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Les grandes affaires judiciaires.
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peterelephanto
Taulier de l'equipe du monde de Kamoulox
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Messages: 3076
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MessagePosté le: 31 Oct 2006 16:21    Sujet du message: Les grandes affaires judiciaires. Répondre en citant

16 octobre 1984: l'affaire Grégory.





Le 16 octobre 1984 dans les Vosges, le petit Grégory Villemin est retrouvé mort pieds et mains liés dans la Vologne. Suite au téléfilm en trois parties qui vient de retracer l'ensemble de l'affaire, sur la base des livres publiés par ses parents et par la journaliste Laurence Lacour, voici d'abord le lien vers l'arrêt de non-lieu bénéficiant à Christine Villemin qui reprend l'intégralité des faits, charges et procédures.

http://gregoryvillemin.free.fr/DossierGregory/Document%20site/site%20en%20cours/ACCUEIL/NonLieuChristineVilleminDoc.pdf


Ou comment toute la lumière n'a pu finalement être faite sur un meurtre commis en plein jour, et précédé de centaines de coups de fils et de lettres de menaces.




la voix du corbeau (corbeau.wav)
http://gregoryvillemin.free.fr/DossierGregory/Document%20site/site%20en%20cours/CORBEAU/

La prescription interviendra en 2011.



Voir aussi l'interview de Christine et Jean-Marie Villemin à La Croix à l'occasion de la diffusion du téléfilm.
Citation:
Depuis douze ans, Christine et Jean-Marie Villemin se taisent. Ils mènent une vie normale, entourés de leurs trois enfants, refusent toute apparition et se défient de la curiosité médiatique. Jamais, sans doute, un couple, plongé dans le malheur, n’aura été autant exposé, traqué, disséqué, entraîné vers le pire : le père de Grégory est devenu un meurtrier ; la mère de l’enfant a été inculpée d’assassinat, incarcérée (elle fera une grève de la faim, puis une tentative de suicide) avant d’être totalement innocentée, avec les excuses de la justice et une indemnisation de l’État pour « fautes lourdes ». Ils ont dû subir quatre instructions (parfois à charge…) et neuf ans de calvaire avant de se retrouver.

Samedi 28, dimanche 29 et lundi 30 octobre prochains, France 3 va diffuser, en trois soirées, un téléfilm exceptionnel de six heures, réalisé par le cinéaste Raoul Peck à partir de trois sources : Le Bûcher des innocents, l’enquête de référence de Laurence Lacour ; Le Seize Octobre, le livre (aujourd’hui épuisé) des époux Villemin, et les actes de la procédure judiciaire.

Pressés une nouvelle fois de s’exprimer, Christine et Jean-Marie Villemin ont consenti à sortir de leur silence. Ils ont choisi de ne parler qu’à un seul journal, La Croix.

Comment-ont ils pu survivre à de telles épreuves ? Que sont-ils devenus ? Que pensent-ils aujourd’hui ? Ils nous ont accordé leur confiance et ont accepté de répondre à nos questions, sans condition, ne se dérobant à aucune.

L’entretien, long, intense – douloureux par moments –, s’est déroulé chez eux, en région parisienne. Où l’on découvre la voix simple et la grande dignité d’un couple soudé par l’amour.

Jean-Claude RASPIENGEAS

***

La Croix : C’est la première fois que vous parlez publiquement depuis douze ans, depuis votre passage à l’émission « La Marche du siècle », le 27 avril 1994. Pourquoi ce long silence ?
Jean-Marie Villemin : Parce que nous avons voulu préserver notre tranquillité, nous garder de toute intrusion extérieure, protéger nos enfants et reconstruire notre vie.

Pourquoi acceptez-vous de parler à l’occasion de la diffusion de L’Affaire Villemin sur France 3 ?
J.-M. V. : Nous avons toujours été contre tout projet de film. Quand nous avons appris incidemment qu’une chaîne privée préparait un docu-fiction sur notre affaire, sans nous en parler, nous avons décidé de réagir plutôt que de subir encore. Comme nous ne pouvions rien empêcher, nous préférions que ce soit sur une chaîne de service public et avec des personnes de confiance qui respecteraient les faits. Alors, nous accepterions d’y contribuer. Si cette chaîne privée ne s’était pas lancée, jamais nous ne serions sortis de notre retraite.

Et pourquoi ne parler qu’à un seul journal, « La Croix » ?
Christine Villemin : On nous a beaucoup reproché, à une époque, de trop paraître dans la presse, d’en profiter pour soi-disant « nous faire de l’argent ». Je ne voulais plus avoir affaire à la presse. Mais La Croix a toujours été un journal correct avec nous. Et nous lui en sommes reconnaissants.

Comment vivez-vous les perpétuelles allusions à votre affaire ?
J.-M. V : À chaque fois, avec un nœud à l’estomac. Un article, une émission, les blagues des humoristes : ce sont des épreuves que nous partageons avec nos enfants qui savent qu’ils doivent vivre avec ce poids.

C. V. : Moi, j’encaisse plus mal que Jean-Marie. Dans les magasins, je me détourne des rayons de la presse. J’ai trop vu d’articles insidieux.

Pourquoi, selon vous, la presse s’est-elle jetée avec un tel acharnement sur votre affaire ?
J.-M. V. : Parce que c’est une histoire abominable : on prend un enfant, on l’attache, on le jette à l’eau. Un corbeau envoie pendant des mois des lettres anonymes pour annoncer qu’un jour il passera à l’acte. Puis, après dix-huit mois de silence, revendique le meurtre par téléphone et par lettre… On peut comprendre qu’avec de tels ingrédients, la presse se soit jetée dessus. Mais ça n’excuse pas les dérapages.

