle découvre un buste musclé et épilé, des fesses rebondies et bien formées. Elle attend avec une certaine impatience que le chercheur se retourne. Soudain, des pas derrière elle. Elle se retourne et vois Mollows et Comtesse arriver ensemble. « Yo, Océ, la nuit chez Morphée a été bonne ? » « Oui, merci, je pense que la vôtre aussi » « Qu’entends-tu par là ? Parce qu’on arrive ensemble ? C’est simplement le hasard, je faisais mon jogging sur la plage et j’ai vu Molly qui faisait des pompes. On est revenu ensemble de la plage, c’est tout » « Tu fais du jogging avec un pagne en couverture, toi ? » Océane sourit à cette excuse bidon. « Heu… tu regardais quoi à la télé ? » Les trois paires d’yeux se retournent vers l’écran. On y voit Electron, nu, en position de yoga tentant de se concentrer. La Walkyrie semble retentir dans la pièce où il est enfermé « Electron a trouvé cette pièce. Avec un message de Major l’invitant à trouver des énigmes pour la traverser. Il en est à la 3e mais semble avoir du mal » « Mais, il est nu ?!? Tes excuses sont tout aussi bidons que les miennes, ma chère amie. » « Tout ça pour justifier le zyeutage des cabines de douche ! » « Mais non, je vous jure. Tenez, regardez »

Electron tente de se concentrer malgré la musique, malgré la chaleur. Il reprend une dernière fois sa respiration, se relève, se retourne vers la porte d’entrée (et les caméras) pour voir le chemin accompli et se remet en position pour étudier le circuit électrique du pupitre. Soudain, l’inspiration le traverse, il tente une opération qui lui semble évidente. Puis, c’est un éclair électrique qui le traverse « PERDU ! L’aiguille, elle est forcément A L’INTERIEUR de la botte de foin !» hurle la voix enregistrée de Major. Electron n’a pas le temps de revoir sa vie : en quelques secondes, sous l’effet de la Fée Electricité et des 100 000 volts qu’il a produit en faisant sa petite manipulation tellement évidente aux yeux de Major, il se transforme en un petit tas de cendre fumant.
Les trois téléspectateurs le voient disparaître dans une lumière blanchâtre. Les deux femmes ont compris : elles auront été les dernières à voir le s.e.x.e nu d’Electron. Et elles le savent déjà : elles vont regretter toute leur vie de ne pas l’avoir vu plus tôt…
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MessagePosté le: 01 Déc 2006 16:32    Sujet du message: Répondre en citant

EPISODE 13 1/3

Zozo était dans sa chambre, petite comme l'appartement de Brouche certes, mais suffisamment confortable pour un homme comme lui. Il jeta sa bouteille vide de Pastis sur le mur, se dirigea vers sa réserve et en ouvrit une autre.
- Putain mais qu’est ce que je fous !!! Bouh est le chouchou, Baygon et Coin sont totalement dévoués au Major ! Mais merde ! J’ai ma part dans l’histoire de ce site aussi ! pesta-t-il en buvant une rasade de guerrier.
Zozo enleva sa couche, mit sa grenouillère et se glissa sous sa couette aux couleurs de la Catalogne. Il entendait Bouh et Baygon sautiller sur l’air de « Je vais à Rio » mais avec des paroles chantant la gloire de Florian Laville. Zozo appuya sur l’interphone et gueula qu’il voudrait bien dormir et que le « quand tu souris, tu rêves de OL –Nancy, tu désires Juninho, Pernambucano » c’est une des proses musicales les plus gerbantes qu’il ait eu l’occasion d’entendre. Aucune réponse ne se fit entendre, pas même un « c’est bien vrai » de Coincoin. Apaisé, Zozo pu enfin trouver le sommeil.

- Dis donc mon grand, t’as pas l’impression de passer pour un gros naze là ? fit une voix.
- Quoi ? Putain je suis où là ?
Dans ton rêve.

La voix s’avança vers Zozo, un homme vêtu du maillot de l’équipe de France de handball sponsorisé par Vittel sortit de la pénombre, Zozo reconnaissait le bonhomme, il avait son poster grandeur nature en face de son lit, c’était la dernière chose qu’il voyait avant de plonger dans les bras de Morphée… Stéphane Stoecklin, le champion du monde 95, celui de Reykjavik, celui des barjots. On le surnomme désormais Coke en Stoeck’ dans les milieu underground de Chambéry avec ses potes Philippe Gardent et Frédéric Volle.
- écoute mon grand, tu ne te sens pas inutile là ? demanda le champion.
- Comment ça ?
- Et bien, tu n’as encore tué personne. Comment peux tu te regarder dans une glace, voir ton historique performance de la première session de recrutement ? Tu te souviens comment tu t’étais amusé à défoncer la gueule de Lapin pouet pouet ? Et le coup de la grenade dans la bouche de Dirty Harry ?
- Ouais c’était cool.
- Un peu que ça l’était man. Et maintenant tu te contentes de lâcher des crocos, de te balader en couche culotte et de siroter uniquement du pastis…
Mais euh non…
- Suffit !! Tu laisses ton plaisir entre les mains de ces lyonnais… Pouah !!! Même un palmipède tabasse plus de gens que toi. Un type qui a lu la bio de Gérard Janvion en Bande dessinée. Qu’est ce que tu as à me dire là ?
- C’est leur première fois, je m’efface.
- Tais toi Zozo, Franchement j’hésite. Je pense que tu es irrécupérable.
- Mais non, je veux tuer des gens !
- Pour quelle unique raison tu le désires ? L’envie ou retrouver cette flamme de confiance dans les yeux du Major quand il daigne poser son regard sur toi ?
- Un peu des deux.
- Ta vie peut changer, man. Tu en es le maître ok ? Impose toi et bute le prochain. Ce ne doit plus être « Voisin voisine » là !
- Ouais mais peut être que j’ai des remords en fait.
- Des remords mon cul ouais ! Tu me butes le prochain. Pour moi. Et mets donc un slip la prochaine fois qu’on se croise.

Stéphane Stoecklin s’éloigna, laissant la place aux hippopotames de Fantasia faisant le haka néo-zélandais. Des fontaines d’anisettes sortirent du sol, il vit les modérateurs barbotant dedans sous un air de musique bollywoodien. Son imaginaire tournait au grand n’importe quoi, il était temps de se réveiller.

Le soleil se leva, Gaston et maie avaient encore passé la nuit à parler du grand amour et d’autres conneries du genre. On ressentait une énorme envie de la part de Maie d’embrasser le fougueux aventurier, le serrer dans ses bras. Elle n’avait connu que des navigateurs. Elle pourrait écrire un bouquin érotico maritime avec les participants du Vendée globe… aaah, Franck Cammas en jeune puceau, Philippe Poupon en vieux pervers et Ellen Mc Arthur en sado maso. Gaston lui, ne voulait que la culbuter une fois ou deux avant de mourir. Il avait entendu l’histoire d’Electron et ça lui faisait froid dans le dos.
- Hey ! Venez voir ce que j’ai trouvé en flânant !! cria Nusra en sortant de la forêt, une caisse à la main.
- Donne ça, jeune hippie , commanda Bertin.
- M’en fous, je sais ce qu’il y a dedans , dit Nusra en lâchant sa caisse… t’inquiètes pas que j’ai pris ma part.
- Mais c’est des feuilles séchées
, demanda Comtesse.
- De la drogue ma chère, de la saloperie de drogue, la semence de Belzébuth pour attirer les pauvres âmes perdues, le chef d’œuvre de Moloch quoi , s’indigna Maxime.
- Yvan? demanda Mollows.
Tout le monde regarda Mollows.
- Yvan le Moloch gajardisa Mollows, mes désoles de verser de la gaudriole dans le bizness.
- T’as chopé ça où ?
demanda Gaston.
- Euh, comme je l’ai dit je flânais, j’ai vu un joli papillon alors je l’ai suivi, les papillons sont phénoménaux, ils ont une vie palpitante et tout en suivant cet ensemble de couleurs flotter j’ai buté dedans, il y avait écrit CADO. J’ai ouvert et j’ai ramené la boite.
- CADO dis-tu
, questionna Océane, comme sur la caisse trouvée par Baaah ?
- Ah ben peut être, tu l’as prise directement, tu t’es enfermée et on a pas revu la boite, en tout cas moi je l’ai pas revue.
- Quand je disais que c’était l’œuvre du Malin,
pesta maxime. Faut pas être devin pour faire le rapprochement, Baaah avait les moyens de survivre et nous on devait finir défoncés et sous l’impulsion de son frérot, on serait tous morts et Baaah serait devenu modo.
- Mouais ça tient pas ça… zozo nous a dit que Bouh a étouffé son frère à coup de tartines,
évoqua Maie.
- Tu es devenu catho Maxime ? demanda Comtesse.
- Des relents de ma vie de scout je crois, quand j’étais plus connu sous le nom de « moineau précieux » ou de « l’autre con ».
- Okay. Bon, ben je vais brûler tout ça hein,
décida Bertin.
- Hop hop hop, ne fais pas ça malheureux !!! Si ça ne vous plaît pas, je le garde pour moi. Nusra prit de force la caisse et s’enfonça dans la jungle. Personne ne le suivit.
- ‘Tain l’autre !! Il va fumer tout plein de splifs s’emporta 14.
- Et bien suis le, nabot, proposa maxime, va te vautrer dans la facilité de la drogue. Au moins tu en paraîtras peut être moins pervers et moins con.
- Ah mais je t’arrête, j’aime la beauté du corps féminin. Un corps c’est comme une toile de maître. Un nuancé de courbes, de formes et de couleurs. Quand on regarde les toiles de Renoir ou de Monet, on remarque un désir de pénétrer des espaces secrets. J’aime l’art vois tu, duchnok. Alors traite moi de pervers, mais en faisant cela tu insultes tout le patrimoine de ton pays et de ton Louvre là. Tu te crois mondain, mais tu n’es qu’un plouc déguisé sous un amas de préjugés. Alors, évidemment tu as une image de moi bassement limitée. Putain, mais là ça me casse les couilles tu vois, la Belgique c’est pas que les pédophiles et les cornets de frites, c’est plein d’autres trucs.


Maie et Gaston s’éclipsèrent du groupe qui s’engueulait une fois de plus pour presque rien, la sérénité n’a plus lieu d’être et la moindre élévation de ton entraînait une énième dispute. L’idée de voir Nusra s’enfuir seul avec de quoi tenir deux décennies de beuh leur faisait froid dans le dos. Et en même temps, Maie n’était pas contre tirer un peu sur le bédo, son pote Yannick lui avait fait essayer un à la sortie du bar « la voile blanche », certes, elle ne se souvenait que du lendemain matin et de la présence de son ami nu dans son lit mais bon, une deuxième tentative, pourquoi pas. Gaston, lui voulait juste pas rester à coté des malades mentaux surtout après la petite trahison faite à Océane.
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MessagePosté le: 01 Déc 2006 16:34    Sujet du message: Répondre en citant

EPISODE 13 2/3

Zozo s’habilla, rejoint tout le petit monde dans la cuisine du Major. Un regard noir vers Bouh et Baygon.
- Major, faut que je te parle.
- Ouais moi aussi, zozo.
- Ah ? Euh en privé ?
- Nan !! Je tenais à te féliciter pour la caisse de drogues. Ça a mis plus de temps qu’on le pensait mais Nusra est tombé dessus et l’a emportée avec lui. Je pense donc que l’idée de les voir tous défoncés tombe à l’eau mais bon… on sait pas ce que ça peut faire toute cette came sur un seul bonhomme.
- J’ai eu peur.
- Peur de quoi Zozo ?
demanda Major.
- Il a peur que tu le vires, Major, répliqua Bouh tout en bouffant ses céréales « Rice Krispies », les mêmes depuis 25 ans.
- Putain, mais tu vas arrêter d’en foutre partout Bouh, tu peux vraiment pas faire un truc propre ? se plaignit Baygon.
- Vos gueules. C’est vrai ce qu’il dit Zozo ? Tu as peur que je te vire ? Mais je ne vire personne moi, j’ai juste droit de vie sur les gens c’est peanuts par rapport à un directeur des ressources humaines.
- Alors j’ai un désir. Et je ne céderai pas. Je veux buter quelqu’un. J’avais Parhelion, mais cet idiot de Bouh a pété un câble et l’a massacré.
- Ah oui, c’était rigolo,
pouffa le coupable.
- Puis après, j’ai lâché des alligators mais bon…
- Et tu as laissé la porte ouverte, ce qui fait que le petit groupe est entré et Pippo est mort la tête dans son chocolat chaud,
précisa Coincoin.
- Enfin tu te réveilles Zozo, j’ai bien senti un changement, tu as un pantacourt et le maillot KDF et tu bois du jus d’orange. Bon, voilà les deux noms, ne me dis rien, je sais qui tu as choisi. Prépare toi, tu vas dans 3h sur la plage. Baygon t’accompagne pour t’y amener. Mais attention, Zozo, il faut que tu m’épates.
- Des pâtes ? Qui a touché à mes pâtes ?

Bouh se leva, envoya valser son bol de céréales ainsi que la cafetière de Baygon.
- C’est personnel les pâtes, bougonna Bouh, la semoule je dis pas mais les spaghettis ou les tortellinis ah ça non !!
- Et nous ?
demanda Coincoin en posant sa main sur la bouche du lyonnais.
- Vous ? Ben vous avez le deuxième, que voulez vous que je vous dise ? Madame Fatal en a un peu marre d’avoir du sang sur mes vêtements.
Zozo était heureux, il allait enfin tuer, mais pas une idée ne lui vint en tête. Il craignait le lieu. Dans la maison, il pouvait improviser en insérant des objets ou bien tenter d’imiter sa compagne (parce que oui, zozo ne vit pas seul) au boulot, mais ça, la femme du boss ne veut plus que ses domestiques s’usent a la tâche en essuyant du sang. La plage c’est plus costaud quand même, il y a les autres.
- Baygon, tu va sur la plage tout le temps, ils sont comment ?
- A putain ouais, je passe plus de temps à vomir qu’à jouer en bourse…. D’ailleurs faut que je voie les cotations là et…
- Ok ok, tu as deux minutes, j’ai besoin d’un petit cr sur l’environnement que je vais trouver.

