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La guerre d'Algérie et le massacre du 17 octobre 1961
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MerciLilian
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Inscrit le: 21 Mar 2003
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MessagePosté le: 27 Nov 2003 21:44    Sujet du message: La guerre d'Algérie et le massacre du 17 octobre 1961 Répondre en citant

Il y a quelque chose que je ne comprends pas, c'est la lenteur des pouvoirs publics même 40 ans après les accord de paix.

Je crois que pleins de Francais bruns et basanés, fils de harkis ou pas, musulams ou pas, mais Francais avec un pied en Algérie ou bercés de récits de leurs parents n'attendent que cela pour ne plus douter de leur appartenance à la nation.

J'ai la conviction qu'il y a eu un crime absolument abominable de commis et le Ministre ou le Président qui l'admettra publiquement, cérémonie à la clé, avec une volonté de faire tourner la page (pas d'oublier, mais de dépasser) aux Francais musulmans/pieds noirs/militaires deviendra historique. Quel soulagement festif ca pourrait être!

Quelque chose me dit que c'est pour bientôt. :)

L'autre jour j'entendais un Poilu survivant d'à peu près 137 ans qui expliquait que ce qu'il trouvait de plus beau, c'était de se voir franco-allemand aujourd'hui.


Quelques repéres:


5 OCTOBRE 1961, communiqué du préfet de police Maurice Papon

Dans le but de mettre un terme sans délai aux agissements criminels des terroristes, des mesures nouvelles viennent d'être décidées par la préfecture de police. En vue d'en faciliter l'exécution, il est conseillé de la façon la plus pressante aux travailleurs algériens de s'abstenir de circuler la nuit dans les rues de Paris et de la banlieue parisienne, et plus particulièrement de 20h30 à 5h30 du matin. (...)

D'autre part, il a été constaté que les attentats sont la plupart du temps le fait de groupes de trois ou quatre hommes. En conséquence, il est très vivement recommandé aux Français musulmans de circuler isolément, les petits groupes risquant de paraître suspects aux rondes et patrouilles de police. Enfin, le préfet de police a décidé que les débits de boissons tenus et fréquentés par les Français musulmans d'Algérie doivent fermer chaque jour à 19 heures .

Le massacre

Le F.L.N. décide d'organiser un boycott du couvre-feu. Une circulaire du 7 octobre met fin à la campagne d'attentats en métropole : il s'agit par ce boycott de changer entièrement de stratégie et de renverser l'opinion publique française. Alors que les attentats s'inscrivaient dans une logique de clandestinité et de guerre, le boycott du couvre-feu doit prendre la forme d'une manifestation pacifique de masse, au grand jour.

La manifestation doit avoir lieu dans tout Paris, le long des artères principales de la ville. Tous doivent y participer, les familles entières. Les manifestants ont la consigne de ne répondre à aucune provocation, à aucune violence ; des cadres du F.L.N. les fouillent avant la manifestation pour s'assurer qu'ils n'ont rien qui puisse servir d'arme.

Tous les Algériens de la région parisienne doivent participer à la manifestation, sous la contrainte si nécessaire : il s'agit non seulement pour la Fédération de France du F.L.N. de démontrer son emprise sur les Algériens en métropole, mais aussi de faire exister aux yeux des Français le peuple algérien. A l'institutionnalisation de l'arbitraire et du racisme, il faut répondre par la revendication d'une existence politique. Les dirigeants de la Fédération de France estiment que la répression qui ne peut manquer de s'abattre sur les manifestants mettra en lumière la violence du pouvoir et la légitimité de la lutte du peuple algérien pour son indépendance.

Au matin du mardi 17 octobre, la police sait qu'une manifestation de masse se prépare ; des cars de police quadrillent la ville, des policiers cernent les bouches de métro aux portes de Paris, prêts à arrêter les manifestants. Aux portes de Paris, à la sortie des métros Étoile, Opéra, dans les couloirs de la station Concorde, sur les Grands Boulevards, les manifestants seront systématiquement matraqués, à coups de crosse, de gourdin, de bâton, souvent jusqu'à ce qu'ils s'effondrent.

