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R&F, Inrocks, Magic, Newcomer...
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snake
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MessagePosté le: 15 Jan 2007 22:25    Sujet du message: R&F, Inrocks, Magic, Newcomer... Répondre en citant

Un fil sur la presse rock (mais pas seulement)... ça manquait.
_________________
"Le plus grand parolier vivant avec Dylan"


Dernière édition par snake le 03 Sep 2007 21:25; édité 1 fois
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Nusra Fat Oliver Kahn
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MessagePosté le: 15 Jan 2007 22:42    Sujet du message: Répondre en citant

Magic RPM pour moi. Pour Luz (malgré un chouia de lassitude) mais surtout les meilleures chroniques d'album de toute la presse rock (et ils s'occupent même de folk :amour1:)
_________________
"je vais pas débattre de goûts musicaux avec nusra hein. je pense que c'est le seul qui pourrait me battre par abandon sur ce site"
(Un mayo couine)

R frickin' S

Tu peux craindre l'Iran ou la Russie tout ce que tu veux, mais leur bilan en termes de vies humaines perdues depuis 30 ans est nul
(a massive argument)
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Fier Panpan
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MessagePosté le: 15 Jan 2007 22:58    Sujet du message: Répondre en citant

l'Indic :| :rip:


et Magic, juste pour vérifier que je ne suis (quasi) jamais d'accord avec eux
_________________
Islamo-centrogauchiste déradicalisé sur internet
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Rip
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MessagePosté le: 15 Jan 2007 23:55    Sujet du message: Répondre en citant

chez mon disquaire: Artrocker et presse locale essentiellement.
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gigantic
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MessagePosté le: 16 Jan 2007 0:09    Sujet du message: Répondre en citant

- Les Inrocks sont un journal qui "cristallise" tellement tous les débats liés à la presse musicale en France qu'il est difficile de les juger sereinement (en dehors de l'alternative "ils représentent la divine parole"/"ce sont des vendus qui ont coulé le plus beau canard de la presse française", du moins :) ), surtout quand ils foutent Carla Bruni en couve comme cette semaine :abovelol:. D'ailleurs, aujourd'hui, ce n'est plus tellement un canard musical, il y a des semaines où la musique se voit accorder moins de place que la politique ! A mon sens, quatre problèmes font que ce canard a énormément perdu en qualité : 1) absence de renouvellement des plumes, car la plupart de leurs nouveaux critiques ne sont pas terribles (résultat, les meilleurs restent les vieux, même s'ils sont un peu en mode roue libre/autoparodie) ; 2) absence de ligne directrice : la fameuse orientation indie pop "ligne claire" des années 80 (Smiths, Go-Betweens, House Of Love, etc.) leur mettait des sacrées oeillères, mais au moins c'était une ligne directrice, ce qu'ils n'ont plus aujourd'hui ; 3) diminution de la taille des papiers (si c'est pour lire des chroniques de la même taille que sur Internet, franchement) ; 4) ratage de l'ère de la musique en ligne, ce qui fait que souvent ils se font griller la priorité par des médias Internet sur des disques prometteurs (Arcade Fire, Shins, The Decemberists...) parce qu'ils attendent la sortie française.

- "Rock'n'Folk" : un peu l'inverse des Inrocks, en fait. Moins mou dans ses goûts, moins dans l'actu (d'où l'image assez justifiée de journal du fan-club des Stones qui lui colle à la peau), généralement moins bien écrit également, mais plus audacieux. Ils osent encore sortir des papiers de 20 000 signes, confier 10 pages à Nick Kent ou Philippe Garnier pour raconter l'histoire d'un vieux groupe ou partir dans des délires d'écriture. Et puis, pour se constituer une culture rock, c'est pas mal (à ce titre, la rubrique "rééditions" est un régal, car elle n'hésite pas à revoir à la baisse des vaches sacrées genre Pink Floyd ou les Doors).

- "Magic" : sans doute le mag' dont les goûts sont les plus proches des miens. Par contre, deux gros défauts. 1) l'écriture : c'est bien écrit (grammaticalement parlant), mais souvent ennuyeux, ça manque un peu de passion et c'est plus prétexte à balancer des jeux de mots foireux qu'autre chose. 2) un côté parisianiste dont je ne suis pas trop fan.

Sinon, en presse étrangère, "Mojo" est pas mal (un peu vieillot parfois, mais intéressant quand même). Et puis, Internet rules ! (sauf pour les longs papiers, bien sûr).

Pour ceux que ça intéresse, ce site regroupe pas mal de chroniques intéressantes de la presse française.

Pour finir, quelques liens d'articles que je trouve excellents :
- Metal Machine Music de Lou Reed, par Lester Bangs
- Nécro de Brian Jones, par Yves Adrien.
- Qui est tu, Mister Rock ?, par François Gorin (il faut descendre un peu dans la page).
- Growing young with rock'n'roll de John Landau (le fameux article avec le "J'ai vu le futur du rock et son nom est Bruce Springsteen").