Comment se défaire des rumeurs qui vous collent à la peau ?
C. V. : Je me suis mis des œillères. J’ai ma conscience : je ne veux plus m’arrêter aux polémiques qui continuent de courir sur mon compte. Pourtant, tout me fait mal.

J.-M. V. : Nous savons que nous devrons toujours vivre avec. Nous avons réussi à dissocier cette histoire de notre vie actuelle. Les doutes que l’extérieur peut encore parfois nous renvoyer ne nous concernent plus. C’est l’affaire de ceux qui doutent, plus la nôtre. Il faut beaucoup d’amour pour surmonter toutes ces épreuves. Quand ça ne va pas, nous parlons beaucoup ensemble comme nous l’avons toujours fait.

C’est une réponse que vous avez trouvée tout de suite ?
C. V. : Oui. Aux moments les plus difficiles, nous avons été séparés (nous avons été, l’un et l’autre, en prison…). Je n’avais que Jean-Marie pour me confier et vice versa. Nous nous écrivions beaucoup, nous attendions les parloirs pour nous retrouver.

J.-M. V. : Nous avons plongé ensemble. Même nos proches ne saisissaient pas l’intensité, la violence de ce mal. Il y avait un tel tapage autour de ce drame que notre douleur était occultée. Nous le vivions très mal, avec révolte. Plus personne ne cherchait à nous comprendre. Nos proches se sentaient victimes de la médiatisation.

Tout était sali. Ils en souffraient au point d’en oublier notre propre souffrance et même l’origine du drame. Nous avons connu de terribles moments de solitude. C’est pourtant dans les profondeurs de cette solitude que nous avons puisé notre force. Si nous n’avions pas eu notre fils Julien, né en 1985, je ne sais pas si nous y serions arrivés.

C. V. : Nous n’avions personne à qui parler. Pas d’écoute. Nous nous sommes refermés sur nous-mêmes.

J.-M. V. : C’est notre amour l’un pour l’autre, l’amour pour Grégory et cette solitude effrayante, venue avec la souffrance, qui ont constitué le noyau dur de notre couple. On pouvait bien nous taper dessus, nous étions au-delà…

Vingt-deux ans après, je n’arrive toujours pas à comprendre cette haine autour de nous, cet acharnement à nous faire si mal, à vouloir nous séparer pour accréditer une thèse. Faire aussi mal à des gamins de 24 et 26 ans, c’est ahurissant ! Ces coups étaient donnés par des hommes d’expérience : des magistrats, des policiers, des journalistes…

Pourquoi ? Je n’arrive pas à croire, même si nous l’avons vu, que l’humanité ait ce visage-là.

Nous vivions heureux. Nous avions tout ce qu’il nous fallait. Nous ne roulions pas sur l’or. Pourquoi ce geste : nous avoir enlevé Grégory, l’avoir tué et ensuite rajouter tout ce mal ? La jalousie a peut-être motivé l’assassinat de Grégory. Mais après, tout le mal qui a suivi, à quoi l’attribuer ?

À quel moment avez-vous eu le sentiment que tout dérapait ?
J.-M. V. : Je l’ai senti quasiment dès le départ. Dès qu’il y a eu le premier suspect (Bernard Laroche), j’ai vu que la stratégie de ses avocats était d’attaquer la mère de Grégory. J’ai alors compris que tout allait déraper. Les journalistes ont embrayé ; les avocats ont commencé à leur distribuer des notes sur des soi-disant contradictions de la partie civile (nous).

J’ai tout de suite senti la combine infernale quand la PJ de Nancy a repris l’enquête, le 18 février 1985. Dès notre première audition, sans avocat, nous nous sommes trouvés face à des policiers dont la conviction était à l’opposée de celles des gendarmes. Nous disions au juge Lambert : si vous laissez l’instruction partir dans ce sens, on ne saura jamais la vérité.

Qu’est-ce que vous ne supportez plus qu’on dise de vous ?
J.-M. V. : Je ne supporte plus d’entendre toujours les mêmes horreurs et les mêmes stupidités qu’il y a vingt-deux ans. Il faut en sortir. Christine a obtenu un arrêt de non-lieu, inédit en France et resté unique, qui ne parle pas de « charges insuffisantes » mais « d’absence de charges », c’est-à-dire pas de charges du tout ! Cette décision de justice n’est pas respectée.

C. V. : Un non-lieu devrait avoir le même retentissement qu’une mise en examen ou une condamnation. Je suis bien forcée de constater que ce n’est malheureusement pas le cas. Je reste, aux yeux de l’opinion, une présumée coupable. Pourquoi, alors que j’ai bénéficié d’un non-lieu exceptionnel, chacun se croit-il encore autorisé à raviver des plaies ?

Que dites-vous à ceux qui continuent de vous soupçonner ?
J.-M. V. : Qu’on n’a pas le droit de porter de tels jugements sans connaître ni les faits, ni la procédure, ni les conclusions du dossier d’instruction. La justice s’est prononcée avec fermeté sur l’innocence de Christine, en y ajoutant ses excuses solennelles et des indemnisations. Que faut-il de plus ?

C. V. : Je n’ai été blanchie que par la justice ! Après tout ce qu’ils ont écrit sur moi pendant des années, me présentant comme un « monstre », les médias n’ont pas accordé à cette information l’attention qu’elle exigeait… Un exemple, très récent : l’émission « Compléments d’enquête », sur France 2, le 9 octobre dernier.

L’ex-commissaire de la PJ de Nancy, Jacques Corazzi et la journaliste Marie France Bezzina continuent de m’accuser devant des millions de téléspectateurs, au mépris de la justice. Et personne ne réagit pour dénoncer une telle attitude ! C’est monstrueux !

