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Le coin de l'antiquaire
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MessagePosté le: 10 Déc 2006 4:01    Sujet du message: Le coin de l'antiquaire Répondre en citant

Tout d'abord, ce fil n'a rien à voir avec gébé, passez votre chemin si vous comptiez y faire allusion.

Coin de l'antiquaire donc, section journalisme sportif, le but est simple : faire partager de vieux articles de presse ou écrits sur le foot plus ou moins oubliés.

Tout ça juste pour présenter un bouquin paru en 1965, compilant des articles de Jacques Ferran parus dans France Football entre 58 et 64. Ou comment avoir un aperçu du football de l'époque vu en direct, comment plonger dans l'esprit de ce début des sixties, de la fin du grand Real à l'avènement de Pelé en passant par la misère du foot français post-Suède. Et comment me faire regretter de ne pas avoir trouvé de telle compilation pour d'autres temps footballistiques.



Mais comme quelqu'un l'a déjà fort bien présenté sur le Net, voici ce que Laurent Bocquillon en dit, là :

Laurent Bocquillon a écrit:
« Commencer à Rio son voyage pour l’achever à la porte d’Auteuil et retrouver partout la même attitude des foules et des peuples devant le football, c’est mesurer la puissance de fascination de ce sport et reconnaître qu’il est le jeu favori des hommes ». Celui qui fut longtemps directeur en chef de la rédaction de l’hebdomadaire France Football et auteur d’éditoriaux nous confie dans ces 290 pages sa passion, ses prises de position et aussi ses craintes à propos du football, de son football.

L’ouvrage se compose de cinq parties dans lesquelles Jacques Ferran utilise à la fois ses souvenirs, ses émotions en prenant soin de resituer chaque évènement dans son contexte. Dans le premier acte intitulé « Figures de footballeurs », il choisit des moments forts, à propos de joueurs qui ont marqué l’histoire du football, sur lesquels il revient avec joie (« il faut laisser dribbler Garrincha ») ou malheur, comme la blessure de Fontaine le 1er janvier 1961 qui met fin à sa carrière. Il dédie la seconde partie aux entraîneurs qui ont marqué les années cinquante à soixante, de Batteux à Herrera à travers des moments précieux qu’il a pu partager parfois avec ceux-ci. Il développe ensuite une partie sur l’état du football français du moment, qu’il intitule « entre grandeurs et misères », sans concession certes mais aussi portée par une lueur d’espoir. On part ensuite pour un « voyage en ballon » à travers le monde, tantôt pour redécouvrir le grand Real, tantôt pour suivre l’aventure inconcevable aujourd’hui du club des « Millonarios » de Bogota. Enfin, il finit en évoquant le jeu et les institutions, revenant au passage sur sa propre participation dans l’acte de naissance de la Coupe d’Europe des clubs champions (qui au départ ne l’étaient pas).


Jacques Ferran réussit en mêlant souvenirs et petits extraits d’articles à nous replonger dans le football des années soixante mais aussi dans les doutes de celui-ci à l’époque face à la possibilité de créer un championnat d’Europe des nations pour revaloriser la notion d’équipe nationale. Il finit en se montrant visionnaire, évoquant dès la parution de l’ouvrage en 1965 « la télévision en couleur, transmise par satellite, demain, [qui] diffusera du football à gogo, sans que les fédérations puissent intervenir pour limiter cette concurrence ».


Jacques Ferran revient aussi sur des matchs historiques comme ce match de Coupe d’Europe le 25 décembre 1956 entre le Réal Madrid et l’Etoile rouge de Belgrade, alors que les deux pays avaient rompu toutes relations diplomatiques depuis 1936.
Ainsi, ce voyage dans le monde du football s’avère aussi éclectique que captivant, l’auteur cherchant toujours à respecter les faits tout en faisant partager sa passion. Son désir semble être de faire « considérer ce jeu préféré des hommes comme un des miroirs les plus clairs de notre temps », à faire donc du football « un territoire pour l’histoire » selon la formule d’Alfred Wahl.


Et puisque même la meilleure des présentations ne donnera pas à assez d'entre vous l'envie de commander un exemplaire ici, voici 3 articles que je vous livre, en espérant que Major (:jemincline:) ne considérera pas ça comme du vol intellectuel de bas étage.


Jacques Ferran a écrit:
Le dieu Pelé, c'est Janus


Pelé chez lui, devant ses fidèles. A Rio, au cours d'un match Brésil-Angleterre (5-1) qu'il a marqué de souveraineté absolue, puis à Sao Paulo, dans un malencontreux Brésil-Argentine (0-3).

Samedi 30 mai 1964

Les averses torrentielles entrecoupées d'éclaircies ensoleillées se sont succédé toute la journée, mais elles n'ont pas empêché une foule de 90.000 personnes de se rendre ce soir au stade de Maracana. Pourtant, le prix des places est exceptionnellement très élevé, puisqu'il varie de 350 à 5.550 cruzeiros, de 150 à 2.500 anciens francs. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle la recette totale, qui atteint 105.628.877 cruzeiros (un peu plus de 40 millions d'anciens francs), constituera le nouveau record de recettes de Maracana.

L'encombrement est extraordinaire aux environs du stade, bien avant l'heure du match. Les voitures avancent en rangs serrés ; les spectateurs qui sont à pied se faufilent entre les véhicules, tout en effectuant des sauts pour éviter des flaques d'eau et la boue. L'autocar qui transporte les joueurs brésiliens est bientôt bloqué loin de l'entrée et Pelé, avec ses camarades, a été obligé de parcourir plusieurs kilomètres à pied pour rejoindre le stade. Le coup d'envoi a d'ailleurs été retardé de vingt minutes pour cette raison. C'est un spectacle grandiose (CMB) que celui de cette gigantesque arène aux 200.000 places, recouverte d'un toit en forme d'anneau, éclairée somptueusement par deux rampes d'énormes projecteurs. On ne peut imaginer ce que sont ses dimensions et son ambiance comparées à celle de nos stades.

Pour atteindre les étages supérieurs, des ascenseurs sont prévus, au bas desquels des centaines de personnes doivent faire la queue. L'impression générale est écrasante et l'échelle inhumaine. Mais il faut souligner en même temps le bon comportement de cette foule carioca qui n'a rien montré de l'hystérie, souvent fatale, hélas, au public sud-américain, et même européen. Au début, elle a répliqué par des pétards et des acclamations, mais ce n'était rien en comparaison de certains matches du Parc des Princes.

(/Mode Olivier Margot on)

Pourtant, elle a eu des raisons de s'enthousiasmer, cette foule de Maracana, au cours de la première rencontre du tournoi. Car, pendant quatre-vingt-dix minutes, le dieu Pelé n'a jamais été plus divin. Même les adorateurs du football collectif seraient sans doute obligés de plier un genou devant cet homme qui est l'incarnation même du génie. D'autant plus que Pelé, à lui tout seul, incarne aussi le football collectif. Qu'y a-t-il en effet de plus efficace et de plus utile à l'équipe que ses déviations fulgurantes, ses départs en une-deux, ses dribbles, ses feintes, son jeu sans ballon, son démarquage du partenaire, ses courses félines, ses détentes et ses tirs ; en un mot, toute la gamme d'incroyables richesses d'un footballeur dont on ne connaît pas encore les limites. Il semble avoir encore inventé de nouveaux tours de prestidigitation. Auprès de lui, les footballeurs anglais, raides, stupéfaits, figés, ressemblent à ces jeunes scouts qui sont chargés de placer les spectateurs dans le grand stade de Rio. La performance de Pelé aura été d'autant plus méritoire que le soutien apporté par les vétérans, Julinho et Vava, très malheureux, a été pour ainsi dire inexistant. Mais il semble que la faiblesse de son entourage a augmenté encore son génie et son rendement.

(/Mode Olivier Margot off)


Mercredi 3 juin

Je suis très heureux d'avoir rédigé mes notes de samedi sans avoir attendu aujourd'hui. Car j'aurais été tenté de parler autrement de parler de Pelé, d'atténuer les éloges, de multiplier les réserves. Et cela n'aurait pas été juste pour le héros de Brésil-Angleterre dont la performance demeure, en elle-même, aussi éclatante.
Mieux encore, je préfère que les éloges de Rio et les critiques de Sao Paulo soient juxtaposées plutôt que d'être mêlés. Car j'ai vu véritablement deux Pelé en cinq jours ; le dieu triomphant, invulnérable, qui a terrassé l'Angleterre et le diable truqueur et impitoyable qui a permis à l'Argentine de vaincre. Deux Pelé, et non pas un seul, qui cumuleraient des qualités et des défauts aussi contradictoires. Deux Pelé comme il y a deux Brésil, celui des gratte-ciel de Copacabana et celui des misérables favelas, et comme il y a deux footballs brésiliens, celui des sommets et celui des abîmes, celui du soleil et celui de l'ombre, celui de la Suède et celui de la Suisse. Souvenez-vous comment, lors d'une rencontre fameuse au Parc, entre Vasco de Gama et le Real Madrid, le football brésilien nous donna un spectacle de rêve avant de nous transporter en plein cauchemar. Pelé ? Un dieu ? Sans doute. Mais un dieu à deux faces, comme le Janus des Romains.