J'ai en aussi une de Viviant dans un vieux Inrocks que je trouve exceptionnelle, à propos de Yo La Tengo. Je l'ai que en fichier Word et j'ai pas retrouvé le lien sur le site officiel, donc je la fous en entier :twisted: :

Arnaud Viviant a écrit:
Depuis Hoboken, New Jersey, on voit New York, mais un peu flou. De son fief, Yo La Tengo voit passer l'histoire du rock, mais un peu floue : sur And then nothing turned itself inside out, c'est encore et toujours la même discothèque, du Velvet à My Bloody Valentine, qui sert de combustible à cette chimie artisanale et têtue. Un immense groupe sans importance.

Ah ! les groupes mineurs. The Silos, The Pastels, Sea & The Cake, The Vulgar Boatmen, The Db's, The Weather Prophets, The Woodentops... Et puis The Chills, The Clean, The Verlaines, The Jean-Paul Sartre Experience... Et puis quoi ? The Feelies, Yo La Tengo. Ces deux derniers de Hoboken, New Jersey. Les groupes mineurs, serrés dans la discothèque comme des secrets mal partagés, des souvenirs solitaires, les groupes pour lesquels il n'y avait pas de copains possibles, rien que des amis.

Des disques qu'on protégeait mieux que les autres parce qu'on savait qu'ils seraient difficiles à retrouver, eux qui gouttaient d'endroits impossibles, sur des labels qui sentaient la dévotion et l'arrière-boutique. Au bout de deux ou trois albums, on s'habituait sagement à voir le groupe s'émietter comme du pain rassis et le lead-guitar rentrer dans le rang pour devenir professeur de mathématiques à l'université de Des Moines, Iowa. Parce que ces groupes-là nous ressemblaient, qu'on pressentait que les gens qui les formaient n'étaient ni meilleurs ni plus grands que nous, que leur destin n'était pas plus intrigant que le nôtre, la vie les rattrapant en même temps, avec des femmes qui s'installaient et commençaient à dire que tous ces objets prenaient beaucoup de place dans l'appartement, que la pièce qui était jusqu'à présent dévolue à la musique, pour peu qu'on la repeigne en deux ou trois dimanches, ferait une jolie chambre pour le petit.

On a revendu certains de ces disques, d'autres pas : ça nous égratignait trop le coeur, même s'ils se réécoutent mal, même si on a parfois du mal à comprendre ce qui a pu nous saisir si longtemps là-dedans. Le plus souvent, la lettre s'est envolée. Reste l'esprit, jamais déguisé, parce que ce qui rendait ces groupes mineurs, c'était de ne pas s'avancer camouflé, d'avoir le coeur transparent et le rock'n'roll trop abrégé, trop ciselé, comme une définition du dictionnaire. Mais c'est peut-être cela qu'on voulait en collectionnant leurs disques : en posséder autant qu'il y a de mots dans le dico et pouvoir de temps en temps mettre un album sur la platine qui nous semblait la plus parfaite définition de "passion", de "componction" ou de "desiderata"... Tous ces gens étaient des lexicologues du rock'n'roll, des littéraires qui prenaient des guitares et qui écrivaient des chansons directement sur la peau des tambourins. Ils y pensaient trop. Puis un jour, c'était fini.

Pas Yo La Tengo, ce couple de la persévérance. Dieu sait si on les a aimés ; si longtemps prononcer leur nom aura été comme de se ranger d'un côté du monde où, justement, il y avait moins de monde, plus de place pour allonger les jambes et la tête. Les meilleurs d'entre nous savaient que Yo La Tengo avait enregistré un album qui s'appelait Fakebook et qui s'écouterait toujours comme une consolation. Un groupe y rendait non pas hommage à d'autres groupes (des Kinks à John Cale), mais hommage à l'hommage lui-même : Tribute to the tribute, oui, ça aurait pu s'appeler comme ça. Ça cloutait d'ailleurs tellement l'histoire que le groupe aurait pu s'arrêter là sans nous faire trop de peine. C'était même leur destin, tel que tant d'autres groupes avant eux l'avaient esquissé, que de donner l'impression de passer par là, d'enregistrer un ou deux disques où ils extrayaient la racine carrée d'un secret, avant de s'envoler aussi mélancoliquement que le bonhomme de Folon à la fin des programmes du soir, autrefois, sur Antenne 2...