Les policiers frappent au visage, au ventre, des manifestants qui ne font montre à aucun moment d'aucune violence ni d'aucune résistance. Sur le boulevard Bonne-Nouvelle, au pont de Neuilly, au Pont-Neuf d'Argenteuil et en d'autres lieux, les policiers tirent sur les manifestants. Sur les ponts aux portes de Paris et sur le pont Saint-Michel, des hommes sont précipités à la Seine. En plein Paris et pendant plusieurs heures se déroule une véritable chasse au faciès, à laquelle la population parisienne assiste et collabore même parfois. Le préfet de police M. Papon suit toutes les opérations et se rend lui-même à l'Etoile, pour constater leur " bon déroulement ". Il a aussi connaissance de toutes les liaisons radio de la police. Il sait donc que de faux messages d'information circulent selon lesquels des policiers auraient été tués. Il ne les démentira pas.

Plus de dix mille Algériens sont interpellés. Ils sont internés au palais des Sports, au Parc des Expositions, au stade de Coubertin, au Centre d'Identification de Vincennes, pendant près de quatre jours.

Quatre jours pendant lesquels les violences continuent. A leur arrivée, les manifestants sont systématiquement battus. Dans l'enceinte des lieux d'internement, on assiste à des exécutions et nombreux sont ceux qui meurent de blessures non soignées. Au lendemain de la manifestation, le bilan officiel est de deux morts algériens. Il fait état de " tirs échangés " entre la police et les manifestants. Malgré les efforts de quelques parlementaires, le gouvernement empêche la création d'une commission d'enquête. Aucune des plaintes déposées n'aboutira.

S'il n'est pas possible de déterminer exactement combien d'Algériens furent tués le 17 octobre 1961 et les jours qui suivirent, il reste que le chiffre de plusieurs centaines de morts, avancé par J-L. Einaudi dans son livre La Bataille de Paris à partir de l'étude de registres de cimetières, de témoignages et de documents internes du F.L.N., est le plus vraisemblable. De nombreuses archives administratives qui auraient été essentielles au dénombrement des victimes ont aujourd'hui disparu. Ceci explique pourquoi le rapport Mandelkern - commandité par le gouvernement et rendu public en 1998 - et le livre de J-P. Brunet, qui tous deux se fondent sur les archives existantes de la préfecture de Police, concluent à un nombre de morts bien inférieur - autour d'une quarantaine. Le rapport Mandelkern reprend du reste à son compte la version selon laquelle des tirs auraient été échangés entre les manifestants et la police.


Tout est là
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Le plus grand talent de comédien en France :onyourknees:

On peut le faire! Tous ensemble!
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Ndan
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MessagePosté le: 17 Oct 2005 18:21    Sujet du message: Répondre en citant

:siffle: ... non, non rien ...
... si ce n'est bon anniversaire à notre amnésie collective républicaine ...

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- Le porc ne dit jamais qu'il a trop de graisse -
Ngôé a joe ki mos ezin na abili abui avon e nyu
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MessagePosté le: 17 Oct 2005 19:00    Sujet du message: Répondre en citant

Ben voila, plus que 10 jours et je pourrais savoir si, et si oui comment, mon livre d'histoire de terminale de 1983 abordait les évènements du 17 octobre 1961. L'impatience me ronge...
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Kamba
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MessagePosté le: 17 Oct 2005 20:42    Sujet du message: Répondre en citant

C'est marrant FMP, je croyais avoir apporté un commencement de réponse à cette question, sur un autre fil colonial - le 312e consacré au sujet, sans doute... ou le 313e, je sais plus - et personne n'a réagi...

:roll:
_________________
"Vous etes vraiment tous des gros cons à part Kamba, serieux." - "Kamba est un homme de goût." (une kdfiste lisboète)

Nicolas Jeanjean est le Michel Jobert du rugby français.

"- Une dictature, c'est quand les gens sont communistes, qu'ils ont froid, avec des chapeaux gris et des chaussures à fermeture éclair. C'est ça, une dictature, Dolorès.
- Et comment appellez-vous un forum qui a comme administrateur un geek avec des pleins pouvoirs, un droit de kick illimité, une propension à exclure tout ce qui bouge, le tout avec l'aide d'un belge louche et d'un lyonnais nécrophile?
- J'appelle ça le KDF. Et pas n'importe lequel: le KDF de zozo !"
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MessagePosté le: 17 Oct 2005 20:42    Sujet du message: Répondre en citant

C'est marrant FMP, je croyais avoir apporté un commencement de réponse à cette question, sur un autre fil colonial - peut-être était-ce la 312e digression consacrée au sujet, sans doute... ou la 313e, je ne sais plus - et il n'ya pas eu grand monde pour réagir...

:roll:

"Pour le plaisir" (comme dirait Herbert Léonard, chanteur à texte cher à Pippo) je vous la reposte ici :


répondant à FMP (et à Ndan, si je ne m'abuse), Kamba soi-même a écrit:


"
(...)