Donc,le stade de Pacaembu, aux portes de l'énorme Sao Paulo, était rempli de 65.000 spectateurs deux heures avant le coup d'envoi. Stade bizarre, hétéroclite, dont les tribunes véritables dessinent un U gigantesque : le côté vide étant occupé par un théâtre baroque à la façade peinte en bleu. Les préliminaires d'un match important au Brésil durent plus longtemps que le match lui-même. Même après l'entrée sur le terrain des trois arbitres européens, j'ai calculé qu'il s'écoulait encore vingt-cinq minutes avant le début des opérations ! Mais les centaines de photographes et de radioreporters qui, le micro à la main, sillonnent le terrain et arrachent des déclarations aux joueurs, même pendant les hymnes, même quand ils sont en place pour le coup d'envoi, font partie du spectacle. Le temps passe, la foule ronronne : on dirait qu'avant de se battre les deux armées, comme dans l'antiquité, tiennent à échanger des défis.

Match étonnant qui, en quatre-vingt-dix minutes, a complètement changé de visage, comme un vaudeville qui se terminerait en tragédie. Au commencement, 60.000 personnes étaient là qui se demandaient à quelle sauce le Brésil allait manger l'Argentine. A la fin, l'équipe brésilienne n'était plus qu'un jouet disloqué sur lequel s'acharnaient les joueurs du Rio de la Plata.

Que s'est-il passé en une heure et demie ? D'abord ceci qui nous intéresse au plus haut point : l'Argentine, contrairement à son habitude, a adopté délibérément une attitude ultra-défensive. Avec un bétonneur, Ramos Delgado. Et six joueurs chargés individuellement des quatre attaquants et des deux demis brésiliens. Pour « coller » à Pelé, Minella, l'entraîneur, a désigné un inconnu de 21 ans, José Agustin Mesiano, demi d'Argentinos Juniors. Il n'a pas eu de scrupules à l'habiller du maillot n° 11. (Crime de lèse-numéro, attaque Axl :gnah:)

Cette équipe argentine, forte de sept défenseurs, est venue pour jouer dans son propre camp. C'est ce qu'elle fait. Chaque fois qu'elle s'empare de la balle, cela ne va pas très loin. Le Brésil tient le jeu bien en main et ne se contente pas de dominer : il règne. Pelé exécute sur l'aile droite un admirable numéro terminé par un centre minutieux. Rinaldo fait admirer la puissance de son tir. Il n'y a pas de match : rien que la rencontre du suzerain et de son vassal.

Mais, au bout d'un moment, on se prend à penser que « c'est bien beau, tout ça », mais que c'est inutile. Manifestement, le problème posé par l'Argentine, le Brésil n'est pas en mesure de le résoudre. Faute de jeu collectif ou de changement de vitesse ou de détermination. Et voici que Pelé perd des balles, s'irrite de se voir contré par deux, trois, quatre défenseurs. Il est mal soutenu par ses partenaires, ligoté et « frictionné » par ses adversaires. On dirait, avant même l'incident de la vingt-septième minute, que le moteur brésilien cesse de tourner faute de carburant, faute d'inspiration.

C'est alors que Pelé se venge, bassement. Il certes reçu des coups, il a certes été victime d'une obstruction évidente de Mesiano que M. Dienst n'a pas vue. Mais cela n'excuse pas son geste, ce « coup de boule » rapide et brutal qu'il donne en plein visage de son adversaire, pendant que M. Dienst, et, si j'ose dire, 60.000 spectateurs ont le dos tourné. Moi, il se trouve que je regardais Pelé, que je le guettais. J'ai nettement vu son acte et pourtant il l'a accompli, furtivement, habilement, avaec autant de génie, si l'on peut dire, qu'il met à exécuter ses hauts faits.

Il ne sera donc pas expulsé, mais il sera puni. Car il semble que son attitude ait cassé le moteur brésilien, qui commençait à s'enrayer. Comme si les jeunes joueurs du Brésil étaient atterrés du geste méprisable que venait d'accomplir leur dieu. Et comme si le dieu lui-même sentait la honte lui couper les jambes.

Quant aux Argentins, vous pensez s'ils vont profiter de la situation et multiplier les irrégularités, les accrochages, les obstructions. Comment le leur reprocherait-on ? C'est Pelé qui a donné le mauvais exemple. Il n'y a rien de plsu redoutable que les bourreaux auxquels on donne le droit de jouer les victimes ! Ils mettent le géant Rattin sur Pelé, font rentrer le jeune Robert Telch à la place de Mesiano, dont le nez cassé saigne, et ces pêcheurs qui sentent le poisson ferré commencent à le « fatiguer », jusqu'à la mort. Un but d'Onega avant le repos. Et deux buts de Telch en deuxième mi-temps. Des buts-promenade, des buts-punitions. Pendant ce temps, Gerson manque un penalty accordé, bien à la légère, par M. Dienst à la suite d'une grande mise en scène de Pelé. Et voilà comment le Brésil est, une fois de plus, tombé dans le piège de l'Argentine et comment cette vérité du football nous a été confirmée qu'un match n'était jamais gagné d'avance.



Jacques Ferran a écrit:
Le Real de nos souvenirs

Octobre 1962

Voir le Real Madrid se faire éliminer par Anderlecht mercredi à Bruxelles, ça n'était pas très drôle. Surtout de cette manière maussade, terne, presque anonyme.

Le Real nous a trop donné pendant de longues années. Il a trop répondu à ce besoin de perfection que nous poursuivons inlassablement. Il nous consolait de tout le reste. L'équipe de France nous décevait, un peu partout, s'engageait sur de mauvais chemins, oui, mais il y avait le Real. Cela était reposant, comme de savoir qu'il existe des gens honnêtes qui font fortune. Cela était exemplaire.

On allait de temps à temps à Madrid, comme vers une Mecque de la balle ronde. On retrouvait le cher Santiago Bernabeu dans son vieux fauteuil de cuir de la calle Valenzuela, au siède du club : immobile, affable, avec son cigare, son humour et sa merveilleuse simplicité. Il nous racontait de rocambolesques histoires de voleurs qu'il avait lues dans un journal colombien, parlait de sa pêche à Santa Pola et en venait obligatoirement à son club, à son équipe et à ses joueurs. Il avait, dans son français difficile, des formules qui vous ravissaient (Allé les blé :axlsmile:) et qu'on avait peur d'oublier, car on n'osait pas les prendre en note ! On devait faire des efforts pour saisir toute sa pensée, mais on en était largement récompensé.

Et puis, du bureau d'à-côté, discret, souriant, surgissait Raymond Saporta, l'oeil vif, l'esprit ouvert, solide, rassurant. Il écoutait parler Don Santiago un moment, traduisait un mot ou deux de ses discours, disparaissait, revenait. On savait que plus tard, on se retrouverait, avec Saporta, dans un restaurant ou un club de pelote basque, pour d'interminables et passionnantes conversations. Il savait tout, comprenait tout, prévoyait tout. Il ne s'occupait pas du Real, il le « vivait », l'épousait, l'incarnait. Il savait toujours répondre aux questions que vous hésitiez à poser. Il avait l'art de vous aider à faire votre métier de journaliste sans avoir l'air de s'en mêler. Cette gentillesse et cette délicatesse qui caractérisaient le club madrilène n'étaient ni feintes ni intéressées. Elles existaient, voilà tout. Avec leur suite de prévenance, de compréhension et, il me semble bien, d'amitié.

Il y avait aussi les joueurs, silencieux, aimables, détendus. Di Stefano, bien sûr, qui nous clignait de l'oeil quand nous arrivions et qui nous recevait chez lui à chaque occasion, avec sa femme, la brune Sara, piquante et spirituelle comme une dans populaire argentine ; Ferenc Puskas, plus secret, plus pressé, mais qui paraissait illuminé intérieurement par son bonheur espagnol ; Gento, bourru et tendre comme un matador ; Santamaria, grand seigneur ; et, plus loin dans nos souvenirs, Rial et ses leçons de français, Zarraga et sa vivacité d'esprit, Kopa, bien sûr, et tous les autres. Une sorte de complicité s'était instaurée entre eux et nous. On était heureux de se revoir. La langue nous empêchait de nous le dire, mais on le savait. C'était l'essentiel.


Il y avait les matches, enfin, que le Real gagnait toujours. Non point aisément, mathématiquement, comme vous pourriez le croire, mais en faisant, chaque fois, tout ce qu'il fallait pour obtenir la victoire, en la méritant totalement.

Je me souviens d'un certain Real-Séville en Coupe d'Europe, un soir. C'est peut-être, dans le kaléidoscope de mes souvenirs, le plus coloré, le plus vivant. Le Real venait d'éprouver un malaise, oh! Très léger, en championnat. Justement à Séville, quelques jours plus tôt, il avait été battu. Et l'on s'interrogeait – déjà – pour savoir s'il n'allait pas succomber.

(/Mode Olivier Margot on)

Quel match ce fut, où, je vous prie de croire, il ne fut question ni de passe longue, ni de passe courte, ni de 4-2-4, ni de défense en ligne, mais seulement du football le plus généreux, le plus somptueux que l'on puisse rêver ! Je me souviens d'un des buts du Real – il en marqua huit ce soir-là -, réussi par Raymond Kopa, transporté, lui aussi, par l'ivresse et la rage de vaincre de toute l'équipe. Un but de finesse te de pureté, comme la flèche d'or de la Sainte-Chapelle ! Et d'un autre but, le huitième, je crois, marqué par la tête déjà chauve de Di Stefano. On eût dit que, de la réussite de ce but, tant il y mit de violence et de ferveur, dépendaient toute la carrière et la vie même de Don Alfredo.