Mais non. Yo La Tengo s'est incrusté. Si bien qu'à les voir en promotion à Paris pour leur nouvel album, on ne sait plus bien si on doit les admirer ou les haïr d'être encore là, las. Lui, Ira Kaplan, ressemble toujours à un Jonathan Richman proconsulaire, sérieux, sans naïveté, un Jonathan Richman qui n'aurait jamais eu les couilles de composer (et encore moins d'enregistrer) Egyptian reggae, ou de chanter émotionnellement La Mer de Trenet en concert. Elle, Georgia, batteuse de son état, fera toujours penser contre son gré à Maureen Tucker et elle n'y peut rien si c'est une Maureen Tucker qui aura connu Hal Hartley plutôt qu'Andy Warhol. Depuis quelques années, ils traînent derrière eux James, un bassiste bouboule qui a l'air heureux d'un enfant qui s'est enfin trouvé des copains. Voilà Yo La Tengo. Des gens qu'on a aimés sans les connaître, qui ont longtemps été les voisins de palier de tout un pan de notre vie, qui faisaient de la musique qui passait à travers nos murs. On a le même âge qu'eux. A peu près la même culture. Nos discothèques sont aussi jumelées que peuvent l'être un village français et un village allemand. On n'a pas grand-chose à se dire pour autant.

On les interroge comme ça, pour la forme, sur le mystère de leur longévité. "C'est peut-être parce qu'on n'y a jamais cru, répond Ira Kaplan. Après le succès de Nirvana, tout le monde se demandait à qui ça allait être ensuite le tour. Les gens venaient nous voir en disant "Peut-être vous ?" Mais on n'y a jamais cru." Mieux vaut ne pas rire. Il dit ça si sérieusement, Ira Kaplan. Comme si, vraiment, l'idée était un jour passée par la tête de quelqu'un que Yo La Tengo puisse être le genre de groupes dont des gamins du monde entier auraient envie d'accrocher la photo aux murs de leur chambre. Alors, peut-être que la vraie raison de leur longévité, c'est de ne s'être pas vus vieillir, de s'être toujours crus dans le coup, au bord du bord de cette piscine sans eau qu'est la réussite. Ce dixième album jouit des mêmes qualités et des mêmes limites que les précédents. Ce qui manque à Ira Kaplan, ce qui lui a toujours manqué, ce sont des choses que l'on sait à 20 ans sans les avoir jamais apprises, ou bien que l'on ne saura jamais. Et ça ne se définit pas. Comme je ne le prends pas pour un imbécile, je suppose qu'Ira Kaplan n'ignore rien de ce manque.

Au contraire, ses meilleurs morceaux ­ ici From black to blue ou Madeline ­ sont bâtis tout en creux, autour de lui. Ce sont des chansons qui relèvent d'un artisanat entêté, c'est du rock'n'roll consacré dont tout laisse à penser qu'on a cassé le moule. Mais sur son tour de potier, Yo La Tengo vous refait le modèle, avec les frises, les anses, tout, des chansons parfaites, trop, qui n'attendent que Kevin Shields pour les remixer et les gauchir un peu. En revanche, ce que Kaplan a pour lui peut se raconter : c'est ce qui compose, non seulement l'armature d'un disque, mais d'une existence tout entière. Et ça s'appelle l'intelligence. Elle court comme la maladie d'amour dans tous les disques de Yo La Tengo, dans le dernier tout pareil, peut-être même plus, c'est l'âge, et c'est elle malheureusement qui peut donner cette allure besogneuse à certains titres, ou bien en élever d'autres jusqu'à des sommets de connivence et d'intimité avec vous, jusqu'à vous amener à parler d'un disque frère.

Pour résumer, Yo La Tengo est un groupe essentiel à qui il manque tout ce qui est inessentiel pour devenir un grand groupe. Et c'est pour ça qu'on l'aime.

_________________
"Ce qui se joue là, c'est pas le nombre de points que le karma de Gig marquera à la rubrique "mains propres et morale haute" dans le Carnet Cosmique: c'est l'avenir de la France à court et à moyen terme."
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staxman
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MessagePosté le: 16 Jan 2007 0:25    Sujet du message: Répondre en citant

La presse rock, c'est typiquement le truc qu'on adore détester. Enfin moi j'adore. Jusqu'à un certain point toutefois. Avec Rock'n folk, je suis en train d'arriver à saturation. Je l'achète encore pour me tenir au courant de ce qui sort, mais son dogmatisme commence à me fatiguer.
Les inrocks, je connais peu, mais c'est déjà trop (sauf en ciné). D'accord ils ont défendu les Smiths dans les années 80 quand Rock&Folk mettait Samantha Fox en couverture, et après ? Si c'était pour s'extasier sur les Strokes quinze ans plus tard, bravo.
Quant à Télérama, mon dieu...