Baygon regarda sa montre puis Zozo, il pensa qu’un peu d’aide n’a jamais fait de mal et que pour une fois qu’il évite le zodiac.

Nusra avait trouvé une petite clairière, il souleva une rocher près d’un arbre, regarda de tous les cotés et cacha la caisse. Il se posa contre l’arbre, arracha une petite feuille, la plia, posa la feuille séchée…
- Merde, pas de feu. Ah non merde, ça c’est pas cool, merde merde merde !!!
Tout en s’énervant Nusra malaxa le pétard de fortune pendant un petit moment mais l’énergie déployée donna une sorte de pâte. Nusra huma la pâte et pensa que faute de pouvoir la fumer il pouvait toujours la mâchouiller.
L’effet était différent. Un truc enivrant, il ne devenait pas mou comme un épisode de Tatort. Il se sentait complètement partir. Il en reprit un autre. Le double effet kiss cool à coté c’est de la verveine face a une tequila frappée. Tout s’animait autour de lui, les branches des arbres s’enlaçaient tendrement, le soleil descendit jusqu'à lui et le salua avec la voix de mIckey Mouse avant de remonter et deux télétubbies se tenant la main vint à sa rencontre.
- Wouaaaaaahhhh terrible, TinkyWinky et Laalaa, z’êtes loin et tout proches.
- Putain il est complètement défoncé,
dit Gaston.
- Vous voulez du chewing-gum ? C’est moi qui le fabrique mais d’abord faut fermer les yeux les amis.
Maie et Gaston, ne voulant pas brusquer le Francis Lalanne de Bastille s’exécutèrent.
- Tadam !!! J’en ai fait une petite vingtaine là !! Enfin je crois… tout est flou, murmura Nusra. Z’en voulez pas ? Bon tant pis.
Il en goba un autre puis encore un. Arrivé à son cinquième, il leva les yeux.
- Bonjour, vous êtes ? moi c’est Nounousse. Ce n’est pas mon vrai nom mais chut ! Faut pas le dire au pivert qui nous regarde là.
- OK Nounousse.
- Mais attendez vous m’avez pas dit vos noms.
- Ben si, on vit ici depuis quelque temps et on discutait avant sur le net tu vois, les kdf, les tenues roses tout ça.
- M’étonnerait, ton gros nez m’aurait dit quelque chose.
- Mais j’ai pas un gros nez,
s’offusqua Maie.
- Si ! Il est gros et pas super sympa. Il me regarde comme le pivert là haut, vous le voyez, vous le voyez ? Il me mate… oh un étang.
- Il n’y a rien Nusra,
répondit gaston.
- Ah ouais, ah ouais, et ça c’est quoi, mais vous êtes défoncés ma parole, ah ah je sais ce que vous êtes maintenant, des amish !!! Laissez moi avec mon pote l’étang.
Gaston et Maie haussèrent les épaules et retournèrent à leur occupation maritale, Maie voulait se marier et Gaston trouvait qu’elle allait un peu vite en besogne. Nusra roulait par terre tout en gobant ses feuilles malaxées. Tapis dans les fourrés, Bouh et Coincoin assistent à la scène.
- Putain, elle est massive la dope, s’étonna Bouh.
- Zozo l’a ramené de New York, parait qu’il y a un fan de Bernard Mendy qui a pour hobby la botanique.
- Bon on agit nous ?
s’impatienta le gone.
- Laissons le feeling faire les choses. On va bien se marrer.

Nusra s’arrêta de danser une gigue, il cru voir arriver deux petits porcelets vers lui. Et Nusra, l’Alain Bougrain-Dubourg de l’île, aime tous les êtres vivants sauf les cochons. Allez savoir pourquoi, surtout que les porcs en questions étaient Maie et Gaston.
Nusra fonça sur Maie, prit son élan et bondit sur la jeune rochelaise comme un avant biarrot. Le choc fut rude, la tête de la jeune fille heurta violemment le sol, Gaston dans un élan de courage bondit à son tour sur Nusra, une bagarre entre les deux hommes commença.
- Putain, Nusra, mais t’as fondu un câble, t’es si doux d’habitude.
- Ta gueule sale morceau de bacon !

Gaston prit l’avantage, il attrapa le cou de Nusra. Ce dernier s’agitait, Gaston saisi la jambe droite de son adversaire et l’immobilisa sur le sol.
- Tu te calmes Nous’.
- Gnaaarfffff !!!

Nusra tenta de s’échapper une nouvelle fois. Gaston bloqua le cou et lui craqua les cervicales. Le corps inerte de Nusra tomba au sol. Gaston également, les larmes coulaient sur son visage de minaudeur. Il venait de tuer un ami.
- Et ben pas besoin de se salir cette fois ci, pensa Coincoin.
- Ooooh non, je voulais tuer moi.
- Va falloir de désintoxiquer, man. Bon va tirer une balle dans sa tête pour t’assurer qu’il est bien mort si tu veux, mais avant vérifie son pouls. Il était désigné pour mourir.
- Ouais !

Bouh s’approcha de Nusra, ne sachant pas ce que signifiait le mot « pouls », tira une balle dans la tête du jeune homme.
- J’ai pas vu s’il avait des poux mais une chose est sûre, il est mort.
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MessagePosté le: 01 Déc 2006 16:35    Sujet du message: Répondre en citant

EPISODE 13 3/3

Sur la plage, le groupe s’engueulait encore sur la culture belge, 14 était fou de rage, Bertin et Mollows avaient pris le relais de Maxime mais le compatriote d’Arno ne se laissait pas faire, tout y passait, La bande dessinée, le cinéma, la musique. Les filles étaient lassées de cette démonstration machiste déviant de plus en plus vers le « c’est qui qu’à la plus longue » chère aux collégiens de Château-Thierry.
- Sont lourds… souffla Comtesse.
- On pourrait en profiter pour tous les buter, pensa Océane.
- Euh… tu as assez tué non ?
- Il faut survivre ici, toi tu as Mollows. Pour moi, aucun des trois ne me semble suffisamment protecteur. Bertin est fautif sur trois dont Pippo, Maxime n’a rien fait pour l’en empêcher et comment veux tu que quelqu’un qui t’arrive à mi-cuisses puisse t’aider.


Postés sur le toit de la prison, Baygon et Zozo regardaient la scène. Ils étaient déjà au courant de la mort de Nusra via leurs oreillettes. Zozo avait étalé tout son arsenal sur le toit : une arbalète, deux trois grenades, des fumigènes appartenant aux Authentiks d’Auteuil, des tenailles, deux cobras et quelques armes à feu allant du fusil de sniper au simple magnum. Trois heures pour se préparer, c’est court. Autant réfléchir sur place à l’abri des regards. Baygon lui s’impatientait, ça l’énervait d’être là. Il passait sa vie à faire des allers-retours plage – domaine du Major. Il perdait de l’argent.
- Allez Zozo, grouille-toi.
- Non, je veux être méthodique, on doit isoler notre proie.
- Raaah putain, mais on s’en fout, un coup de fusil et tu dégommes qui tu veux.
- Retourne à la voiture si tu te fais chier. Je vais me démerder tout seul. Tu pourras te brancher sur Bourse & Cotations et…

- Baygon était déjà à l’autre bout du toit. Zozo restait seul, sourire aux lèvres. Il lança les fumigènes sur le groupe d’hommes et les grenades sur Comtesse et Océane afin de les attirer vers la prison. Zozo laissa les filles se réfugier à l’intérieur afin de les retrouver juste après, lâcha les cobras à l’entrée de la prison et ferma la porte après y être entré à son tour.
- Salut les filles, dit il en pointant son arbalète vers les demoiselles.
- Tiens… Zozo l’escargot ! Comment il va « pue du bouc » ? déclara Océane. On est tout seul comme un grand garçon, on a plus sa couche ?
- Je ne suis pas seul Océ,
bluffa Zozo. Les autres sont là, mais tu ne les vois pas. Tiens d’ailleurs ton pote Gaston a tué Nusra, c’est moche hein. Pourquoi tu ne t’es pas vengé sur lui du coup à la nuque qu’il t’avait porté ? C’est ton habitude pourtant de tuer les gens. Nonoz déjà et tu es un peu responsable de celle de Lucky en lui faisant peur.
- Finis en vite Zozo,
implora Comtesse.

Zozo avança vers les deux filles.
- Voyez vous, je connais cette prison comme ma poche, j’ai participé à son élaboration. Donc vous n’avez aucun moyen de fuir. Mais je vais faire une fleur en laissant partir une, afin qu’elle ne voit pas l’autre mourir, car oui, l’une de vous deux va quitter ce monde. Donc la première qui atteint la porte derrière moi aura la vie sauve, ou tout du moins jusqu'à la porte, après les cobras sont peut être toujours là. C’est pas super aimable un cobra hein, bon là, c’est surtout pour dissuader les mecs d’entrer. Z’êtes prêtes ? GO !
Les deux filles se lancèrent vers la porte de leur salut. Zozo tendit sa jambe afin de faire un croche patte à l’une d’elles qui, inévitablement, chuta et s’étala de tout son long comme un vulgaire Cristiano Ronaldo.
- Et ben, c’est une manie chez vous de chuter pour un rien, rigola Zozo.
- Espèce d’enculé, gémit Océane.
- En même temps, Comty ne m’a jamais cherché des noises. D’ailleurs, tu sors Comty.
Cette dernière ne résista pas et sortit. Par miracle, les cobras poursuivaient Maxime, envoyé en éclaireur de force par Bertin et Mollows.

- Alors Océ, l’escargot a eu raison de la morue, non?
- Va chier, connard.

Zozo tenait en joue la supporter portiste, sortit un magnétophone de sa poche qu’il colla sur l’oreille droite d’Océane avec du chatterton.
- Vois tu, je suis un peu humaniste, j’aime la musique et je sais que toi aussi. Alors, je ne vais pas être sans cœur et je vais te faire passer dans l’autre monde en chanson.
Zozo alluma l’appareil, dès les premières notes, les yeux d’Océane s’agrandirent.
- Espèce d’ordure !! Tu ne peux décemment pas faire ça, tu es un monstre, Zozo !!!!
- trop de bruit décidemment… Heureusement que je te connais bien.

Zozo prit une boule en mousse suffisamment grande pour ne pas être avalée. Il l’inséra dans la bouche de sa victime.
- la musique adoucit les mœurs ma grande.
« Come as you are, as you were,
As I want you to be
As a friend, as a friend, as an old enemy.
Take your time, hurry up
The choice is yours, don't be late.
Take a rest, as a friend, as an old memoria »


Zozo pointa son arbalète au milieu du front d’Océane, laissa passer une vingtaine de minutes, le temps que sa compile de Nirvana passe entièrement. Il appuya enfin sur la gâchette, une flèche argentée se planta directement dans le crâne de sa victime, traversant le cerveau et se planta dans le sol.
- Bye Bye, Miss Butterfly

Zozo sortit par le passage secret, rejoignit Baygon au volant du hummer, heureux comme jamais, fier du travail accompli. Une fois installé dans le véhicule, l’écran de contrôle s’alluma et le smiley :clapclap: apparu. Major était satisfait.
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MessagePosté le: 13 Déc 2006 14:53    Sujet du message: Répondre en citant

Episode 14 1/3

Que de morts, que d'évènements, que de chocs, que de certitudes ébranlées ! Mais tout ceci n'était pas une raison pour se laisser aller, il fallait faire tourner la boutique si on veut survivre car, après tout, pour gagner, il fallait déjà vivre et donc béqueter. Comtesse décida, d'autorité, que la nouvelle patronne, ici, c'était elle, Océane ayant lamentablement échoué et étant retournée ad patreche. Mais si la pente était droite, la route était forte (et réciproquement), alors, pas question de relâcher l'attention, que la mégère fusse encore là ou non. Comtesse ne cessait de se répéter cela et contrôler tout ce beau monde, ça passait par maîtriser l'intendance donc se rendre indispensable. Mais la tâche était tout de même simplifiée par l'hécatombe progressive et la veulerie des survivants : maxime ne sait rien faire sans ses laquais, gaston n'avait de cesse de poursuivre maïe, maïe n'avait de cesse de fuir gaston, 14 découvrait encore la cadre peu bucolique (ou alors, comme il le scandait, "quand tu as bu, tu as la colique") et elle tenait littéralement mollows par les couilles. Ne restait finalement que Bertin à maîtriser et c'était on ne peut plus simple puisqu'il considérait que les corvées relevaient des gonzesses. Bref, c'était du gâteau, à condition de ne pas commettre d'erreur, la victoire était proche. Ainsi, elle ouvrit tous les placards de la prison afin de chercher si ce sauvage de zozo leur avait laissé au moins un truc à bouffer, chaque jeté d'oeil était un délitement progressif, ce connard avait vraiment tout saccagé. Heureusement, il traînait encore dans un coin un paquet de pâtes, pas de quoi tenir un mois, mais assez pour faire un repas, il serait bien temps ensuite d'envoyer les autres à la chasse.

Faire la cuisine ? Quelle idée saugrenue mais quelle audace aussi, pour quelqu'un de son milieu, alors Maxime approuvait la requête de Comtesse qui ne pouvait être totalement réduite à du menu fretin, ne serait-ce que pour son pseudo. "Ah bon ? Il faut les mettre dans l'eau ? Tu es sure ?" Oui, il partait de loin, mais n'était pas avare d'efforts pour vivre, l'espace de dix minutes, comme le vulgum pecus, c'était si excitant, quel succès il allait avoir, à raconter tout ça plus tard ! Si tant est qu'il le puisse, évidemment, mais on ne parle pas de guillotine, dans ces milieux. "Remuer quoi ? Les pâtes ? Ah, d'accord ... aïe ! Waouh, c'est chaud, en fait, ce truc !" Nouvelle découverte, phénoménologique, l'usage de la spatule. "La quoi ? Ah ! Le machin en bois ! Ben, j'ai dû le mettre au feu. C'était pas fait pour ? Fichtre !" Syntaxiquement, en tout cas, il se rustricisait mais s'il venait à gagner, il faudrait bien traiter avec la piétaille des kdfs, alors ce n'était pas un mal que d'évoluer en ce sens. Il y pensait de plus en plus, à ce statut de modo qui se profilait, il avait en tête d'instaurer une étiquette dans les posts, avec des formules bien précises selon que l'on s'adresse à un admin, un modo, un modo du Broucheland, un ancien reconnu, un ancien malgré les autres, un intermédiaire ou un nioubie, et selon son propre statut aussi, bien entendu. "Très cher admin, j'ai bien pris note de votre recommandation au sujet de ma galéjade envers la noble superpippo, toutefois, vous me voyez fort marri de ne pas accéder aux mêmes conclusions que vous. Pour ces raisons, et si vous tolérez la véhémence de ces propos, je vous prierais de bien vouloir vous rendre connaître le plaisir anal dans un rôle passif. Avec mes respects salutationnaires, bien à vous, parasite jacky." Ouais, ça, ça serait classe.