(/Mode Olivier Margot off)

Le Real, c'était ce mélange d'ambition dévorante et de tranquille simplicité. Jamais nous n'avions, nous, journalistes, pénétré aussi profondément dans l'intimité d'un club, et, précisément, il s'agissait du plus grand de tous. Le jour des matches, ou la veille, il nous arrivait fréquemment de déjeuner à l'heure espagnole (14 h), à la table de Santiago Bernabeu, dans l'immense salle à manger de l'hôtel Philippe II, à l'Escorial, là où, à cette époque, le Real préparait ses victoires.

Le président du club madrilène ne cachait pas sa sympathie pour la France et les journalistes français. Et il nous éblouissait par sa verdeur, sa causticité, sa verve. Quelque chose se nouait entre nous, qui dépassait le football. Parfois, nous étions saisis de scrupules en nous demandant si nous retenions bien, à l'usage de nos lecteurs, tout ce qui nous était offert si largement ici. C'était trop facile, si vous voulez ! Vous aviez envie d'interroger l'entraîneur ? Il venait. D'appeler Paris ? Voici le téléphone. De connaître la pensée du président ? Il vous inondait de confidences et d'anecdotes. Le Real gâchait le métier ! Le Real, pour un journaliste, c'était une sorte de paradis, où, par un miracle familier, la conscience professionnelle, l'amour du football et le goût de la chaleur humaine étaient comblés en même temps.


Et puis, un soir, vous en souvenez-vous, le Real fut battu. C'était à Barcelone. Après un match nul au stade Bernabeu. Cela au fond n'avait guère d'importance. Car, battu, éliminé, le Real demeurait lui-même « plus grand mort que vivant ».

La défaite n'est rien en soi si elle n'est pas consentie, mais subie. Le Real était battu, il n'était pas diminué. Ses ressources restaient intactes. Je dois même dire que je n'ai jamais assisté, sur un terrain de football, à un élan plus magnifique que celui qui porta les joueurs madrilènes à l'assaut du but catalan, alors qu'ils venaient d'encaisser un deuxième but et qu'il ne restait que cinq minutes à jouer ! Si le mot « irrésistible » a un sens, il s'applique à cette marée furieuse des blancs madrilènes, qui écrasèrent Barcelone sur son but, l'assaillirent de toutes les manières, marquèrent une fois et faillirent réussir à égaliser.

Le Real avait déjà gagné cinq Coupes d'Europe successivement et l'élimination de cette sixième campagne paraissait accidentelle, sans lendemain. Nous ne savions pas, cette nuit-là, en quittant le Nou Camp après avoir téléphoné nos « papiers » que cette défaite injuste, imméritée et violemment contestée portait en elle quelque chose d'irrémédiable. Qu'elle fermait une première porte. Et que, derrière elle, Di Stefano ne gagnerait plus jamais la Coupe d'Europe.

On croit que ce qui vous plaît est éternel. Que le Real gagne toujours, partout, cela finissait par nous sembler naturel. Quand il a recommencé à dominer ses adversaires européens, la saison suivante, on a cru qu'il restait fidèle à sa légende. Et puis, un jour, subitement, un autre craquement s'est fait entendre.

C'était à Madrid même, devant la Juventus. Un match nul lui aurait suffi, mais ce match nul même, le Real ne sut pas l'obtenir. Il dut venir jouer un troisième match à Paris et la foule du Parc apprit, en regardant cette rencontre, que « son » Real n'était plus tout à fait le même, qu'il n'était plus hors de toute atteinte.

A Amsterdam, le doute ne fut plus permis. Quelques semaines auparavant, assis à côté de Santiago Bernabeu près de son fauteuil de cuir, j'avais, sur un papier, tracé deux courbes. La première, d'abord ascendante, puis horizontale, commençait à fléchir : celle du Real. L'autre, qui représentait ses rivaux européens, partait de très bas, mais montait doucement et arrivait presque au niveau de la première.

- Vous marquez encore, lui dis-je, un certain avantage sur vos adversaires, en Europe. Mais vous devez vous méfier, car ils vont de l'avant. Bientôt, si vous n'y prenez garde, ils vous rejoindront. Et puis, ils vous dépasseront.

Je croyais, à vrai dire, que cela n'irait pas si vite et que le Real menacé gagnerait à Amsterdam sa sixième Coupe d'Europe. Il n'eut même pas cette ultime consolation.


Au Heysel, mercredi soir, après la victoire d'Anderlecht, ça n'était pas drôle de se sentir seul, sans le Real, pour vous aider à aimer le football. Elle était inéluctable, cette fin, car les grandes équipes, comme tous les organismes vivants, doivent obligatoirement mourir un jour. Mais, bêtement, on espérait qu'un sursaut des Madrilènes nous permettrait de rêver un peu plus longtemps.

Il est évident, cependant, que même une victoire n'eût rien sauvé du tout, à peine prolongé de quelques semaines ou de quelques mois. En observant les Madrilènes après le match et en les écoutant j'ai eu la révélation qu'ils étaient conscients de cette fatalité, qu'ils pressentaient leur défait du Heysel et, j'ose presque dire, qu'ils la souhaitaient. Puisque leur équipe actuelle devait mourir, puisque, pour en construire une autre, il fallait d'abord que celle-là s'écroule, mieux valait après tout en finir tout de suite que de s'accrocher au « cher espoir, au sale espoir », dont parle Antigone.

Au Heysel, tout permet de le croire, le Real n'a pas perdu la Coupe d'Europe, il s'en est débarrassé.

Et maintenant que ce Real n'est plus, il nous manque à tous, à vous et à moi, quelque chose d'important que nous ne retrouverons pas aisément. Raymond Saporta, le premier, a quitté le navire (ou plutôt s'en est un peu écarté) et ses nouvelles occupations ne lui ont même pas permis d'être à Bruxelles, mercredi. Di Stefano, Puskas, Santamaria savent qu'ils sont « sursitaires » jusqu'à la fin de la saison et que le Real ne ressuscitera pas avec eux. Reste Bernabeu, qui n'a pas changé, mais qui ressemble de plus en plus à un vieux capitaine, immobile et seul, sur son bateau menacé.

Peut-être un jour retrouverons-nous un autre Real aussi grand que le premier. Peut-être ailleurs, dans un pays quelconque, une équipe grandira-t-elle et montera-t-elle aussi haut. Mais rien de ce qui pourra arriver n'effacera le Real de lumière que nous avons connu. Le merveilleux Real de nos souvenirs.



Jacques Ferran a écrit:
Deux fois Wembley

1963


Mercredi 22 et samedi 25 mai deux fois en quatre jours je suis monté à Wembley. J'ai gravi la vaste rampe qui conduit, en pente douce, vers les célèbres murailles grises. Il n'y a rien de plus sévère ni de plus triste, même quand le soleil les illumine, que ces tours rondes et ces murs de pierre qui dominent les arbres, les places, les avenues avoisinants et qui cachent le stade le plus orgueilleux du monde. (Wembley -> je te laisse constater) Je me suis approché, avec des sentiments contradictoires, de ce temple bizarre de la balle ronde et, sur la terrase immense qui longe cette espèce de forteresse, j'ai regardé, à mon tour, toute la foule épaisse monter vers Wembley.

Le mercredi, pour Benfica-Milan en finale de la Coupe d'Europe, sachant que les transports ne seraient pas trop encombrés, j'avais simplement pris le métro à Picadilly Circus. Il est direct pour le stade et je n'ai mis que vingt-cinq minutes pour aller du centre de Londres à « Wembley Park ». En sortant de la station, on se trouve dans une large avenue, longue de près d'un kilomètre, qui conduit tout droit vers le stade, dont on aperçoit le décor solennel et désert.

La foule, ce jour-là, n'était pas très dense, mais elle était hétéroclite et bruyante. On y reconnaissait les Italiens, et les Portugais à leurs interpellations, à leurs cocardes et à leurs drapeaux. Les Anglais passaient discrètement au milieu de ces troupes pittoresques. Combien étaient-ils, sur cinquante mille spectateurs, de véritables Londoniens, attirés par la seule qualité du jeu ? Très peu sans doute. Sans les milliers de supporters venus de Milan et de Lisbonne et sans les émigrés ou fils d'émigrés habitant en Angleterre, la finale de la plus grande compétition européenne serait passée, dans la capitale du football, presque inaperçue.


Le samedi, Wembley fut rendu à l'Angleterre. Averti des risques d'encombrement et de l'impossibilité d'approcher le stade en voiture, j'avais pris un taxi pour la gare de Marylebone, au nord-ouest de la ville, et, de là, un train direct (un quart d'heure) pour Wembley. C'est le plus simple, les jours de grande affluence. La gare de Wembley est toute proche du stade et les trains, très fréquents, ne sont pas envahis.

Une heure et demie avant le coup d'envoi de la final de la Coupe, les spectateurs, par milliers, montaient vers le stade comme des colonnes de fourmis. La plupart des spectateurs portaient, en cocardes, en chapeaux ou en crécelles, les couleurs rouge de Manchester ou bleue de Leicester.

Jusqu'à l'heure du match, la foule avança, en rangs serrés, comme un flot tranquille et noir. Ce qui était frappant et presque inquiétant, pour un observateur étranger, c'était le silence de cette énorme foule anglaise. Pas un cri, pas un appel, rien d'intempestif. Une sorte de gravité, de recueillement et d'attente.