Retrouver un cours d'histoire dans le Lagarde et Michard me paraît être une gageure...

(...) je reviens sur la question de l'enseigenement du "fait colonial" au lycée, et plus particulièrement sur les questions relatives aux tirailleurs et à l'Algérie, évoquées plus haut.

Déjà, j'aimerais bien savoir à partir de quelle date l'histoire du XXe siècle (post-1914) - quelle qu'elle soit - a commencé à être enseignée au lycée, (puis également connaître l'entrée au programme de la période post-1945).

Car le gros du "problème" vient sans doute de là : il est parfaitement normal qu'un manuel d'histoire conçu à la fin des années 70 ne relate pas les événements de la guerre d'Algérie autrement que par un "survol". Tout simplement parce que 15 ans après la fin d'un événement, la recherche historique reconnaît ne pas avoir encore assez de recul sur celui-ci.

Notamment en ce qui concerne certains faits très précis, dont l'existence ou l'ampleur ne peut être découverte qu'après de longues recherches ou une certaine période (déclassification de documents, retraite des principaux acteurs, qui peuvent alors parler...).

Il suffit d'aller chez Gibert ou à la FNAC pour voir que les manuels d'aujourd'hui traitent - à peu près - de tous les aspects du conflit, de la bataille d'Alger à la torture, en passant par l'OAS (manquent peut-être les événements post-19 mars 62, mais ceux-ci commencent seulement à être l'objet d'études sérieuses en ce moment).

On retrouve également Sétif (entre autres) en préambule de la plupart des chapitres consacrés à la décolonisation française (qui rappellent également le prix du sang versé par les troupes coloniales), mais il est vrai que le factuel (chronologie du processus de décolonisation) prend souvent le pas sur l'analyse.

Quant à la participation des troupes coloniales aux conflits mondiaux, elle tend effectivement à être noyée en quelques lignes dans l'enseignement de ces deux énormes morceaux qu'ils constituent pour les enseignants, c'est du moins le souvenir que j'en ai. Après, au sein du programme, tout dépend du prof : il peut faire un "focus" sur tel ou tel aspect du conflit.

Qu'en pense MrGroseille ?"

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Dernière édition par Kamba le 17 Oct 2005 21:04; édité 2 fois
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Franmaçonportugais
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MessagePosté le: 17 Oct 2005 21:03    Sujet du message: Répondre en citant

Kamba a écrit:
C'est marrant FMP, je croyais avoir apporté un commencement de réponse à cette question, sur un autre fil colonial - peut-être était-ce la 312e digression consacrée au sujet, sans doute... ou la 313e, je ne sais plus - et personne n'a réagi...

:roll:


Oui Kamba, parfois les gens sont méchant. Je me souviens en effet. C'était Françafrique non? Ou s'agissait-il de cet autre message concernant l'évolution des programmes scolaires depuis 20 ans?
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MessagePosté le: 17 Oct 2005 21:11    Sujet du message: Répondre en citant

cf. supra
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MessagePosté le: 17 Oct 2005 21:11    Sujet du message: Répondre en citant

Et bien voila, c'était bien ce message kambien que j'avais à l'esprit. J'avais du y apporter une réponse, meme succinte...

Sinon ce soir sur Europe 1, émission consacrée au 17 octobre, avec notamment le point de vue d'un historien sur les supposés "bienfaits" de la colonisation (bienfait pour eux comme aurait dit le Maréchal Clauzel).
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MessagePosté le: 17 Oct 2005 21:16    Sujet du message: Répondre en citant

Franmaçonportugais a écrit:
Et bien voila, c'était bien ce message kambien que j'avais à l'esprit. J'avais du y apporter une réponse, meme succinte...


Et non. Tu avais dévié sur ton plan "camps de concentrations en Afrique"...

J'attends toujours, donc.
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MessagePosté le: 17 Oct 2005 21:20    Sujet du message: Répondre en citant

Kamba a écrit:
Franmaçonportugais a écrit:
Et bien voila, c'était bien ce message kambien que j'avais à l'esprit. J'avais du y apporter une réponse, meme succinte...


Et non. Tu avais dévié sur ton plan "camps de concentrations en Afrique"...

J'attends toujours, donc.


Ah, tu l'as reçu finalement mon MP?

Sinon, réponse dans 11 jours pour le manuel d'histoire. 1982-1961 = 21 ans de recul, cela devrait suffire, non? :wink:
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MessagePosté le: 17 Oct 2005 21:27    Sujet du message: Répondre en citant

Tu éludes mes explications, une fois de plus... :roll:
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Nicolas Jeanjean est le Michel Jobert du rugby français.

