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Amélie Poulain, film politique?
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peterelephanto
Taulier de l'equipe du monde de Kamoulox
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MessagePosté le: 19 Déc 2003 6:21    Sujet du message: Amélie Poulain, film politique? Répondre en citant

Le jeudi 31 mai 2001
SERGE KAGANSKI
Serge Kaganski est rédacteur en chef adjoint
des «Inrockuptibles» .

«Amélie» pas jolie.

Il est temps de dire tout le mal que l'on pense de ce film à l'esthétisme figé et qui, surtout, présente une France rétrograde, ethniquement nettoyée, nauséabonde.

Comme si l'air du temps et les nouvelles du monde ne nous donnaient pas assez de raisons de désespérer du genre humain, voilà qu'on nous bassine depuis plus d'un mois avec un film dont l'esthétique publicitaire rétro, la poésie frelatée et le propos insignifiant masquent (à grand-peine) une vision de Paris, de la France et du monde (sans même parler du cinéma) particulièrement réactionnaire et droitière, pour rester poli. Et comme s'il ne suffisait pas que le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain ait bénéficié d'une tornade d'éloges quasi unanimes, comme s'il ne suffisait pas qu'une grande partie de la France constitue un front national du cinéma se masturbant l'identité avec l'image sentimentalo-passéiste que lui renvoie Jean-Pierre Jeunet, voilà que dans un Rebonds publié dans Libération, David Martin-Castelnau et Guillaume Bigot prennent la défense du film, tout ça parce que la sainte Amélie a été légèrement égratignée par une infime partie de la presse. Et les deux Don Quichotte d'opérette de condamner le mépris des intellectuels, la condescendance des élites, bref, de voler au secours de ce pauvre et fragile petit film qui n'a qu'un tort (aux yeux des intellos) selon eux, «regarder le petit peuple avec amour, empathie et espérance».

Il est peut-être donc temps de dire noir sur blanc, argumentaire à l'appui, tout le mal qu'on est en droit de penser de ce film, un droit qui devient même un devoir puisque la quasi-totalité des médias français, tétanisée et rendue aveugle par «l'événement», semble bloquée en pleine génuflexion poulinesque.

Premier point, l'esthétique d'Amélie Poulain. On le sait depuis ses premiers courts-métrages et Delicatessen, Jean-Pierre Jeunet est plutôt un virtuose du visuel qu'un cinéaste. Pour lui, comme pour ses nombreux collègues en pyrotechnie visuelle, le cinéma n'est pas un outil de connaissance du monde, de découverte du réel et d'expérience du temps qui s'écoule, mais un simple moyen technique de recréer le monde à son idée. Pourquoi pas? Le hic, c'est que Jeunet est sous l'emprise d'une telle volonté de maîtrise et de contrôle absolu de ses images que ses films ne respirent plus, que son monde paraît être filmé sous cloche. Amélie Poulain fait ainsi penser à ces boules de neige enfermant les monuments de Paris que l'on vend dans les boutiques de souvenirs kitsch.

Ce parti pris ultraformaliste donne un cinéma étouffant, de la taxidermie animée, un musée Grévin qui bouge. Les personnages de Jeunet sont des marionnettes, toutes réductibles à un seul trait de caractère bien surligné, toutes résumables en une seule phrase-slogan: La Fille Introvertie qui Découvre l'Amour; la Buraliste Aérophagique; l'Epicier Irascible; la Bistrotière Pittoresque et Bavarde, l'Ecrivain Raté; le Vieux Solitaire et Retiré du Monde qui Recopie des Tableaux de Renoir (un autoportrait lucide de Jeunet?), etc., etc. Dès lors, les rapports que nouent entre elles ces figurines sans épaisseur ne peuvent pas être des rapports humains profonds et développés mais de simples relations fonctionnelles, des ressorts de cause à effet. Bref, Amélie Poulain est formellement vissé, factice de A à Z, et se résume à une succession assez ennuyeuse de scènes gadgets meublées par des silhouettes caricaturales.

Et alors, me dira-t-on? Jeunet a fait un film publicitaire de plus, les gens aiment, pourquoi bouder son plaisir, tout ça n'est pas bien grave, tout le cinéma français y trouve son compte, pas de quoi s'exciter?

Certes. Sauf que si Jeunet a parfaitement le droit de faire ce type de film (à mon sens, de l'anticinéma), on a aussi le droit de préférer une tout autre idée du cinéma. Et puis surtout, second point, sous l'épaisse croûte «poétique» d'Amélie Poulain, derrière son aspect rétro Poulbot inoffensif se cache une vision de Paris et du monde (pour ne pas dire une idéologie) particulièrement nauséabonde, qui semble ne gêner personne et passer comme un mail dans un Mac.