"Mais est-ce qu'on en est si sûrs, que le gagnant deviendra réellement modo ? Parce que leurs promesses, à ces tarés, on sait ce qu'elles valent. Moi, la dernière fois que j'en ai cru une, c'était celle de Bouh, croisé fortuitement devant le musée océanographique, qui me proposait d'aller faire un tour sur le passage du Gois. Ah bien, merci pour le petit tour !
_ Ah, ces hommes, il y en a tant que ne considèrent les femmes que comme des objets de leur désir ! Mais moi, tu sais, je suis à l'écoute des autres et je n'ai eu que des retours positifs dans les lettre de rupture de mes anciennes conquêtes, et dans tous les pays d'Europe (sauf le Monténégro, c'est trop récent).
_ Moi, si j'étais modale (enfin, modo, on se comprend), je modifierai la charte graphique. Un petit fond en dessin représentant un dégradé du crâne de Zidane, colorié en mauve, avec en haut un parasol vert, un crapaud jaune, un vitrail pourpre synthétisant par sa prestance la médiocrité ambiante de la société. La flèche de la souris changée en hibou aux yeux bleus qui bat des ailes quand on clique. De même, je mettrai une validation obligatoire par moi-même des avatars, afin de garantir une cohérence à l'ensemble.
_ Moi pareil, mais avec des femmes à poil ! Et dans les signatures, aussi ! Et puis, je zozoterais les forum qui ne servent à rien : tous les autres sports sauf le tennis féminin, tout le forum politique et je sarclerais à la hache tous les posts inutilement ampoulés dans le Café des Arts.
_ Moi, je kicke tout le monde du chat quand j'y suis et j'emmerde ceux qui ne sont pas d'accord. Et les avatars, ils auront le choix entre différents cadavres d'animaux en décomposition.
_ Bibi, il bringuerait un jetage de liens directos au blog de Denis Robert et bligationnerait pissage au flacon pour biniou (comme sgwindrait le destroyé Nono).
_ Ouais, ben maintenant que je vous ai écouté, je suis encore plus sure de moi : ils ne vont jamais donner le rang de modo à l'un d'entre nous, sinon, ça va vraiment ressembler à n'importe quoi. Franchement, 14 modo, plutôt crever !"


Suite à cette discussion, maïe s'écarta du groupe, toujours suivie assidûment par gaston qui lui expliquait combien il la comprenait, que le monde est injuste et que, tels Tristan et Iseult, il leur fallait partir en guerre contre tout le monde, mais ensemble. Bon, c'était pas mal de libertés avec la véritable histoire de Tristan et Iseult mais, après tout, on s'en fout, gaston ne l'avait jamais lu et maïe n'écoutait pas et tentait désespérément de se débarrasser enfin de ce lourdaud qui, au final, devient même plus pénible que moon, c'était dire. Quant à Bertin et mollows, pour patienter le moment de passer à table, ils se jetaient des défis testostéronés. Deux mâles dominants dans le troupeau, ça en faisait encore un de trop, alors ça commençait par les exploits précédents dans la vie civile (faire mal à la balle une fois par mois, cela vaut-il les opérations secrètes en Tongmanie inférieure ?), puis les faits d'arme sur l'île et enfin, la lutte. D'abord indirecte, par courses ou séries de pompes ou arrachage de palmiers à mains nues (là, Comtesse leur avait demandé d'aller jouer ailleurs s'ils ne voulaient pas flinguer les dernières denrées qu'ils possédaient) et enfin, le moment ultime, une vraie joute à mains nues. Mais, chacun jurant ne pas vouloir broyer l'autre en deux, ils se mirent d'accord pour ne pas se donner de coups, Bertin fit alors un exposé sur les ruptures de tendons aux articulations, alors les prises de lutte furent elles aussi proscrites. Bertin proposa alors de faire comme les rugbymen et se pousser en mêlée mais mollows s'inquiéta pour les cervicales, assez menacées. Et pourquoi ne pas se pousser les mains dans le dos, poitrine contre poitrine ? Ils se lancent mais Bertin l'arrête immédiatement, une côté enfoncée, ça peut poser de graves complications. Toutefois, mollows réfutait le simple bras de fer, au motif que se péter le bras, en mode de survie, ça n'était pas très malin.

Ils en étaient encore à définir les règles de leur affrontement (et pas du tout de se défiler comme des grosses flipettes, non, non, non) quand Comtesse jugea opportun de passer à table, notamment parce que le chaudron ne contenait plus d'eau. "Ah bon ? Ce n'est pas la peine d'attendre qu'il n'y ait plus d'eau pour servir ? Mais comment on fait, s'il reste de l'eau, je n'en ai jamais vu dans les plats ? La passoire ? Ah, l'espèce de casque à manche !" Cette évocation du plat donna à Comtesse l'idée d'introduire un peu de décorum dans ce monde de dégénérés, elle envoya ainsi en termes choisis 14 remplir un plat dans la prison avec les pâtes ("hep, le nain, va donc servir ça bien au lieu de reluquer sous mon paréo !") tandis que Maxime se chargeait de convoquer tout le monde pour le dernier repas "civilisé". "Je vous prierais de bien vouloir nous rejoindre pour vous sustenter", assez peu suivi d'effet, le ton policé et la voix murmuré convenant assez peu. Encore une fois, c'est à la femme de tout faire : "A TABLE, LES NEUNEUS !" hurla-t-elle de toutes ses forces, avant de demander à 14 s'il s'en sortait. Tout le monde s'assied religieusement, astiquant chacun son assiette et se préparant à se soulager l'estomac, 14 fit une entrée (enfin, une sortie de la prison) royale, tenant sur le plat de la main un plat d'où les pâtes pendaient jusque par terre, il s'était ajouté le garrot de fenec sur le bras pour faire vraiment comme les serveurs.
"Ah, enfin, j'avais les crocs, moi ! s'écria Bertin, tout de suite surenchéri par Maxime
_ Il est vrai que j'ouissais ma bedaine garouiller.
_ Vous ne trouvez pas qu'il y a une odeur, là ?
_ Normal, ma chérie, regarde, 14 est juste devant le Cavéglia de baaah.
_ On ne peut pas aller plus loin ? Ça me coupe l'appétit, tout ça.
_ Pas grave, je prends ta part, si tu fais ta mijaurée.
_ Bon, le nain, tu nous l'ammène, la graille, on ne va pas y passer la nuit.
_ Ça va, j'arrive, je suis à la limite de courir, et puis il n'est pas si tard, il est seulement trois heures moins le qu ... merde, les pâtes !"

Quelle idée aussi, d'utiliser le bras portant la montre pour porter le plat ! Du coup, l'oeuvre de l'infortuné frère de Bouh fut recouverte de ce qu'il restait de comestible pour les survivants, partagés entre le désespoir, la faim et l'envie folle d'écharper le belge.
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/fais une faucille et un marteau avec mes mains et chante :
Allez ! Derrière les Serbes ! L'idée qu'a Moïse va prédire les vrais gauches et ma chaise m'a dit :
"Des glaces ! Ah, mon saké ! Islam, ail à cheesecake, les boulettes, c'est gras mais ça n'est pas l'dernier !"
Ce soir, sardines ! J'ai soif ! Ah, j'aime ça, l'or noyé ! Kouchner, alors, a mélangé Pasqua !
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MessagePosté le: 13 Déc 2006 14:54    Sujet du message: Répondre en citant

Episode 14 2/3

La faim, un ennemi de plus, comme si tout le reste ne suffisait pas ! Bertin se précipita sur 14 dans le but de lui faire bouffer les pâtes aux étrons, le belge slaloma entre les arbres avant de grimper à un pin comme un bonobo, avant de s'asseoir sur une haute branche en rigolant. "Lâche l'affreux, on a comme qui dirait de la réserve de bidoche en nous, pas comme le sosie vertical de Nénesse." Mollows fut la voix de la sagesse et l'idée de jeûner ne lui faisait pas peur, lui qui avait quitté le Vietnam pour un long raid solitaire pédestre dans le désert de Gobi (désert dont on se demandait ce qu'il foutait au Vietnam mais quand on lui posait la question, il répondait invariablement qu'il venait voir Borat). Gaston proposa à maïe de vivre d'amour et d'eau fraîche, elle lui rétorqua que l'eau fraîche lui suffisait. Quant à Maxime, il ne cessait de donner des bourrades à Comtesse devant l'excitante perspective d'une abstinence nutritive, d'autant qu'une fois, avec le Rotary, ils avaient fait une grève de la faim contre la faim dans le monde (en fait, il n'y avait plus de biscuit sec pour accompagner le thé). De voir tout le monde vivre ainsi sans trop de craintes immédiates rendait Bertin fou de rage, encore plus qu'à l'accoutumée, d'autant que 14 lui jetait des branchages sur la tête en rigolant et en vantant les mérites de la vue plongeante sur les décolletés des dames. Poussant un grand cri bestial, le caniche rasé marchait dans la forêt en frappant tout ce qui passait à portée de mains, pieds et tête avant de buter contre un truc et de s'affaler de tout son lourd sur le sol.

"Ah, putain de vérole de merde de Dieu ! Plein le cul, de tous ces cons ! Plein le cul, des tarés qui nous butent ! Plein le cul de cette putain de forêt à la con ! Plein le cul de cette saloperie de racine de merde !" Mais, se retournant pour l'arracher sauvagement de terre et la brandir fièrement tel Rahan, fils de Crao, terrassant un longues-dents, il se rendit compte que la racine n'en était pas une, mais la jambe du cadavre de Nusra. Ceci le ramena certes à sa malheureuse condition mais également lui donna une idée. Bon sang, de la viande, pas trop avariée ! L'occasion était belle, toutefois, manger de la chair humaine serait une première pour lui (à part une oreille par ci par là, mais ce n'est pas pareil). En plus, le hippie était bien trop sec pour vraiment être consistant, sans parler de toutes les cochoncetés qu'il avait ingurgitées durant son existence. Bertin haussa les épaules et repartit vers la plage, tout en tergiversant. Après tout, qui le saurait ? Et puis, comme il y avait d'autres cadavres dans le coin, si c'était bon, pourquoi s'emmerder ? Oh, et puis merde, autant essayer, on aviserait ensuite. Il vérifia bien que personne ne pouvait le surprendre et d'un geste brusque mais assuré, il arracha une gambette et l'emmena dans un buisson avec lui. Il reniflait la viande encore sanguinolente avec envie et méfiance à la fois, une dernière hésitation et il se jeta à l'eau en croquant avidement le quadriceps. Peu rassasié par cette première bouchée, mais rassuré par l'absence de phénomène inquiétant en lui, il rongea consciencieusement tout le morceau et fit la même opération avec tous les membres de Nusra, ainsi que les abats, la cervelle, tout y passa, il fallait bien ça pour se caler le bide. Ce déjeuner roboratif terminé, une sensation d'engourdissement l'envahit et il fit donc un somme à l'ombre d'un saule rieur (la végétation, dans ce bled, c'est vraiment n'importe quoi).

Entre temps, 14 était descendu et ne cessait d'épier Maxime et Comtesse, en attendant avec appétit que leur rapprochement devienne autre chose qu'une simple discussion. Mollows n'avait cure de cette concurrence, ce nobliau ne représentait aucunement un danger à ses yeux, un coup de main à plat dans les côtes et il serait étalé pour la journée. Non, il avait un défi à relever contre le seul adversaire à sa mesure (vomi de baygonsec mis à part) et il lui fallait en ce cas trouver Bertin pour en finir. "Hep, le butor, cassios de Morphée !" Bertin sursauta à cet appel mais peinait à ouvrir les yeux, il lui fallut un effort considérable pour relever une paupière : "que me veux-tu, frère ?" Ce ton mielleux et ce vocable étaient bien cocasses de sa bouche, mollows, en grand spécialiste des substances illicites (stage chez les commandos anti-trafiquants oblige), s'en étonna : "hola, tu n'aurais pas margoulé la coquette, toi ?" Bertin ne comprenait pas. Ce que disait mollows (mais il avait l'habitude), pourquoi il se sentait aussi mou et surtout, pourquoi il avait cette impression que mollows n'était qu'un gros toucan qui dansait en compagnie de vahinés alsaciennes. "Attends, mec, j'étais en complète symbiose avec le corps naturel des esprits de la vie, je raccroche et je me joins à tes libations." Mollows le saisit au col pour le relever, avant de lui souffleter le visage, pour donner un peu de noblesse à l'échange : "non mais, tézigue va pas dandiner la mirtouille, hein ?" Un sourire niais et béat traversa le visage de Bertin, il mit ses mains sur le visage du militaire pour lui caresser les pommettes tout en le convoitant du regard : "oh, la force brute, le déchaînement des passions, c'est un mauvais trip, tu dois ouvrir tes énergies cosmiques pour vivre en harmonie avec le genre terrestre, un jour, nous serons tous des chauffeurs d'avions solaires et nous pourrons féconder les palourdes." Mollows eut un mouvement de recul mais peinait à se défaire de l'emprise du gaillard, il se débattait de toutes ses forces sans vaincre l'étreinte amoureuse, sans compter que ce comportement l'interloquait. Etait-ce le soleil qui lui avait trop tapé sur le système ? L'exercice trop assidu du golf ? La discussion trop prolongée avec lui sur la plage ? Toujours était il que Bertin semblait être payday et le convoitait, malgré ses tentatives pour l'en dissuader. "Oh, tu vas pas te rempoter le bambou sur ma trombine ! Je me laisserai pas me faire fureter le vide-ordures, tu m'esgourdes, non !" Mais rien n'y fit, Bertin le reversa, se dressa fièrement sur son dos en arrachant sa combinaison, lui mit un tibia de nusra dans la bouche pour qu'il fasse silence, en appela au Grand Esprit Supérieur de la Forêt et de l'Amour et enfin, fit son office. "Frère, tu n'es pas assez réceptif au bonheur qui t'entoure, écoute Caton le Vieux qui disait «homosexualitus estus commus plancheavoilus» et découvre la fraternité à son stade ultime." Pour mollows, la douleur était double : en plus de séant ensanglanté, il venait de subir ce à quoi il était parvenu à échapper pendant tant d'années dans la Légion.