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MessagePosté le: 17 Oct 2005 22:11    Sujet du message: Répondre en citant

Kamba a écrit:
(...)

Retrouver un cours d'histoire dans le Lagarde et Michard me paraît être une gageure...

(...) je reviens sur la question de l'enseigenement du "fait colonial" au lycée, et plus particulièrement sur les questions relatives aux tirailleurs et à l'Algérie, évoquées plus haut.

Déjà, j'aimerais bien savoir à partir de quelle date l'histoire du XXe siècle (post-1914) - quelle qu'elle soit - a commencé à être enseignée au lycée, (puis également connaître l'entrée au programme de la période post-1945).




Je ne saurais le dire. Et je ne connais pas de prof d'histoire. Ceci dit, le contenu de mon manuel de 1983 allait assez loin, et il me semble que la guerre du Vietnam (US) y est traitée.


Kamba a écrit:


Car le gros du "problème" vient sans doute de là : il est parfaitement normal qu'un manuel d'histoire conçu à la fin des années 70 ne relate pas les événements de la guerre d'Algérie autrement que par un "survol". Tout simplement parce que 15 ans après la fin d'un événement, la recherche historique reconnaît ne pas avoir encore assez de recul sur celui-ci.




Cela me semble exagéré. On parle d'un manuel scolaire concernant l'histoire du monde du XXème siècle (pour l'essentiel), pas d'un essai analytique sur un fait d'histoire précis. Un évènement tel que la guerre d'Algérie ne devrait faire que quelques pages tout au plus. Et le recul historique me semble suffisant à mon sens, car les faits principaux, composante essentielle du recueuil, sont connus pour la plupart (il y a bien quelques dossiers contenant des analyses, qui elles ont besoin de recul).
Le reste n'est qu'affaire de volonté...

Kamba a écrit:


Notamment en ce qui concerne certains faits très précis, dont l'existence ou l'ampleur ne peut être découverte qu'après de longues recherches ou une certaine période (déclassification de documents, retraite des principaux acteurs, qui peuvent alors parler...).

Il suffit d'aller chez Gibert ou à la FNAC pour voir que les manuels d'aujourd'hui traitent - à peu près - de tous les aspects du conflit, de la bataille d'Alger à la torture, en passant par l'OAS (manquent peut-être les événements post-19 mars 62, mais ceux-ci commencent seulement à être l'objet d'études sérieuses en ce moment).




Si certains faits restent bien sur à découvrir en ce qui concerne la guerre d'Algérie, cela vaut pour le reste de l'histoire. Et au final, il n'est pas garanti que dans un manuel de 2003 la guerre d'Algérie occupe, en proportion du reste, beaucoup plus de place que dans un manuel de 1983. Certains faits auront été rajoutés, comme les aveux récents de torture généralisée et les procès en découlant, mais au détriment d'autres.


Kamba a écrit:


On retrouve également Sétif (entre autres) en préambule de la plupart des chapitres consacrés à la décolonisation française (qui rappellent également le prix du sang versé par les troupes coloniales), mais il est vrai que le factuel (chronologie du processus de décolonisation) prend souvent le pas sur l'analyse.




J'aime quand tu anticipes mes réponses. :wink:


Kamba a écrit:


Quant à la participation des troupes coloniales aux conflits mondiaux, elle tend effectivement à être noyée en quelques lignes dans l'enseignement de ces deux énormes morceaux qu'ils constituent pour les enseignants, c'est du moins le souvenir que j'en ai. Après, au sein du programme, tout dépend du prof : il peut faire un "focus" sur tel ou tel aspect du conflit.



Papon, Papon, ce nom me dit quelque chose, l'aurais-je entendu de la bouche d'un prof? Peut etre, pas sur, j'espère...
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Kamba
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MessagePosté le: 17 Oct 2005 22:29    Sujet du message: Répondre en citant

Si la guerre du Vietnam - conflit achevé en 1975 !! - était traitée dans ton bouquin conçu (allez) en 1980, on est en droit de se demander s'il l'a été avec beaucoup de sérieux.

Un recul de cinq années, en histoire, c'est de la blague.


Si je me souviens bien, un de mes profs d'HG appelait d'ailleurs les faits historiques récents de "l'actualité", en opposant ces éléments factuels et très incomplets (car trop récents pour avoir été étudiés en profondeur ou avec du recul) à l'Histoire, la vraie.