Si on regarde le film un peu attentivement, qu'y voit-on? Un Paris des années 30, 50, sorti d'un film de Carné/Prévert. Amélie Poulain braille à tout bout de champ/contrechamp: c'était mieux avant! Et alors qu'une oeuvre d'art se doit d'affronter le présent voire le proche futur, Jeunet dirige son regard en arrière toute.

On nous explique que le réalisateur regarde le peuple avec empathie. A notre sens, il regarde surtout le peuple avec sentimentalisme et nostalgie réductrice, il met en scène un fantasme démagogique et superficiel de population prolétaire, il filme un populo de carte postale qui n'a jamais existé sauf dans l'imagerie et l'inconscient collectif forgés par messieurs Carné, Prévert et Doisneau. Mais les trois artistes précités avaient l'avantage de produire leurs oeuvres dans les années 30 à 50, leurs créations étaient contemporaines de leur époque. Le peuple (ou plutôt une imagerie clichetoneuse et vieillotte du peuple), Jeunet le regarde sans doute avec empathie, mais sans jamais poser l'ombre d'un début de question sur les raisons qui provoquent son aliénation, sans jamais effleurer les conditions de son éventuelle émancipation. Non, pas de questionnement trop complexe ici, Jeunet se contente de filmer le peuple à ras de cliché, parce que c'est joli, rigolo, sympa et pittoresque. Avant d'être un film populaire, Amélie Poulain est surtout un grand film populiste. C'est tellement vrai et frappé du sceau de l'évidence que ça n'a pas échappé à nos hommes politiques de tous bords, surtout aux deux futurs candidats présidentiels qui n'ont pas loupé l'occasion de s'accrocher aux branches du succès du film.

Non contente d'être réfugiée dans le passé et dans le fantasme populo afférent, Amélie Poulain est recroquevillée dans le cocon de la butte Montmartre. Aux clôtures formelles temporelle et sociale s'ajoute une clôture spatiale. Amélie Poulain, c'est Paris village, c'est le repli dans la tribu du pâté de maison. Nul besoin d'être agrégé de sociologie et d'histoire pour savoir que l'idéologie du village est profondément réactionnaire, qu'elle implique plus ou moins consciemment la peur de la modernité, du changement, des mouvements du monde et du brassage de populations. La vision de Jeunet sur ce dernier point précis constitue l'aspect le plus inquiétant de son film. J'habite dans le quartier du canal Saint-Martin qui est représenté dans le film. Que vois-je tous les jours en sortant dans la rue? Des Parisiens, certains sans doute français «de souche», d'autres d'origine antillaise, maghrébine, africaine, indienne, kurde, turque, juive, russe, asiatique... Je vois des couples hétéros, mais aussi pédés, lesbiens, queen... Que vois-je dans le Montmartre de Jeunet? Des Français aux patronymes qui fleurent bon le terroir. Je vois aussi un beur désarabisé qui s'appelle Lucien. Mais où sont les Antillais, les Maghrébins, les Turcs, les Chinois, les Pakis, etc? Où sont ceux qui vivent une sexualité différente? Où sont les Parisiens qui peuplent la capitale en 1997 (année où est censé se passer le film)? Ah, pardon, on voit parfois de «l'autre» dans le film. D'abord, une chanteuse de blues, dans un écran de télévision en noir et blanc. Puis un vieux Noir unijambiste, toujours dans un écran de télé en noir et blanc. Enfin, un moudjahid afghan dont la voix off nous dit qu'«il mange bizarrement et se coiffe d'un drôle de cache-pot». Les Afghans (qui sont majoritairement victimes des taliban) apprécieront.

Tout cela signifie quoi? Que Jeunet regarde le peuple avec sympathie, certes, mais exclusivement le peuple montmarto-rétro-franco-franchouillard. Que le Paris de Jeunet est soigneusement «nettoyé» de toute sa polysémie ethnique, sociale, sexuelle et culturelle. Que l'Autre est aimable et présentable quand il est lointain. On me rétorquera: et alors? Jeunet ne prétend pas représenter exactement la population parisienne, son film est une fable stylisée, pas un documentaire. Oui, d'accord, Jeunet a le droit de styliser Paris comme il l'entend; et on a aussi le droit de trouver sa stylisation contestable, repliée sur une idée vieillotte et étriquée de la France et totalement déconnectée de toute réalité contemporaine.

Je ne connais pas Jean-Pierre Jeunet, je ne sais pas quelles sont ses idées profondes. Par ailleurs, je suis convaincu que les millions de gens qui ont apprécié ce film l'ont aimé sincèrement, qu'ils soient de droite, de gauche ou d'ailleurs, mais je pense néanmoins que ce succès, comme tout succès, ne saurait suffire à faire d'Amélie Poulain une oeuvre admirable ou incontestable. Car je suis en revanche tenaillé par une hypothèse assez dérangeante mais qui ne me paraît pas farfelue au vu des analyses qui précèdent: si le démagogue de La Trinité-sur-Mer cherchait un clip pour illustrer ses discours, promouvoir sa vision du peuple et son idée de la France, il me semble qu'Amélie Poulain serait le candidat idéal.