Décidément, cette tension sexuelle se situait chez tous. Si Comtesse et Maxime parvenaient à se contenir tant bien que mal et si 14 ne se contenait pas mais tout seul, gaston voulait enfin conclure avec maïe. Il avait eu tant de conquêtes auparavant, ce n'était quand même pas elle qui allait le faire battre en retraite ! Mais pour y parvenir, il fallait jouer finaud, il l'avait convaincue d'aller voir s'il n'y avait pas d'animaux faciles à attraper en forêt, l'occasion était trop belle de la mettre dans de bonnes dispositions :
"tu ne veux pas d'asseoir un peu, voire t'allonger ? Pour te reposer, bien sûr !
_ Ah, ben c'est pas de refus, ça. Regarde, à force de marcher, j'ai attrapé une ampoule sous le talon et en plus, elle a crevé. Tu as vu ? Il y a du pus qui sort, je vais gratter.
_ C'est bien, ça. Tu vois, dans la vie, il y a toujours un moment où tu te dis «non, je ne peux pas» et puis tu réfléchis et tu vois que tu peux, tu ne trouves pas ?
_ Mouais, c'est possible. Oh ben ça, alors ! J'ai l'ongle de mon gros orteil qui se barre !
_ Hum. Non, mais si je te dis ça, et tu m'arrêtes si tu me trouves inconvenant, c'est que l'aventure approche et que au fil des épreuves, on a vécu beaucoup de trucs et survécu à l'adversité.
_ Bof, moi, j'étais dans la maison du Major et toi, tu es resté sur la plage.
_ Oui, mais à distance de toi, je me suis senti proche de toi. Et si on a pu s'unir à distance, intellectuellement parlant, c'est qu'on a un lien spécial qui s'est créé entre nous, alors pourquoi ne pas le développer.
_ Parce que y en a un de nous deux minimum qui va crever.
_ Enfin, tu ne comprends pas ? Je te vois comme un crapaud voit un soleil au-dessus des dunes quand l'azur darde ses rayons bleutés par la rosée de l'iris pourpre d'une mélancolie transatlantique par sa nature éphémère de douceur tendre telle une vision de la nuit transcendantale continue dérivable comme ses lambeaux vitreux d'une gangrène pilonnée de flammes restaurant en leur sein la vitalité des ondes (voir figure 1).
_ Ah ? Euh ... ben, moi, pareil.
_ Donc, toi vouloir quéquette de moi ?
_ Mais pas du tout !
_ Ah si, tu viens de le dire !
_ Mais non !
_ Tu ne viens pas de m'approuver ?
_ Si, mais ... enfin ... c'est-à-dire ...
_ Ah non, écoute, tu dois tenir tes promesses, maintenant ! Un engagement, ça ne se jette pas ainsi, à moins que tu ne sois pas une honnête femme.
_ Pfff ... je suis vraiment obligée ?
_ Oui.
_ Bon, d'accord, mais tu fais vite."

_________________
/fais une faucille et un marteau avec mes mains et chante :
Allez ! Derrière les Serbes ! L'idée qu'a Moïse va prédire les vrais gauches et ma chaise m'a dit :
"Des glaces ! Ah, mon saké ! Islam, ail à cheesecake, les boulettes, c'est gras mais ça n'est pas l'dernier !"
Ce soir, sardines ! J'ai soif ! Ah, j'aime ça, l'or noyé ! Kouchner, alors, a mélangé Pasqua !
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Schweinsteiger
Candidat au Kamoulox d'or
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MessagePosté le: 13 Déc 2006 14:55    Sujet du message: Répondre en citant

Episode 14 3/3

La victoire était acquise, mais il restait à concrétiser le tout, gaston était partagé entre l'envie de bien faire et profiter du moment d'un côté et la hâte de sceller son succès et d'assouvir ses pulsions de l'autre. Les mains disaient "vite" et la teub répondait "il n'y a pas le feu". Finalement, gaston parvint à accorder toute la machine et s'apprêtait à composter le ticket, s'y prenant progressivement, on approchait, on approchait et ... "HO HISSE ENCULE !" Surprise des deux protagonistes qui, se tournant vers l'origine de ce cri primitif, virent Coincoin picorer dans un seau de pop-corn et baygon filmer la scène des deux tourtereaux dans le but de la mettre en vente sur le sujet eBaymoulox. "Ecoute, baygon, je croyais que ce que tu savais m'aurait permis de bénéficier de ce que tu sais, enfin, au moins un peu." Gaston bredouillait sans pouvoir être explicite devant une personne qui était aussi une adversaire. "Tu ne veux pas repasser dans ... disons cinq minutes ?" "Ah, mais écoute, mon petit, je ne viens pas seulement pour tenir la chandelle. Je suis là en service, les kdfistes ont voté et nous, on doit leur obéir." "Oui, mais enfin, tu sais bien ce que je t'ai donné, tu ne peux pas me faire ça !" Ses protestations semblaient vaines, d'autant qu'elles donnaient l'occasion à maïe de retourner la situation à son avantage (tout en se rhabillant) : "attends, tu parles de quoi, là ?" Une scène de ménage, en prime ! Trop beau pour baygon qui, tout en lissant sa moustache (enfin, son duvet de moustache), semait un peu plus de zizanie : "c'est le Dom Juan au rabais qui m'a acheté pour que je l'aide. Bon, il faut dire que pour l'instant, il n'en a pas eu besoin ..." De peur, gaston ouvrit les yeux au-delà même des orbites : "je dois être buté ?" "Mais tu n'es pas tout seul, gros bêta ! Qui t'a dis qu'on venait pour toi ?" A ces mots du fourbe et calculateur, une idée germa dans l'esprit du danois : s'il exécutait maïe lui-même, il pourrait ainsi bien se faire voir par la direction, tout en éliminant une rivale et en gardant le cadavre avec lui pour finir ce qu'il commençait. "C'est pour elle, c'est ça ?" Au regard approbateur des deux modos (l'autre avait terminé son seau de graines gonflées), il se précipita sur la rochelaise pour l'étrangler, c'est ce qui cause le moins de dégâts physiques. L'effet de surprise marcha à plein, les modos n'eurent pas le temps d'intervenir et elle de répliquer, clic-clac, l'affaire était réglée, merci tout le monde et on pouvait remettre le couvert ! "Bien joué, abruti, mais il y a deux morts par épisode et là, ça n'en fait qu'un seul. On a encore un type à ramener avec nous chez le patron." "Un type ? Non ? Pas moi, quand même ?!" Baygon arborait maintenant ce sourire sadique qu'il a les soirs de journée de Ligue 1, de ses yeux jaillissaient le sang, c'en était fini pour le danois qui tirait sa dernière cartouche (mais seulement verbale) : "enfin ... et notre marché ?" Baygon brandit la caméscope "à côté de ton ultime râteau, ton compte en banque, il ne vaut rien." Coincoin surenchérit : "sans parler que ça fait une preuve de ton meurtre et ça, les preuves, le patron, il n'aime pas ça."

Une musique venue de l'enfer se fit alors entendre, un hélicoptère atterrit, piloté le Major qui, avec l'autoradio et son rire de fou furieux, ressemblait étrangement au Docteur Robotnik. "Putain, c'est quoi ce bordel ?! Je voulais les deux en vie ! Je voulais les faire baiser chacun avec un singe et une gueunon, vous m'avez tout niqué, bande de ... de ... de ... MODOS !" Coincoin baissait la tête tandis que baygon arborait sa mine déconfite des soirs de quarts de finale de Ligue des Champions. "C'est lui qui a tout fait foirer !" Gaston se sentit ragaillardir par cet arrivée impromptue et le comportement soudainement servile de ses bourreaux : "ouah, eh, l'autre, même pas vrai, d'abord, c'est que de ta faute !" A ce moment, il regretta son manque de répartie dans une situation de cette importance et se dit qu'à la place de Danton, tous les écoliers aurait retenu "non mais vraiment, vous êtes obligé de faire ça aujourd'hui ? Ça caille vachement !" comme phrase historique et ç'aurait été bien dommage. Major se dirigeait vers ses modos, les narines fumantes, il voulait faire une jolie mort du couple et tout avait été gâché, il fallait un coupable. Baygon ricana puis donna le caméscope au chef : "là, il y a la preuve du coupable, il l'a tué comme Nilmar a été fauché, c'est évident". Major se tourna alors vers gaston, ouvrir grand les lèvres sans desserrer les dents qui s'entrechoquaient, dans un vacarme assourdissant, il venait de regarder la vidéo et allait trancher dans le vif en donnant un gros coup sur la tête de gaston qui, ainsi assommé, fut ramené en hélico au lieu de villégiature des méchants.

A son réveil, gaston était attaché à une chaise de dentiste, le Major s'était assis sur lui en tenant amoureusement une fraise à la main et devisait avec les deux autres admins en attendant le moment propice.
"Quand même, zozo, tu pourrais faire un effort vestimentaire, de temps en temps !
_ Ouais, zozo, t'es ridicule, en pyjama ! Et puis, il est trois fois trop grand ! Alors que moi, je suis toujours sapé impec, hein, Major ?
_ Mais c'est pas un pyjama ! C'est la tenue de scène de Bruno Martini quand il a été champion du monde en France !
_ Ouah, eh, l'autre, il y était pas, Martini, c'était Charbonnier !
_ Mais non, je parle de 2001 !
_ Ouah, eh, l'autre ! Il confond la Coupe des Confédérations avec la Coupe du Monde !
_ Mais je te parle de hand, connard !
_ Oh ! Major, vous avez vu comment qu'il me cause ?
_ Vos gueules ! On dirait que notre client s'est réveillé."

Major alluma la fraise qui fit retentir son cri strident sous les yeux apeurés de l'éternel séducteur. Bouh avait pris place derrière un saladier remplis de boules de Kinder Suprise alors que zozo tenait un carnet de notes à la main. "Tu vois, là-dedans, il y a le nom de toutes tes conquêtes, dans l'ordre et là-dedans, des numéros que la main innocente de Bouh va tirer au sort. A chaque fois, tu dois me donner la bonne réponse, sinon ..." La fraise relancée, ça suffisait à effrayer gaston, il essayait de se remémorer le patronyme de toutes mais certaines ne le lui avaient même pas confié, alors comment Lui pourrait-il savoir ?
"_ Numéro 65.
_ Alors, gaston ?
_ Euh ... Frike Doevloblorgson ?
_ Zozo ?
_ Non, j'ai Greta Von Blitstam.
_ Rhoooo, comme c'est ballot !"

Il enfonça alors la fraise tout au fond d'une incisive, au-delà de la gencive, prenant soin d'enlever toute la dent, pulpe incluse. Gaston ne comprenait pas, il les avait pourtant toutes recomptées, ce n'était pas possible, il devait y avoir une erreur quelque part. Il voulu bien protester mais les questions s'enchaînèrent à un rythme effréné, rien à faire, et à chaque fois la même erreur d'une personne. Il ne parvenait pas à corriger le tir et, au fil de la torture, parler devenait impossible, sa mâchoire n'était que bouillie, il s'était planté trente-deux fois et se désespérait.
"Numéro 105.
_ KezgiQgklsng gqgobni ?
_ Non, mais là, j'ai personne de ce nom.
_ Zozo, réfléchis, tu vois bien qu'il n'a plus de dent.
_ Ah ouais, il voulait dire KezgiQgmlsng gqgobri ?"

Gaston hochait la tête frénétiquement.
"Ben alors, c'est encore perdu, c'était la 106, elle. La 105, c'est Madame Fatal."
Ce souvenir fâcheux contrariait Major qui décida de le punir plus encore pour cette fois. Ce furent les deux yeux, les deux narines et les deux oreilles qui reçurent l'impitoyable fraise jusqu'au plus profond d'elles-mêmes. Gaston pleurait tout ce qu'il pouvait, ça ne voulait pas s'arrêter, l'attente était presque plus pénible que la punition elle-même et le pire, pour lui, était ce décalage dont il ne parvenait pas saisir l'origine.
"Ah, le numéro 1.
_ Merci Bouh. Là, j'en ai un peu marre, alors on va dire que c'est le superbanco, si tu trouves, tu pars vivant (mais incognito en Colombie, vu ton état, tu ne peux pas rêver mieux). Si tu échoues, je t'achève."

Instant fatidique mais gaston y vit un espoir dans le tunnel. De ce qu'il avait entendu par ses oreilles perforées, il avait l'assurance de s'en sortir. La première, il ne pouvait pas l'oublier, c'était bon, il le savait, il rassembla ses dernières forces pour hurler sa survie :
"JULIETTE HAUTCOEUR ! C'était en maternelle petite section et ...
_ J'ai pas ce nom-là. Je l'ai en 2, mais là, on t'a demandé le 1.
_ inqjkbnqsggnlvwklnb<mqq ioqbnmgbnqio vqobnlknbmk:n ? vknfujn gbmngl giqong:biqn giqnugon !"

Ce cri du coeur et du désespoir ne troublait pas le Major qui embrassait la fraise et la caressa amoureusement avant de donner la réponse qui taraudait tant le désormais condamné : "la première personne dont tu as traversé la chatte, c'est bien ta mère, non ? Pas dans le même sens que les autres, mais je retiens que tu t'es trompé." Il se servit alors de la fraise comme d'un perceuse, en la pressant au-dessus du crâne de gaston, toute la cervelle partit par les orbites ouvertes, c'en était fini de sa brillante carrière. Il n'y aura pas de numéro 617.
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Axl
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MessagePosté le: 18 Déc 2006 12:47    Sujet du message: Répondre en citant

EPISODE 15 (1/3)


Les ombres s’allongeaient. Les silhouettes des trois kdfistes restés près de la prison se confondaient avec les murs du bâtiment. Enfin, plutôt les deux silhouettes puisque, sur injonction de Comtesse, 14 s’était juché sur la tête de Maxime afin d’essayer de discerner leurs comparses. Car Gaston, Maïe, Bertin et Mollows manquaient toujours à l’appel.