A l'intérieur du stade, dont les toitures récemment recouvertes de plastique clair accentuent l'impression de cathédrale, cette foule s'assit tranquillement par groupements affinitaires. Des pans entiers de l'immense cuvette étaient rouges (Manchester), tandis que des parties du stade étaient bleues (Leicester). Avant que le match commence, la musique des Royal Marines, en uniformes resplendissants et en peaux de tigre, joua des airs de danse. Et puis, obéissant à la baguette d'un homme en blanc monté sur une estrade, au milieu de la pelouse, des dizaines de milliers de spectateurs se mirent à entonner des chants d'église et des hymnes.

Dans cette cathédrale du football, gigantesque, profonde et transparente, les chants qui s'élevaient disaient la joie de la foule anglaise d'être là, réunie pour sa finale traditionnelle, pour sa fête annuelle. On était entre soi. On était heureux de l'être. C'était cette finale qui comptait, celle de la « Cup », et non l'autre, celle de l'Europe, puisqu'elle permettait à l'Angleterre de célébrer, avec une confiance aveugle en elle-même et une allégresse tranquille, la grand-messe de son sport et de ses traditions.

Nous croyons, en France, que le football est devenu un phénomène international. C'est vrai chez nous où les gens préfèrent un Real-Juventus à un Monaco-Lyon. (:abovelol: Monaco-Lyon comme exemple de clubs qui déchaînent les passions) Mais, en Angleterre, ce n'est pas vrai. Là-bas, le football est resté anglais.

L'âme britannique, l'orgueil britannique, le confort et le plaisir d'être britannique, et l'incapacité de comprendre l'Europe et d'être l'Europe, tout cela était aveuglant à Wembley, mercredi et samedi.


Le comble, c'est que cette admirable finale de la Coupe européenne, même les Anglais qui l'ont vue ne l'ont pas comprise.

J'en ai recontré plusieurs, le lendemain, qui faisaient la petite bouche. Ils critiquaient tout : la forme du jeu, la tenue des joueurs, leur talent même. Ils reprochaient à Costa Pereira des erreurs anodines et refusaient d'admettre qu'il pût être un des meilleur gardiens actuels. Les plus indulgents reconnaissaient la qualité du jeu, mais le trouvaient lent.

« Match de piétons », titra l'un des grands journaux londoniens. L'un de mes interlocuteurs insista sur les irrégularités trop nombreuses commises par les footballeurs latins. Il voulut me faire dire que le meilleur acteur de ce match avait été... un Anglais : l'arbitre, M. Holland !

Là, je me mis en colère. Je lui affirmai que non seulement M. Holland n'avait pas dirigé ce match avec assez de clairvoyance et d'autorité, mais que tout arbitrage anglais, comme tout le football anglais, était décadent. (:dtc: England) Et je lui citai l'exemple de M. Aston, si médiocre au Chili, que Sir Stanley Rous dut promettre, après le match Chili-Italie, qu'il ne dirigerait plus aucun match.

Mais comment le convaincre ? Il m'avait affirmé auparavant que la jeune équipe de Chelsea, dont la remontée en division I passionne tout Londres, aurait de fortes chances de s'imposer face à n'importe quelle équipe continentale et que les « Spurs », en tout cas, ne feraient qu'une bouchée d'un des finalistes de la Coupe d'Europe.

Tout cela, les Anglais le croient vraiment, parce qu'ils n'ont pas du football la même idée que nous. Pour eux, le football par excellence, celui qui doit finir par avoir gain de cause, c'est le football qu'ils pratiquent et dont ils se régalent. Pourquoi venons-nous essayer de les troubles avec notre jeu subtil, nos finesses et nos recherches ? Le football, ce n'est pas cela, car cela ne leur plaît pas. Pourquoi prendraient-ils pour modèle quelque chose qu'ils trouvent laid ?


Le samedi, j'ai voulu essayer de pénétrer dans le monde clos du football anglais et de regarder, avec des yeux britanniques, la finale de la Cup. Justement, l'arbitre était K. Aston, qui n'est peut-être pas bon à arbitrer une finale de Coupe du Monde, mais à qui on a confié la finale de la Coupe d'Angleterre, ce qui est bien plus important.

Et alors, bien sûr, M. Aston fut excellent, maître de lui et du jeu, lucide, sobre et autoritaire. Il dirigeait des Anglais, devant une foule anglaise. Comment un prêtre ne serait-il pas bon ?

Et comment cette finale n'aurait-elle pas conquis et touché l'Européen que je suis, c'est à dire l'homme ouvert à toutes les expériences, prêt à aimer tout ce qui vaut la peine de l'être et même le football anglais, s'il en vaut la peine ?
La foule n'a jamais sifflé, elle a encouragé. Elle ne s'est jamais tue, elle a scandé « United, United » ou « Leic'ster, Leic'ster ». Quand Manchester a mené par 2 buts à 0, elle s'est mise à crier, en choeur, avec un formidable ensemble : « We want three, we want three ». Et elle les a eus. Et notre ami Maurice Simon nous a rappelé qu'il y a quelques années, quand Manchester United d'avant Munich mena 7-0 devant Anderlecht, en Coupe d'Europe, la foule anglaise cria : « We want eight, we want eight », et eut ses huit buts. (:dtc: Anderlecht)

Et les joueurs anglais de Manchester et de Leicester ont joué, avec conviction et bonne conscience, le seul football qu'ils connaissent, celui qu'ils ont appris et celui que le public anglais aime ; ils ont frappé de toutes leurs forces dans la balle, couru le plus vite possible, sauté le plus haut possible. Les maladresses, à cette allure, ont été nombreuses, mais sans importance. Et quelques morceaux de bravoure, un prodigieux une-deux entre Law et Herd et une tête de Law catapultant la balla contre le poteau après une série de dribbles impressionnats et un relais de balle avec le même Herd, ont soulevé mon enthousisame comme il a fait littéralement « rougir » (de cocardes) tout le stade !

Pendant quelques minutes, je vous l'affirme, j'ai compris l'anglais.

J'ai senti profondément à quel point il devait être difficile, quand on aimait ce football-là, d'en préférer un autre, d'en imiter un autre.

Et j'ai maudit ces « Européens » qui prétendaient mieux jouer que nous à un jeu que nous avions inventé !


Voilà :axlsmile:
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MessagePosté le: 10 Déc 2006 9:51    Sujet du message: Re: Le coin de l'antiquaire Répondre en citant

Wobblie a écrit:
Jacques Ferran a écrit:
Deux fois Wembley

1963


Mercredi 22 et samedi 25 mai deux fois en quatre jours je suis monté à Wembley. J'ai gravi la vaste rampe qui conduit, en pente douce, vers les célèbres murailles grises. Il n'y a rien de plus sévère ni de plus triste, même quand le soleil les illumine, que ces tours rondes et ces murs de pierre qui dominent les arbres, les places, les avenues avoisinants et qui cachent le stade le plus orgueilleux du monde. (Wembley -> je te laisse constater) Je me suis approché, avec des sentiments contradictoires, de ce temple bizarre de la balle ronde et, sur la terrase immense qui longe cette espèce de forteresse, j'ai regardé, à mon tour, toute la foule épaisse monter vers Wembley.

Le mercredi, pour Benfica-Milan en finale de la Coupe d'Europe, sachant que les transports ne seraient pas trop encombrés, j'avais simplement pris le métro à Picadilly Circus. Il est direct pour le stade et je n'ai mis que vingt-cinq minutes pour aller du centre de Londres à « Wembley Park ». En sortant de la station, on se trouve dans une large avenue, longue de près d'un kilomètre, qui conduit tout droit vers le stade, dont on aperçoit le décor solennel et désert.

La foule, ce jour-là, n'était pas très dense, mais elle était hétéroclite et bruyante. On y reconnaissait les Italiens, et les Portugais à leurs interpellations, à leurs cocardes et à leurs drapeaux. Les Anglais passaient discrètement au milieu de ces troupes pittoresques. Combien étaient-ils, sur cinquante mille spectateurs, de véritables Londoniens, attirés par la seule qualité du jeu ? Très peu sans doute. Sans les milliers de supporters venus de Milan et de Lisbonne et sans les émigrés ou fils d'émigrés habitant en Angleterre, la finale de la plus grande compétition européenne serait passée, dans la capitale du football, presque inaperçue.


Le samedi, Wembley fut rendu à l'Angleterre. Averti des risques d'encombrement et de l'impossibilité d'approcher le stade en voiture, j'avais pris un taxi pour la gare de Marylebone, au nord-ouest de la ville, et, de là, un train direct (un quart d'heure) pour Wembley. C'est le plus simple, les jours de grande affluence. La gare de Wembley est toute proche du stade et les trains, très fréquents, ne sont pas envahis.

Une heure et demie avant le coup d'envoi de la final de la Coupe, les spectateurs, par milliers, montaient vers le stade comme des colonnes de fourmis. La plupart des spectateurs portaient, en cocardes, en chapeaux ou en crécelles, les couleurs rouge de Manchester ou bleue de Leicester.

Jusqu'à l'heure du match, la foule avança, en rangs serrés, comme un flot tranquille et noir. Ce qui était frappant et presque inquiétant, pour un observateur étranger, c'était le silence de cette énorme foule anglaise. Pas un cri, pas un appel, rien d'intempestif. Une sorte de gravité, de recueillement et d'attente.