Le vendredi 1er juin 2001
PHILIPPE LANÇON
Philippe Lançon est journaliste à «Libération» .

Le frauduleux destin d'Amélie Poulain

Ce film est un trompe-l'oeil. Le spectateur y circule en terrain de consommation conquis, avec joies et frayeurs programmées.


Quand on parle d'Amélie Poulain, qu'on soit l'ami ou l'ennemi de cette bluette rusée, sentimentale et publicitaire, mieux vaudrait commencer par éviter les grands mots: le destin d'Amélie est justement, comme celui de la plupart d'entre nous, de n'en avoir aucun. Il n'est pas proche du «peuple», comme le vantaient David Martin-Castelnau et Guillaume Bigot. Il ne surfe pas davantage, comme le dénonçait Serge Kaganski, sur le mythe lepéniste d'une France archaïque. Le succès d'Amélie est vierge d'idéologie; c'est de la pure technique mise au service d'une propagande affective pour désespérés: son réalisateur utilise des formes télépublicitaires, propres à séduire les «jeunes» et ceux qui voudraient le rester, pour enchanter la misère affective et sociale contemporaine.

La vie, chez Amélie, est minuscule, tels ces plaisirs inventoriés naguère par Philippe Delerm. Elle se niche dans les plis et les plinthes, comme les chagrins, les rêveries, la poussière et les acariens. C'est la première raison de son succès. Dans les années 50, Roland Barthes écrivait ses Mythologies: en décortiquant le beefsteak-frites, la DS ou la barbe de l'Abbé Pierre, il dévoilait son époque et pensait les attitudes petite-bourgeoises, celles de la classe moyenne. Cinquante ans plus tard, la classe moyenne en a pris un coup dans le miroir et le porte-monnaie; la Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules, de Delerm, a inventé, pour la consoler, pour faire passer l'amertume, la mousse légère des micromythologies. Il ne s'agit plus de décrypter, de critiquer, de penser des attitudes et des réflexes qui, entre-temps, ont (un peu, si peu) évolué, mais de les flatter; de s'y réfugier; d'enchanter le quotidien d'un public inquiet et sans destin: recroquevillé. Delerm communie et nous rassure dans le vide partagé. Agréable puis, assez vite, asphyxiant.

Enfant de Delerm, Amélie Poulain est déprimée, solitaire, timide, retranchée dans un infra-monde légèrement autiste dont, bien sûr, l'amour seul la fera sortir - sinon, à quoi servirait le cinéma? Mais ce monde et cet amour sont déterminés par un travail exclusivement publicitaire. Inspiré de Marcel Aymé plus que de Prévert, le film est un train fantôme: encadré par des archétypes, le spectateur y circule en terrain de consommation conquis, joies et frayeurs programmées. Le film donne l'impression de prolonger les pubs qui l'ont précédé et d'annoncer celles qui la suivront: Amélie Poulain, comme le chocolat homonyme, est un concept.

Les personnages qui l'entourent sont caractérisés par des petites manies, des tics d'attitude: ce sont des caricatures stylisées comme on en voit dans toute bonne réclame et comme, à force de vivre de pub et d'images, on finit par voir les gens. La présence de Jamel Debbouze et de quelques Deschiens domestiques n'explique pas, à elle seule, l'impression de regarder de charmants, ou méprisants, petits sketchs: chaque personnage est pris dans son caractère tel un cafard en boîte, un mannequin en Citroën ou un comique dans la télé. Il n'a aucune chance d'échapper à ce qu'on doit penser de lui. Amélie étouffe, puis nous étouffe.

Pour donner le change, la caméra joue terriblement l'esprit «jeune»: elle ne cesse, par ses zooms et ses mouvements, de nous faire des clins d'oeil, d'entrer en connivence, de créer du happy few. Elle joue les spectateurs contre les personnages. Les enfants, grands consommateurs de télé et de publicité, ne peuvent qu'apprécier: l'écran, pour beaucoup, est devenu un ectoplasme à la fois indispensable et pas sérieux; la machine à rêves dans laquelle on saute à l'élastique en remontant par le second degré. Film parfaitement ciblé, donc: film pour «jeunes», c'est-à-dire également pour vieux, puisqu'on sait que les «jeunes», au train où ils se répandent, seront bientôt plus nombreux que les humains.