Je préfère lire "Mojo", dont les hors-série sont d'un très bon niveau (cf. ceux sur Bowie ou sur le rock psychédélique). Le mensuel est plus inégal mais contient toujours son lot de papiers intéressants. La chronique de disques est plus décevante, vu qu'ils ont tendance crier au génie à propos de la première daube sortie.
En France, "Muziq" est pas mal, malgré son enthousiasme juvénile. C'est l'un des rares mags à parler correctement de soul, de jazz-rock et de rock californien (malheureusement, il fallait qu'ils aiment aussi Toto :? ) Les numéros sur les 150 meilleurs disques de soul et sur Stevie Wonder étaient assez réussis.

Sinon, le plus grand critique français, c'est Philippe Auclair, le responsable des meilleurs notices du dictionnaire du rock dirigé par M. Assayas (Steely Dan, XTC, les Kinks, Prefab sprout, Fifth dimension, Everything but the girl, Dusty Springfield). Il a vraiment bon goût et écrit remarquablement bien. Eric Dahan est pas mal non plus, mais un peu trop dandy. Manoeuvre, mieux vaut ne pas en parler. Quant au redoutable Nicolas Ungemuth, c'est le pitre ultime, malgré un talent comique indéniable.
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staxman
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MessagePosté le: 16 Jan 2007 2:07    Sujet du message: Répondre en citant

gigantic a écrit:

- "Rock'n'Folk" : un peu l'inverse des Inrocks, en fait. Moins mou dans ses goûts, moins dans l'actu (d'où l'image assez justifiée de journal du fan-club des Stones qui lui colle à la peau), généralement moins bien écrit également, mais plus audacieux. Ils osent encore sortir des papiers de 20 000 signes, confier 10 pages à Nick Kent ou Philippe Garnier pour raconter l'histoire d'un vieux groupe ou partir dans des délires d'écriture. Et puis, pour se constituer une culture rock, c'est pas mal (à ce titre, la rubrique "rééditions" est un régal, car elle n'hésite pas à revoir à la baisse des vaches sacrées genre Pink Floyd ou les Doors).


L'image du journal fan-club des Stones est liée à Manoeuvre, adorateur du groupe jusqu'à l'aveuglement. Quant aux autres contributeurs, ils ne font que se mettre au diapason. Lorsqu'ils ont sorti leur fameux hors-série des 400 plus grands disques de rock, ils ont trouvé le moyen de caser huit albums des Stones, alors que je vois mal comment on peut en mettre plus de quatre. Le sommet du mauvais goût étant atteint par la présence d'un album solo de Keith Richards.

Je vais essayer de garder mon calme, mais la rubrique "rééditions" est scandaleuse de mauvaise foi. Dans un premier temps j'ai également cru que son rédacteur, N. Ungemuth, était un esprit libre, capable de détruire les fausses légendes et d'exhumer les disques injustement méconnus. Cet iconoclasme est en réalité très convenu et dissimule mal un esprit de système et des préjugés qui l'écartent de la voie de la critique.

Je m'explique. Pour lui, l'âge d'or du rock, ce sont les sixties, toutes les sixties. Par conséquent, il réhabilite les fameuses années 1960-1964, si injustement décriées en effet, au motif qu'il ne se serait rien passé entre le départ d'Elvis pour l'armée et l'arrivée des Beatles. Il insiste donc, à raison à mon avis, sur la qualité de la pop américaine de ces années-là, de Burt Bacharach aux Girl Groups, en passant par les débuts de la Motown (que je lui sais gré de défendre, contre les fans hardcore de la southern soul). Mais l'apogée vient ensuite, avec la pop anglaise dans toutes ses acceptions, le freakbeat, la blue eye soul, mais aussi le rock garage, bref tout ou presque. Jusque là, rien à redire.
Le problème, c'est qu'il sacrifie ensuite à la doxa (cf. Nick Kent déjà) qui voudrait que les années 70 aient été un désert musical, une caricature kitsch de la décennie précédente. Que reproche-t-il aux artistes de cette période ? De se prendre pour des musiciens (cf. ses critiques du jazz-rock et du prog-rock) et de devenir adultes (sa haine du rock californien). Du coup, il saque sans discernement le Pink Floyd post-barrettien, Ten Years after, Joni Mitchell (oui, Joni Mitchell), les Who post-Tommy (il dégomme "Who's next", ce qui se passe de commentaires), la soul-funk des années 70 (qu'il ne connaît pas, sinon il aurait chroniqué la réédition de "Inspiration information" de Shuggie Otis, l'un des plus grands albums du genre), la première période de Genesis, Wishbone Ash, etc.
Evidemment, le salut serait venu du punk, des Pistols et des Ramones en particulier, un genre musical qu'il défend inconditionnellement, ce en quoi il a bien du mérite. Les années 80 constituent une nouvelle trahison et seuls les groupes indés (de troisième zone, souvent) entretiennent la flamme.
Bref, tout ceci est très convenu, fort prévisible et le conduit à passer à côté de grands disques et à encenser trop souvent des albums anecdotiques.