A l'intérieur du stade, dont les toitures récemment recouvertes de plastique clair accentuent l'impression de cathédrale, cette foule s'assit tranquillement par groupements affinitaires. Des pans entiers de l'immense cuvette étaient rouges (Manchester), tandis que des parties du stade étaient bleues (Leicester). Avant que le match commence, la musique des Royal Marines, en uniformes resplendissants et en peaux de tigre, joua des airs de danse. Et puis, obéissant à la baguette d'un homme en blanc monté sur une estrade, au milieu de la pelouse, des dizaines de milliers de spectateurs se mirent à entonner des chants d'église et des hymnes.

Dans cette cathédrale du football, gigantesque, profonde et transparente, les chants qui s'élevaient disaient la joie de la foule anglaise d'être là, réunie pour sa finale traditionnelle, pour sa fête annuelle. On était entre soi. On était heureux de l'être. C'était cette finale qui comptait, celle de la « Cup », et non l'autre, celle de l'Europe, puisqu'elle permettait à l'Angleterre de célébrer, avec une confiance aveugle en elle-même et une allégresse tranquille, la grand-messe de son sport et de ses traditions.

Nous croyons, en France, que le football est devenu un phénomène international. C'est vrai chez nous où les gens préfèrent un Real-Juventus à un Monaco-Lyon. (:abovelol: Monaco-Lyon comme exemple de clubs qui déchaînent les passions) Mais, en Angleterre, ce n'est pas vrai. Là-bas, le football est resté anglais.

L'âme britannique, l'orgueil britannique, le confort et le plaisir d'être britannique, et l'incapacité de comprendre l'Europe et d'être l'Europe, tout cela était aveuglant à Wembley, mercredi et samedi.


Le comble, c'est que cette admirable finale de la Coupe européenne, même les Anglais qui l'ont vue ne l'ont pas comprise.

J'en ai recontré plusieurs, le lendemain, qui faisaient la petite bouche. Ils critiquaient tout : la forme du jeu, la tenue des joueurs, leur talent même. Ils reprochaient à Costa Pereira des erreurs anodines et refusaient d'admettre qu'il pût être un des meilleur gardiens actuels. Les plus indulgents reconnaissaient la qualité du jeu, mais le trouvaient lent.

« Match de piétons », titra l'un des grands journaux londoniens. L'un de mes interlocuteurs insista sur les irrégularités trop nombreuses commises par les footballeurs latins. Il voulut me faire dire que le meilleur acteur de ce match avait été... un Anglais : l'arbitre, M. Holland !

Là, je me mis en colère. Je lui affirmai que non seulement M. Holland n'avait pas dirigé ce match avec assez de clairvoyance et d'autorité, mais que tout arbitrage anglais, comme tout le football anglais, était décadent. (:dtc: England) Et je lui citai l'exemple de M. Aston, si médiocre au Chili, que Sir Stanley Rous dut promettre, après le match Chili-Italie, qu'il ne dirigerait plus aucun match.

Mais comment le convaincre ? Il m'avait affirmé auparavant que la jeune équipe de Chelsea, dont la remontée en division I passionne tout Londres, aurait de fortes chances de s'imposer face à n'importe quelle équipe continentale et que les « Spurs », en tout cas, ne feraient qu'une bouchée d'un des finalistes de la Coupe d'Europe.

Tout cela, les Anglais le croient vraiment, parce qu'ils n'ont pas du football la même idée que nous. Pour eux, le football par excellence, celui qui doit finir par avoir gain de cause, c'est le football qu'ils pratiquent et dont ils se régalent. Pourquoi venons-nous essayer de les troubles avec notre jeu subtil, nos finesses et nos recherches ? Le football, ce n'est pas cela, car cela ne leur plaît pas. Pourquoi prendraient-ils pour modèle quelque chose qu'ils trouvent laid ?


Le samedi, j'ai voulu essayer de pénétrer dans le monde clos du football anglais et de regarder, avec des yeux britanniques, la finale de la Cup. Justement, l'arbitre était K. Aston, qui n'est peut-être pas bon à arbitrer une finale de Coupe du Monde, mais à qui on a confié la finale de la Coupe d'Angleterre, ce qui est bien plus important.

Et alors, bien sûr, M. Aston fut excellent, maître de lui et du jeu, lucide, sobre et autoritaire. Il dirigeait des Anglais, devant une foule anglaise. Comment un prêtre ne serait-il pas bon ?

Et comment cette finale n'aurait-elle pas conquis et touché l'Européen que je suis, c'est à dire l'homme ouvert à toutes les expériences, prêt à aimer tout ce qui vaut la peine de l'être et même le football anglais, s'il en vaut la peine ?
La foule n'a jamais sifflé, elle a encouragé. Elle ne s'est jamais tue, elle a scandé « United, United » ou « Leic'ster, Leic'ster ». Quand Manchester a mené par 2 buts à 0, elle s'est mise à crier, en choeur, avec un formidable ensemble : « We want three, we want three ». Et elle les a eus. Et notre ami Maurice Simon nous a rappelé qu'il y a quelques années, quand Manchester United d'avant Munich mena 7-0 devant Anderlecht, en Coupe d'Europe, la foule anglaise cria : « We want eight, we want eight », et eut ses huit buts. (:dtc: Anderlecht)

Et les joueurs anglais de Manchester et de Leicester ont joué, avec conviction et bonne conscience, le seul football qu'ils connaissent, celui qu'ils ont appris et celui que le public anglais aime ; ils ont frappé de toutes leurs forces dans la balle, couru le plus vite possible, sauté le plus haut possible. Les maladresses, à cette allure, ont été nombreuses, mais sans importance. Et quelques morceaux de bravoure, un prodigieux une-deux entre Law et Herd et une tête de Law catapultant la balla contre le poteau après une série de dribbles impressionnats et un relais de balle avec le même Herd, ont soulevé mon enthousisame comme il a fait littéralement « rougir » (de cocardes) tout le stade !

Pendant quelques minutes, je vous l'affirme, j'ai compris l'anglais.

J'ai senti profondément à quel point il devait être difficile, quand on aimait ce football-là, d'en préférer un autre, d'en imiter un autre.

Et j'ai maudit ces « Européens » qui prétendaient mieux jouer que nous à un jeu que nous avions inventé !


Très intéressant :jemincline:
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MessagePosté le: 06 Sep 2007 11:06    Sujet du message: Répondre en citant

Portraits de champions

Thibaut MAQUA (Cannes) gardien

Numéro 3 au départ : à l'arrivée c'est lui qui a joué. Un vrai conte de fées
car il ya deux saisons Monaco l'avait borduré et le faisait jouer dans le champ...
Rassurant, tonique, téméraire : un vrai compétiteur qui a le geste qui sauve. Une grosse marge de progression.

Sébastien CHABBERT (Cannes) gardien

Il n'était pas dans les meilleures dispositions psychologiques pour ce tournoi et il a perdu sa place sur une erreur . Ensuite il a été le GO de l'équipe, celui qui nous a mis l'ambiance. Il va bientôt se refaire.

Michaël RODRIGUES (Nancy) arrière droit

Le "Portugais". Lui c'est d'abord la gnac. Un mental formidable, beaucoup
d'abattage, une présence physique déterminante : il n'est jamais battu. Privé injustement de la finale pour deux cartons jaunes

William GALLAS (Caen) défenseur central

Avec lui, on ne passe pas. Un défenseur pur, puissant, déterminé, régulier,
rapide, réaliste avec un bon jeu de tête, déjà très mûr et capable de s'adapter à différents systèmes défensifs. Il a toutes les chances de passer au dessus.

Mikaël SILVESTRE (Rennes) défenseur central

Le décathlonien. Un gaucher au potentiel athlétique extraordinaire. Appliqué, intelligent (il est BAC+2) il pige vite tactiquement ce qu'on lui demande. Le parfait complément de Gallas. Dans l'effectif pro cette année.

Jean-Sébastien JAURES (Auxerre) arrière gauche

Une maturité étonnante. Très fort tactiquement, sûr, impassable doté d'une frappe de balle exceptionnelle. Ce n'est pas un joueur qui impulse, mais dans la contrainte, il sait trouver les solutions. En fait plus le niveau s'élève plus il est à l'aise. Il devrait vite intégrer le niveau pro.

Jean-Charles DENOYERS (Le Havre) défenseur central

La force tranquille. Réaliste, présent physiquement, c'est aussi le parfait
coéquipier par sa disponibilité. Il n'a pas encore connu en club le coup
d'accélérateur nécessaire pour passer le cap supérieur.

Jean-Philippe JAVARY (Montpellier) milieu défensif

Un roc. Joueur de caractère provocateur parfois à la limite il sait gagner des matchs par sa capacité à briser la première ligne d'attaque adverse. Un vrai numéro 6 plein de rigueur et de sang-froid sauf dans le dernier 1/4 heure de la finale où il a été expulsé...

Yohann BIGNE (Rennes) milieu défensif

Le métronome de l'équipe. Récupérateur infatigable, vif, intelligent, influent, le plus déterminé aussi de la bande: c'est notre Didier Deschamps. Plus à l'aise dans l'axe devant la défense que sur les côtés, il sait admirablement presser le porteur du ballon, éliminer et trouver tout de suite de la profondeur. Un joueur d'avenir.