Il paraît que beaucoup sortent de cette déprimante bonbonnière heureux, «réconciliés» avec la vie, avec leurs voisins, et amoureux du «peuple». Tant mieux pour eux. Quant à parler du «peuple»... Il est difficile de dire ce qu'est le «peuple», mais on peut identifier, un par un, les clichés que le film ne cesse d'en donner. Ils ne sont pas lepénistes: ils sont ricanants comme un samedi soir à la télé; ils vivent de leur usure dans nos regards. Piliers de bistrots aigris et ratiocineurs, petits com's infâmes, vieillards de style Léautaud, parents petits-bourgeois étriqués, rien ne manque, si ce n'est la bouteille de Perrier: peut-être auraient-ils alors, ces personnages, une chance de vivre; de se décapsuler; de se rapprocher de ce que l'écrivain-sociologue Pierre Sansot appelait les «gens de peu». Ici, les «gens de peu» ont bien peu. Gigotants insectes épinglés dans leur casting, tels des squelettes d'antihéros de Marcel Aymé, ils bondissent sur commande dans un train de foire au parcours rigoureusement balisé. Amélie Poulain a du succès parce qu'elle transpose Euro-disney à Montmartre: même logique, même trompe-l'oeil enchanté, même emploi de figurines, même tristesse déguisée en joie. Sous ses vêtements de sympathie, le corps du film est triste, dur, refermé. Il prétend ne pas faire de mal à une mouche, mais il l'écrase dès le premier plan et, avec elle, la liberté des personnages et de ceux qui les regardent. La liberté sera toujours un état moins confortable mais plus joyeux que le frauduleux destin d'Amélie Poulain.






Le lundi 28 mai 2001
DAVID MARTIN-CASTELNAU ET GUILLAUME BIGOT
David Martin-Castelnau et Guillaume Bigot
sont membres de Génération République.

Le secret d'Amélie Poulain

La force de ce film qui déplaît à l'élite bien-pensante: ses «petites gens» très crédibles.


C'est un inattendu et, en effet, fabuleux destin que celui de ce film: plus de 3 millions d'entrées en trois semaines, des louanges dithyrambiques jusqu'aux Etats-Unis, où Variety y voit «un événement dans l'histoire du cinéma». A quelques bémols près, bien sûr: un journal français reproche à mots couverts au réalisateur, Jean-Pierre Jeunet, d'avoir fait un film sympathique sur la France, «pays médiocre au lourd passé collabo»; dans un autre, on nous explique qu'évoquant un Paris «sans caillera ni tag, il a un je-ne-sais-quoi de nostalgique qui fait le jeu du FN»; le d'habitude-plus-avisé mensuel Technikart le fusille d'un adjectif: «populiste»; last but not least, le Festival de Cannes le snobe.

Que peut donc dire, ou plutôt montrer, le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain pour susciter un tel engouement et, à la marge, une hargne aussi sotte? Le peuple, simplement. Quand toute la vulgate des «élites» françaises diffuse un mépris teinté de crainte pour les habitants de ce pays, avec son triptyque géographique beaufs-beurs-ploucs, ce film évoque les «gens de peu» avec tendresse et respect. Mêlant la poésie de Prévert à l'esthétique de la pub, la mélancolie de Trenet à l'esprit branchouille de la rue Oberkampf, la naïveté d'un Tati aux chansons de Souchon et de Gainsbourg, il donne à voir des gens aimables, abîmés certes par la vie, désenchantés, parfois mesquins, mais qui vont pourtant connaître cette forme de rédemption qui s'appelle le bonheur.

La buraliste Voici, le macho aigri, l'épicier teigneux, le banlieusard pavillonnaire dûment doté de son nain de jardin, l'employé de la SNCF, celui de la RATP, l'écrivain raté qui-déteste-les-critiques-littéraires, le vieillard irascible, la concierge aux aguets: il n'en manque pas un. Et leur Geppeto les anime avec une bonté amusée, une admiration facétieuse, qui leur prête un destin meilleur: ils réapprendront bientôt à aimer, à s'aimer, à vivre hors la grisaille et la médiocrité.

C'est là que le bât blesse. Un peuple qu'on ne raille ni ne fustige? Depuis l'époque Gabin-Bourvil, on pensait en avoir fini avec cette vision irénique de ce que l'on nommait jadis «les petites gens». Or voilà qu'elles resurgissent transfigurées... et crédibles! Insupportable irruption: le choc, pour la bien-pensance libérale-libertaire, n'aurait pas été plus rude que celui éprouvé par un mollah apercevant une foule de naturistes dans les rues de Téhéran. Le peuple dépeint sans sarcasme ni condamnation? Inadmissible scénario. A coups de «sondages» et de «révélations», on nous avait pourtant enseigné qu'il constituait une engeance détestable. Peine perdue: Jeunet lui consacre, à ce populo, une ode irrésistible. Et, ce faisant, apporte la plus cruelle réponse que l'on pouvait imaginer aux divagations d'un Sollers et de sa «France moisie». Car tel est sans doute le fabuleux secret d'Amélie Poulain: dans ce miroir qu'elle nous tend, si différent de la glace déformante à laquelle on nous a habitués, on se mire avec plaisir, insouciance et - horresco referens... - espérance.