- Il commence à faire sombre, et ils ne sont toujours pas rentrés.

Comtesse frissonna en prononçant ces mots. Maxime leva un sourcil :
- Ma chère, en ces circonstances propices au déchaînement brutal des instincts les plus vils, votre inquiétude me surprend : ne devrions-nous pas au contraire, faisant fi de toute empathie superficielle, nous réjouir de la disparition de quatre concurrents ?

D’un geste de la tête, il fit valser sa mèche rebelle qui l’avait fait surnommer « François Baroin » au Cercle des Gentlemen de l’avenue Hoche dont il était coutumier. Ce faisant, il manqua de faire basculer le Belge installé sur son crâne, qui scrutait l’obscurité en imitant des jumelles avec ses mains. 14 protesta avec véhémence.

- Hé, ho, fais gaffe une fois ! J’ai mes doigts de pied dans tes oreilles décollées, l’aristo. Si je tombe, tu tombes aussi. Quant à l’amazone là, je sais bien pourquoi elle flippe comme un Flamand dans un sauna. C’est son légionnaire qui lui manque. Eh ouais. Ah ça, une épaule virile, ça rassure, hein ? Comme dans Porsyphore et Ctolemnestre, le tableau de Van Buzeeyt qui se trouve au Skwaaerksmuseum de Handschoote. L’épure de la ligne d’horizon qui tranche avec la musculature saillante de Porsyphore lequel semble protéger sa frêle compagne de la nature déchaînée n’est pas sans évoquer la quête néo-platonicienne d’une morale centrée sur l’homme en tant qu’objet libre de contrainte, même si, dans son Analyse de Van Buzeeyt au cloître de Gandeelstoor, Jean-Philippe Fricadelle remet en question…

Il aurait pu continuer longtemps comme ça, mais une voix à la Gabin le coupa net.

- J’entrave quedchi à ton babil, le gnome. Mais si c’est de mézig qu’tu caquettes, épargne ta bave. J’suis pas d’humeur à la babiole, là.

Mollows avait surgi du crépuscule, à deux pas d’eux. Il portait sur son épaule un paquet qu’il jeta aux pieds de ses camarades. Le paquet émit un faible râle. 14 sauta prestement de Maxime, non sans lui arracher une touffe de cheveux en souvenir, et retourna le corps inanimé que Mollows avait rapatrié.

- Hé mais je reconnais cette sale gueule! C’est Bertin, dis donc, l’homme à côté duquel Daniel Van Buyten passerait pour Brummel!

Maxime se pencha à son tour :
- Surtout maintenant, en effet. Qu’est-il arrivé à ce bon Tinbère? Grands Dieux, c’est comme si on lui avait mis en pleine tête un coup de… de…de bélier?

Comtesse s’était approchée de Mollows. Elle prit son visage entre ses mains. Il détourna la tête.
- Mo, ça va? Que s’est-il passé?

Mollows cracha par terre.
- Disons que le mister T., il a eu comme qui dirait une méchante poussée d’hormones. J’ai dû faire le nécessaire.

Il hésita.
- J’ai fait un serment, y a d’ça un bon bail, en Rhodésie. A base de No Kill, vous voyez le genre. Today, avec le Bertin, j’ai frôlé le parjure. Ca m’a fait gamberger. Les zigs de Fatal, c’est eux ou nous. C’est eux les fâcheux. Nous tous ici, lui compris (il donna un coup de pied à Bertin), on est les victimes. Jusqu’à now, je l’ai joué profil bas. Rézulte : les autres sont dead. Alors voilà. Je vais protect et serve. Ouais, et seek and destroy aussi, tant que j’y suis. Vouzotres, dans l’attente, vouzallé vous planquer. La zonzon, c’est la meilleure des mises au vert. Vous rirez du paradoxe plus tard. Allez, zou.

Il se mit en action avec une rapidité foudroyante. En un instant, il avait ouvert la porte de la prison, avant d’y glisser le corps inanimé de Bertin, d’y pousser sans ménagement Maxime et d’y balancer 14 comme une boule de bowling. Il était sur le point d’inviter fermement Comtesse à y entrer à son tour quand cette dernière l’attrapa par le bras :

- Mo, attends. C’est de la folie. T’es pas armé, et eux ont tout un arsenal. T’as passé la journée dehors, t’as l’air crevé, tu marches bizarrement, il fait pratiquement nuit. Fais pas de trucs inconsidérés. Reste avec nous, on va manger, se reposer, on va réfléchir à ce qu’on va faire…

Elle posa la main sur sa joue.
- Reste.

Aucun homme n’avait jamais résisté à Comtesse quand elle parlait comme ça, quand elle faisait ces yeux-là, quand sa voix prenait cette intonation, quand sa douce main se posait sur leur joue.
Mais elle n’avait jamais eu affaire à un légionnaire avide de vengeance après avoir subi un viol sur une île pleine de malades mentaux surarmés, en même temps.

Mollows lui serra le poignet. Il plongea ses yeux dans les siens. Le temps sembla s’arrêter. Dans l’entrebaillement de la porte de la prison, dont la lumière éléctrique projetait à l’extérieur un rai qui éclairait partiellement les deux tourtereaux, 14 glissa à Maxime : « J’te parie mon plat de pâtes qu’il lui roule un palot. Le style Hector et Andromaque, tu situes? » « Tenu, ami de petite taille », répondit Maxime d’un souffle.

Mollows n’embrassa pas Comtesse. Il recula d’un pas sans lâcher la main de la belle amazone (rappelons que ça fait quelques épisodes qu’elle se balade pratiquement à poil) dans la sienne puis, soudain, lui fit un baise-main.
- Si je reviens, ma belle, et si on s’en sort, on s’f’ra un baloche vers Montrouge le jour de la Commune. J’ai des potos qui tiennent un rade, le Populaire, on s’en jettera un p’tit derrière la cravate et on ira guincher et plus si affinités. En attendant, vous vous la jouez calfeutre et barricade, capito?
Il tourna résolument le dos à la prison. Comtesse, ébahie, rejoignit 14 et Maxime, qui se disputaient pour savoir lequel des deux avait gagné le pari. Elle leur intima, d’un geste, de se taire. Mollows partait.

Mollows se dirigea vers la jungle, en se déhachant étrangement. A l’orée de la clairière, il se baissa pour prendre un lourd bâton tombé là il y a quelques jours, quand Bertin et Nonoz s’amusaient à abattre des arbres. Puis il disparut dans la nuit, sans se retourner.

Maxime tira Comtesse à l’intérieur du bâtiment. 14 referma difficilement la lourde porte, et se tourna vers la dernière fille survivante, qui semblait encore prostrée. Il prit son air le plus innoncent et dit :
- Tain, le vent qu’il t’a mis, le soldat du désert!

Le Belge s’enfuit en hululant dans les entrelacs de la prison avant qu’elle ait eu le temps de l’abattre d’un coup de tapette à mouches. Maxime soupira :
- J’ignore ce qui a pu le pousser à partir seul à l’assaut des séïdes du diabolique maître des céans, mais…
- Mais c’est un héros, conclut Comtesse.
Une larme coula le long de sa joue. Elle déglutit difficilement.
Maxime toussota, puis se replia vers la cuisine pour « faire des pâtes ». Bertin grommela dans son sommeil quelque chose qui ressemblait à « Pas cool brother, tu réagis hyper mal. » Le rire de hyène de 14 se fit entendre en écho à l’étage supérieur. Comtesse leva la tête, considéra la situation et fondit en larmes.
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Axl
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MessagePosté le: 18 Déc 2006 12:48    Sujet du message: Répondre en citant

EPISODE 15 (2/3)


Bouh sortit le tube d’acide sulfurique de l’armoire à pharmacie du Major. Baygon et Coincoin venaient de balancer le corps mutilé de Gaston dans la baignoire, et les admins étaient chargés de le faire disparaître. Tout en saupoudrant ce qui restait du séducteur danois, Bouh soliloquait :
- Tu vois Zozo, 616 nanas, c’est rien. Tout est une question de calcul. Moi par exemple, je t’ai raconté le jour où j’ai acheté une batterie de poulets à Alençon? Je les avais installés dans ma cave et de temps en temps j’y descendais, je me foutais quelques marches au-dessus des poulets, je me débraguettais et je les asper…
- Oui bon, tu peux me passer les détails aussi.

Zozo n’écoutait pas. Zozo avait l’air ailleurs. Zozo avait un regard étrange. Bouh devinait bien la raison.
- C’est depuis que t’as crevé Océane, hein mon Zoz? T’as aimé hein? Et là tu te dis qu’il reste plus que quatre Islanders à défoncer et tu te demandes s’il y en aura pour toi, pas vrai?

On pouvait dire ce qu’on voulait, mais pour ce qui était des bassesses de l’âme humaine, Bouh était fin psychologue. Ce genre de raisonnements, il les comprenait bien pour les avoir vécus moult fois de l’intérieur. Zozo regarda distraitement Gaston se dissoudre et confia :
- Ouais. Je voudrais carrément m’en faire au moins encore un. On a les résultats des votes, d’ailleurs?
- Tout le monde dans mon bureau. Maintenant.

Major avait disposé des micros partout dans sa demeure, afin de pouvoir joindre ses sbires à tout instant. Bouh se frotta les mains : « Héhé, ça doit être les résultats. Le premier dans le bureau du Major se tue un Islander, OK? »

Il démarra à cent à l’heure, mais Zozo lança son biberon de pastis avec une précision infernale. Bouh s’étala de tout son long (ce qui n’est pas si long que ça, en fait), et vit Zozo le dépasser et entrer le premier chez Major. Il le suivit en maugréant. Baygon et Coincoin abandonnèrent leur Lyon –Sainté au Subbuteo et se joignirent à la troupe.
Major, élégamment vêtu d’un costume de lycra aux couleurs du TFC frappé d’un logo KDF sur la poitrine, leur indiqua l’un des écrans plasma de contrôle, mis sur pause.
L’un des drônes équipé pour la vision de nuit renvoyait l’image de Mollows avançant, l’air farouche, à travers la jungle.
Major avait une télécommande dans une main et un verre de Château-Chinon dans l’autre. Il enclencha « play ».
- Regardez ça les enfants, c’est du grand art. Ca s’est passé il y a dix minutes.

Sur l’écran, Mollows se mit à avancer, son bâton à la main. Il s’en servait pour écarter les fourrés. Il progressait lentement mais sûrement, à moitié penché vers l’avant, comme s’il avait fait ça toute sa vie.
- Il a fait ça toute sa vie, dit le Major. J’ai pas mal d’infos sur ce mec. C’est du sérieux. Mais regardez plutôt.

Mollows s’était soudain immobilisé. Pendant quelques secondes il resta parfaitement figé.
- Haha, on dirait Janot sur le coup franc de Ju…
- Ta gueule Baygon. Regarde et apprends.

Mollows se retourna à grande vitesse et asséna un violent coup de bâton dans les fourrés. Il frappa à plusieurs reprises, puis le bâton lui fut littéralement arraché des mains avant de disparaître dans la végétation. Une longue bande bariolée en sortit alors, tenant le bâton dans sa gueule.
- Le boa!, gueula Bouh.
- Le boa!, hurla Zozo.
- Point!
- Pas de point sur admin!
- Moi aussi je suis admin!
- Vos gueules putain!

Le cri du Major ramena le calme. Tout le monde se concentra sur l’écran, où Mollows luttait de toutes ses forces avec l’énorme serpent. A en juger par la boule qu’il avait dans le ventre, le boa n’avait pas fini de digérer Jacky. Le monstre s’était enroulé autour de Mollows mais celui-ci l’avait attrapé des deux mains près de sa petite tête plate, et tentait de toute évidence de l’étrangler.
- Heu, Major, c’est vraiment possible d’étrangler un serpent?
- J’en sais rien Oink, c’est pas moi qui écris cette histoire débile.

Finalement, Mollows se libéra d’une ruade de l’étreinte du boa, se retrouva face à lui, ouvrit grand la bouche et…
- Oh putain je crois que je- vais vomir!
- Baygon si tu veux dégueuler tu sors!
- Il a décapité le putain de boa d’un coup de dents, mordel de berde!
- Héhé, Bouh, tu fais des contrepèteries sans le savoir, pas mal… Bon, vous avez pigé le topo. Ce mec est dangereux, motivé, et il avance droit vers nous. Bon, je reviens au direct. Oh! Saperlipipette!

Même Baygon maîtrisa sa nausée, tant la scène qui se déroulait à présent sur l’écran était surréaliste : Mollows s’était relevé… mais de l’autre côté du cadavre du boa, lui faisait à présent face le gigantesque grizzly sodomite Schyzo. L’ours se déhanchait lascivement. Il se souvenait de son récent rapport avec le corps de Kamba et, visiblement, il en voulait encore.
- Mollows est foutu, souffla Coincoin. Il lui faudrait une veine de Sassus pour s’enfuir.
- Il faut qu’il trace maintenant, sans attendre, dit Major. Schyzo peut se laisser tenter par le cadavre du serpent… Mais qu’est-ce qu’il fout putain?
Mollows ne s’était pas enfui! Mollows avait sauté sur l’ours, un monstre de quatre mètres de haut et pesant bien une tonne! Major monta le son au maximum, il entendit un sourd bruit de lutte, les rugissements de l’animal et Mollows qui criait :
- Ah tézig aussi tu veux ramoner ma cheminée? Tézigossi? Mézig va faire passer le goût de la gaudriole à tézig, parole de mézig!

Ce qui se passa ensuite fut proprement stupéfiant. Mollows s’empara du corps du boa et en deux temps trois mouvements l’enroula habilement autour des pattes de Schyzo, qui tenta de faire un pas vers lui et chuta lourdement. L’homme se redressa et avant que l’ours ait repris ses esprits, lui enfonça son bâton dans l’arrière-train. Schyzo beugla si fort que Major et ses acolytes l’entendirent par la fenêtre plus que par l’écran de contrôle. Mollows appuya, appuya, appuya, les pieds sur un tronc d’arbre, et finit par faire entrer l’intégralité du bâton dans son ennemi. Les rugissements cessèrent, le bâton ayant perforé à peu près tous les organes vitaux de l’animal. Mollows reprit son souffle, s’essuya le front et… repartit vers la demeure du Major.