Je pense que ce raisonnement est parfaitement juste, et intemporel. De la sorte, ce qui valait pour l'étude de la période 1970-90 au début des 90s vaut tout autant pour celle de la période 1960-80 au début des eighties.


fmp a écrit:
Cela me semble exagéré. On parle d'un manuel scolaire concernant l'histoire du monde du XXème siècle (pour l'essentiel), pas d'un essai analytique sur un fait d'histoire précis. Un évènement tel que la guerre d'Algérie ne devrait faire que quelques pages tout au plus. Et le recul historique me semble suffisant à mon sens, car les faits principaux, composante essentielle du recueuil, sont connus pour la plupart (il y a bien quelques dossiers contenant des analyses, qui elles ont besoin de recul).
Le reste n'est qu'affaire de volonté...


Ben justement. Dans le cadre d'une synthèse de quelques pages sur la guerre d'Algérie en 1980 (ceci alors que de nombreux aspects et événements du conflit avaient à peine été étudiés par les histoiriens dans les essais analytiques auxquels tu fais référence), il est fort probable - et somme toute logique - que de nombreux faits n'aient pas été développés. Rien de plus normal, tant il est probable que la recherche historique ait alors tout juste commencé à plancher sur eux.

J'ajoute que dans le même genre, plus de 40 ans après les faits, les pieds-noirs seraient en droit de s'étonner qu'on ne parle guère dans les mêmes ouvrages de la fusillade de la rue d'Isly (ou l'armée française à tiré à la mitrailleuse - une paille - sur des manifestants pieds-noirs sans armes, ce qui en fait un événement assez comprable dans l'horreur à octobre 61) ou des massacres de juillet 62 à Oran.



Ceci étant dit, en ce qui concerne Papon et sa responsabilité en 1961, nous savons tous que c'est essentiellement la révélation de son passé pendant la guerre qui a incité les historiens à se pencher sur le personnage et à mettre en lumière l'épisode d'octobre 1961. Or, l'affaire Papon n'a commencé à sortir au grand jour qu'en 1981 (et fut tranchée, comme on le sait, beaucoup plus tard) !

Ton prof d'histoire de 1982 aurait été sacrément devin (ou très-très bon) pour devancer ce rapprochement historique et le mettre en perspective dans son cours, alors que l'immense masse de ses confrères (y compris les plus éminents, et quelque soit leur parti-pris historique) ont pris bien plus de temps à mettre en lumière l'événement d'octobre 61, puis plus encore pour l'analyser. J'en veux pour preuve que le premier ouvrage à caractère historique revenant sur le sujet date de 1985 (F.Levine - Les ratonnades d'octobre) et le livre de J-L Ennaudi, qui constitue la première étude très complète, fut seulement publié en 1991.

Enfin, voici un extrait du site de l'association du 17 octobre 1961 qui explique clairement les différentes raisons de l'oubli, du passage sous silence de cet événement, notamment au profit d'autres épisodes ou aspects du conflit.

Hors des premiers temps, la censure n'y est pas pour grand'chose. L'oubli collectif, le besoin de recul, l'effacement du 17 octobre par la commémoration politique de Charonne (peut-être est-ce à ce sujet que ton prof aurait pu mentionner le nom de Papon, d'ailleurs) ont fait que ce n'est que dans les eighties que la recherche historique s'est attachée aux dits massacres.


Association 17 octobre 1961,contre l'oubli a écrit:


La mémoire et l'oubli


1. La censure étatique


L'oubli qui a frappé la journée du 17 octobre 1961 est-il dû à la censure organisée par le pouvoir ? C'est une explication que l'on a souvent invoquée ; et au regard du nombre des saisies et des interdictions de publication, elle semble justifiée. Le gouvernement chercha à imposer le silence sur la terrible répression qui frappa ce jour là les Algériens. Au lendemain de la manifestation, le bilan officiel est de trois morts. Pour maintenir cette version, le gouvernement doit faire taire ceux qui la contesteraient. Le 17 octobre même, on interdit aux journalistes d'être présents. Les quelques images de télévision qui existent sont dues à des télévisions étrangères. Ceux qui tentent malgré tout de prendre des photos voient leur matériel détruit. Les saisissantes photos prises par Elie Kagan durent l'être clandestinement. Les lieux d'internement restèrent interdits aux journalistes pendant les quatre jours que dura la détention des Algériens ; les seuls témoignages qui les décrivent sont dus aux manifestants eux-mêmes, à des médecins, à des militaires ou à des appelés.