Christophe Le Caro - Vincy Thomas
Ecrannoir.fr


Serge Kaganski, Chef du service cinéma et rédacteur en chef adjoint des Inrockuptibles, a rédigé une diatribe améliepoulainophobe dans la rubrique Rebonds de Libération. Il a enfoncé le clou, après une polémique prévisible, sur le site de son journal. Nous avons aussi voulu lui répondre...

Etat critique d’une critique...

Amélie Poulain serait donc une pucelle facho et son réalisateur, Jean-Pierre Jeunet, un cinéaste propagandiste à la solde du FN.
C’est ce qui ressort d’un papier de Serge Kaganski , publié le jeudi 31 mai dernier sous la rubrique Rebonds du journal Libération, et dans lequel le dernier opus de Jean-Pierre Jeunet y est décrit comme “un film à l’esthétique figé (É) présentant une France rétrograde, ethniquement nettoyée, nauséabonde”. Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain se voit attribuer au cours de cet article une pléthore de qualificatifs (au choix !) : “ultra formaliste, factice, ennuyeux, sentimentalo-passéiste, déconnecté de la réalité, populiste, démagogique, et réactionnaire”. N’en jetez plus !

La réponse des journalistes et du public ne s’est pas fait attendre. Le surlendemain, quatre pages dans le même quotidien laissaient libre cours à une indignation justifiée.
Petit récapitulatif. La lecture de l’article incriminé nous révèle que ce dernier est symptomatique d’une forme de critique contradictoire qui construit son analyse sur une simple association d’idées à partir de laquelle tout film est passé à la moulinette.

Les premiers reproches visent l’esthétique du film. Certes, on peut ne pas aimer le style d’un réalisateur et la vision du monde qu’il tente de nous faire partager. L’univers de Jean-Pierre Jeunet, comme nombre de cinéastes de sa génération, est le produit de différentes influences - la bande dessinée, la science-fiction, les films d'animation, le cinéma américain - qui revisitées, créent un univers des plus personnels entre onirisme et fantastique, pas très loin du jardin extraordinaire de Trénet ou du Pianocktail de Vian.

A l'image, cela se traduit par un éclectisme visuel qui emprunte à la fois au réalisme poétique français des années 30-50, aux techniques du cinéma d'animation et à la peinture. Il en résulte un style visuel à la fois high-tech et rétro. Cette combinaison est à l'origine de l'atmosphère qui se dégage de chacun de ces films : un dispositif de " mise en monde " qui se fait par des décors, des lumières, des personnages et génère une artificialité hétérogène, atemporelle mais toujours cohérente.

Pour Serge Kaganski, cette " pyrotechnique visuelle" ne fait d’ " Amélie Poulain qu’un film publicitaire de plus". Au-delà des goûts et des couleurs, cette simple réflexion tend à montrer qu’il reste encore des critiques qui n’ont toujours pas intégré les dernières influences esthétiques de la publicité, du clip et du jeu vidéo dans le cinéma. Il préfère sans doute le " séïsme esthétique " d’un O Fantasma cru, réel et laid.

L'esthétique nostalgique est-elle maléfique?

La suite de l’article prétend faire la lumière sur le fond du film en associant directement son esthétique avec une idéologie d’extrême droite, jusqu’à écrire qu’Amélie Poulain serait un clip idéal pour promouvoir la vision du peuple et l’idée de la France d’un certain démagogue de la Trinité- sur-Mer. Comprenez Jean Marie Le Pen.
Là, en effet, on touche le fond. Pour arriver à cette conclusion, Serge Kaganski part d’un postulat quelque peu réducteur qui tend à faire dire au lecteur que nostalgie rime avec regard complaisant et style années 30-50 + images d’Epinal = France vichyste = France collabo = Front national. Beau raccourci !

Nous sommes ici en face d’un exemple d’interprétation spéculative, une méthode très répandue dans la presse culturelle française, et qui consiste à appliquer sa propre grille de lecture en prêtant à un film des intentions politiques ou sociales qu’il ne revendique à aucun moment. Il y a un refus manifeste d’accepter une proposition artistique. La plupart du temps, ce type d’exercice de haute voltige finit par ne pas parler de l’oeuvre mais de ce qu’elle devrait être. Ce n’est plus une critique du film mais une critique de ce que le film n’est pas ou de ce qu’il aurait dû ou pu être.

L’interprétation du critique doit être supérieure à la vision de l’artiste. Cette position du critique qui se veut l’ égal de l’auteur critiqué date du XVIIIème siècle et de l’arrivée des encyclopédistes.

Pour justifier son point de vue, Serge Kaganski invoque ses propres critères esthétiques et idéologiques qui défendent une certaine vision du cinéma héritée en partie de la Nouvelle Vague. Dans son “raisonnement”, le 7ème Art se doit d’être “un outil de connaissance du monde, de découverte du réel et d’expérience du temps qui s’écoule”. En clair un cinéma proche du social. Mais rassurons-nous, Jean-Pierre Jeunet a parfaitement le droit de continuer à faire son cinéma “déconnecté de la réalité” bien que, de son propre aveu, Kaganski le considère comme de “l’anticinéma” - sic!.