Dans le bureau reignait à présent un silence complet. Zozo parla le premier.
- Il… Putain, j’y crois pas, il a empalé le grizzly.

Les autres se regardèrent. Major but une gorgée de son verre, le reposa d’un geste tellement calme que c’en était pas naturel et déclara :
- Ca tombe bien, si on peut dire, Mollows est le premier sur la liste des votants. Là, c’est clair, c’est lui ou nous. Qui veut s’en charger?
Silence.
- Zozo, t’avais l’air motivé, non?
Zozo jeta un coup d’œil sur l’écran. Mollows, tout en courant, était en train de se fabriquer un couteau avec deux pierres.
- Heu ouais mais tu vois, en fait, je pensais plus à un truc sophistiqué, tu vois, pas un truc trop directement brutal, je suis justement en train de préparer une boisson qui…
- Ok c’est bon j’ai compris. Les autres?
Les autres regardaient leurs pieds. Major vida son verre d’un trait.
- Je vois. Ben vous savez quoi les gars, je vous en veux pas. Je vous suis même reconnaissant. Parce que ça me donne l’occasion de recourir à mon arme secrète.
Il se saisit d’un pendentif qui ne quittait jamais son cou et appuya dessus. Sur le second écran de contrôle, l’autre drône montra une clairière, située à 500 mètres de la demeure du Major.
- A ce rythme, Mollows devrait parvenir à cet endroit d’ici deux heures. C’est amplement suffisant. Zozo, va chercher l’hélico, on a l’arme secrète à héllitreuiller là-bas. Je descends le chercher à la cave. Les autres, mettez-vous à l’aise, va y avoir du spectacle.

Mollows fit une pause. Un boa puis un ours, ça vous crevait son homme, d’autant que la journée avait été longue. Il préferait ne pas penser à la manière dont Bertin l’avait, dans tous les sens du terme, pris par surprise. En revanche, il se remémorait avec plaisir sa réaction, quand il s’était défait de la prise du normand cannibale pour lui éclater la tête contre un tronc d’arbre, avant de résister à l’envie de l’éventrer, de le porter à travers la moitié de l’île et de le jeter aux pieds de Comtesse et des autres, un peu comme un homme préhistorique, rentrant de la chasse, offrait à sa femme et à sa tribu un sanglier abattu dans la forêt… Oui, il fallait se rendre à l’évidence. Dans l’épreuve, son cerveau reptilien – jamais très éloigné des cimes de la conscience chez lui, qu’il s’agisse de survivre dans la jungle ou de décortiquer un article de Pierre Marcelle sur Sarkozy – avait carrément pris le dessus. Il fallait vivre, combattre et prolonger l’espèce. Il considérait Comtesse comme sa compagne et les trois autres, Bertin compris, comme sa tribu. Il les protégerait. Et pour cela, il fallait écarter le danger. Se débarasser de Major et des autres. Ca ne serait pas si difficile que ça. Aucun d’entre eux, même armé, n’était de taille à se mesurer à lui. Et le vomi de Baygon ne lui ferait pas le même effet une seconde fois. Les sens en alerte, les muscles en feu, les yeux plissés, Mollows bondit dans la nuit.

-------
Les pâtes étaient dégueulasses, cent fois trop cuites. Maxime et le Belge, redescendu pour l’occasion, bafraient quand même. Bertin, allongé sur la paillasse qui avait accueilli Gébé il n’y a pas si longtemps, avait un peu repris ses esprits. Il avait cependant refusé les pâtes et sorti de la poche arrière de sa combinaison un bout de cuisse de Nusra, qu’il mordillait à présent à petites bouchées. Comtesse les contempla d’un air dégoûté. Elle repoussa son assiette.
- On ne peut pas rester là à ne rien faire. Il va se faire tuer.
- Attends, t’as vu comme il est parti furieux? Pire qu’Ajax quand il est allé se farcir les moutons, une fois. A ta place, c’est pour Major et les autres que je me ferais du souci… Scronch, miam, slurp.
- Ce curieux nabot n’a pas tort, très chère. Notre ami me semble tout à fait à même de régler son compte à cette sinistre compagnie.
Bertin se secoua :
- Pas de liz, sista. Laisse faire les rythmes du cosmos…
Il se mit à siffloter du Devendra Banhart, s’interrompant de temps à autre pour avaler encore un morceau de Nusra.

Comtessa envoya valdinguer sa chaise.
- Vous êtes tous des lâches ! Vous trouvez des excuses bidon pour le laisser affronter seul le danger ! Vous… vous n’êtes pas des hommes !
- Héhé, si tu veux moi je te prouve que je suis un homme, une fois. Ou même plusieurs fois. Tu sais ce qu’on dit des nains, pas vrai ?
- Pour ma part, j’estime qu’un homme, un vrai, doit savoir adapter la couleur de ses boutons de manchette à celle de ses chaussettes, distinguer au premier coup d’œil un polo Yves St Laurent d’un vulgaire Ralph Lauren et reconnaître deux cents sortes de cigares et de cognacs. Et avec tout le respect que je dois à notre valeureux guerrier, je doute fort qu’il corresponde à la définition…
- Vous me dégoûtez ! Vous… oh et puis pourquoi je perds mon temps à parler avec vous ? J’y vais moi ! Je veux l’aider ! Sinon je m’en voudrai toute ma vie !

Comtesse attrapa deux couteaux à viande et se précipita vers la porte. S’attendait-elle à ce que ses camarades tentent de la persuader de ne pas faire de folies ? Espérait-elle qu’ils la suivraient ? Voulait-elle qu’ils la retiennent de force ? Quoi qu’il en soit, ils n’en firent rien. 14 et Maxime échangèrent un regard entendu et se mirent à baffrer de plus belle. Après tout, c’était une manière bien commode de se débarasser d’un autre adversaire… Quant à Bertin, qui avait toujours des ronds devant les yeux, il cria seulement : « Ah tu sors ? Sois sympa, ramène-moi de l’encens et du tofu ! »
Elle claqua la porte et se retrouva dehors. C’est alors qu’elle entendit le râle agonisant de Schyzo. Elle eut la tentation de rentrer se cacher mais surmonta la panique, serra les couteaux dans ses mains, et partit droit dans la direction d’où était venu le cri.
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MessagePosté le: 18 Déc 2006 12:49    Sujet du message: Répondre en citant

EPISODE 15 (3/3)

Mollows s’approcha de la grande clairière et se cacha dans les fourrés. Il entendit l’hélico avant de voir ses phares puissants balayer le ciel d’ébène. Il s’était fabriqué un coutelas rudimentaire avec deux silex. Il était prêt. Il attendrait que le Major et ses hommes sortent de l’hélico et se lancent à sa recherche. Le terrain lui était favorable. Il les trouverait avant qu’eux ne le trouvent. Et alors – il passa son pouce sur la pointé effilée de son arme, le sang coula, il s’en fit deux bandes sur chaque joue , alors il les tuerait, sans pitié.

Les pales battaient l’air, le vent fit vaciller la cime des arbres, l’hélico se posa. Depuis sa cachette, Mollows discernait très bien le cockpit. Il y avait là Zozo et le Major. Zozo, aux commandes, était extraordinairement pâle, il regardait droit devant lui sans cligner des yeux. Le Major avait lui aussi l’air très tendu, son sourire de dément était plus mécanique que jamais. Derrière eux, dans l’habitacle, quelque chose bougea. Bouh ? Baygon ? Coincoin? Mollows ne voyait pas. Une porte latérale s’ouvrit, et une forme sombre sauta de l’hélico à une vitesse incroyable, effectua un roulé-boulé et plongea dans les fourrés, à une trentaine de mètres de Mollows. Merde. Il n’avait pas eu le temps de voir duquel il s’agissait. Etrange, la rapidité de son ennemi était presque surnaturelle. Zozo et Major restaient à leur place. Ils n’avaient quand même pas confié à un seul homme le soin de lui régler son compte à lui, Mollows, un légionnaire rompu à toutes les formes de combat ? Si oui, c’était un sacré mauvais calcul parce que lui Mollows, il avait l’ouie d’un renard, les yeux d’un lynx, l’odorat d’un…
Le coup qu’il reçut dans le flanc l’envoya s’écraser au beau milieu de la clairière, en pleine lumière des phares de l’hélico. Il n’avait pas compris ce qui lui était arrivé, il n’avait pas entendu son agresseur arriver, mais il n’avait pas le temps de réfléchir, il était à présent en pleine lumière et si Major et Zozo étaient armés, il se ferait tirer comme un lapin. Il se releva difficilement, tourna la tête vers l’hélico et constata que les deux admins étaient descendus, mais qu’ils n’avaient apparemment pas la tentation de lui tirer dessus, puisqu’ils le regardaient avec un mauvais sourire, les bras croisés. OK, tant mieux. Je peux me concentrer sur le type qui m’a cogné.
Le type sortit sans se presser du bois. Ebloui par les phares, Mollows ne voyait pas encore son visage, mais rien qu’à sa manière de se mouvoir, tout en souplesse, il comprenait qu’il avait affaire à un vrai pro. Il inspira profondément pour faire partir la douleur de ses côtes endolories, fit tourner sa lame dans sa main et se précipita sur son ennemi. L’autre l’attendit et évita au dernier moment un atémi à la carotide, para avec facilité le coup de genou que Mollows tenta de lui porter à l’entrejambe, bloqua de la main un violent coup de tête puis recula d’un pas, sauta, tourna en l’air et balança un coup de pied retourné modèle que Mollows reçut à la pointe du menton. Ce dernier parvint miraculeusement à accompagner le coup, mais ce fut tout de même comme si un boulet de canon l’avait atteint en pleine tête. Il effectua un nouveau vol plané et roula aux pieds du Major. Ce dernier éclata d’un rire sardonique et dit :
- Tu croyais sincèrement que j’étais dépourvu de ressources, hein?

Mollows, d’un effort surhumain, parvint à se redresser. Son adversaire courait. Son adversaire sauta. Son adversaire visait sa tête avec son genou. D’un réflexe, Mollows plongea sur le côté et lança devant lui son bras gauche, celui dans lequel il tenait le couteau. Il entendit un « fruit » et une giclure de sang lui arriva au visage. Il se releva en titubant, pour constater que son ennemi se relevait, la main sur la joue. L’homme baissa la main, et Mollows comprit qu’il lui avait infligé une profonde estafilade. Il le contourna pour le voir de de face, à cinq mètres. Il le voyait bien maintenant. L’homme n’était pas très grand, mais d’une musculature puissante. Il portait une tenue intégralement noire, avec un bandeau rouge dans les cheveux. Mollows l’aurait identifié à ses petits yeux rieurs, à sa démarche si caractéristique, à son bandeau rouge si connu, mais c’est sa barbe qui le rendait immédiatement reconnaissable. Cet homme, c’était Ségolène Royal.
Ségolène parla, sans l’ombre d’un accent (évidemment, puisque c’est lui qui, en 842, avait inventé le français pour séduire une Déesse de l’Olympe) :
- Tu es le premier à m’avoir fait saigner depuis Bruce Lee en 1971. Pour ça, je veux bien t’épargner. Range-toi à nos côtés et je pense pouvoir persuader le Major de te nommer modo, puisque c’est ça l’enjeu, si j’ai bien compris le scénario.
- Quid de mes alteregos? interrogea Mollows en se massant le menton.
- Ca, je peux rien pour eux.

Major intervint :
- Dis Ségolène, t’outrepasses pas un peu tes fonctions là? Alors sois gentil, accélère et débarrasse-moi de lui. Sinon…
- Sinon quoi? demanda Mollows. Je connais ta légende, Ségolène. Dans le milieu, t’es un peu le mastre suprême. Pourquoi t’es à la solde de ce comte Zaroff de pacotille?

Ségolène baissa la voix, et Mollows crut le voir rougir.
- Parce que… parce que il sait de quelle partie du corps je me suis transplanté mes poils de barbe, et qu’il menace de le révéler à la planète entière. Du coup je ne peux rien contre lui. Là ça fait trois mois que je vis dans sa cave, il m’a dit qu’il aurait peut-être besoin de moi pour régler son compte à l’un de vous…

Mollows comprit. Major tenait Ségolène par les couilles. Si le monde apprenait la vérité sur la barbe de Ségolène, c’en était fini de lui. C’était pas la faute de Ségolène. C’était la vie, tout simplement. Ségolène allait le tuer, c’était sûr. Ségolène lui avait cassé deux côtés et abîmé la machoire. Ségolène était invaincu en combat singulier depuis le quaternaire. Eh ben, on doit tous y passer un jour, non?
Il rugit et se lança sur son adversaire. Ce dernier esquiva et l’envoya au tapis d’une droite. Mollows tomba, Ségolène fut sur lui et en deux coups de paume, lui enfonça les côtés qui protègent le cœur. En un dernier spasme, Mollows lui décocha un coup de coude dans la mâchoire. Ségolène partit en arrière, Mollows entendit un « urk » et le poids de Ségolène n’était plus sur lui. Il parvint à se retourner sur le ventre, au prix de terribles souffrances. Royal était étendu dans l’herbe, les yeux grands ouverts. Deux énormes couteaux de cuisine lui transperçaient la gorge. Comtesse se jeta près de Mollows :
- Mo! Mo! Parle-moi!
- C’est over pour mézig, beauté, articula le mourant. J’ai les conduits cardiaques aussi saturés que la vésicule biliaire de Sarko. Chapeau pour ton bodycount, mais carapate-toi avant que…
- Non, je ne peux pas te laisser dans cet état, je… hmpfffff!