Le journal Vérité-Liberté, qui dénonce les massacres et reproduit des témoignages, en particulier un tract de policiers dénonçant la violence extrême de la répression, est immédiatement saisi sur ordre du préfet de police M. Papon. Fin 1961, le livre Ratonnades à Paris, de P. Péju, est saisi lui aussi. Le film de J. Panijel, Octobre à Paris, qui reconstitue la manifestation à partir des photos de E. Kagan et de témoignages d'Algériens, est saisi par la police lors de sa première projection, en octobre 1962. Malgré les efforts de certains parlementaires, le gouvernement empêche la création d'une commission d'enquête sur les crimes du 17 octobre et des jours suivants. Aucune des poursuites judiciaires engagées, aucune des plaintes déposées n'a non plus abouti. Aucun policier ne sera condamné pour les crimes commis, aucun responsable politique n'aura à en répondre. Il ne fait pas de doute que le gouvernement a tout mis en œuvre pour s'assurer du recouvrement des crimes du 17 octobre 1961.

La censure ne semble pourtant pas suffire à expliquer l'oubli du 17 octobre, si l'on considère en particulier ce qui a été écrit dans la presse dans les jours qui ont suivi les massacres : beaucoup de choses ont été sues et portées à l'attention du public. L'oubli du 17 octobre ne s'explique donc pas simplement par un défaut de connaissance. En effet, si dans un premier temps chacun des journaux adopte un discours correspondant à sa position politique, moins d'une semaine après les faits, tous s'accordent pour dénoncer les violences policières. Au lendemain de la manifestation, seuls L'Humanité et Libération dénoncent la violence de la répression ; Le Monde et La Croix, se voulant neutres, relaient la version officielle de " heurts " avec la police tandis que Le Figaro et France-Soir affirment que ce sont les manifestants, " fanatisés " ou " manipulés " par le F.L.N., qui se sont rendus coupables de violences à l'encontre des policiers. Mais dans la semaine qui suit la manifestation, à mesure que les témoignages affluent, un consensus se dégage dans la presse : tous en viennent à dénoncer les " violences à froid " dont ont été victimes des manifestants pacifiques. La plupart des journaux publient des enquêtes sur le bidonville de Nanterre. Tous font état des corps que l'on retrouve quotidiennement dans la Seine. La presse n'a donc pas été silencieuse : elle a su l'essentiel des faits et en a traité publiquement, malgré la censure. Presque immédiatement après la manifestation, les violences terribles auxquelles elle a donné lieu ont été, pour une part essentielle, rendues publiques. La raison de l'oubli du 17 octobre 1961 doit donc être cherchée ailleurs que dans la censure organisée par l'Etat.


2. "L'oubli" de la Guerre d'Algérie


Un premier élément de réponse s'impose : le 17 octobre 1961 a d'abord été oublié au même titre tous les crimes de la Guerre d'Algérie. Ce ne sont pas seulement les violences du 17 octobre 1961 qui ont longtemps été recouvertes d'une chape de silence et d'oubli, c'est l'ensemble des crimes de la police et de l'armée française pendant cette " opération de maintien de l'ordre ". En effet, la guerre, qui dura près de dix ans, a déchiré les Français et, lorsque la paix est enfin conclue, c'est sur un oubli collectif autant qu'individuel que se reconstruit l'unité de la nation française. Le conflit a profondément divisé le pays : quelle unité aurait pu se dégager entre les colons prêts à commettre des attentats pour conserver une Algérie française, ceux dont l'Algérie est simplement le pays, qui y ont toujours vécu, entre les Français de la métropole qui désirent avant tout la paix et acceptent par conséquent que l'indépendance soit accordée à l'Algérie et ceux qui prennent parti pour l'indépendance et s'engagent à des degrés divers au côté du F.L.N. ? A cette division on n'a su opposer que le silence et l'oubli, individuel comme étatique. Combien d'appelés, contraints pendant la guerre à commettre les pires violences, n'ont trouvé de " solution " à ce déchirement intérieur que dans le silence ? L'indépendance proclamée, le gouvernement édicte la loi d'amnistie : aucun des crimes commis au titre de la poursuite de la guerre ne pourra faire l'objet de sanctions pénales.