On aborde ici un autre symptôme de la critique, celui du petit clivage théorique du cinéma qui est enseigné en faculté : Louis Lumière contre Georges Méliès. D’un côté un cinéma proche du réalisme documentaire et de l’autre, un cinéma de l’artifice, de l’allégorie et du fantasmagorique. Deux tendances, deux points de vue sur le monde, deux " manières " de faire du cinéma mais dont les frontières sont devenues, au fil du siècle, des plus troubles.

Ghettos, quotas, etc...

Cependant, fort de ce manichéisme d’école, l’auteur de l’article persiste à juger une fable avec les termes d’un documentariste. Pris dans sa " logique ", on comprend alors qu’il ne puisse que fustiger la vision d’une réalité que le film ne représente pas et dans laquelle il ne peut pas se reconnaître. “Où sont les Antillais, les Maghrébins, les Turcs, les Chinois, les Pakis, etc. ? ”. Serge Kaganski souhaiterait-il qu’on en vienne à instaurer dans la production audiovisuelle française, comme cela se fait déjà aux Etats-Unis, des quotas de représentation ethnique proportionnels au nombre d’individus de chaque communauté ? Quand il insiste avec cette phrase " Où sont ceux qui vivent une sexualité différente ? ", on peut même se dire qu’il a une vision communautariste , caricaturale et segmentée de la population : qui dit d’ailleurs qu’Hippo ou le patron de Lucien n’est pas homo ? La sexualité est-elle une question d’apparence ? Cette glorification des ghettos amène souvent à des raccourcis bien plus dangereux et remplis de clichés, tout aussi nuisibles pour l’inconscient collectif.

A un autre niveau, si l’on regarde de plus près le cinéma social que ce journaliste défend, on s’aperçoit qu’il a énormément de mal à parler des différentes cultures sans faire des films ghettos où les blacks, maghrébins et homosexuels sont autre chose que des victimes. On touche ici le cÏur du dilemme : à vouloir parler de l’autre dans ce qui fait sa différence sans pour autant la stigmatiser tout en la spécifiant, nombre de films soi-disant connectés au réel finissent par présenter une vision politiquement correcte des choses. Pour caricaturer, si Amélie avait été noire, pauvre, lesbienne et de préférence sans papiers, Serge Kaganski aurait certainement adoré le film de Jean-Pierre Jeunet. En attendant, on ne voit toujours pas un black tenir le rôle du méchant dans un film français de peur de se faire taxer de raciste. Après tout, la vision ethnocentriste de La vérité si je mens 2, la caricature de l’homosexualité dans Le Placard ou encore les propos asiatophobes ou germanophobes dans Taxi n’ont pas stimulé autant de débat que cette pauvre Amélie.

A aucun moment l’article ne tente de restituer le propos du film. Rappelons qu’Amélie Poulain est une fiction (et oui ce n’est que du cinéma !) ; son sujet n’était pas l’intégration de la communauté pakistanaise dans le XIXème arrondissement de Paris. Ni de faire une radiographie de la France telle qu’elle est. Et d’ailleurs le peut-on ? Au milieu de tous ces névrosés qui la cernent, Amélie rêve le monde au lieu de le vivre. Mais en décidant d’injecter de l’imaginaire dans le quotidien des gens qui l’entourent, elle s’ouvre aux autres et rentre de pleins pieds dans le monde. Et c’est peut-être en situant sa quête du bonheur dans une atmosphère fabulée que le film atteint l’universel. D’où son succès.

Kaganski et la pensée unique.

Dans sa diatribe, Kaganski en oublie l’humanisme du personnage principal et confond l’univers visuellement naïf du film avec une soi-disant candeur de son propos. Le droit et le devoir de la critique revendiqués par ce journaliste existent de fait, mais encore faut-il éviter de faire un procès d’intention à partir d’une simple hypothèse personnelle car, passée l’argumentation à charge, que reste-il de son article ? Une insulte gratuite à l’adresse du public et d’un cinéaste sur la base d’une interprétation partisane et spéculative d’un de ses films. Bref, Serge Kaganski arrive presque à nous faire du révisionnisme à l’envers. Il appelle cela de la critique argumentée, il ne prouve que son intolérance vis-à-vis d’une vision artistique et esthétique, son intégrisme par rapport à l’Art qu’il est censé critiquer. Insatisfait de sa condition de simple opinion, il souhaite fabriquer l’opinion en fonction de sa pensée. Il défend ou il descend. Il se pose en moraliste, en juge, en détenteur de la vérité. Ce censeur sans humour ni dérision, ne veut pas seulement modeler l’opinion à son point de vue subjectif, il définit pour elle ce que les gens doivent aimer.
Légèrement fasciste, non ?