Major, surgi derrière eux,venait d’empaqueter Comtesse dans le même sac que celui que Borat utilise pour enlever Pamela Anderson (Borat l’avait personnellement offert à Major pour la saint-Major). Elle hurla le nom de Mollows. Ce dernier ne pouvait plus rien. Major s’agenouilla auprès de lui.
- Tu sais quoi, je vais te regretter. Tu m’as bien fait marrer, toi, avec ton sabir, et puis tes fights à la ouanaigain, t’as vu je parle comme toi maintenant, quel plus bel hommage, hein? Et avec ta copine, vous m’avez débarrassé de Ségolène, c’est pas plus mal, il commençait à me coûter cher en vaches vivantes… Bon, pour le coup, je te promets trois choses, comme un gin issu d’une bouteille. D’une, Comty connaîtra un sort clément. De deux, je ne montrerai jamais à personne cette vidéo de toi et Bertin (quoi tu savais pas que j’avais tout sur DVD?). De trois, je ferai en sorte que Sarkozy ne soit jamais élu président.

Il se releva, enjamba le cadavre de Ségolène Royal sans un regard et rejoignit l’hélico, où Zozo venait de traîner Comtesse après l’avoir assommée à travers le sac. L’engin s’éleva dans un grand bruissement de feuilles. Puis tout s’apaisa. Mollows regarda une dernière fois les étoiles. Elles étaient pareilles qu’en cette nuit du 10 mai 1981 où il avait pris d’assaut à lui seul un château d’Islande tenu par une escouade de nazis et assisté en direct à la télévision à l’entrée de Mitterrand au Panthéon. Il sourit et prononça distinctement :
- A la revoyure.
Puis il ferma les yeux.



Comtesse ouvrit les yeux. Elle se trouvait dans une grande et belle salle, et la décoratrice en elle ne put qu’admettre que Major avait un goût très sûr. Mais que faisait-elle là, au juste? Etait-elle prisonnière? Allaient-ils la dessouder? En tout cas, ses bras et jambes n’étaient pas entravés. On lui avait passé un peignoir et des chaussons confortables. Elle était assise à un table en bois poli, sur laquelle l’attendaient une tasse de thé et des beignets. De l’autre côté de la table, il y avait Major, un polo American Apparel moulant ses muscles saillants. Elle tenta de se lever, mais elle était si lasse… La tête lui tournait. Portant la main à la nuque, elle tâta une bosse d’un fort beau gabarit.

- Je sais, je sais, c’est pas des manières.
Major roula les yeux au ciel.
- Mais que veux-tu, Zozo est un peu roots comme garçon. Comme tu te débattais, il a cogné. Mais il est tellement navré qu’il sait plus où se mettre, le pauvre. Tiens, il t’a même préparé un thé et quelques biscuits.
- Vous allez me tuer?
La voix de Comtesse était rauque, pleine de tension. Major éclata d’un long rire.
- Te tuer? Elle est bien bonne celle-là. Tu crois que si on avait voulu te faire la peau, on t’aurait ramenée ici, on t’aurait bichonnée et changée (je te rassure, ce n’est pas Bouh qui s’en est chargé), et qu’on aurait préparé ce merveilleux encas? Tu penses pas qu’on t’aurait achevée sur place, plus tôt?
- Alors qu’est-ce que vous me voulez?

Comtesse restait sur la défensive. Elle était encore très faible, mais elle saurait se battre au besoin. N’avait-elle pas, tout à l’heure, saigné ce type bizarre qui s’en prenait à Mollows? A l’évocation du légionnaire défunt, elle sentit une boule monter dans sa gorge.
- Lâche pas les grandes eaux, ma belle, enchaîna Major. T’es plus qu’en sécurité maintenant.
Comme elle reniflait, l’air soupçonneux, il continua, tout miel :
- Ecoute, c’est bien simple. Comme je vous l’ai dit à votre arrivée sur l’île, je vous ai conviés ici pour désigner le futur modérateur. On vous a mis dans diverses situations, on a vu comment vous gériez, et au final le choix s’est porté sur toi. Eh oui. C’est toi qui as gagné the Island. Tu es modo, à présent.
Comtesse n’en croyait pas ses oreilles.
- Mais t’avais dit que les kdfistes votaient et qu’ils allaient voter jusqu’au dernier. Là il en reste encore trois dans la prison…
- L’avis des kdfistes, comment te dire… Ca m’occupe autant que la première planche que j’ai brisée avec mon membre viril. On leur a donné un peu d’impression d’interactivité, mais in fine, tu crois vraiment que je laisserais cette bande de tarés me dicter mes choix en matière de modo? Jamais! T’as gagné le gros lot, poupée. Et reste pas là la bouche grande ouverte, bois ton thé, ça va refroidir.

Mécaniquement, elle but une gorgée de thé. C’était chaud et très bon, elle finit rapidement sa tasse. De toute façon, si elle voulait se sortir de cette île de malades, il fallait jouer le jeu. Une fois revenue en France, elle courrait raconter toute cette horreur aux flics. En attendant, elle devait essayer de tirer avantage de la proposition du Major. Elle se sentit soudain beaucoup plus légère. Tout allait s’arranger;
- Ecoute, je… je suis très heureuse de ce choix. Franchement, j’ai eu très peur… Dis, pour les trois autres, ceux qui sont dans la taule. Maintenant que j’ai été nommée modératrice, ce n’est peut-être pas la peine de les dessouder, non? Je veux dire, je suis pas vraiment fan de ces trois chaînons manquants, mais quand même…
- Si tel est ton désir, ma chère, acquiesça Major. On va dire que ça sera mon cadeau de bienvenue.

Comtesse respira à pleins poumons. Finalement, au vu de la donne, elle s’en sortait comme un chef. Tout irait bien. L’euphorie la submergea, elle eut l’impression de flotter, comme si elle lévitait au-dessus de la chaise, comme si ses pieds avaient quitté le sol, elle…
- Putain mais c’est quoi ça???
Elle était effectivement en train de flotter! Elle s’élevait progressivement, et à présent elle était au-dessus de la table!
- Un volume d’eau chaude, quatre volumes d’hélium. Je savais que ça marcherait.
Zozo avait fait son apparition et levait la tête vers elle, l’air satisfait. Les autres sbires du Major suivirent de près.
- Incroyable! Zozo, t’es un génie! Elle flotte! Elle arrête pas de monter!
- Ah oui, à ce propos, j’ai beau avoir cinq mètres sous plafond, je ne veux pas qu’elle s’y scotche comme un ballon de baudruche le lendemain de Noël, lâcha Major.

Sans ménagement, il attrapa Comtesse par la cheville, et la tira vers la fenêtre. Elle ne pesait plus rien maintenant. Il ouvrit la fenêtre et y fit passer sa proie.
Comtesse se rendait compte de ce qui lui arrivait. Une fois dehors, elle ne pourrait que continuer à s’élever, c’était inéluctable!
- Mais Major! Major! Tu! Tu m’avais dit que j’avais gagné! Que j’étais modo ! Que je ne risquais rien !
Major agita un papier sur lequel apparaissaient, bien en évidence, les résultats des derniers votes : Mollows et Comtesse. Il eut un dernier sourire.
- J’ai menti.

Il la lâcha. Elle fut comme aspirée par le ciel. Elle s’éleva au-dessus de la vaste demeure du Major, au-dessus de l’île, au-dessus de l’océan, elle monta, monta monta dans l’atmosphère, elle cingla vers le firmament…
Aujourd’hui, il y a au ciel une nouvelle étoile. Si on la regarde avec un télescope très puissant, on peut voir qu’elle porte un peignoir siglé KDF. Pour l’éternité.
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MessagePosté le: 15 Jan 2007 18:44    Sujet du message: Répondre en citant

EPISODE 16 (1/5)





Le serveur du Terminus arbora un sourire grand comme ça en reconnaissant Axl, qui passait la porte d’entrée, laissant entrer un courant d’air froid et saturé de gaz d’échappements. Pour lui, un Kdfiste était une bonne nouvelle à plus d’un titre. Premièrement, le Kdfiste ne venait jamais seul dans son bar. Deuxièmement, le Kdfiste n’était pas quelqu’un du genre à commander une tournée de DBK pour la siroter trois heures en racontant des banalités. Non, le Kdfiste était un psychopathe avec une sévère tendance à la picole menant une double vie schizophrène. Le Kdfiste faisait un peu peur aux autres clients, surtout passé quatre pintes, quand il commençait le concours d’imitation de smiley ou qu’il se lançait dans un chat-bite perché grandeur nature. Mais une assemblée de Kdfistes lui faisait le chiffre de la journée, et ça c’était bien.
Il attendit patiemment qu’Axl s’installe derrière une table près de la sortie. Bien, vu l’emplacement qu’il avait choisi, ils seraient au moins six. Il se tourna vers la salle pour vérifier que personne n’avait besoin de ses services dans l’immédiat et partit en quête de renseignements. Si jamais c’était une réunion extraordinaire, mieux valait prévenir les autres membres du staff, histoire qu’ils ne soient pas surpris de la tournure que pourraient prendre les événements, quels qu’elle soit. Le stylo était bien coincé dans la poche du gilet, le carnet rangé dans la poche arrière du pantalon, il était paré. Il s’approcha :
_ « Hey, salut Axl, comment ça va ? »
_ « Bien, bien, et toi ? »
_ « J’ai pas à me plaindre. T’attends du monde ? »
_ « Ouais, on sera six ou sept, peut-être plus. »
_ « OK, pas de soucis, vous êtes ici chez vous. »
_ « C’est cool, t’as qu’à me mettre une pinte en attendant que les autres arrivent. »
_ « Une pinte, c’est parti ! »

Axl l’observa repartir. Il sortit un paquet de clopes de sa veste et en alluma une. Il se demandait ce qu’allait donner cette réunion. D’habitude c’était plutôt restau, ce genre de trucs. Ou la sortie du foot, le dimanche matin. Mais là, un rendez-vous à 16h un samedi aprem, c’était inhabituel. Enfin, ça pouvait arriver, y’avait rien d’extraordinaire là-dedans, mais c’était plutôt l’assemblée qui avait été convoquée qui l’étonnait. Tout le pool de The Island, c’est ce qu’il avait compris. Zozo avait prévu ça pour le dernier épisode, genre célébration. Bon, OK ça avait été bien marrant comme histoire, mais c’est pas non plus comme si le feuilleton avait passionné les foules. A part pour les personnages qui avaient été choisis, et encore, pas tous, il lui semblait que le projet avait fait un four plus qu’autre chose. Enfin bon, l’important c’était de bien déconner, pour le reste, pheuque them all comme le chantait si bien Mylène Farmer.
La pinte était arrivée. Axl écrasa sa clope au fond du cendrier et lorgna le verre de bière. Bordel mais qu’est-ce qu’ils pouvaient bien foutre, tous ? C’était naze de trinquer tout seul comme ça. Juste au moment où il posait les lèvres sur le bord du verre, Latrell entra et avisa immédiatement le serveur. « La même que le gars là-bas, mais en double », dit-il en pointant Axl du doigt. Il tomba le manteau, le jeta négligemment sur une chaise et s’assit après avoir serré la main d’Axl, mais ne parla pas. Il attendait que le serveur revienne avec sa commande. Quelques instant plus tard, celui-ci apparu avec son plateau. Il venait de se pencher pour déposer les deux récipients de 50 centilitres sur la table que Latrell les avait déjà attrapés et entamait celui qu’il tenait dans sa main droite. En quatre gorgées, il l’avait terminé et avait reposé le verre sur le plateau.
_ « Ah bordel, ça fait du bien, merci mon gars ! », dit-il, une lueur de vie dans le regard. « Alors Axl, qu’est-ce que t’attends, tu fais ta fillette ? »

Les autres suivirent petit à petit. Agora, Tony, Schweinie : le pool fut enfin au complet. Il était 17 heures, tout le monde refaisait allègrement le processus créatif, les épisodes marquants de l’histoire, ce qui aurait pu être fait en plus. Une bonne discussion de bar, quoi. C’est alors que Zozo entra. Il était beau, avec son bouc bien taillé, sa gourmette scintillant de mille feux, ses chaussettes du Werder dessinant la musculature puissante de ses mollets, un short Panzari parfaitement ajusté à des abdominaux qu’on sentait proéminents, et une chemise hawaïenne ulta-cool, signe définitif de son statut d’admin omnipotent. Les convives se turent en le voyant approcher de la table, leur regards se baissèrent. Tous avaient honte de l’état d’ébriété dans lequel ils se trouvaient. Ce n’était pas propre à la réception d’un si fameux invité, loin s’en faut. Zozo fit un geste discret en direction du serveur, signe qu’il commandait une nouvelle tournée et que toutes les consommations seraient à sa charge. Puis, il s’approcha d’un pas gracieux et agile, semblant marcher sur des nuages. Il claqua la bise aux membres du pool, balança deux-trois jeux de mots hilarants de la Baltique, et s’assit en face de son pastis.

_ « Ah les gars, ça fait plaisir de vous voir ! Pour ceux que je ne connaissais pas, je suis Zozo, the one and only ». Ceux qui ne l’avaient jamais vu, à savoir Agora et Schweinsteiger, tentèrent un timide « On savait », avant de replonger les yeux et les lèvres dans leur verre de bière.
_ « Hey mais déconnez pas les gars, soyez pas comme ça ! Si je vous ai demandé de venir ici, c’est pour qu’on se marre un bon coup et qu’on prépare un petit peu le dernier épisode. Vous me balancez vos idées, comme sur le fil, je vous dis ce que j’en pense. Je pensais que ça pourrait être sympa de le faire de visu pour une fois, histoire de changer un peu et de délirer autour d’un verre. D’ailleurs, ce Pastis est excellent, mais qu’est-ce que j’ai soif ! On remet une autre tournée ? »
Le serveur, l’oreille aux aguets, se dirigea immédiatement derrière le bar où il commença à préparer les consommations. Pendant ce temps, le pool demandait à Zozo ce qu’il avait pensé des divers épisodes de l’aventure.
_ « T’as kiffé la façon dont on t’a fait buter Océane ? », demanda Latrell, un sourire sadique relevant les commissures de ses lèvres pour laisser entrevoir une dentition qui aurait provoqué des cauchemars à Shane McGowan.
_ « Yep, c’était sympa de m’imaginer en psychopathe ultime », répondit-il, le regard étrangement ailleurs. « Dans l’ensemble vous vous êtes bien débrouillés, les descriptions des personnages étaient bien rendues, même si l’île aurait pu être plus détaillée. Mais bon, ça le fait bien, on était tous contents, admins comme modos, en lisant vos textes. »
La satisfaction se lisait sur les visages des auteurs. Faut dire qu’ils trimaient dur pour rendre ça le plus lisible possible. L’inspiration n’était d’ailleurs pas le problème, tout semblait leur venir naturellement. C’était plutôt la mise en ordre des idées et des questions de style qui étaient discutées avant la publication.
_ « Y’a quand même un truc qui m’a gêné, enfin, c’est un grand mot. Mais bon, pour un forum de foot, vous en parlez pas beaucoup alors que bon, y’avait matière avec Nonoz. Je veux dire, jouer avec une noix de coco c’est rigolo, pas de problème, mais ce type était vraiment doué, ça faisait vraiment partie de son caractère. Des fois, il me faisait penser à Julien Sablé ».