3. Le recouvrement par "Charonne"


Mais l'oubli du 17 octobre 1961, c'est aussi son recouvrement et sa confusion avec la manifestation de Charonne. L'oubli des victimes algériennes suit un cheminement plus complexe que celui retracé pour l'instant : une autre mémoire vient recouvrir le souvenir du 17 octobre 1961, un autre crime prend sa place. Rappelons les faits. Le 8 février 1962, quelques mois après la manifestation des Algériens, le Parti Communiste Français organise une manifestation pour exiger que soit mis fin à la Guerre d'Algérie. Les policiers chargent et huit personnes trouvent la mort. A leurs obsèques se rassemblent plusieurs dizaines de milliers de personnes. La mémoire des martyrs de Charonne sera entretenue avec constance par le P.C.F. et au-delà par l'ensemble de la gauche française. Charonne restera pour tous le symbole de la violence de l'Etat pendant la Guerre d'Algérie et - bien que le mot d'ordre du rassemblement ait alors été celui de paix en Algérie plutôt que d'indépendance de l'Algérie - l'expression de l'engagement anti-colonial du P.C.F. On aurait pu penser que cette répression sanglante en rappellerait une autre, encore récente. Dans les faits, c'est le contraire qui se produit : le 17 octobre 1961 est entièrement occulté par Charonne. Dès le début de l'année 1962, avant donc que ne commence le travail collectif d'oubli et d'amnistie des crimes de la guerre, il semble que la manifestation des Algériens ait déjà disparu de la mémoire collective. Ainsi Le Monde, qui avait dénoncé les violences du 17 octobre, qui s'était inquiété des dizaines de cadavres retrouvés dans la Seine après la manifestation, peut-il écrire en février 1962 que la répression de Charonne a été la plus violente que Paris ait connu depuis 1934. On frémit de penser que ce qui distingue les manifestants de 1961 et ceux de 1962 ne peut être que la couleur de peau et les droits qui y sont attachés. Que la mémoire de Charonne soit une autre face de l'oubli du 17 octobre se manifeste aussi dans la confusion persistante entre les deux événements : dans des livres d'histoires, au cours d'un journal télévisé, les photos du 17 octobre ont servi à illustrer les violences de Charonne.

Cette confusion du 17 octobre 1961 avec Charonne, qui a signifié dans les faits l'oubli du 17 octobre, s'est probablement opérée de manière primordiale par le biais du discours propre du P.C.F. Le fait que la mémoire du 17 octobre 1961 ait toujours été absente du discours du P.C.F., alors que Charonne y tenait une place essentielle - et le fait, conjoint, que les Algériens n'aient pas été associés à la manifestation du 8 février 1962 - marque en fait une ambiguïté fondamentale du Parti Communiste Français. S'exprime ici ce qu'on pourrait appeler les "hésitations " de l'anti-colonialisme du P.C.F. Peut-être faut-il rapporter cette ambiguïté du P.C.F. à son appartenance à une nation impérialiste, ou encore à un nationalisme dont il faudrait chercher l'origine tout à la fois dans le patriotisme de la Résistance et l'imitation de l'URSS. De ces hésitations témoigne la perméabilité du P.C.F. au discours de défense de l'intérêt national, telle qu'elle s'est manifestée notamment dans les années 1980 (notamment lorsque Robert Hue organisait dans sa commune des manifestations que l'on peut dire "racistes"). C'est à cette ambiguïté qu'il faut rapporter le recouvrement de la manifestation des Algériens du 17 octobre 1961 par celle de Charonne.


4. Depuis les années 80


Au vu de ces analyses, la question se pose de savoir comment le 17 octobre 1961 en est progressivement venu à forcer l'espace public et à retrouver place dans la mémoire collective. A défaut de proposer une véritable explication de cette ré-émergence, nous retracerons ici les voies qu'elle a empruntées. Si, en 1972, P. Vidal-Naquet avait déjà rappelé les massacres des 17 et 18 octobre 1961 dans son livre La Torture dans la République, c'est à partir des années 1980 qu'ils acquièrent peu à peu une véritable publicité. En 1980, Libération publie un dossier sur le 17 octobre rédigé par G. Mattéi et J-L. Péninou : " Il y a dix-neuf ans, un massacre raciste à Paris ". Parallèlement, Les Nouvelles Littéraires publient un texte intitulé " Cela s'est vraiment passé à Paris, il y a dix-neuf ans ". L'année suivante, en 1981, Libération fait à nouveau paraître trois pages sur les crimes du 17 octobre. Le Monde publie lui aussi un article sur la manifestation et M. Trillat et G. Mattéi rappellent les événements dans le journal télévisé du soir. C'est la première fois qu'ils sont évoqués à la télévision.