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MessagePosté le: 19 Déc 2003 8:30    Sujet du message: Répondre en citant

Ton avis n'est pas inintéressant Peter et comme d'habitude, tu fais preuve de sincérité, de clarté et de courage de tes opinions.
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On peut le faire! Tous ensemble!
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MessagePosté le: 19 Déc 2003 8:53    Sujet du message: Répondre en citant

Bon, alors moi j'ai vu le film hier soir. Pour la premiere fois.
C'est gentil.
Mais j'ai pas compris tout le foin qu'on a pu faire de ce film.

Les personnages sont tous previsibles en fait. C'est ce qui en fait le charme peut-être. On a l'impression de déjà les connaitre.

La seule "surprise", c'est le chauve, qui est reparateur de photomaton.
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MessagePosté le: 19 Déc 2003 9:21    Sujet du message: Répondre en citant

Les gens qui méprisent ce genre de film-conte, ils me font penser aux parents qui refusent de raconter des récits merveilleux à leurs gosses, ou qui leur expliquent que le Père Noël n'existe pas , pour bien leur montrer très très vite que la vie est dégueulasse :( :(
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Mon ego et moi
Juste blasé


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MessagePosté le: 19 Déc 2003 10:08    Sujet du message: Répondre en citant

Raciste et moisi donc ce film ?
Nos chères critiques omniscientes de la pellicule cinématographique n'ont-ils pas fait autre chose qu'adopter un regard caricatural à dessein, de manière à provoquer artificiellement une discussion ? De deux choses l'une : soit on considère le phénomène de société lié au film, soit on le néglige.
Je commencerai par le 2nd aspect, afin de l'évacuer au plus vite : ce film, vu et globalement apprécié (litote) de millions de spectateurs n'est alors vu que comme une oeuvre artistique, avec la critique qui correspond. Qu'on n'aime pas les photos sépia est une chose compréhensible ; qu'on n'ait pas aimé la siplicité délibérée du film n'a rien de moralement contestable ; que les personnages, on ne peut plus lisses, finissent par ennuyer certains, là aussi c'est une opinion qui se défend aisément. Mais alors, dans ce cas, il convient de ne pas tirer d'autre conclusion de type "le film est facho" ou "Jean-Pierre Jeunet est un cinéaste à la solde du FN".
Dans le premier aspect présenté plus tôt, le critique admet le contexte du film : l'oeuvre ne peut être séparée de son public et de son époque. Ce qui me semble plus sage : Douce France change radicalement de signification si l'on croit que Trenet l'a écrite en 1945 (ce qu'il prétend) ou 1943 (ce que de nombreux documents, notamment des archives SACEM) démontrent. Bref, remettons le film dans son contexte, de même que le débat : nous sommes au printemps 2001, la population est peut-être soulagée d'avoir franchi sans encombre majeure le double cap de 2000 et 2001, dont de grands diseurs de bonne aventure nous expliquaient que c'éatit le début d'un nouveau monde. En outre, bien que la croissance soit revenue, c'est aussi celle d'un monde dont chaque habitant se sent de moins en moins acteur, celle d'adultes soudain privés de leur autonomie d'adultes. Or, qu'est-ce qu'un adulte sans le pouvoir de choisir sa vie ? C'est un esclave, ce qu'aucun adulte ne peut se résoudre à être devenu. Ce peut aussi être un enfant qui se plonge alors dans les souvenirs heureux d'une époque insouciante, celle où la vraie vie se confondait avec les contes de fée, celle des barbapapas qui collent les doigts, celle des batailles de billes dans la cour de la communale. Celle des Quatre cent coups, parce que Jeunet a peut-être été lui aussi le titi Antoine Doisnel. Or cette époque, c'est une époque idéalisée certes, mais avec quelques éléments indéniables : quand les critiques parlent d'une France "ethniquement pure", outre que cette expression autorise à leur renvoyer au visage le compliment de racisme, ils négligent ce qu'était la population française des années 50-60, moins métissée que celle, au hasard, qui est allé voir et aimer Le fabuleux destin d'Amélie Poulain... Ce genre de procès en sorcellerie est d'autant moins approprié à mon sens que prétendre au racisme, c'est aussi oublier cette vogue qui existe depuis quelques années à faire ressortir autant que possible une image de vieux Paris à cette ville, lui redonner l'âme que l'automobile lui a retirée, celle que l'individualisme ambiant à détruite, l'esprit de clocher ou la vie de quartier, toutes ces choses qui font partie d'un Paris vu à travers des yeux d'enfants. Peut-on alors décemment prétendre qu'un enfant serait par lui-même raciste ? Enfin dernier point, il s'agit d'un film qui fait renaître un cinéma populaire, avec l'imaginaire d'un réalisateur : est-il raciste de en pas représenter des "minorités" ?
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MessagePosté le: 19 Déc 2003 10:09    Sujet du message: Répondre en citant

LaTronche a écrit:
De toutes façons, ce film ne peut être que populaire sur les KDF, car quel autre film a aussi bien rendu le pire cauchemar de l'amateur de foot : quelqu'un qui débranche l'antenne télé au moment des buts...