Jean-Marie Villemin, le 29 mars 1985, vous avez tué Bernard Laroche, suspecté (remis en liberté) d’être l’assassin de votre fils. Comment jugez-vous votre geste aujourd’hui ?
J.-M. V. : J’ai tué par amour pour mon enfant. J’avais trop de chagrin. Tout s’est passé en deux heures, à peine. Je ne me souviens plus du trajet sur la route. Je me revois devant la tombe de mon fils. Puis, je me souviens de mon geste.

Comment je le juge ? Évidemment, ce n’était pas la solution. J’aurais préféré que la justice agisse et qu’on aille vers un jugement. Mais tout a été fait pour me pousser à devenir un criminel. Je n’excuse pas mon geste. Je l’ai assumé. Je le vivrai toute ma vie. Je suis un assassin. C’était une erreur. Mais je voudrais que chacun prenne ses responsabilités.

C’était une erreur ou une faute ?
J.-M. V. : C’était une erreur et une faute. Mon geste est inexcusable. Il n’y a que la personne qui est partie qui pourrait me pardonner… J’ai été condamné. J’ai fait de la prison mais ça ne suffit pas. Ce geste, je le porte à vie dans ma conscience. Mais à l’époque plus personne ne faisait correctement son métier et il aurait fallu que moi, le père de l’enfant assassiné, je sois à la hauteur de la situation…

Je n’acceptais pas que la justice ne nous soit pas rendue. Aujourd’hui, je trouve inacceptable et injuste que d’autres puissent encore parler contre nous alors qu’ils ont leur part de responsabilité dans la mort de cet homme… Je n’étais plus moi-même… Personne ne peut s’imaginer dans quel état nous étions à cette époque-là.

C. V. : Son geste était à la hauteur de l’amour qu’il éprouvait pour Grégory. Sa souffrance était tellement violente… Personne ne l’a sentie, ni mesurée, ni comprise à l’époque.

À quel moment avez-vous cessé d’être des suspects pour redevenir des victimes ?
J.-M. V. : La première fois où nous avons eu l’impression d’être écoutés, c’est face au juge Maurice Simon, l’été 1987. Trois ans après la mort de Grégory… Les procès-verbaux de nos auditions remplissaient à chaque fois près d’une cinquantaine de pages. En nous interrogeant longuement et avec précision, en prenant le temps de bien nous écouter, il nous a purgés, vidés. Il ne nous interrompait pas, prenait quelques notes et après retranscrivait mot à mot tout ce que nous avions dit. C’était incroyable !

Trois ans pour trouver enfin quelqu’un qui vous écoute et vous respecte ?
J.-M. V. : Oui, c’est tragique. Grégory a été tué un mardi. Le jeudi, nous sommes allés chercher son corps à la morgue d’Épinal. Des journalistes nous ont proposé de l’argent pour le prendre en photo dans son cercueil… Dès les premières heures, nous nous sommes retrouvés propulsés dans un univers inimaginable, confrontés à des demandes hallucinantes !

Le juge Lambert nous a interrogés plus d’une semaine après les faits. Trop rapidement, une demi-heure chacun. Avec Maurice Simon, nos auditions représentent 1 500 pages contre à peine une centaine avec le juge Lambert. En trois ans, le juge Simon a été le premier à nous dire d’emblée : « Je reprends l’affaire à zéro. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour faire la vérité sur la mort de votre enfant. »

C. V. : C’était les mots que nous aurions aimé entendre tout de suite. Trois ans pour que quelqu’un les prononce…

Dans votre affaire, le juge Simon est vraiment la personne capitale ?
J.-M. V. : Sans lui, Christine en aurait pris pour vingt ans et moi, sans doute autant. Je ne sais pas ce que nous serions devenus.

C. V. : Si nous sommes encore là aujourd’hui, entourés de nos trois enfants, c’est grâce à lui. Au président Martin qui lui a succédé après sa maladie. Et à nos avocats.

Votre dernier fils, né après la mort du juge Simon, se prénomme Simon… ?
C. V. : Le juge Simon est celui qui nous a permis de reconstruire notre vie. Appeler notre fils Simon a été une façon pour nous de ne jamais l’oublier.

J.-M. V. : Désormais, dans notre famille, ce nom existe. Quatre ans après son accident cardiaque et après qu’il a dû lâcher l’instruction, nous avons été prévenus qu’il était dans un état critique à Dijon. J’ai roulé dans la nuit pour arriver avant qu’il ne parte. Je le savais inconscient mais je voulais le revoir. Il est décédé quand j’étais encore sur la route. Je l’ai vu sur son lit de mort. Je suis resté un long moment près de lui. J’ai glissé dans la poche intérieure de son costume la photo de Grégory, celle que je portais toujours sur moi…

À partir de quand l’étau du malheur a-t-il commencé à se desserrer ?
J.-M. V. : Dès que j’ai été remis en liberté, en décembre 1987, et que nous nous sommes retrouvés. Il a fallu redémarrer, se reconstruire, mais être encore et toujours dans la procédure. Le non-lieu pour Christine n’a été rendu qu’en février 1993. Il y a eu un autre moment difficile : mon procès, huit mois après. Il aurait pu durer trois jours.

À notre demande, il a duré six semaines. Nous voulions que toutes les pièces soient examinées avec l’espoir que la vérité sorte. C’était notre dernière chance ! Nous savions que le prix à payer serait de supporter, de nouveau, des accusations contre Christine, dans le prétoire.