En revanche, j'admets qu'il lui arrive d'être drôle. Deux extraits, au pif :

- A propos de "Prince of darkness" d'Ozzy Osbourne (une cible facile, certes) : "C'est écrit en toutes lettres sur l'emballage de ce coffret très lourd. "Le Prince des Ténèbres"... Lucifer ? Gilles de Rai ? Vlad Drakul ? Augusto Pinochet ? Non, c'est lui, Ozzy ! Ancien gros cochon de Bimingham secouant son lard à contre-temps sur scène tout en pratiquant, en solo, un heavy metal atroce et plombé, systématiquement plus enlaidi encore par les interventions pyrotechniques des différents guitaristes (Randy Rhoads, heureusement, a disparu assez rapidement) traversant son band, comme on disait à l'époque. Bon alors là, en quatre CD, on a le meilleur d'Ozzy en solo avant qu'il ne se réincarne en débile mental et handicapé moteur de la rélé-réalité (...)
- Sur "One world" de John Martyn (là c'est plus discutable à mon avis) : "L'ancien prince de la guitare acoustique à tendance folk ou Delta blues capté en plein délire jazz/world/reggae en 1977, alors que le punk battait son plein. Un CD supplémentaire incluant un live de 1978 et des chutes de studio n'empêchera pas le quidam pourtant indulgent de vouloir rapidement se jeter par la fenêtre, ce qui est toujours déconseillé".
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MessagePosté le: 16 Jan 2007 9:25    Sujet du message: Répondre en citant

gigantic a écrit:
- Les Inrocks sont un journal qui "cristallise" tellement tous les débats liés à la presse musicale en France qu'il est difficile de les juger sereinement (en dehors de l'alternative "ils représentent la divine parole"/"ce sont des vendus qui ont coulé le plus beau canard de la presse française", du moins :) ), surtout quand ils foutent Carla Bruni en couve comme cette semaine :abovelol:. D'ailleurs, aujourd'hui, ce n'est plus tellement un canard musical, il y a des semaines où la musique se voit accorder moins de place que la politique ! A mon sens, quatre problèmes font que ce canard a énormément perdu en qualité : 1) absence de renouvellement des plumes, car la plupart de leurs nouveaux critiques ne sont pas terribles (résultat, les meilleurs restent les vieux, même s'ils sont un peu en mode roue libre/autoparodie) ; 2) absence de ligne directrice : la fameuse orientation indie pop "ligne claire" des années 80 (Smiths, Go-Betweens, House Of Love, etc.) leur mettait des sacrées oeillères, mais au moins c'était une ligne directrice, ce qu'ils n'ont plus aujourd'hui ; 3) diminution de la taille des papiers (si c'est pour lire des chroniques de la même taille que sur Internet, franchement) ; 4) ratage de l'ère de la musique en ligne, ce qui fait que souvent ils se font griller la priorité par des médias Internet sur des disques prometteurs (Arcade Fire, Shins, The Decemberists...) parce qu'ils attendent la sortie française.



J'ai été abonné aux Inrocks pendant 5 ou 6 ans. J'ai connu les formules bimenseulle, mensuelle et hebdomadaire.

Je tire un peu le même constat que toi : la perte de qualité est manifeste, mais je trouve que, sur les sujets hors-musique, la nouvelle formule a fourni quelques jolis morceaux de bravoure (une série d'artivles sur les sports populaires : cyclisme et rugby..., des chroniques télé vraiment bien torchées...).

Le problème, c'est le volet musical qui est limité à la portion congrue et qui, à vouloir promouvoir la diversité commence à faire n'importe quoi.

Et puis, s'ils sont à l'aise dans le rock et la pop, les journalistes chargés de la soul/funk et de la musique électronique sont souvent à côté de la plaque amha.

Je ne les achète plus qu'une ou deux fois par an et ça ne me manque pas du tout.
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Maxime
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MessagePosté le: 16 Jan 2007 9:37    Sujet du message: Répondre en citant

Faut-il parler de baisse de qualité manifeste ou de changement de perception ?
Ces magazines, vous les avez découverts alors que vous luttiez pour vous doter d'un bouc duveteux et que vous affichiez toute votre rage vindicative sur votre sac US. Aujourd'hui, notables de province, carte de l'UDF en poche, n'est-il pas normal que vous ne retrouviez plus cette "qualité" qui faisait votre bohneur dans vos vertes années ?
Je pose la question hein.
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MessagePosté le: 16 Jan 2007 9:46    Sujet du message: Répondre en citant

Maxime a écrit:
Faut-il parler de baisse de qualité manifeste ou de changement de perception ?
Ces magazines, vous les avez découverts alors que vous luttiez pour vous doter d'un bouc duveteux et que vous affichiez toute votre rage vindicative sur votre sac US. Aujourd'hui, notables de province, carte de l'UDF en poche, n'est-il pas normal que vous ne retrouviez plus cette "qualité" qui faisait votre bohneur dans vos vertes années ?
Je pose la question hein.