Le pool protesta, les questions de place, de temps, toutes les excuses fusèrent à vitesse grand V. Soudain, Agora se dressa sur ses jambes, un peu chancelant. Il posa un bras sur l’épaule d’Axl, assis à ses côtés, pour assurer son équilibre, et hurla : « JULIEN SABLE A LARGEMENT SA PLACE EN EQUIPE DE FRANCE ET SI DOMENECH N’ETAIT PAS UNE SALOPERIE DE LYONNAIS, IL Y SERAIT DEJA ». Tout le monde éclata de rire, et la conversation repartit de plus belle sur les mérites des Bleus à la Coupe du monde, les performances étonnantes de Zidane, et ainsi de suite…
La nuit était tombée, et pourtant il n’était pas si tard, que l’ensemble de l’assemblée était complètement pétée. Axl parlait à n’en plus finir, mais d’une voix de plus en plus pâteuse, au point qu’il mélangeait russe et français, qu’il inversait Poutine et Chirac, Moscou et Paris, Vladivostok et Brest. Latrell avait fait son « spécial » : vomi pâteux, mélange de chips et cacahuètes à moitié digérées humidifié à la bière. Agora soliloquait sur la grande époque des Verts et Schwein prenait des notes qui ressemblaient à des gribouillis pour un projet né dans son esprit malade entre le septième et la huitième pinte, de blog concernant les supporters de foot qui n’ont plus que le passé pour rêver d’avenir. Tony, lui, avait fait l’hélicoptère avec sa teub devant un public de clients médusés avant de s’écrouler ivre mort sur une table dès que Chris Martin avait entonné avec Coldplay les premières notes de Speed of Sound.
Pour finir, tout ce petit monde s’endormit vers 22h30, raides comme des piquets. A l’exception de Zozo, sobre comme jamais. « Merci de m’avoir servi des Vittel-Citror, mes potes vont se charger de ramener la viande saoule à bon port », dit-il au serveur en partant, alors que Bouh, Baygon et CoinCoin l’aidaient à transporter les masses imbibées jusqu’à un taxi, qui les emmèneraient plus tard jusqu’à un aérodrome où un hélicoptère les attendait tous...
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MessagePosté le: 15 Jan 2007 18:47    Sujet du message: Répondre en citant

EPISODE 16 (2/5)





Le pool se réveilla dans la douleur. Les cerveaux criaient, les corps étaient déshydratés, une gueule de bois carabinée, en somme. Chacun des membres était dans une pièce individuelle, allongé dans un lit monumental aux draps de soie rouge, floqués du sigle KDF. Agora sortit péniblement du méandre de tissu dans lequel il était empêtré et posa les pieds au sol. Des chaussons l’y attendaient. Il observa un peu autour de lui et distingua sur la table de chevet un verre vide à côté duquel était posé une carafe de jus d’orange. Il remplit le verre et le vida d’un trait, puis s’en servit un deuxième qu’il emporta avec lui alors qu’il sortait de la chambre. L’esprit encore embrumé par ce rêve étrange qu’il avait fait, où ils étaient tous transportés comme des carcasses de viande d’un camion à un hélicoptère lui trottait encore dans la tête, mais c’est surtout la surprise qui commençait à percer le brouillard provoqué par l’alcool. Bordel, mais où il était là ?
Dans le couloir, les autres membres du pool regardaient autour d’eux d’un œil hagard et vitreux. Latrell avait emporté son drap, qu’il utilisait comme une toge. Ses vêtements étant souillés de la veille, il avait dû faire avec les moyens du bord. Les autres n’avaient même pas eu besoin de se changer, puisque tout le monde avait dormi du sommeil du juste tout habillé. Une voix résonna dans le couloir, semblant sortir droit des murs : « Salut les ptits gars ! Major à l’appareil. Si vous le voulez bien, vous pouvez me rejoindre dans la salle de conférence, qui se situe tout au bout du couloir dans lequel vous vous trouvez, direction sud. Prenez votre temps, rien ne presse. Vous pouvez prendre une douche avant de venir, je vous le conseille même très fortement. Mon petit radar à odeur m’indique une forte concentration de sueur et de bière dans votre environnement proche, ça vous fera du bien. Allez, d’ici vingt minutes je veux tous vous voir dans mon bureau ».

Quinze minutes plus tard, le pool au complet était assis autour d’une très longue table en bois précieux. Major entra dans la pièce par une porte dérobée qui se fondait parfaitement dans le mur et que personne n’avait distinguée jusque là. Il ressemblait tellement à Ed Harris que Tony faillit se lever pour lui demander un autographe, mais il se rendit compte que l’homme qu’il avait en face de lui était beaucoup plus beau, et qu’il émanait de lui un charisme dont fort peu d’êtres humains auraient pu se prévaloir. Sur ses pas, Zozo entra à son tour. Il avait retrouvé sa couche habituelle et le biberon anisé pendait à son cou, attaché à une fine chaîne en or superbement ouvragée. Major fit un petit geste de la main et s’assit à la place du chef, en bout de table. Zozo s’assit à sa droite et laissa son collègue prendre la parole :
_ « Alors les mecs, pas trop mal au crâne ? On dirait que si ! », dit-il en rigolant. « C’est que vous avez picolé comme des chacals hier… Première place : Latrell, 13,5 litres de bière. Arrive Tony en deux avec 11 litres, suivi d’Axl, 9,5 litres, quand même, puis Schweinsteiger, 8, et enfin Agora, 6. Petite forme Ago, faudra voir à muscler ton jeu, hein ! Et je vous fait grâce de la note, mais bon, la prochaine fois Zozo, achète-leur plutôt deux trois bouteilles de William Peel et on en parle plus.» Rafraîchi par la douche, Agora en profita pour demander à voix haute ce que tous ses collègues du pool voulaient savoir depuis leur réveil :
_ « Major, tu ne nous a pas encore dit ce que nous faisions ici, ni, ce qui me semble tout aussi important, quel est cet endroit incroyable ? »
_ « Tu as raison Agora, trêve de plaisanteries. Tout d’abord, je vous ai réunis ici en gage de ma gratitude pour le travail que vous avez accompli sur The Island. J’ai été bien distrait par la façon dont vous avez organisé votre petite affaire. Et finalement, c’était assez fidèle à la réalité ».
_ « Euh, la réalité ? », intervint Axl, « quelle réalité ? »
_ « Allons mon garçon, ne joue pas au crétin. OK vous avez pris une sacré cuite hier, mais c’est quand même évident, non ? Vous êtes sur l’île, sur The Island si vous préférez ». Le pool était bouche bée.
_ « Attends mais c’est pas possible un truc comme ça, comment on aurait réussi à retranscrire des évènements qui se sont déroulés à… Je sais même pas où on est, mais à quelques milliers de kilomètres de là où on habite ! »
_ « Ah, ça c’est grâce au génie de mon fidèle partenaire, le sémillant, le grandiose, l’incroyable Zozo. Tu sais que ce mec a réussi à créer un réseau wifi entre la navette Discovery, un sous-marin, et trois chalutiers ? Bon, après c’est un peu trop technique pour moi, donc je vais le laisser vous en parler lui-même ». Zozo sourit au Major, comme pour le remercier de ce commentaire dithyrambique.
_ « Schématisé à l’extrême, ça se passe comme ça : tout objet, tout être vivant, toute chose qui repose sur cette planète développe de l’information. Par exemple, si vous voulez visualiser, c’est un peu ce que ces crétins de frères Wachowski ont essayé de représenter dans Matrix de façon bien sommaire, je trouve. En fait c’est beaucoup plus compliqué vu qu’on est dans le domaine de l’immatériel et qu’il m’a fallu composer de toutes pièces les outils pour matérialiser ces données, mais là n’est pas la question. Ce qui est important, c’est que j’ai réussi à le faire. Ensuite, par le biais des pages du Kdf que vous lisez tous les jours, par le chat, je peux envoyer ces informations, comme une image subliminale, vous pigez ? Vous ne vous êtes jamais demandés pourquoi toutes ces péripéties vous arrivaient en tête comme par magie ? Et bien plus besoin de chercher, c’était moi. Après, la façon dont vous avez présenté les choses, ce que vous pouvez appeler votre style, ce n’est que la façon dont l’information est perçue par votre cerveau, les limites de votre compréhension du code. Les gens le digèrent différemment, selon leur personnalité, leur humeur, toutes sortes de chose que je ne peux pas maîtriser ». Agora sentait poindre en lui une vague d’indignation.
_ « Mais c’est dégueulasse ! Et le libre-arbitre ? C’est de l’asservissement ce que vous avez fait, ni plus ni moins ! »
_ « Agora, est-ce que tout ceci ressemble à une assemblée d’un groupe de militants du PS ? », intervint le Major. « Non, j’ai bien peur que non. Ici nous ne faisons pas de politique. J’ai promis à Mollows que Sarkozy ne gagnerait pas l’élection, grâce au génie de Zozo je serai en mesure de tenir ma parole. Tu devrais t’en estimer heureux, et laisser tes principes moraux au vestiaire. D’ailleurs, je ne pense pas que tu ais encore réalisé que tu as retranscris grâce à tes petits doigts et ton clavier des meurtres qui ont réellement eu lieu, ce qui est assez dégueulasse, d’une certaine façon ».
_ « Attendez, attendez deux minutes », coupa Schweinie, « comment ça se fait, si ce que vous dites est vrai, comment ça se fait qu’on puisse encore lire les posts d’Océane, Nonoz, ou encore Parhelion sur le forum ? Tiens, pas plus tard que l’autre jour, Océane s’engueulait encore avec Cavalier sans tête… Alors, vous nous racontez que des conneries en fait ? »
Major partit d’un rire franc. « C’est bien vu ça, Schwein ! Bon, je vois que j’ai affaire à des petits malins tatillons. OK, levez-vous et suivez-moi, je pense qu’il vaut mieux que vous voyiez ça de vos propres yeux ».

La petite troupe sortit de la pièce. Ils enfilèrent une série de couloirs, quelques volées de marches, et se retrouvèrent devant une nouvelle porte, toute simple, blanche avec une poignée en inox. « Attention les yeux », dit Major en ouvrant la porte. Dans une pièce plongée dans l’obscurité, des dizaines d’ordinateurs éclairaient les visages d’autant de jeunes ados, voire de gamins, qui semblaient tous extrêmement concentrés. Ils étaient asiatiques, mais l’obscurité ne permettait pas d’en voir plus. Major bascula l’interrupteur actionnant le plafonnier, et la lumière éclaira mieux tout ce petit monde. Le pool était déboussolé. Qu’est-ce que c’était que tous ces gamins ?

« C’est très simple », dit Major comme s’il lisait dans les pensées, non content de ressembler de plus en plus au maître du monde. « Ces jeunes sont des orphelins thaïlandais qui, n’ayant pas d’autres moyens pour survivre, se dirigeaient tout droit vers une existence misérable où la prostitution serait devenu leur seul moyen de subsister, la violence leur paysage quotidien, et la maladie leur mort trop précoce. Je les ai donc ramenés ici pour qu’ils me rendent quelques services. Le plus grand d’entre eux étant de remplacer les membres du forum qui disparaissent malencontreusement par ici. Je vous présente Océane, Nonoz, Parhelion, Electron Libre, Mollows, Comtesse, et tant d’autres… Ils sont tous là, devant vous ». Major fit signe à tout le monde de sortir, et referma la porte. « Mais si je vous ai fait venir jusqu’ici, ce n’est pas pour vous montrer tous mes petits secrets. Non, si vous êtes là, c’est pour écrire le dernier épisode de The Island et assister au couronnement de celui qui sera le nouveau modérateur. J’ai fait installer une petite pièce où vous trouverez tout ce dont vous avez besoin pour trouver l’inspiration, enfin, façon de parler. Disons simplement que vous y serez à votre aise pour coucher sur papier les dernières notes de cette symphonie ». Il indiqua la direction à suivre et partit en tête. Tout le monde suivit sans protester jusqu’à une espèce de salon où étaient entreposés divers fauteuils, une chaîne-hifi, une grande table où reposait une rame de papier blanc et des stylos. Quelques cendriers étaient disposés à divers endroits de la pièce, et une jolie petite boîte en bois reposait sur une table basse en verre du meilleur effet. « Vous voilà dans vos quartiers, les gars. Je pense que niveau confort c’est plutôt pas mal, vous pourrez aisément loquer sur un fauteuil, ou vous mettre au boulot sur la table, comme vous le sentez. J’ai préféré l’ancienne méthode, papier et crayons, plutôt que de vous donner un ordinateur. Ca sera peut-être plus, allez, spontané disons. De toute façon, c’est moi qui aurais le ‘director’s cut’, comme on dit à Hollywood, donc ne vous en faites pas et laissez vous aller sans arrière-pensées. Dans la petite boîte, vous trouverez de quoi faire naître les idées les plus folles, je ne pense pas avoir à développer plus que ça… ». Le clin d’œil était assez suggestif, si bien qu’une fois qu’il eut refermé la porte, Tony se précipita vers la table basse et découvrit dans la boîte suffisamment d’herbe pour alimenter un régiment de toxicomanes, du tabac frais, ainsi que des feuilles. Mais pas le simple paquet d’OCB slim, non, c’était l’OCB rolls, une feuille longue de trois mètres qu’on pouvait dérouler à loisir pour se rouler, si on le souhaitait, des joints longs comme le bras. Le pied, Major savait vraiment recevoir. Après avoir un peu profité de l’hospitalité des admins, l’écriture du dernier épisode débuta.
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