C. V. : Ce fut dur… Mais le pire, c’est que toute la lumière n’a pas été faite…

À un moment, une journaliste sur le terrain, Laurence Lacour, correspondante d’Europe 1, a pris conscience de la dérive de cette affaire, a démissionné et s’est lancée dans une longue enquête qui a donné le livre de référence : Le bûcher des innocents (1). Qu’a représenté ce travail pour vous ?
C. V. : Enfin, quelqu’un dénonçait ce qui s’était passé et ce que nous avions vécu, au plus près de la vérité. Dans son livre, Laurence Lacour nous a aussi appris beaucoup de choses et nous a aidés à en comprendre d’autres. Nos yeux s’ouvraient...

J.-M. V. : ...notamment sur la vie des journalistes, leurs réflexions, leurs manières de travailler, leurs relations avec les enquêteurs. Je sentais une certaine connivence mais je ne l’avais pas imaginée à ce point-là. Nous étions sidérés.

C. V. : En la lisant, je comprenais pourquoi autant de journaux s’acharnaient sur moi. Un seul journaliste, Jean-Michel Bezzina, écrivait dans huit titres, sous différents pseudonymes. Nous l’avons découvert dans le manuscrit de Laurence Lacour. En 1993 !

Nous ne savions pas que la plupart des autres articles étaient rédigés par sa femme, Marie-France Bezzina. Ce couple qui avait ses entrées dans les journaux et intervenait sur RTL a forgé ce délire qui a fini par s’imposer dans l’opinion et chez les magistrats : la coupable, c’est la mère !

Que représente ce livre dans votre vie ?
J.-M. V. : Deux personnes ont changé notre vie : le juge Simon, du côté de la justice, et Laurence Lacour, dans la sphère médiatique. Nous éprouvons un immense respect à leur égard et des sentiments très forts. Aujourd’hui, Laurence Lacour est bien plus qu’une amie. Elle appartient à notre famille.

C. V. : Déjà, pendant l’affaire, parmi tous les journalistes qui se précipitaient pour nous traquer, elle se détachait du lot avec quelques autres, dont le journaliste de Metz Jean-Claude Hauck (aujourd’hui disparu), du Républicain lorrain. Avec eux, nous n’avions pas d’appréhension. Ils nous respectaient.

J.-M. V. : Nous n’avions plus vu Laurence Lacour, entre 1985 et 1993. Elle nous a envoyé son manuscrit en nous demandant de relever les éventuelles erreurs. Convaincus par l’honnêteté de son travail, nous l’avons reçue chez nous. Elle nous a fait rencontrer son éditeur, Laurent Beccaria, avec lequel nous avons écrit notre propre livre : Le Seize Octobre (2).

Votre livre, paru en 1994, était très fort, très intense. Pour la première fois, vous exposiez longuement et en termes émouvants, la clé de votre survie : la force indestructible de votre amour.
J.-M. V. : Il fallait que les gens comprennent ce qui nous liait ensemble et depuis si longtemps et comment ce ciment nous avait retenu de sombrer dans un désespoir définitif. Rien ne pouvait nous séparer. Mais nous aurions pu sombrer ensemble…

C. V. : Il était temps aussi de décrire la réalité et l’abîme de notre souffrance. Ce livre a agi sur nous comme une thérapie. Il nous a libérés d’un trop-plein étouffant.

Au printemps dernier, vous avez attaqué l’écrivain Philippe Besson, pour son roman L’Enfant d’octobre, alors qu’il se défendait en arguant qu’il avait voulu faire de vous le portrait d’une innocente. Pourquoi l’avez-vous poursuivi ?
C. V. : Nous avons d’abord réagi par principe. Depuis douze ans, nous nous taisons. Je n’arrive pas à comprendre qu’une personne décrète : je vais faire un livre sur cette affaire et je vais faire parler la mère de l’enfant. Il ne m’a jamais rencontré et il décrit les moments les plus intimes de ma vie, comme la naissance de Julien, ou plus grave, ce qu’il imagine des circonstances de la mort de Grégory. Il se met à ma place, utilise le « je ». Son récit romanesque occulte le non-lieu.

Quand il apparaît à la télévision pour vanter son livre, je l’entends dire : « Moi, je crois qu’elle est innocente. » Mais on ne lui demande rien ! La justice s’est déjà prononcée à sa place. Je sais bien qu’il y a déjà eu des livres et qu’il y en aura d’autres sur Grégory. On ne pourra pas les empêcher. Mais Philippe Besson reprend, sans vergogne, les âneries débitées en 1984-1985, sans tenir compte de la procédure. Au gré de sa fantaisie…

Un soir, je l’ai vu dans une émission de Thierry Ardisson. On lui demandait : « Et si Christine Villemin n’était pas innocente ? » Et je l’ai entendu répondre : « Si elle est coupable, alors elle est géniale ! » Rires, blagues, sous-entendus… Et moi, j’étais là, assise sur mon canapé, choquée. Je n’en ai pas dormi de la nuit. J’avais le sentiment de revenir vingt ans en arrière, de retrouver le même cauchemar….

En attaquant un romancier qui prétend vous défendre, avez-vous conscience que vous encourez le soupçon de passer pour des procéduriers ?
C. V. : Depuis 1994, depuis la fin du procès de Jean-Marie, nous n’avons jamais rien empêché. Il y a eu beaucoup d’émissions où nous avons refusé d’apparaître, une pièce de théâtre, des livres où traînent des insinuations, des sketches d’humoristes qui ont beaucoup brodé sur « le petit Grégory jeté à la Vologne par sa mère ». On en avait les tripes nouées et pourtant nous ne sommes jamais intervenus.

Au même moment, l’opinion apprend que vous avez vendu les droits de votre livre et qu’un film sera diffusé sur France 3…
C. V. : Depuis vingt-deux ans, tout le monde a le droit d’écrire ou de faire des émissions sur le drame que nous avons vécu. Sans notre accord. Quand nous sortons de notre silence pour rappeler nos droits, on nous suspecte de vouloir de l’argent. Que devons-nous faire ?