Sans doute... Sans doute suis-je moins touché par les loghorrées verbeuses sur le song writer folk américain dont il faut commander l'album en import (vu qu'il n'est pas distribué en Europe) que quand j'avais 14 ans.

Peut-être que les poses pro-smiths dégoulinantes et affectées commencent un peu à me gonfler.

Il n'empêche. Ce qui pouvait passer pour de l'audace il y a 15 ans est devenue un cliché, un gimmick maintes fois écrit et réécrit.
Je ne m'émerveille plus parce que je le connais par coeur, mais aussi parce qu'il respire moins la sincérité et davantage le marketing.

Attention, je ne crache pas sur les Inrocks, ça reste un bon canard musical, mais comme le soulignait gigantic, il manque une ligne, un souffle. Là, ils ronronne en prenant des postures et c'est un peu pète-couilles (osons le mot).
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gébé
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MessagePosté le: 16 Jan 2007 9:46    Sujet du message: Répondre en citant

Maxime a écrit:
Faut-il parler de baisse de qualité manifeste ou de changement de perception ?
Ces magazines, vous les avez découverts alors que vous luttiez pour vous doter d'un bouc duveteux et que vous affichiez toute votre rage vindicative sur votre sac US. Aujourd'hui, notables de province, carte de l'UDF en poche, n'est-il pas normal que vous ne retrouviez plus cette "qualité" qui faisait votre bohneur dans vos vertes années ?
Je pose la question hein.


Bonne question.
Un jour même Penthouse vous laissera indifférent.

(l'UDF ... :roll: )
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:_?: aaallo ?

Avoir une section fumeur dans un restaurant, c'est comme avoir une section pisseur dans une piscine

Confier sa vie privée à Facebook, c'est un peu comme confier sa petite sœur à DSK
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MessagePosté le: 16 Jan 2007 9:48    Sujet du message: Répondre en citant

gébé a écrit:
Maxime a écrit:
Faut-il parler de baisse de qualité manifeste ou de changement de perception ?
Ces magazines, vous les avez découverts alors que vous luttiez pour vous doter d'un bouc duveteux et que vous affichiez toute votre rage vindicative sur votre sac US. Aujourd'hui, notables de province, carte de l'UDF en poche, n'est-il pas normal que vous ne retrouviez plus cette "qualité" qui faisait votre bohneur dans vos vertes années ?
Je pose la question hein.


Bonne question.
Un jour même Penthouse vous laissera indifférent.

(l'UDF ... :roll: )


Attends, le numéro de janvier est terrible.
L'article sur les arnaques des stars, le comparatif de téléphones portables, les villas sardes : quel haut niveau de journalisme. Et ils n'hésitent pas à se renouveler, eux.
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gébé
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MessagePosté le: 16 Jan 2007 9:57    Sujet du message: Répondre en citant

N° 14 a écrit:
gébé a écrit:
Maxime a écrit:
Faut-il parler de baisse de qualité manifeste ou de changement de perception ?
Ces magazines, vous les avez découverts alors que vous luttiez pour vous doter d'un bouc duveteux et que vous affichiez toute votre rage vindicative sur votre sac US. Aujourd'hui, notables de province, carte de l'UDF en poche, n'est-il pas normal que vous ne retrouviez plus cette "qualité" qui faisait votre bohneur dans vos vertes années ?
Je pose la question hein.


Bonne question.
Un jour même Penthouse vous laissera indifférent.

(l'UDF ... :roll: )


Attends, le numéro de janvier est terrible.
L'article sur les arnaques des stars, le comparatif de téléphones portables, les villas sardes : quel haut niveau de journalisme. Et ils n'hésitent pas à se renouveler, eux.


La Sardaigne, les villas sardes :amour1:
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Nusra Fat Oliver Kahn
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MessagePosté le: 16 Jan 2007 10:24    Sujet du message: Répondre en citant

Maxime a écrit:
Faut-il parler de baisse de qualité manifeste ou de changement de perception ?
Ces magazines, vous les avez découverts alors que vous luttiez pour vous doter d'un bouc duveteux et que vous affichiez toute votre rage vindicative sur votre sac US. Aujourd'hui, notables de province, carte de l'UDF en poche, n'est-il pas normal que vous ne retrouviez plus cette "qualité" qui faisait votre bohneur dans vos vertes années ?
Je pose la question hein.


oui et non, comme dirait Mathbouq. Effectivement à 19 balais, je m'enflammais pour les articles "héroiques" de Rock & Folk, c'était le plein mythe RnRoll avec du s.e.x.e et des drogues et des télé balancées par la fenêtre. Et puis y'avait quelques rubriques sur lesquelles je me jetais ("mes disques à moi" :amour1:).
Puis les Inrocks en version mensuelle. Je partageais pas leurs goûts, mais lire 10 pages d'interview de Neil Young ou Tom Waits ou Nick Cave, c'était une réelle tranche de bonheur.