Sinon, la critique sur l'Arabe "francisé" me semble particulièrement crétine : un Arabe qui a des problèmes de "gens" et pas des problèmes d'Arabe, ça me semble quand même bien être le but recherché des processus d'intégration.

Pour le reste, ce film est pour moi un OVNI, une oeuvre d'une originalité folle, et parfaitement maîtrisé dans tous les domaines, que ce soit le choix des comédiens, les mouvements de caméra, les décors, la musique, le rythme, le ton... Enchanteur !

Et si je devais le comparer, je n'irais pas, comme le mec des Inrocks, chercher du coté des Full Monty (film que j'adore au demeurant), mais bien plutôt du coté des Monty Pythons.


bon j'ai trouvé mon cadeau de Noël pour La Tronche : JE SUIS ENTIEREMENT D'ACCORD AVEC CE POST ! Noyeux Joël !
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Dernière édition par Mon ego et moi le 19 Déc 2003 11:31; édité 1 fois
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MessagePosté le: 19 Déc 2003 10:18    Sujet du message: Répondre en citant

Effectivement voir du racisme partout, c'est un peu n'importe quoi de la part des inrock....
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MessagePosté le: 19 Déc 2003 10:30    Sujet du message: Répondre en citant

Didyeah a écrit:
Ton avis n'est pas inintéressant Peter et comme d'habitude, tu fais preuve de sincérité, de clarté et de courage de tes opinions.


Euh LOL Didyeah, ou tu as vu que c'est Peter qui écrivait ! :shock:

Plus qu'une analyse comme l'ont bien fait MEEM et La Tronche, cet article prouve une fois de plus le ridicule des Inrockuptibles et de Kaganski, qui s'érigent en censeurs de la vie culturelle, décidant pour nous quel cinéma et quelle musique est de bon goût et qui ne l'est pas, et faisant des procès d'intention comme bon leur semble. Ils ont visé Jeunet sur ce coup car ca a été un succès populaire, mais ça aurait pu être n'importe qui d'autre. Consternant...
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MessagePosté le: 19 Déc 2003 10:33    Sujet du message: Répondre en citant

pabloaimar a écrit:
Didyeah a écrit:
Ton avis n'est pas inintéressant Peter et comme d'habitude, tu fais preuve de sincérité, de clarté et de courage de tes opinions.


Euh LOL Didyeah, ou tu as vu que c'est Peter qui écrivait ! :shock:


Merci Pablo.
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MessagePosté le: 19 Déc 2003 10:33    Sujet du message: Répondre en citant

Pablo, ceci expliquant peut-être cela....


:twisted:
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MessagePosté le: 19 Déc 2003 11:57    Sujet du message: Répondre en citant

Ceci est un grand jour : non seulement Meem est d'accord avec La Tronche, mais en plus je suis d'accord avec Meem (sur le fait d'être d'accord avec La Tronche et avec ce qu'il écrit). Finalement, c'est peut-être ça la force d'Amélie.
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MessagePosté le: 19 Déc 2003 12:02    Sujet du message: Répondre en citant

A present, combien d'entre vous n'ont pas reussi a tenir au-dela de 45 minutes?

Pour ma part, j'ai trouve Amelie denuee de toute sensualite et cela suffit amplement a oter toute ame a ce film.

Maintenant, si ce film n'est pas ce que pretend Serge Kaganski des «Inrockuptibles» pourquoi ce sujet est-il poste dans le forum politique et non dans le Cafe des Arts?
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MessagePosté le: 19 Déc 2003 12:04    Sujet du message: Répondre en citant

Bref, suffit d'évoquer une niaiserie raciste et tout le monde est potes à nouveau... :roll:

Eh les gars la prochaine fois que vous vous engueulez, demandez-vous les uns aux autres votre avis sur "le Juif Süss", ça sera à nouveau la paix dans les chaumières. :evil:
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MessagePosté le: 19 Déc 2003 12:04    Sujet du message: Répondre en citant

CHR$ : je suis impressionné par la forcé fédératrice du film

Didyeah : je trouve qu'Audrey Tautou a un corps de préadolescente en fait.
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MessagePosté le: 19 Déc 2003 12:09    Sujet du message: Répondre en citant

Ben moi j'ai tjrs pas compris le carton qu'a pu faire ce film....

OK, c'est un conte, mais qu'est ce qui empêche les gens d'être sympa dans la vie, et d'essayer de faire le bonheur (j'ai bon là ?) autour d'eux, sans s'extasier devant un film tout au plus gentillet ?

Mais en fait je crois que mon soucis c'est Audrey Tautou....
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