Qu’avez-vous éprouvé en voyant le film de Raoul Peck ?
C. V. : Ce qui m’a le plus bouleversée, ce sont les scènes où Raoul Peck évoque notre vie d’avant et fait apparaître Grégory… Grégory n’était pas qu’un prénom et une photo… Le film est criant de vérité : c’est impressionnant et même éprouvant.

J.-M. V. : La première fois que nous l’avons vu, c’était un soir, chez nous, seuls avec Raoul Peck et Laurence Lacour. Nous ne pouvions plus parler. Nous pleurions, bouleversés. Nous revivions tout avec une intensité inimaginable. C’est un film fort et juste, important pour Grégory, pour nos enfants, pour nous.

C. V. : Ce que nous avons ressenti en le voyant, c’est combien nous étions jeunes, seuls, et pourquoi la France me regardait comme un « monstre ». On suit notre chemin de souffrance mais aussi les à-côtés. Les motivations et les ressorts de ceux qui s’acharnent contre nous. Mais aussi le travail rigoureux du juge Simon.

J.-M. V. : Le film met bien en évidence toutes ces étapes : un couple seul, dans le chagrin, qui, ensuite, doit se battre contre tout le monde ; certains médias qui s’acharnent contre lui ; le premier juge qui cherche la célébrité multiplie les erreurs de procédure et s’enferre dans une conviction sans fondement ; la famille autour de laquelle se désagrège et notre désespoir. C’est réalisé avec clarté et sobriété, sans haine, ni pathos. Pour nous, ce film est un chef-d’œuvre. Les producteurs – Jérôme Minet et Nora Melhli – ont respecté leurs engagements. Nous ne savons pas comment les remercier.

Qu’espérez-vous de ce film ?
J.-M. V. : Nous éprouvons déjà une grande satisfaction. Nous ignorons quelles conséquences peuvent en découler mais nous espérons que, cette fois, l’opinion publique comprendra. Nous avons aussi l’espoir que des témoins, en relation avec la mort de Grégory, puissent enfin parler, libérer leur conscience. La diffusion de ce film et son retentissement peuvent, peut-être, déclencher des aveux. Nous n’hésiterons jamais à demander la réouverture du dossier. La prescription interviendra en 2011.

C. V. : Nous ne pouvons nous résoudre à cette fin. La justice ne peut pas nous faire ça : elle doit nous donner toute la lumière.

Raoul Peck affirme qu’il a « voulu éclaircir quelque chose d’obscur ». Y est-il parvenu ?
C. V. : Oui !

J.-M. V. : Raoul Peck montre l’histoire de deux êtres pris dans un drame. Il travaille sur le mécanisme et l’emballement d’une erreur judiciaire, sur la manipulation d’une opinion qui ne possède que des bribes de l’affaire et se forge à partir d’informations obscures, de ragots, de calomnies et de rumeurs, une intime conviction, complètement folle. C’est l’une des forces de son œuvre !

Croyez-vous, Christine Villemin, qu’après la diffusion de ce film, on va enfin vous laisser tranquille et accepter pour de bon votre innocence ?
C. V. : Je me prends à l’espérer.

J.-M. V. : Certains vont, bien sûr, penser : puisque le film est tiré de notre livre et de celui de Laurence Lacour, c’est forcément une réhabilitation. Mais cette réhabilitation est la conclusion de la procédure judiciaire. Ce qui nous soulage, c’est de voir l’engagement et le sérieux de ceux qui ont examiné avec soin cette affaire : le juge Simon, le juge Martin, Laurence Lacour, Laurent Beccaria, Raoul Peck et Pascal Bonitzer. Nous leur sommes infiniment reconnaissants.

Aujourd’hui, vous avez trois enfants : Julien, Emelyne et Simon.
C. V. : Julien, qui a 21 ans, est l’enfant de la survie. Sa présence nous a sauvés aux moments les plus noirs de notre vie. Notre fille, Emelyne, 16 ans, est l’enfant de l’espoir, arrivée dans une période où nous avions repris confiance en la justice, grâce au juge Simon. Enfin, Simon, 8 ans, est l’enfant d’un retour à une certaine sérénité. Nous élevons nos enfants avec amour et dans le respect des autres. Ils sont très proches de nous.

Cherchent-ils à savoir ?
J.-M. V. : Oui, tous les trois. Julien a vécu certains événements. Il est né avec l’affaire. Plus jeune que lui, Emelyne lit tout, s’informe. Et Simon, le petit dernier, commence à poser des questions : on lui a beaucoup parlé de Grégory mais aussi de mon geste. En revanche, il ignore encore ce qui est arrivé à sa mère.

Vous leur avez parlé très tôt ?
C.V. : Oui, tout le temps. Il y a toujours eu de grandes photos de Grégory dans la maison. Il a donc fallu, très tôt, expliquer à ses frères et à sa sœur pourquoi il n’était pas là… Simon est encore petit. Il est très curieux de l’existence de Grégory. Souvent, il me dit : « Tu sais maman, nous ne sommes pas cinq, nous sommes six. »

J.-M.V. : Grégory existe. Il est ici, avec nous, parmi nous. Il est toujours présent. Ses cendres sont ici désormais.

La presse a révélé que vous avez fait exhumer et incinérer le corps de Grégory. Pourquoi ce geste ?
J.-M. V. : Nous pensions depuis longtemps ramener Grégory avec nous, le sortir de cette tombe si loin, au pire endroit de notre malheur. En décembre 2003, nous avons contacté le funérarium d’Épinal.