Dans le premier cas, c'est sûr que j'ai plus évolué que le zine, si ça se trouve R&F c'est pareil qu'avant, je ne m'y retrouve simplement plus. Dans le second, la perte de qualité est réelle. Et leurs parti-pris sont de plus en plus caricaturaux : si tu t'appelles Breillat ou Devandra Banhart, tu as table ouverte à la maison Inrocks. On peut critiquer l'absence d'esprit critique de R&F mais les Inrocks ne valent guère mieux.

Et puis j'ai découvert Magic. En fait j'm'en fous du magazine, des articles, des interviews invariablement trop courtes et des rubriques hype à la con. Par contre tu as pas loin d'une cinquantaine d'albums chroniqués tous les mois, et généralement plutôt bien. Pas forcément du point de vue du style, mais en les lisant, tu as une idée assez claire de ce que tu vas entendre.
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gigantic
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MessagePosté le: 16 Jan 2007 11:45    Sujet du message: Répondre en citant

staxman a écrit:
gigantic a écrit:

- "Rock'n'Folk" : un peu l'inverse des Inrocks, en fait. Moins mou dans ses goûts, moins dans l'actu (d'où l'image assez justifiée de journal du fan-club des Stones qui lui colle à la peau), généralement moins bien écrit également, mais plus audacieux. Ils osent encore sortir des papiers de 20 000 signes, confier 10 pages à Nick Kent ou Philippe Garnier pour raconter l'histoire d'un vieux groupe ou partir dans des délires d'écriture. Et puis, pour se constituer une culture rock, c'est pas mal (à ce titre, la rubrique "rééditions" est un régal, car elle n'hésite pas à revoir à la baisse des vaches sacrées genre Pink Floyd ou les Doors).


Je vais essayer de garder mon calme, mais la rubrique "rééditions" est scandaleuse de mauvaise foi. Dans un premier temps j'ai également cru que son rédacteur, N. Ungemuth, était un esprit libre, capable de détruire les fausses légendes et d'exhumer les disques injustement méconnus. Cet iconoclasme est en réalité très convenu et dissimule mal un esprit de système et des préjugés qui l'écartent de la voie de la critique.

Je m'explique. Pour lui, l'âge d'or du rock, ce sont les sixties, toutes les sixties. Par conséquent, il réhabilite les fameuses années 1960-1964, si injustement décriées en effet, au motif qu'il ne se serait rien passé entre le départ d'Elvis pour l'armée et l'arrivée des Beatles. Il insiste donc, à raison à mon avis, sur la qualité de la pop américaine de ces années-là, de Burt Bacharach aux Girl Groups, en passant par les débuts de la Motown (que je lui sais gré de défendre, contre les fans hardcore de la southern soul). Mais l'apogée vient ensuite, avec la pop anglaise dans toutes ses acceptions, le freakbeat, la blue eye soul, mais aussi le rock garage, bref tout ou presque. Jusque là, rien à redire.
Le problème, c'est qu'il sacrifie ensuite à la doxa (cf. Nick Kent déjà) qui voudrait que les années 70 aient été un désert musical, une caricature kitsch de la décennie précédente. Que reproche-t-il aux artistes de cette période ? De se prendre pour des musiciens (cf. ses critiques du jazz-rock et du prog-rock) et de devenir adultes (sa haine du rock californien). Du coup, il saque sans discernement le Pink Floyd post-barrettien, Ten Years after, Joni Mitchell (oui, Joni Mitchell), les Who post-Tommy (il dégomme "Who's next", ce qui se passe de commentaires), la soul-funk des années 70 (qu'il ne connaît pas, sinon il aurait chroniqué la réédition de "Inspiration information" de Shuggie Otis, l'un des plus grands albums du genre), la première période de Genesis, Wishbone Ash, etc.
Evidemment, le salut serait venu du punk, des Pistols et des Ramones en particulier, un genre musical qu'il défend inconditionnellement, ce en quoi il a bien du mérite. Les années 80 constituent une nouvelle trahison et seuls les groupes indés (de troisième zone, souvent) entretiennent la flamme.
Bref, tout ceci est très convenu, fort prévisible et le conduit à passer à côté de grands disques et à encenser trop souvent des albums anecdotiques.