Medhi LEROY (Nantes) milieu défensif

Un compétiteur sans état d'âme, malin, très présent, avec un état d'esprit
merveilleux. C'est au poste de milieu gauche dans un registre défensif où il donne son plein rendement. Une frappe excellente notamment sur coup franc et un bon sens de la dernière passe

Kuami AGBOH (Auxerre) milieu de liaison

Une excellente technique en mouvement, un bon passeur utile à l'approche du but et dans le jeu court, une grande mobilité. Sa nonchalance et son manque de constance dans l'effort le desservent parfois mais ce championnat d'Europe lui a permis de franchir un palier.

Arnaud GONZALES (Auxerre) milieu offensif ou ailier droit

Toujours tourné vers le but. Un beau joueur, racé, tranchant, irrésistible
quand il est dans le coup, qui enchaîne et dribble bien. Un très bon jeu de
tête, une aisance naturelle et une super mentalité. Pour Guy Roux c'est un
ailier droit. Nous on le préfère souvent derrière les attaquants. Encore un peu naïf mais ça fera un super joueur

David TREZEGUET (Monaco) avant-centre

El goleador. Une adresse diabolique devant le but, un rôdeur des surfaces à la Onnis, qui ne vit que pour marquer, sent tous les coups, voit plus vite que les autres et sait provoquer l'adversaire. Intelligent, malin, déterminé, dur au mal, formidable point d'appui axial pour une équipe, il a besoin de gagner en puissance et en mobilité. Devant il nous a gagné le tournoi.

Thierry HENRY (Monaco) attaquant

La locomotive, le motivateur et le capitaine de l'équipe, essentiel sur le
terrain et en dehors. Très exigeant envers lui-même, il a su aussi transformer son style de buteur en celui de deuxième attaquant, côté gauche, démontrant par exemple qu'il était capable de bloquer son couloir. Il voit juste, dégage beaucoup de maturité et de sérénité. Très complice de Trezeguet. Un jeu parfois un peu désinvolte que le milieu pro va bouger et faire progresser.

Nicolas ANELKA (PSG) attaquant

La classe. Un attaquant de pointe racé, percutant, grand, rapide, puissant qui ne se décourage jamais. Une technique et une frappe nettement au-dessus de la moyenne à 17 ans et une habileté phénoménale dans les changements de direction. Il doit encore comprendre l'importance du travail de replacement.

Cédric MOURET (Cannes) attaquant

L'accélérateur. Il gicle, jaillir, prend les espaces. Généreux, complet, disponible, il joue deuxième attaquant ou sur le côté droit. A gagné en maturité et en percussion cette année. Peut-être l'attaquant de demain sachant que sa marge de progression est extraordinaire.

Gérard Houllier et son adjoint Christian Damiano vous ont présenté les 16 joueurs qui ont conquis le titre de champion d'Europe juniors contre l'Espagne (1-0)

--Paru dans l'Equipe, Août 1996--
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MessagePosté le: 06 Sep 2007 11:09    Sujet du message: Répondre en citant

Bilan 11 ans après:

- Maqua aurait peut-être du continué dans le champ..
- Gallas était déjà très fort
- comme d'habitude c'est encore le portugais qui a encore été injustement expulsé
- jean-philippe javary a trouvé où exercer son tempérament:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Philippe_Javary

- Bigné: qu'as-tu fait de ton avenir à la Deschamps ?
- Arnaud Gonzales: ça a surtout fait un super remplaçant
- Trezeguet était déjà très fort
- Trez, Titi, Nico en attaque :shock: tu m'étonnes qu'ils aient gagné le titre !!
- Anelka : 17 ans seulement !
- Henry: la mise sur le côté est en marche, heureusement que Wenger..
- Cédric Mouret va devoir beaucoup accélerer maintenant pour refaire son retard
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MessagePosté le: 06 Sep 2007 11:38    Sujet du message: Répondre en citant

abola a écrit:

- Bigné: qu'as-tu fait de ton avenir à la Deschamps ?

Une grosse blessure.
Il n'est jamais plus revenu a son niveau par la suite, une carriere a la Florian Maurice.
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MessagePosté le: 06 Sep 2007 21:34    Sujet du message: Répondre en citant

MonseigneurRb a écrit:
abola a écrit:

- Bigné: qu'as-tu fait de ton avenir à la Deschamps ?

Une grosse blessure.
Il n'est jamais plus revenu a son niveau par la suite, une carriere a la Florian Maurice.


OK.
Moins bien que Maurice puisqu'il n'a pas été international A.

A ce propos, et pour compléter le bilan, cette stat: 5 des champions d'europe sont devenus internationaux A et des sérieux avec plusieurs dizaines de sélections au compteur. Sans compter Agboh, lui aussi international mais.. togolais.
5 sur 16. Jolie portée cette promotion.
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MessagePosté le: 12 Sep 2007 14:29    Sujet du message: Répondre en citant

Deux événements historiques en ce mois d'octobre 1996.

Pour la 1ère fois en 86 ans, le sélectionneur italien a fait appel à deux joueurs italiens évoluant à l'étranger: Di Matteo et Ravanelli.

30.10.1996 Manchester United 0 - Fenerbahce 1
1ère défaite à domicile des anglais en coupe d'europe en 40 ans et 56 matchs à Old Trafford
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MessagePosté le: 12 Sep 2007 16:36    Sujet du message: Répondre en citant

Ce...ce fil fera peut-être 4 pages un jour :shock:

Enfin, dans 60 mois à ce rythme :|
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Dernière édition par Wobblie le 12 Sep 2007 16:38; édité 2 fois
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MessagePosté le: 12 Sep 2007 16:37    Sujet du message: Répondre en citant

bon ben j'édite
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"L'exclusion d'un suédois colérique avec un nom arménien, ça me dit quelque chose, mais quoi? :mefiant15:" Maître Coin-coin :onyourknees: , le 18/08/08.

Charlie hebdo, un symbole, oui; un modèle, non.


Dernière édition par luckyluke le 18 Sep 2007 13:27; édité 1 fois
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MessagePosté le: 18 Sep 2007 13:11    Sujet du message: Répondre en citant

Voici un article qui a deux avantages: le premier c'est qu'il reste d'actualité pour son analyse tactique, le second est qu'il contient une phrase qui aujourd'hui fait beaucoup rire.



L'arrière latéral, espèce rare

Ce soir, les Bleus joueront avec Karembeu et Thuram sur les côtés de la défense. Si Jacquet s'estime paré dans ce secteur dans la perspective de 1998, l'exigence du poste fera néanmoins rapidement le tri.

"Tactiquement c'est le poste qui a le plus évolué ces dernières années mais surtout c'est l'un des plus exigeants aujourd'hui" assure Aimé Jacquet. "C'est celui qui permet souvent de créer l'effet de surprise, le décalage décisif ou le surnombre, de provoquer la frappe inattendue, note Didier Deschamps, le capitaine des Bleus, d'où à la fois son importance dans le jeu actuel et sa difficulté"
"A la limite ce serait le plus attractif vu les possibilités et le registre qu'il offre, ajoute encore Raymond Domenech, le sélectionneur Espoirs. En tout cas, c'est l'un des plus complexes. Pourtant il reste peu valorisé..." Autant dire que l'arrière latéral de classe, modèle Maldini, et le vrai spécialiste se font rares par les temps qui courent.
Il y a dix ans, avec Amoros et Ayache, l'équipe de France possédait deux des meilleurs spécimens au monde: à présent avec Lizarazu et Thuram pour leaders et des solutions de rechange plus aléatoires disons qu'elle se situe dans une honnête moyenne, sans plus.

Première explication ? L'évolution des besoins et le manque de vocations suscitées. "Tout est lié aux systèmes d'attaque adverses, souligne en effet Domenech. Comme on ne joue pas toutes les semaines des équipes comme l'Ajax ou Auxerre qui utilisent trois attaquants, la demande a changé et les latéraux sont plus souvent des joueurs de couloir, presque des milieux. Une certitude toutefois: au haut niveau, ceux qui ne possèdent pas aujourd'hui deux latéraux participant beaucoup au jeu sont fichus d'avance"

La deuxième raison tient au profil même du poste et aux qualités techniques très diverses qu'il réclame. "A la base, dit Jacquet, il faut être bon défenseur, bon dans les duels, mais également vite, dynamique et agressif. Il faut aussi avoir envie de fournir beaucoup d'efforts et donc de posséder un gros volume de jeu" Ensuite ? " Il faut savoir relancer, contre-attaquer, éliminer, faire la dernière passe, exercer un pressing et créer la supériorité numérique" confesse Domenech. "Et tout ça, explique Jacquet, dans une zone particulière et bien délimitée..."
"A la différence de l'axe, fait ainsi remarquer Deschamps, le travail, les déplacements et les courses se font dans la profondeur, soit en avant, soit en arrière: c'est spécial... Il faut aussi constamment veiller à ce que le ballon ne passe jamais entre l'axe central et le latéral, mais toujours obliger l'adversaire à contourner pour éventuellement passer entre soi et la ligne de touche"

Enfin troisième raison: c'est un rôle très tactique, donc subtil. Domenech reconnaît: "Il exige une intelligence de jeu maximale dans le placement, dans le replacement. Quand dois-je couvrir ? Quand dois-je presser ? Suis-je trop devant, trop derrière ? " "Il nécessite une analyse tactique très rapide et un éveil permanent, admet Jacquet. Il faut toujours être dans le sens de l'action, savoir récupérer, donner vite, prendre l'espace et se montrer percutant, anticiper, être là pour boucher les angles et compenser. Ca fait beaucoup..."
Deschamps explique par exemple: "Quand le ballon est du côté opposé, le latéral doit toujours penser à "faire la diagonale" et à se transformer quasiment en libéro pour couvrir les deux défenseurs centraux." Le milieu de la Juve explique encore: "Puis tout dépend de l'animation devant. Tu ne joues pas latéral de la même façon avec une défense à quatre et avec une défense à cinq. Dans ce cas-là, tu es carrément milieu.." Même si, à première vue, les candidats au niveau international ne se bousculent pas, Jacquet ne se plaint pas. De Thuram qui jouera à gauche ce soir ("Pour voir...") le sélectionneur dit: "J'aime sa vitesse, son sens de l'anticipation, ses qualités physiques et de défenseur." De Lizarazu, absent aujourd'hui ? "Il est très fort en contre, très disponible, il participe beaucoup et avec le temps il a appris à défendre et à bien se replacer."
De Karembeu, replacé tout à l'heure contre la Turquie sur la droite ? "Sa présence, sa générosité, son dynamisme, son attirance pour le jeu sans ballon ne lui posent aucun problème. Au contraire..."
Une certitude ? La promotion cette semaine de Goma (stoppeur aujourd'hui) de Candela et de Djetou prouve que le sélectionneur ne redoute pas l'avenir.
Dans l'immédiat on attend déjà de voir le match que Karembeu et Thuram vont nous sortir et sur quoi débouchera leur association avec Lamouchi et Pedros dans les couloirs.