C. V. : Quand nous avons pris cette décision, nous avons demandé à Mme le Procureur de la cour d’appel de Dijon si elle nous autorisait à le faire et si la justice avait encore des prélèvements à effectuer. Les autorités n’y ont vu aucun obstacle. Après, nous avons lu dans la presse qu’un avocat s’insurgeait publiquement : « S’il y avait une chance de vérité, elle est perdue… »

J.-M. V. : Nous l’avons fait en secret avec des professionnels respectueux de notre souci de discrétion. Nous redoutions des photos. La presse a été alertée par des témoins qui nous ont vus au cimetière… Nous avons fait une cérémonie avec des textes et des musiques. Nous nous sommes retrouvés en famille.

C. V. : Nous ne le soupçonnions pas mais ce geste nous a permis de faire, enfin, notre deuil. On ne nous en avait pas laissé le temps… J’ai fait la route du retour avec l’urne des cendres de Grégory sur mon ventre. Je me sentais apaisée, je le sentais présent.

J.-M. V. : Penser que Grégory est désormais avec nous a enlevé le tourment de ces visites dans ce cimetière lointain où nous n’étions jamais tranquilles…

C. V. : …avec toujours le sentiment de l’avoir abandonné là-bas.

J.-M. V. : De le savoir auprès de nous, les premières nuits, nous ressentions une chaleur nouvelle dans notre vie. Comme une flamme bienfaisante en nous. C’était fort et troublant. Quelque chose de lui est là. Depuis ce jour et cet instant, nous ressentons une paix intérieure. Avec la mort de Grégory, puis ce qui a suivi, je ne crois plus au Dieu tout-puissant. Je crois plutôt à des signes, des sensations de présence, des événements qui se croisent.

C. V. : Moi aussi, je n’ai plus de croyance proprement dite. Mais je pense qu’il doit y avoir tout de même une force de l’au-delà qui nous porte et nous aide à surmonter toutes les épreuves de la vie…

Dans Le Seize Octobre, vous décriviez votre vie d’avant le drame comme « un bonheur simple ». L’avez-vous retrouvé ?
J.-M. V. : On ne le retrouvera plus… Nous sommes heureux avec nos trois enfants. Mais connaître de nouveau la joie d’avant, non…

C.V : Nous vivons des moments de bonheur mais je ne suis plus pleinement heureuse. Il y a toujours des instants de tristesse. À l’approche des anniversaires, des fêtes, de Noël. C’est toujours une déchirure.

Croyez-vous encore que la vérité sortira un jour ?
J.-M. V. : Les circonstances de l’enlèvement de notre enfant apparaissent dans la procédure. Trop de gens savent ce qui s’est passé… Beaucoup se taisent par peur des conséquences et des représailles. Des témoins ont été menacés.

C. V. : Peut-être que certains auront envie de se confier, de libérer leur conscience avant le grand voyage. Quand on lit le dossier d’instruction, on se dit qu’on ne peut pas ne pas savoir… Oui, un jour, la vérité sortira.


Dernière édition par peterelephanto le 31 Oct 2006 16:45; édité 1 fois
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MessagePosté le: 31 Oct 2006 16:25    Sujet du message: Répondre en citant

Un autre génie de ce forum avait déjà créé un fil similaire: http://www.kamouloxdufoot.com/kdf/viewtopic.php?t=891

:axlsmile:
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DNCG
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MessagePosté le: 31 Oct 2006 16:44    Sujet du message: Répondre en citant

Suite à (et même dès-avant) la diffusion de ce telefilm, la famille de Bernard Laroche (sa veuve et ses enfants, plus sa belle-soeur un peu gogol qui l'avait accusé à l'époque avant de se rétracter, si je me souviens bien) s'agite beaucoup, par son avocat interposé (un ancien député PS, soit-dit en passant).

A la radio fut affirmé qu'un non-lieu fut également prononcé le concernant (avant son assassinat, j'imagine, puisqu'après je ne verrais pas bien son intérêt).

Peter, puisque tu sembles bien connaître l'affaire, peux-tu nous le confirmer (et éventuellement nous le donner en lien) ?

Parce que, de mémoire après une très ancienne lecture de l'excellent livre de Laurence Lacour, il me semble que son innocence posait réellement question... :mefiant12:
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mollows
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MessagePosté le: 31 Oct 2006 16:51    Sujet du message: Répondre en citant

* parenthèse *

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Yoda
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MessagePosté le: 31 Oct 2006 16:51    Sujet du message: Répondre en citant

Y'a pas eu récemment un livre d'un ancien gendarme de l'affaire qui prouve la culpabilité du-dit Laroche, sur la base entre autres d'analyse graphologiques, ou de carnets retrouvés chez lui sur lesquels apparaissaient des traces des lettres anonymes?
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DNCG
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MessagePosté le: 31 Oct 2006 17:02    Sujet du message: Répondre en citant

Yoda a écrit:
Y'a pas eu récemment un livre d'un ancien gendarme de l'affaire qui prouve la culpabilité du-dit Laroche, sur la base entre autres d'analyse graphologiques, ou de carnets retrouvés chez lui sur lesquels apparaissaient des traces des lettres anonymes?

tell me more ! :food:
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Kamba
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MessagePosté le: 31 Oct 2006 17:27    Sujet du message: Répondre en citant

DNCG > l'avocat des Laroche, le pauvre Maître Welzer, éternel conccurrent malheureux de Séguin à Epinal.

Au demeurant, la série donne un tour assez politique à la série, avec les avocats (Garaud) et les médias étiquetés à droite (Europe, Match) en faveur des Villemin et ceux de gauche (Welzer, Libé) ou s'adressant à un lectorat plus populaire (France Soir, RTL) dans le camp Laroche ou sur la ligne Christine Villemin coupable.