L'apparition dans la presse du 17 octobre 1961 coïncide avec le mouvement par lequel la gauche socialiste est arrivée au pouvoir. Que l'on ait parlé pour la première fois à la télévision du 17 octobre 1961 en octobre 1981 ne relève pas du hasard. Cependant, le travail des journalistes et des intellectuels ne trouve aucun relais politique. P. Vidal-Naquet relève ainsi, dans sa préface à la réédition de Ratonnades à Paris, qu'au moment même où le 17 octobre sort de l'oubli, le président F. Mitterrand réintègre dans leurs grades des généraux de l'O.A.S. (1982) Si le mouvement par lequel le 17 octobre a forcé l'espace public n'est certes pas étranger à celui grâce auquel la gauche socialiste a accédé au pouvoir, il est tout aussi important de noter que le Parti Socialiste n'a lui-même jamais pris part à ce combat contre l'oubli.

Tout au long des années 1980 et 1990, des intellectuels et des journalistes travaillent à ce que le 17 octobre acquière la publicité qui lui est refusée : en 1983 paraît le roman de D. Daeninckx, Meurtres pour mémoire ; en 1985, le livre de M. Lévine, Les ratonnades d'octobre ; des documentaires télévisés retracent les événements ; en 1991 paraît Le silence du fleuve, d'Anne Tristan, dans lequel sont reproduites les photos d'Elie Kagan, et dont la publication a été permise par le travail de l'association Au nom de la mémoire. Un livre en particulier marque une étape dans la redécouverte des événements : La Bataille de Paris, publié en 1991. A partir d'archives du F.L.N., de témoignages de manifestants et de policiers, à partir des plaintes déposées à l'époque et de registres de cimetières, J-L. Einaudi retrace, minute par minute, le déroulement de la manifestation et de sa répression. La précision extrême de cet exposé des faits les présentifie comme jamais ils ne l'avaient été.

La Bataille de Paris a par ailleurs joui d'une publicité singulière du fait du procès intenté par M. Papon à J-L. Einaudi. Ce dernier témoigne en 1997 lors du procès de M. Papon, accusé de crime contre l'humanité pour son rôle à Bordeaux pendant l'Occupation ; il rappelle les crimes du 17 octobre et souligne la responsabilité de M. Papon. L'ancien préfet de police et ex-ministre de V. Giscard d'Estaing ne s'était pas manifesté lors de la publication de La Bataille de Paris mais il porte plainte pour diffamation en février 1999, à propos d'un article où J-L. Einaudi déclare que, le 17 octobre 1961, un massacre a été perpétré par les forces de polices " sous les ordres du préfet Papon ". En mars 1999, au terme d'un procès qui a permis que soient entendus nombre de témoignages démontrant la matérialité des faits décrits par J-L. Einaudi, M. Papon est débouté de sa plainte, le tribunal accordant à J-L. Einaudi " le bénéfice de la bonne foi ". Surtout, la cour de justice reconnaît à cette occasion qu'eurent lieu, le 17 octobre 1961, des " massacres ".(..)


http://17octobre1961.free.fr/pages/Histoire.htm
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- Et comment appellez-vous un forum qui a comme administrateur un geek avec des pleins pouvoirs, un droit de kick illimité, une propension à exclure tout ce qui bouge, le tout avec l'aide d'un belge louche et d'un lyonnais nécrophile?
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Dernière édition par Kamba le 17 Oct 2005 23:09; édité 5 fois
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MessagePosté le: 17 Oct 2005 22:41    Sujet du message: Répondre en citant

Franmaçonportugais a écrit:
Papon, Papon, ce nom me dit quelque chose, l'aurais-je entendu de la bouche d'un prof? Peut etre, pas sur, j'espère...
ministre du budget (1978 à 1981), député, préfet, haut-fonctionnaire de Bordeaux à Constantine en passant par Bastia et Paris...
... en fait, t'as peut-etre eu tout simplement un prof qui s'interessait à l'info ... 8)

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MessagePosté le: 17 Oct 2005 22:49    Sujet du message: Répondre en citant

Ndan a écrit:
Franmaçonportugais a écrit:
Papon, Papon, ce nom me dit quelque chose, l'aurais-je entendu de la bouche d'un prof? Peut etre, pas sur, j'espère...
ministre du budget (1978 à 1981), député, préfet, haut-fonctionnaire de Bordeaux à Constantine en passant par Bastia et Paris...
... en fait, t'as peut-etre eu tout simplement un prof qui s'interessait à l'info ... 8)


Note qu'entre 1981 et 2005, il a aussi peut-être eu l'occasion d'en entendre parler par ailleurs... :roll:
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