En revanche, j'admets qu'il lui arrive d'être drôle. Deux extraits, au pif :

- A propos de "Prince of darkness" d'Ozzy Osbourne (une cible facile, certes) : "C'est écrit en toutes lettres sur l'emballage de ce coffret très lourd. "Le Prince des Ténèbres"... Lucifer ? Gilles de Rai ? Vlad Drakul ? Augusto Pinochet ? Non, c'est lui, Ozzy ! Ancien gros cochon de Bimingham secouant son lard à contre-temps sur scène tout en pratiquant, en solo, un heavy metal atroce et plombé, systématiquement plus enlaidi encore par les interventions pyrotechniques des différents guitaristes (Randy Rhoads, heureusement, a disparu assez rapidement) traversant son band, comme on disait à l'époque. Bon alors là, en quatre CD, on a le meilleur d'Ozzy en solo avant qu'il ne se réincarne en débile mental et handicapé moteur de la rélé-réalité (...)
- Sur "One world" de John Martyn (là c'est plus discutable à mon avis) : "L'ancien prince de la guitare acoustique à tendance folk ou Delta blues capté en plein délire jazz/world/reggae en 1977, alors que le punk battait son plein. Un CD supplémentaire incluant un live de 1978 et des chutes de studio n'empêchera pas le quidam pourtant indulgent de vouloir rapidement se jeter par la fenêtre, ce qui est toujours déconseillé".


En même temps, tous les critiques ont des préjugés et un esprit de système qui les conduit à surestimer certains artistes et à en sous-estimer d'autres. C'est ce qui fait le prix de la critique, d'ailleurs : la mauvaise foi. Si c'est pour se farcir des critiques "objectifs" dont les dix disques préférés sont uniquement des vaches sacrées du genre ("Sgt Pepper", l'album à la banane, "London calling", "Dark side of the moon", "Blonde on blonde"...), non merci.

Sinon, je n'ai jamais eu l'impression que Ungemuth sacrifie les années 70 en bloc, il reconnaît les qualités de nombreux artistes du début de la décennie (Bowie, T-Rex, Elliott Murphy, Springsteen, Big Star...). Vu que je partage globalement son manque de goût pour les genres "adultes" :) (prog', jazz-rock, rock californien), ces points de vue me vont. D'autant que ces chroniques m'ont fait découvrir plein de très bons disques (dernièrement le premier album solo de Phil Seymour, un très beau disque de power-pop, ou "For women only" de Bergen White).

Nusra Fat Oliver Kahn a écrit:

Maxime a écrit:
Faut-il parler de baisse de qualité manifeste ou de changement de perception ?
Ces magazines, vous les avez découverts alors que vous luttiez pour vous doter d'un bouc duveteux et que vous affichiez toute votre rage vindicative sur votre sac US. Aujourd'hui, notables de province, carte de l'UDF en poche, n'est-il pas normal que vous ne retrouviez plus cette "qualité" qui faisait votre bohneur dans vos vertes années ?
Je pose la question hein.

Oui et non, comme dirait Mathbouq. Effectivement à 19 balais, je m'enflammais pour les articles "héroiques" de Rock & Folk, c'était le plein mythe RnRoll avec du s.e.x.e et des drogues et des télé balancées par la fenêtre. Et puis y'avait quelques rubriques sur lesquelles je me jetais ("mes disques à moi" amour).
Puis les Inrocks en version mensuelle. Je partageais pas leurs goûts, mais lire 10 pages d'interview de Neil Young ou Tom Waits ou Nick Cave, c'était une réelle tranche de bonheur.

Dans le premier cas, c'est sûr que j'ai plus évolué que le zine, si ça se trouve R&F c'est pareil qu'avant, je ne m'y retrouve simplement plus. Dans le second, la perte de qualité est réelle. Et leurs parti-pris sont de plus en plus caricaturaux : si tu t'appelles Breillat ou Devandra Banhart, tu as table ouverte à la maison Inrocks. On peut critiquer l'absence d'esprit critique de R&F mais les Inrocks ne valent guère mieux.

Et puis j'ai découvert Magic. En fait j'm'en fous du magazine, des articles, des interviews invariablement trop courtes et des rubriques hype à la con. Par contre tu as pas loin d'une cinquantaine d'albums chroniqués tous les mois, et généralement plutôt bien. Pas forcément du point de vue du style, mais en les lisant, tu as une idée assez claire de ce que tu vas entendre.


D'accord avec Nusra. Je lis "R&F" et "Magic" depuis cinq ans environ et les Inrocks depuis plus longtemps, et la qualité des premiers s'est maintenue quand celle du second a nettement baissé. Après, c'est sûr que c'est très rare de trouver le même intérêt dans un mag' quand on le lit depuis des années : pour prendre un exemple footballistique, quand j'ai découvert les CdF et "SoFoot", je me disais que ces types-là révolutionnaient la presse footballistique ; aujourd'hui, j'aime toujours les lire, mais j'en vois plus facilement les défauts et les tics d'écriture.
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