Autant que je me rappelle, dans mes souvenirs d'enfant et d'ado (puisque l'affaire a duré jusqu'en 1993) je ne me souvenais pas d'un partage aussi tranché.

Quid ?
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Mr Groseille
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MessagePosté le: 31 Oct 2006 17:39    Sujet du message: Répondre en citant

Kamba a écrit:
DNCG > l'avocat des Laroche, le pauvre Maître Welzer, éternel conccurrent malheureux de Séguin à Epinal.

Au demeurant, la série donne un tour assez politique à la série, avec les avocats (Garaud) et les médias étiquetés à droite (Europe, Match) en faveur des Villemin et ceux de gauche (Welzer, Libé) ou s'adressant à un lectorat plus populaire (France Soir, RTL) dans le camp Laroche ou sur la ligne Christine Villemin coupable.

Autant que je me rappelle, dans mes souvenirs d'enfant et d'ado (puisque l'affaire a duré jusqu'en 1993) je ne me souvenais pas d'un partage aussi tranché.

Quid ?


:idea:

Ymieu :_?:
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Océane
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MessagePosté le: 31 Oct 2006 17:52    Sujet du message: Répondre en citant

Le Monde, je te laisse constater. :roll:
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Yoda
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MessagePosté le: 31 Oct 2006 18:45    Sujet du message: Répondre en citant

DNCG a écrit:
Yoda a écrit:
Y'a pas eu récemment un livre d'un ancien gendarme de l'affaire qui prouve la culpabilité du-dit Laroche, sur la base entre autres d'analyse graphologiques, ou de carnets retrouvés chez lui sur lesquels apparaissaient des traces des lettres anonymes?

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MessagePosté le: 31 Oct 2006 18:56    Sujet du message: Répondre en citant

Yoda a écrit:
DNCG a écrit:
Yoda a écrit:
Y'a pas eu récemment un livre d'un ancien gendarme de l'affaire qui prouve la culpabilité du-dit Laroche, sur la base entre autres d'analyse graphologiques, ou de carnets retrouvés chez lui sur lesquels apparaissaient des traces des lettres anonymes?

tell me more ! :food:


more :food:


J'ai lu dans Le Monde il y a peu de temps (math' :byebye: ) une entrevue du dit gendarme - si nous parlons du même, le mien était le responsable de l'enquete - , à l'occasion de la sortie de son livre, entrevue au cours de laquelle il disait son intime conviction de la culpabilité de Laroche, mais sans pour autant de preuves tangibles. Son livre est aussi est surtout une dénonciation en regle des dysfonctionnements de l'enquete, dysfonctionnement liés aux rapports police nat. / gendarmerie.
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MessagePosté le: 31 Oct 2006 19:10    Sujet du message: Répondre en citant

Il me semble que le rôle du juge d'instruction, qui jouait déjà les stars malgré son peu d'expérience (ça rappellera forcément d'autres affaires) avait été mis en exergue dans la mauvaise conduite de l'enquête également. J'avais également entendu, de la part d'un ancien avocat ayant bossé dans divers instituts médicao-légaux, qu'on avait trouvé de l'eau potable (robinet) dans les poumons du petit Grégory.
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MessagePosté le: 31 Oct 2006 19:35    Sujet du message: Répondre en citant

Je ne connais pas non plus l'affaire parfaitement.

En fait j'habitais en Lorraine à l'époque et cette affaire a été une véritable déflagration, encore plus en région.

Tout était réuni pour déclencher les passions. D'abord c'était l'assassinat d'un enfant jeune apparaissant mignon et souriant sur les photos, qui avait été ligoté et jeté dans une rivière. Je dois dire qu'à chaque fois que j'en entends parler ça me fait vraiment quelque chose, vu que l'affaire n'a pas été totalement élucidée et donc justice pas totalement rendue à ce gamin et à sa famille.

Ensuite c'est une affaire qui est objectivement passionnante d'un point de vue criminel: on a un corbeau, un mobile possible de vengeance, la vengeance elle-même du père de la victime, de sordides affaires de jalousie et de famille, la guerre des polices entre gendarmerie et srpj, et pour finir un mystère qui perdure puisque tout n'a pas été éclairci. Même à son corps défendant on est donc facilement captivé aussi par la puissance de l'intrigue.

De plus il se trouve encore des thèses contradictoires qui sont soutenues, d'un côté celle des parents, de Laurence Lacour, et du capitaine de gendarmerie Sesmat qui avait assuré la première partie de l'enquête,
de l'autre celle soutenue par le srpj de Nancy et le commissaire Corazzi qui persiste à impliquer la mère.

La lecture de l'arrêt de non-lieu de Christine Villemin est assez instructive et passionnante car elle donne une vision d'ensemble assez précise sur les éléments concrets de l'affaire.

Ce que j'en retiens d'abord d'une manière générale, c'est qu'on n'a pas totalement abouti à la solution alors que les faits se sont déroulés dans la journée, qu'ils avaient été précédés de centaines de coups de fil de menaces et d'insultes, que la mise à l'eau de l'enfant a eu lieu encore une fois de jour, dans un village (Docelle), après qu'il eut été transporté en voiture sur plusieurs kilomètres entre sa maison et la rivière.
D'un point de vue agathachristien on se dit donc qu'on est pourtant loin du crime parfait, puisque l'assassin pouvait difficilement en agissant compter sur le fait de ne pas être confondu plus tard, soit parce qu'il aurait été vu, soit parce qu'il aurait été identifié à travers ses appels et ses écrits antérieurs.