Qui en magasin ?

Depuis 29 matchs qu'il a pris en main l'équipe de France, Aimé Jacquet a fonctionné avec six arrières latéraux. Du côté droit ? Angloma (18 fois), Thuram (8 fois) et Karembeu (3 fois). Du côté gauche ? Di Meco (16 fois), Lizarazu (11 fois) et Petit (2 fois).
Depuis l'Euro, toutefois, le tandem Thuram-Lizarazu a désormais succédé à Angloma-Di Meco ("Même si Jocelyn est revenu sur sa décision de prendre sa retraite internationale", dit Jacquet) et le sélectionneur doit donc à nouveau "doubler les postes". A qui songe-t-il dans l'immédiat ? "Sur la droite, derrière Thuram, j'ai Goma, qui peut jouer aussi de l'autre côté ou dans l'axe sans problème, mais aussi Djetou, Ba, même si ce dernier est plus un milieu aujourd'hui, et en réserve Angloma. Puis Karembeu, vu son volume de jeu, demeure une option. La preuve... Sur la gauche, derrière Lizarazu, j'ai Bonnissel, Candela, mais également Petit et Laigle que je peux utiliser dans ce rôle, voire Thuram que je veux tester de ce côté contre les Turcs."
Autrement dit, à moins de deux ans de la Coupe du monde, Jacquet s'estime correctement paré dans ce secteur. "Ce poste de latéral, avoue-t-il, est pour moi une préoccupation, mais pas une réelle inquiétude. D'autant qu'il est plus facile de mettre un joueur nouveau à cette place qu'en attaque..."


Patrick Urbini
-- paru dans l'Equipe le 9/10/1996--


Pour l'anecdote victoire de la France sur la Turquie par 4-0
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luckyluke
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MessagePosté le: 18 Sep 2007 13:32    Sujet du message: Répondre en citant

abola a écrit:
Voici un article qui a deux avantages: le premier c'est qu'il reste d'actualité pour son analyse tactique, le second est qu'il contient une phrase qui aujourd'hui fait beaucoup rire.



L'arrière latéral, espèce rare

Ce soir, les Bleus joueront avec Karembeu et Thuram sur les côtés de la défense. Si Jacquet s'estime paré dans ce secteur dans la perspective de 1998, l'exigence du poste fera néanmoins rapidement le tri.

"Tactiquement c'est le poste qui a le plus évolué ces dernières années mais surtout c'est l'un des plus exigeants aujourd'hui" assure Aimé Jacquet. "C'est celui qui permet souvent de créer l'effet de surprise, le décalage décisif ou le surnombre, de provoquer la frappe inattendue, note Didier Deschamps, le capitaine des Bleus, d'où à la fois son importance dans le jeu actuel et sa difficulté"
"A la limite ce serait le plus attractif vu les possibilités et le registre qu'il offre, ajoute encore Raymond Domenech, le sélectionneur Espoirs. En tout cas, c'est l'un des plus complexes. Pourtant il reste peu valorisé..." Autant dire que l'arrière latéral de classe, modèle Maldini, et le vrai spécialiste se font rares par les temps qui courent.
Il y a dix ans, avec Amoros et Ayache, l'équipe de France possédait deux des meilleurs spécimens au monde: à présent avec Lizarazu et Thuram pour leaders et des solutions de rechange plus aléatoires disons qu'elle se situe dans une honnête moyenne, sans plus.

Première explication ? L'évolution des besoins et le manque de vocations suscitées. "Tout est lié aux systèmes d'attaque adverses, souligne en effet Domenech. Comme on ne joue pas toutes les semaines des équipes comme l'Ajax ou Auxerre qui utilisent trois attaquants, la demande a changé et les latéraux sont plus souvent des joueurs de couloir, presque des milieux. Une certitude toutefois: au haut niveau, ceux qui ne possèdent pas aujourd'hui deux latéraux participant beaucoup au jeu sont fichus d'avance"

La deuxième raison tient au profil même du poste et aux qualités techniques très diverses qu'il réclame. "A la base, dit Jacquet, il faut être bon défenseur, bon dans les duels, mais également vite, dynamique et agressif. Il faut aussi avoir envie de fournir beaucoup d'efforts et donc de posséder un gros volume de jeu" Ensuite ? " Il faut savoir relancer, contre-attaquer, éliminer, faire la dernière passe, exercer un pressing et créer la supériorité numérique" confesse Domenech. "Et tout ça, explique Jacquet, dans une zone particulière et bien délimitée..."
"A la différence de l'axe, fait ainsi remarquer Deschamps, le travail, les déplacements et les courses se font dans la profondeur, soit en avant, soit en arrière: c'est spécial... Il faut aussi constamment veiller à ce que le ballon ne passe jamais entre l'axe central et le latéral, mais toujours obliger l'adversaire à contourner pour éventuellement passer entre soi et la ligne de touche"

Enfin troisième raison: c'est un rôle très tactique, donc subtil. Domenech reconnaît: "Il exige une intelligence de jeu maximale dans le placement, dans le replacement. Quand dois-je couvrir ? Quand dois-je presser ? Suis-je trop devant, trop derrière ? " "Il nécessite une analyse tactique très rapide et un éveil permanent, admet Jacquet. Il faut toujours être dans le sens de l'action, savoir récupérer, donner vite, prendre l'espace et se montrer percutant, anticiper, être là pour boucher les angles et compenser. Ca fait beaucoup..."
Deschamps explique par exemple: "Quand le ballon est du côté opposé, le latéral doit toujours penser à "faire la diagonale" et à se transformer quasiment en libéro pour couvrir les deux défenseurs centraux." Le milieu de la Juve explique encore: "Puis tout dépend de l'animation devant. Tu ne joues pas latéral de la même façon avec une défense à quatre et avec une défense à cinq. Dans ce cas-là, tu es carrément milieu.." Même si, à première vue, les candidats au niveau international ne se bousculent pas, Jacquet ne se plaint pas. De Thuram qui jouera à gauche ce soir ("Pour voir...") le sélectionneur dit: "J'aime sa vitesse, son sens de l'anticipation, ses qualités physiques et de défenseur." De Lizarazu, absent aujourd'hui ? "Il est très fort en contre, très disponible, il participe beaucoup et avec le temps il a appris à défendre et à bien se replacer."
De Karembeu, replacé tout à l'heure contre la Turquie sur la droite ? "Sa présence, sa générosité, son dynamisme, son attirance pour le jeu sans ballon ne lui posent aucun problème. Au contraire..."
Une certitude ? La promotion cette semaine de Goma (stoppeur aujourd'hui) de Candela et de Djetou prouve que le sélectionneur ne redoute pas l'avenir.
Dans l'immédiat on attend déjà de voir le match que Karembeu et Thuram vont nous sortir et sur quoi débouchera leur association avec Lamouchi et Pedros dans les couloirs.

Qui en magasin ?

Depuis 29 matchs qu'il a pris en main l'équipe de France, Aimé Jacquet a fonctionné avec six arrières latéraux. Du côté droit ? Angloma (18 fois), Thuram (8 fois) et Karembeu (3 fois). Du côté gauche ? Di Meco (16 fois), Lizarazu (11 fois) et Petit (2 fois).
Depuis l'Euro, toutefois, le tandem Thuram-Lizarazu a désormais succédé à Angloma-Di Meco ("Même si Jocelyn est revenu sur sa décision de prendre sa retraite internationale", dit Jacquet) et le sélectionneur doit donc à nouveau "doubler les postes". A qui songe-t-il dans l'immédiat ? "Sur la droite, derrière Thuram, j'ai Goma, qui peut jouer aussi de l'autre côté ou dans l'axe sans problème, mais aussi Djetou, Ba, même si ce dernier est plus un milieu aujourd'hui, et en réserve Angloma. Puis Karembeu, vu son volume de jeu, demeure une option. La preuve... Sur la gauche, derrière Lizarazu, j'ai Bonnissel, Candela, mais également Petit et Laigle que je peux utiliser dans ce rôle, voire Thuram que je veux tester de ce côté contre les Turcs."
Autrement dit, à moins de deux ans de la Coupe du monde, Jacquet s'estime correctement paré dans ce secteur. "Ce poste de latéral, avoue-t-il, est pour moi une préoccupation, mais pas une réelle inquiétude. D'autant qu'il est plus facile de mettre un joueur nouveau à cette place qu'en attaque..."


Patrick Urbini
-- paru dans l'Equipe le 9/10/1996--


Pour l'anecdote victoire de la France sur la Turquie par 4-0


La phrase avec Pedros? :axlsmile:
_________________
On ne voit bien qu'avec le coeur, l'essentiel est invisible pour les yeux.

"L'exclusion d'un suédois colérique avec un nom arménien, ça me dit quelque chose, mais quoi? :mefiant15:" Maître Coin-coin :onyourknees: , le 18/08/08.

Charlie hebdo, un symbole, oui; un modèle, non.
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abola
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MessagePosté le: 18 Sep 2007 16:43    Sujet du message: Répondre en citant

luckyluke a écrit:
La phrase avec Pedros? :axlsmile:


Ah oui j'avais pas tilté, pourtant comme beaucoup je croyais que sa carrière s'était arrêté un mercredi de juin 96
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Axl
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MessagePosté le: 18 Sep 2007 16:59    Sujet du message: Répondre en citant

abola a écrit:
Voici un article qui a deux avantages: le premier c'est qu'il reste d'actualité pour son analyse tactique, le second est qu'il contient une phrase qui aujourd'hui fait beaucoup rire.



L'arrière latéral, espèce rare

Ce soir, les Bleus joueront avec Karembeu et Thuram sur les côtés de la défense. Si Jacquet s'estime paré dans ce secteur dans la perspective de 1998, l'exigence du poste fera néanmoins rapidement le tri.

"Tactiquement c'est le poste qui a le plus évolué ces dernières années mais surtout c'est l'un des plus exigeants aujourd'hui" assure Aimé Jacquet. "C'est celui qui permet souvent de créer l'effet de surprise, le décalage décisif ou le surnombre, de provoquer la frappe inattendue, note Didier Deschamps, le capitaine des Bleus, d'où à la fois son importance dans le jeu actuel et sa difficulté"
"A la limite ce serait le plus attractif vu les possibilités et le registre qu'il offre, ajoute encore Raymond Domenech, le sélectionneur Espoirs. En tout cas, c'est l'un des plus complexes. Pourtant il reste peu valorisé..." Autant dire que l'arrière latéral de classe, modèle Maldini, et le vrai spécialiste se font rares par les temps qui courent.
Il y a dix ans, avec Amoros et Ayache, l'équipe de France possédait deux des meilleurs spécimens au monde: à présent avec Lizarazu et Thuram pour leaders et des solutions de rechange plus aléatoires disons qu'elle se situe dans une honnête moyenne, sans plus.

Première explication ? L'évolution des besoins et le manque de vocations suscitées. "Tout est lié aux systèmes d'attaque adverses, souligne en effet Domenech. Comme on ne joue pas toutes les semaines des équipes comme l'Ajax ou Auxerre qui utilisent trois attaquants, la demande a changé et les latéraux sont plus souvent des joueurs de couloir, presque des milieux. Une certitude toutefois: au haut niveau, ceux qui ne possèdent pas aujourd'hui deux latéraux participant beaucoup au jeu sont fichus d'avance"

La deuxième raison tient au profil même du poste et aux qualités techniques très diverses qu'il réclame. "A la base, dit Jacquet, il faut être bon défenseur, bon dans les duels, mais également vite, dynamique et agressif. Il faut aussi avoir envie de fournir beaucoup d'efforts et donc de posséder un gros volume de jeu" Ensuite ? " Il faut savoir relancer, contre-attaquer, éliminer, faire la dernière passe, exercer un pressing et créer la supériorité numérique" confesse Domenech. "Et tout ça, explique Jacquet, dans une zone particulière et bien délimitée..."
"A la différence de l'axe, fait ainsi remarquer Deschamps, le travail, les déplacements et les courses se font dans la profondeur, soit en avant, soit en arrière: c'est spécial... Il faut aussi constamment veiller à ce que le ballon ne passe jamais entre l'axe central et le latéral, mais toujours obliger l'adversaire à contourner pour éventuellement passer entre soi et la ligne de touche"

Enfin troisième raison: c'est un rôle très tactique, donc subtil. Domenech reconnaît: "Il exige une intelligence de jeu maximale dans le placement, dans le replacement. Quand dois-je couvrir ? Quand dois-je presser ? Suis-je trop devant, trop derrière ? " "Il nécessite une analyse tactique très rapide et un éveil permanent, admet Jacquet. Il faut toujours être dans le sens de l'action, savoir récupérer, donner vite, prendre l'espace et se montrer percutant, anticiper, être là pour boucher les angles et compenser. Ca fait beaucoup..."
Deschamps explique par exemple: "Quand le ballon est du côté opposé, le latéral doit toujours penser à "faire la diagonale" et à se transformer quasiment en libéro pour couvrir les deux défenseurs centraux." Le milieu de la Juve explique encore: "Puis tout dépend de l'animation devant. Tu ne joues pas latéral de la même façon avec une défense à quatre et avec une défense à cinq. Dans ce cas-là, tu es carrément milieu.." Même si, à première vue, les candidats au niveau international ne se bousculent pas, Jacquet ne se plaint pas. De Thuram qui jouera à gauche ce soir ("Pour voir...") le sélectionneur dit: "J'aime sa vitesse, son sens de l'anticipation, ses qualités physiques et de défenseur." De Lizarazu, absent aujourd'hui ? "Il est très fort en contre, très disponible, il participe beaucoup et avec le temps il a appris à défendre et à bien se replacer."
De Karembeu, replacé tout à l'heure contre la Turquie sur la droite ? "Sa présence, sa générosité, son dynamisme, son attirance pour le jeu sans ballon ne lui posent aucun problème. Au contraire..."
Une certitude ? La promotion cette semaine de Goma (stoppeur aujourd'hui) de Candela et de Djetou prouve que le sélectionneur ne redoute pas l'avenir.
Dans l'immédiat on attend déjà de voir le match que Karembeu et Thuram vont nous sortir et sur quoi débouchera leur association avec Lamouchi et Pedros dans les couloirs.

Qui en magasin ?

Depuis 29 matchs qu'il a pris en main l'équipe de France, Aimé Jacquet a fonctionné avec six arrières latéraux. Du côté droit ? Angloma (18 fois), Thuram (8 fois) et Karembeu (3 fois). Du côté gauche ? Di Meco (16 fois), Lizarazu (11 fois) et Petit (2 fois).
Depuis l'Euro, toutefois, le tandem Thuram-Lizarazu a désormais succédé à Angloma-Di Meco ("Même si Jocelyn est revenu sur sa décision de prendre sa retraite internationale", dit Jacquet) et le sélectionneur doit donc à nouveau "doubler les postes". A qui songe-t-il dans l'immédiat ? "Sur la droite, derrière Thuram, j'ai Goma, qui peut jouer aussi de l'autre côté ou dans l'axe sans problème, mais aussi Djetou, Ba, même si ce dernier est plus un milieu aujourd'hui, et en réserve Angloma. Puis Karembeu, vu son volume de jeu, demeure une option. La preuve... Sur la gauche, derrière Lizarazu, j'ai Bonnissel, Candela, mais également Petit et Laigle que je peux utiliser dans ce rôle, voire Thuram que je veux tester de ce côté contre les Turcs."
Autrement dit, à moins de deux ans de la Coupe du monde, Jacquet s'estime correctement paré dans ce secteur. "Ce poste de latéral, avoue-t-il, est pour moi une préoccupation, mais pas une réelle inquiétude. D'autant qu'il est plus facile de mettre un joueur nouveau à cette place qu'en attaque..."

Up pour Fier Panpan (moi ça me concerne pas, je suis avant-centre dorénavant).


Patrick Urbini
-- paru dans l'Equipe le 9/10/1996--


Pour l'anecdote victoire de la France sur la Turquie par 4-0

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Katch ze tableau en ligne, venez nombreux!
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abola
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MessagePosté le: 01 Avr 2009 10:12    Sujet du message: Répondre en citant

luckyluke a écrit:
abola a écrit:
Voici un article qui a deux avantages: le premier c'est qu'il reste d'actualité pour son analyse tactique, le second est qu'il contient une phrase qui aujourd'hui fait beaucoup rire.


La phrase avec Pedros? :axlsmile:


non celle-ci:
"Il y a dix ans, avec Amoros et Ayache, l'équipe de France possédait deux des meilleurs spécimens au monde: à présent avec Lizarazu et Thuram pour leaders et des solutions de rechange plus aléatoires disons qu'elle se situe dans une honnête moyenne, sans plus."
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Chez vous, on n'aime pas le beau jeu. Les défenseurs de L1 sont des malades ! La L1 est le championnat de la défense.
Fernando Menegazzo, Bordeaux
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MessagePosté le: 01 Avr 2009 10:54    Sujet du message: Répondre en citant

Tu t'ennuies? :D
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On ne voit bien qu'avec le coeur, l'essentiel est invisible pour les yeux.

"L'exclusion d'un suédois colérique avec un nom arménien, ça me dit quelque chose, mais quoi? :mefiant15:" Maître Coin-coin :onyourknees: , le 18/08/08.

Charlie hebdo, un symbole, oui; un modèle, non.
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