Pourtant malgré la masse de ces éléments potentiels d'investigation la vérité n'a pas été définitivement établie: difficile de ne pas se dire que quelque chose a cloché quelque part.
Du coup pour ma part j'ai nourri rapidement la nette impression que le défi principal qui n'a pas été relevé, c'est de réussir à obtenir des informations de la part de personnes qui ont délibérément choisi de les taire, soit parce qu'elles y avaient un intérêt même misérable, soit parce qu'elles ont négligé leur importance.

Le fait est qu'ensuite en lisant l'arrêt de non-lieu, on s'aperçoit que de nouveaux témoignages sont resortis très tardivement, parfois même incidemment et par hasard: il s'est avéré par exemple que deux personnes avaient croisé en voiture à l'heure présumée de l'enlèvement de l'enfant, un homme et une jeune femme rousse ( Laroche et Murielle Bolle??) aux abords de la maison des Villemin. Le témoin ne s'est manifesté que bien plus tard, et pour quelle raison? Tout simplement parce qu'il utilisait une voiture de fonction et n'aurait pas dû se trouver là à ce moment, et qu'ainsi il craignit que son employeur puisse être au courant. Sans compter que vraisemblablement il était accompagné d'une voisine des Villemin dans des conditions qu'il n'aurait pas pu justifier aisément auprès de son épouse...


Sur les charges pesant sur Laroche on peut résumer essentiellement en quatre points. D'une part un "foulage" sur la lettre de "revendication anonyme" du crime, c'est à dire la trace d'initiales LB (Laroche Bernard?) qui aurait marqué le feuillet du dessous utilisé pour la lettre, au moment d'une signature antérieure effectuée sur le feuillet du dessus .
Problème: l'expertise avec de la poudre a cochonné le feuillet, en plus il semble que le juge n'aurait pas saisi dans les formes un nouvel expert, bref apparemment la pièce a dû être retirée du dossier.

Deuxièmement Murielle Bolle, la jeune et rousse belle-soeur de Laroche, dont plusieurs témoins ont assuré qu'elle n'avait pas pris le bus à la sortie du collège le 16 octobre, a fini par déclarer aux gendarmes que Laroche était passé la prendre en voiture, qu'ils étaient allés jusqu'à Lépanges chercher l'enfant avant de partir à Docelles, où Laroche serait sorti de la voiture avec Grégory puis serait revenu sans lui. Mais elle s'est ensuite rétractée en affirmant qu'elle avait subi des pressions des gendarmes. Les gendarmes eux assurent qu'il n'en fut rien et que c'est sa famille qui a fait pression sur elle pour qu'elle revienne sur sa version. Le fait que sa famille fasse pression sur elle pourrait d'ailleurs se comprendre aussi si elle avait d'abord raconté des conneries. Résultat on ne sait pas.

Troisième élément accessoire: la majorité des appels nonymes avaient été adressés aux grands parents Villemin, habitant Aumontzey, par deux corbeaux (une femme et un homme vraisemblablement) connaissant bien leurs faits et gestes et les histoires de famille des Villemin. Or Laroche habitait Aumontzey et fréquentait régulièrement un des frères de Jean-Marie Villemin.

Quatrième point: le mobile. Jean-Marie Villemin connaissait une certaine réussite professionnelle, il était passé contremaître à à l'usine, or les appels et lettres anonymes le désignaient constamment comme "le chef" traduisant une jalousie certaine qui aurait pu être celle de Laroche.



Quant à Christine, la thèse de sa culpabilité a été mise en oeuvre par le SRPJ de Nancy, qui ont repris l'enquête et considéraient les gendarmes comme des gros nazes qui avaient tout fait de travers. Parmi les charges, les témoignages des "filles de la Poste", qui assuraient l'avoir vue le 16 octobre après 17 heures poster la fameuse lettre de revendication (elle soutiendra qu'elle y était bien allée mais la veille pour poster une lettre au catalogue le Vert-Baudet). Il y a aussi des cordelettes ayant pu servir à ligoter l'enfant, retrouvées dans la maison des Villemin, de nouvelles expertises graphologiques l'accusant d'être le corbeau, ainsi qu'une concommittance entre des factures téléphoniques élevées et les appels du corbeau... Et puis qui aurait pu enlever l'enfant sans être vu, pourquoi repassait-elle les volets fermés tandis que l'enfant jouait à l'extérieur? etc

S'en sont ensuivies à l'encontre de Christine diverses thèses: elle aurait voulu maquiller un accident domestique en meurtre, ou encore supprimer l'enfant qui l'aurait surprise pendant un adultère.

D'un point de vue médiatique la thèse a fait d'autant plus flores qu'elle exhalait le remugle d'une certaine fascination morbide, qu'elle était soutenue par un journaliste assez influent (Bezzina) écrivant sous plusieurs pseudonymes pour plusieurs journaux, et que le public apprécia mal Christine du fait de fréquentes apparitions photographiques notamment dans Paris Match, lesquelles furent vues comme l'exploitation sonnante et trébuchante de la mort de son fils.
Plus tard cependant le juge Simon reprendra l'affaire et soulève un sérieux problème de timing qui met à mal la thèse de la culpabilité de la mère.

Voila. Prescription en 2011. Avec l'espoir que d'ici là de nouveaux éléments ressortent peut-être.
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MessagePosté le: 31 Oct 2006 19:50    Sujet du message: Répondre en citant

Merci bcp Peter :jemincline:

Je me permets juste une question :

Quel est ton avis à toi ?
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MessagePosté le: 31 Oct 2006 19:59    Sujet du message: Répondre en citant

Merci Peter pour l'exposé des faits et pour le lien vers l'interview de La Croix, qui est un bien beau travail de journaliste.

Quant à Bezzina, Denis Robert le montre aussi comme une sorte de notable cul et chemise avec tous les élus lorrains véreux. Sa femme sévit encore... à quand le retrait de carte de presse comme on retire un permis de conduire ?
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